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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 18:34

Les grands films sur la peur atomique de Kubrick ou Lumet dataient déjà de plus de dix ans, quand Robert Aldrich mit en chantier « L’ULTIMATUM DES TROIS MERCENAIRES » (abominable titre français parmi les abominables !). Quand le film TWILIGHT LAST (1)démarre, l’ex-général Burt Lancaster, condamné à mort, s’évade avec trois voyous et prend position dans un ‘silo’ où se trouvent neuf missiles nucléaires qu'il menace d’envoyer sur la Russie. Qu’exige-t-il ? Le pouvoir ? La vengeance ? L’argent ? Pas du tout. Nous sommes dans les seventies et Aldrich nous parle d’une Amérique traumatisée par la guerre, ébranlée par les mensonges de Nixon, horrifiée par les secrets d’État. Ce que veut le général, c'est pouvoir dire au peuple américain que la guerre du Vietnam n’était qu’un « concours de quéquettes » entre les U.S.A. et l’Union Soviétique. Que les yankees savaient qu'ils ne vaincraient jamais là-bas, mais ont continué à sacrifier desTWILIGHT LAST soldats et des milliers de civils, juste pour prouver à leurs adversaires qu'ils étaient prêts à « aller jusqu'au bout » et ne craindraient donc pas d’utiliser l’arme nucléaire le cas échéant.

Croisade naïve et dérisoire de ce « héros » prêt à déclencher l’apocalypse pour dire la vérité. Mais qui a envie de l’entendre ? Survivant d’une ère révolