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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 10:57

CITE VIOLENCE« CITÉ DE LA VIOLENCE » est une coproduction italo-française montée sur le nom de CITE VIOLENCE (2)Charles Bronson, choisi pour ses récents succès en Europe et distribué dans un rôle écrit à l’origine pour un comédien beaucoup plus jeune. Le réalisateur Sergio Sollima, maître du ‘spaghetti western’, envisageait plutôt Jon Voight ou Tony Musante. Le scénario aurait d'ailleurs été bien plus logique. Il décrit le parcours d’un hit man œuvrant pour la mafia sans enCITE VIOLENCE (3) faire réellement partie. Une sorte de sous-traitant indépendant. C'est tout le problème du parrain local (Telly Savalas), ami du père défunt du flingueur, qui cherche par tous les moyens à le faire entrer dans le rang. Savalas joue donc un « vieux » alors qu'il a trois ans de moins que Bronson !

En mettant ce problème d’âge de côté, Bronson est parfaitement à sa place dans cet univers et trouve un de ses rôles les plus marquants des seventies. Le personnage de Jeff Heston est surtout pour lui, l’occasion de tourner sa CITE VIOLENCE (1)première vraie love story. Car c'est bien d’amour fou qu'il s’agit, entre l’assassin professionnel rongé par le remords et une aventurière amorale jouée par Jill Ireland. Il est clair que celle-ci est insuffisante pour ce rôle de garce manipulatrice, figure incontournable du ‘film noir’, mais le couple fonctionne par intermittence et la fin d’un étonnant lyrisme noir, ne manque pas de panache, ni de jusqu'auboutisme.

CITE VIOLENCE (4)

Bronson fait une composition intéressante dans « CITÉ DE LA VIOLENCE », créant un personnage écrasé par la fatalité et traînant une expression morose du début à la fin. Il faut l'avoir vu en prison, laissant une tarentule lui marcher sur le bras ! Il est très bien filmé, à la manière d’une bête fauve, constamment en mouvement et à l'affût. Sollima clôt son film (SPOILER !) par un gros plan des yeux de Bronson ouverts dans la mort. Le même exactement que dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » mais… cadré à l’envers ! À ses côtés, Michel Constantin teint en blond, est bizarrement casté en junkie peu fiable et Umberto Orsini qu'on est plus habitué à voir évoluer chez Claude Sautet, joue un avocat planche-pourrie.

CITE VIOLENCE (5)

Malgré ses indéniables qualités, dont la lancinante BO d’Ennio Morricone n’est pas des moindres, « CITÉ DE LA VIOLENCE » demeure une série B au scénario faiblard, plombé par des longueurs rédhibitoires (l’interminable séquence sur le circuit automobile, les poursuites en voiture signées Rémy Julienne), mais sauvé par ses cadrages très ‘western’, ses paysages du Sud des États-Unis et la présence minérale de Bronson en pleine possession de ses moyens physiques.

Sans oublier un détail qui ne peut que combler les amateurs : le son des détonations est exactement le même que celui utilisé dans les films de Leone !

 

Article publié initialement il y a 5 ans, remis en actu pour rendre hommage à son réalisateur Sergio Sollima récemment décédé à l'âge de 92 ans.

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 07:42

ANDY MCLAGLEN (1)
Fils de l’acteur fordien Victor McLaglen (« LE MOUCHARD »), Andrew V. McLaglen a consacré une grande partie de sa filmographie au western.

Ancien assistant à la réalisation, il a appris son métier sur le tas, et s’est imposé à la TV pour sa rapidité et son efficacité. Au cinéma, il a frôlé plusieurs fois la franche réussite, sans jamais réellement l’atteindre. Trop influencé par Ford, trop assimilé à un « yes man » pour vieilles stars irascibles, « Andy » n’a jamais eu de style personnel, et ses films ont toujours eu l’air trop propres sur eux, trop « tous publics ».

ANDY MCLAGLENIl débute avec « GUN THE MAN DOWN », une série B fauchée, sans intérêt, à part celui de lui faire rencontrer l’acteur James Arness qui l’impose dans sa série TV « GUNSMOKE ». McLaglen en tournera plus de 100 épisodes. Il signera le même nombre de « HAVE GUN – WILL TRAVEL », la magnifique série de Richard Boone, dans laquelle le réalisateur accomplira son meilleur travail.

De retour au grand écran dans les années 60, il tourne avec John Wayne « LE GRAND McLINTOCK ! », sorte de sous-John Ford poussif, puis enchaîne les succès commerciaux : « LES PRAIRIES DE L’HONNEUR », saga familiale située pendant la guerre de Sécession est très réussi, et McLaglen parvient même à canaliser James Stewart. « RANCHO BRAVO » est une bizarrerie tournant autour d’un taureau à tête blanche, « LE RANCH DE L’INJUSTICE » prouve que Doris Day n’a rien d’une héroïne de western.

« LA ROUTE DE L’OUEST » a semble-t-il souffert des coupes infligées par son producteur.ANDY MCLAGLEN (2) Il contient de belles choses, un souffle fordien par instants, mais manque d’inspiration. « BANDOLERO » vieillit plutôt mieux : Jimmy Stewart et Dean Martin y jouent des frères, et Raquel Welch s’impose comme icône des sixties. Le film est vigoureux et souvent jouissif.

« LE DERNIER TRAIN DE FRISCO » et « RIO VERDE » sont de pâles films de série pour acteurs has-been comme George Peppard, « LA LOI DE LA HAINE » est un bon western, qui contient une réflexion pertinente sur la légende de l'Ouest et la réalité de la violence.

Mais McLaglen est surtout connu pour avoir beaucoup fait tourner John Wayne à la fin de sa carrière, dans des films semblables les uns aux autres, se succédant dans une confortable  monotonie : « LES GÉANTS DE L’OUEST », « CHISUM » ou « LES CORDES DE LA POTENCE » se confondent dans les mémoires.

McLaglen revient à la TV pour « THE SACKETTS » et la minisérie « THE BLUE AND THE GRAY », et il signe un bon film de mercenaires avec « LES OIES SAUVAGES », dans lequel son style « western » est tout à fait bienvenu.

Un honnête faiseur à l’ancienne, qui a maintenu le genre à flot, alors qu'il était en plein déclin.

 

Article posté en janvier 2010, remis en actualité en hommage à Andrew V. McLaglen, qui vient de mourir à l'âge de 94 ans. RIP. 

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 08:34

Avec son physique « All American », James Garner avait tous les atouts pour devenir un jeune premier traditionnel, mais son sens de l’humour et de l’autodérision l’ont rapidement poussé vers les rôles de couards sympathiques, de « planqués » et de jouisseurs. C'est exactement ce qu'il fit du personnage de « MAVERICK » dans la série du même nom, un rôle de joueur élégant, peu téméraire, mauvais tireur, toujours fourré dans de sales affaires. Bret Maverick lui colla tellement à la peau, que Garner le reprit dans des téléfilms, un revival intitulé « BRET MAVERICK » et même dans le film cinéma, où il était cette fois le père de Mel Gibson.

Ce n’est pas le seul western que tourna James Garner, loin de là : il apparaît dans quatre épisodes de « CHEYENNE », joue un sergent dans « LE VENGEUR », un pisteur cynique dans « LA BATAILLE DE LA VALLÉE DU DIABLE ». Il change de registre pour incarner un Wyatt Earp incroyablement dur et inhumain dans « 7 SECONDES EN ENFER », un rôle qu'il reprendra vingt ans plus tard, et de façon plus détendue dans « MEURTRE À HOLLYWOOD », où Earp est devenu conseiller technique sur des tournages de westerns. Il retrouve le sourire dans « NE TIREZ PAS SUR LE SHÉRIF », où Garner est extraordinairement attachant, en homme de loi paresseux et aussi peu héroïque que possible. Son tandem avec Jack Elam est une telle réussite, que la même équipe – le réalisateur Burt Kennedy compris – se reforme pour le moins emballant « TUEUR MALGRÉ LUI ».

James Garner s’égare en Italie pour « UN NOMMÉ SLEDGE », où il est un braqueur de banques morose, il est drôle en escroc dans « SKIN GAME », en déserteur dans « UN PETIT INDIEN ».

Après de nombreuses années consacrées à sa série polar « 200 DOLLARS PLUS LES FRAIS », Garner revient au western avec la minisérie « LONESOME DOVE – LE CRÉPUSCULE », où il succède à Tommy Lee Jones et Jon Voight, dans le rôle du capitaine McCall, devenu chasseur de primes.

Mais comme Leonard Nimoy, quoiqu’il fasse, restera à jamais Mr. Spock, James Garner sera toujours marqué par le rôle du désopilant Bret Maverick.

 

À NOTER : Cet article a été posté il y a excactement 5 ans, presque jour pour jour et remis en actualité en hommage au décès de James Garner à l'âge de 86 ans. RIP.

 

À NOTER : la série « MAVERICK » est restée inédite en France, mais on peut en voir un épisode, dont la guest star est Clint Eastwood, dans les suppléments du DVD et le Blu-Ray de « IMPITOYABLE ».

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 08:00

WALLACHActeur de théâtre et pilier de l’Actors Studio où il fut souvent le partenaire de sa femme Anne Jackson, Eli Wallach a su tirer le meilleur de l’enseignement de Strasberg, grâce à une qualité faisant cruellement défaut à ses contemporains : l’humour. Vif, narquois, WALLACH (2)cabotin, culotté, Wallach n’hésite jamais à façonner des personnages bigger than life, à frôler le sur-cabotinage en roue-libre sans jamais y céder vraiment.

On le découvre en séducteur insistant à moustache en baguette dans « BABY DOLL », en tueur sadique dans « THE LINEUP », en homosexuel dans « LES 7 VOLEURS », en ringard velléitaire dans « LES DÉSAXÉS » (et à revoir le film aujourd’hui, on s’aperçoit que son jeu est celui qui accuse le moins les marques du temps), en ‘bandido’ verbeux dans « LES 7 MERCENAIRES ».

Il reparaît en hors-la-loi rigolard dans « LA CONQUÊTE DE L’OUEST ». On le revoit en dictateur d’opérette dans « KISSES FOR MY PRESIDENT », en pirate dans « LES CONTREBANDIERS DU CLAIR DE LUNE », en corsaire barbichu dans « LORD JIM ».

Leone lui offre le rôle de sa vie dans « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND » où Wallach dévore à pleines dents le rôle de Tuco fripouille inculte, joviale et sans pitié, écrasant tout et tout le monde sur son passage. Le succès est tel que Wallach tournera encore quelques ‘spaghetti westerns’ moins glorieux. Il est le shérif intègre dans « LE BLANC, LE JAUNE ET LE NOIR » où il finit en travesti, un des « 4 DE L’AVE MARIA », la fripouille dans « ET VIVA LA RÉVOLUTION ! ».

WALLACH (5)

La suite de sa carrière marque étonnamment le pas, après ce coup d’éclat et Wallach ne joue plus que des ‘caméos’ dans des superproductions : le notable corrompu de « L’OR DE MACKENNA », un mafieux sicilien clownesque dans « LE CERVEAU » de… Gérard Oury, un hors-la-loi polonais dans « LE VOLEUR DE CHEVAUX ». WALLACH (3)

Il est un Napoléon d’opérette dans « LES AVENTURES DU BRIGADIER GÉRARD », un rabbin dragueur dans « GIRLFRIENDS », un avocat dans « THE HUMAN FACTOR », l’homme souffrant dans « LE CERCLE DE FER », un flic ironique dans « LA SENTINELLE DES MAUDITS », le général comploteur de « LA THÉORIE DES DOMINOS », l’employeur de James Coburn dans « L’ARME AU POING ».

Il lui faut attendre le 3ème âge pour enfin retrouver des rôles à la mesure de ses dons de composition : le patron avare de Steve McQueen dans « LE CHASSEUR », le pêcheur crasseux dans « LES GRANDS FONDS », le tueur bigleux intraitable de « COUP DOUBLE » où il vole pratiquement la vedette aux deux stars en titre.

Eli Wallach est positivement génial dans le rôle de Don Altobello, mafieux fourbe et faussement gâteux dans « LE PARRAIN III » où il vole à nouveau et sans en avoir l’air, leWALLACH (4) film à Al Pacino. Détail intéressant, ce rôle avait été originellement écrit pour… Frank Sinatra et ce dernier avait « soufflé » le rôle de Maggio à Wallach trente ans plus tôt dans « TANT QU’IL Y AURA DES HOMMES ». Événement romancé dans… le premier « PARRAIN ». Coïncidence ?

Il est l’avocat magouilleur dans « THE TWO JAKES / PIÈGE POUR UN PRIVÉ », un vétéran agonisant dans « ARTICLE 99 », le financier capricieux de « HOLLYWOOD MISTRESS », le parrain de la mafia juive dans « LEGACY OF LIES », le prêteur sur gages dans « LA LOI DE LA NUIT », le vieux séducteur dans « TWO MUCH », un business man dans « L’ASSOCIÉ », le grand rabbin dans « AU NOM D’ANNA ». Il est magnifique de drôlerie et d’émotion en scénariste retraité dans « THE HOLIDAY ».

35 ans après le film de Leone, Wallach (en pleine forme, à près de 90 ans !) est dirigé par Clint Eastwood dans « MYSTIC RIVER », où il apparaît non-mentionné au générique en marchand d’alcool. Il reparaît régulièrement dans de petits rôles comme dans « THE GHOST WRITER » ou « WALL STREET 2 : L’ARGENT NE DORT JAMAIS ».

En 2005 sortent ses mémoires, sympathiques mais hélas, trop succinctes : « THE GOOD, THE BAD & ME ».

À la TV, il est le traître de « POUR QUI SONNE LE GLAS », le superméchant de « BATMAN » (rôle que reprendra Schwarzie au cinéma), apparaît en oncle intolérant dans « LE CHANT DU BOURREAU », en scientifique coincé au Pôle Nord dans « A COLD NIGHT’S DEATH », en Juif du ghetto dans « THE WALL », en indic dans « KOJAK », en avocat célèbre dans « THE YOUNG LAWYER », il lutte contre les néonazis de « SKOKIE », joue un propriétaire de vigne dans « ARABESQUE », un ex-ouvrier atteint du cancer dans « NEW YORK DISTRICT », un autre mourant dans « URGENCES ». Il incarne Ben Gurion dans « THE TRIAL OF ADOLF EICHMANN ».

WALLACH (1)

À NOTER : cet article fut initialement posté en décembre 2010 et remis en "actu" en hommage à Eli Wallach qui vient de nous quitter à l'aube de ses 99 ans. RIP.

 

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS CULTE DE "WWW"
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 13:14

Alors ? Passé le choc de la découverte de la demoiselle dans « LE FILET », qui diable est Rossana Podestà ? Tout ce que l’on peut dire à coup sûr, c'est que c'est une actrice italienne des années 50 et 60, qui tourna une petite cinquantaine de films, essentiellement des coproductions et qui ne fit pas la carrière qu'elle méritait.

Née en 1934 en Lybie et toujours de ce monde à l’heure où sont écrites ces lignes, la bellissima Rossanà débute très jeune et n’a que 19 ans quand elle crève l’écran dans le film mexicain « LE FILET ». Elle incarne ensuite Nausicaa dans « ULYSSE » aux côtés de Kirk Douglas, tient le rôle-titre de la superproduction « HÉLÈNE DE TROIE » réalisé par rien moins que Robert Wise, elle reste dans le péplum international avec « SODOME ET GOMORRHE » d’Aldrich.

PODESTA

Après quelques succès mineurs comme « 7 HOMMES EN OR » et « LA VIERGE DE NÜREMBERG », sa carrière décline dans les seventies avec des comédies bas-de-gamme comme « CE COCHON DE PAOLO » ou « ELLES SONT DINGUES, CES NÉNETTES » (je n’invente rien !) et elle finit même par jouer la déesse Hera dans le « HERCULE » avec Lou Ferrigno.

Tout cela pour dire que le rôle de sa vie demeure très probablement – nous n’avons pas tout vu ! – la sublime et sauvage ‘Rossanà’ dans « LE FILET ». Et c'est très bien ainsi.

 

Post publié en juin 2012, réactualisé en hommage à Rossana Podesta qui vient de mourir, à l'âge de 79 ans. RIP.

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 08:57

MORT POURRI (1)Plusieurs choses placent « MORT D’UN POURRI » au-dessus du lot dans la filmo du Delon des seventies : le scénario policier sous-tendu d’un discours au vitriol sur les mœurs politiques et un casting d’une incroyable richesse dans lequel l’acteur-producteur s’intègre MORT POURRIcomme simple protagoniste, sans être le seul et unique centre d’intérêt.

Dévastateur, nihiliste, le dialogue de Michel Audiard fonce tête baissée dans le « tous pourris », mais certaines envolées sont époustouflantes d’aigre lucidité et de nombreuses répliques prennent aujourd'hui une troublante résonnance. L’aspect ‘polar’ lui, est très bien soutenu par un « mcguffin » simple et efficace : un journal contenant des preuves contre des élus corrompus. Le reste n’est qu’une course-poursuite bien filmée par Georges Lautner, émaillée de face à faces savoureux entre le héros intègre (enfin… tout est relatif) et la crème de la saloperie des hautes sphères politiciennes et affairistes.

Mais ce qui séduit le plus dans ce film, c'est encore la relation Maurice Ronet-Alain Delon. Bouclant un rapport professionnel entamé dans « PLEIN SOLEIL », poursuivi dans « LESMORT POURRI (2) CENTURIONS » et « LA PISCINE », les deux comédiens se retrouvent une dernière fois. Des photos les montrent d'ailleurs dans des poses tirées de ces trois films, cristallisant leur passé commun. À nouveau, c'est Ronet qui incarne le dominant, le tireur de ficelles, le salaud flamboyant, le cynique charismatique, alors que Delon s’efface étrangement et joue les seconds. Fascinante relation qu’on a vue évoluer de film en film sur deux décades. Ronet a beau disparaître au bout d’une demi-heure, il laisse l’impression d’avoir été la tête d’affiche de « MORT D’UN POURRI ».

Autour des deux amis-Némésis, tous les seconds rôles sont tenus par des pointures comme Jean Bouise, Julien Guiomar, Michel Aumont, Daniel Ceccaldi (particulièrement savoureux), les personnages de femmes sont écrits avec une misogynie totale, typique de son époque : des salopes âpres au gain, des fiancées soumises ou des demoiselles en détresse. La MORT POURRI (3)femme de Ronet est d'ailleurs jouée par Stéphane Audran, reformant ainsi un couple chabrolien immédiatement crédible.

La cerise sur le gâteau est bien sûr la prestation inattendue de Klaus Kinski. Permanenté, efféminé, mielleux, il campe un « intermédiaire » de haut-vol. Sa grande scène dans le château à la fin du film est sidérante. Il faut l’avoir entendu dire de l’Audiard ! Il a les répliques les plus incendiaires, les plus violemment cyniques. Et quand il dit à un ministre : « Vous êtes une larve… Un étron », on frise l’extase.

Un peu trop long, parsemé de cascades en voiture d’un autre âge, trop esclave des « bons mots » à l’emporte-pièce de l’auteur, « MORT D’UN POURRI » n’en a pas moins étonnamment bien vieilli. Et qu’on soit d'accord ou non avec le pamphlet au lance-flammes d’Audiard, force est d’admettre que le jeu de massacre est amusant à sa façon.

 

Post publié en juin 2011, remis en actualité en hommage à Georges Lautner, décédé à l'âge de 87 ans. RIP.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE KLAUS KINSKI
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 09:05

Beau garçon au physique typiquement italien, au charme simple, à la sympathie sans complication, Giuliano Gemma a débuté dans des petits rôles (« BEN-HUR », « LE GUÉPARD »), des péplums (« LES TITANS »), avant de percer dans le western italien, dans un emploi finalement assez rare de héros bon-teint, rasé de près et pétri de bonnes intentions.

Il revient de la guerre de Sécession dans « UN DOLLAR TROUÉ », infiltre un gang dans le rôle-titre de « UN PISTOLET POUR RINGO » (où il apparaît sous le pseudo Montgomery Wood !), il veut venger sa famille RETOUR RINGOmassacrée dans « LE RETOUR DE RINGO » (où pour compliquer encore les choses, son personnage s’appelle en réalité Montgomery Brown !), il est accusé à tort de meurtre dans « ADIÓS GRINGO », joue un ex-forçat se muant en vengeur dans « ARIZONA COLT », un lieutenant prisonnier de guerre dans « TROIS CAVALIERS POUR FORT YUMA », un évadé avide de revanche dans « LES LONGS JOURS DE LA VENGEANCE ».
Gemma trouve un de ses bons rôles dans « LE DERNIER JOUR DE LA COLÈRE », en homme à tout faire, méprisé de tous, auquel un vieux pistolero apprend à se battre. Son face à face avec Lee Van Cleef est impeccable.

Il joue un shérif poursuivi pour meurtre dans « WANTED – LA RECHERCHE »,  un hors-la-loi voulant se ranger des voitures dans « CIEL DE PLOMB », il est obligé de vivre avec son frère pendant trois mois, pour toucher 300.000 $ dans « LA CHEVAUCHÉE VERS L’OUEST », il est pris dans un complot pour tuer le président des U.S.A. dans « TEXAS », s’essaie à la franche comédie avec « MÉFIE-TOI BEN, CHARLIE VEUT TA PEAU », persiste en jouant un hors-la-loi dans « LE BLANC, LE JAUNE ET LE NOIR », retrouve l’emploi de ses débuts (l’ex-officier revenant de la guerre) dans « CALIFORNIA », et achève son long parcours dans l'Ouest italien, avec le rôle-titre de « TEX ET LE SEIGNEUR DES ABYSSES », où il endosse le costume du légendaire héros de BD transalpine, le Ranger Tex Willer.

 

Post initialement publié en septembre 2009, réactualisé en hommage à l'acteur décédé dans un accident de voiture à l'âge de 75 ans. RIP.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 11:34

C'est aujourd'hui le 4ème anniversaire de la création de « WWW », des changements se sont opérés. Avec ses plus de 5000 articles, ses innombrables liens internes et externes, son nombre limité de rubriques, le blog est devenu une « usine à gaz » pas facile à manœuvrer. D’autant qu'il est plein comme un œuf et qu'il arrivera dans quelques mois au bout de la mémoire qui lui est généreusement allouée par Overblog. La plateforme étant elle-même en pleine mutation, il va bientôt falloir basculer « WWW » vers la nouvelle configuration.

Tout cela pour vous dire, chers et fidèles visiteurs, que les nouveautés cessent de paraître sur le blog du West. Il ne ferme évidemment pas ses portes, il existera toujours avec sa « banque de données » considérable. Les visiteurs pourront continuer à faire des tours, à laisser des messages, je viendrai y répondre régulièrement.

Votre serviteur ne prend pas sa retraite pour autant. Il a déjà lancé un nouveau site sur les mêmes thématiques à consulter sur la plateforme Wordpress. Un site plus « léger » à gérer, plus ludique aussi. La preuve ? Il s’appelle « BLOGDUWEST2 » ! Et vous pouvez dores et déjà y jeter un coup d'œil. Il n’en est qu’à ses débuts.


En espérant vous y voir nombreux et très bientôt, je vous souhaite un excellent week-end. Et merci à tous pour votre fidélité et pour la bonne humeur de vos messages.

 

On se retrouve à cette adresse :

 

http://blogduwest2.wordpress.com

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 06:09

Faith Domergue est une actrice des années 50, à la personnalité intrigante, au physique inhabituel et « exotique », qui a tourné une petite cinquantaine de films et téléfilms.

On s’en souvient dans des westerns comme « DUEL SANS MERCI », en savante dans « LES SURVIVANTS DE L’INFINI » et « LE MONSTRE VIENT DE LA MER », en femme fatale déséquilibrée dans « VOYAGE SANS RETOUR » qui demeure le rôle de sa vie. À la fin de sa carrière, elle tourna beaucoup en Italie.

Aujourd'hui, elle aurait fêté ses 89 ans. Happy birthday, Faith.

DOMERGUE

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 05:58

À l’honneur sur « WWW » depuis quelque temps, Alberto Sordi fut une des vedettes les plus populaires du grand cinéma italien. Il débuta en 1937 dans un rôle de… lion et acheva son parcours 50 ans et 150 films plus tard.

Génie du comique triste, fanfaron grandiose et mesquin, trivial et pathétique, il a créé un archétype du petit bourgeois romain suffisant et égoïste d’une profondeur souvent surprenante. De « LA GRANDE GUERRE » à « UN BOURGEOIS TOUT PETIT, PETIT » en passant par « MAFIOSO » ou « UNE VIE DIFFICILE », sa filmo n’a pas fini de révéler ses trésors.

Aujourd'hui, il aurait fêté ses 93 ans. Happy birthday, Alberto.

SORDI

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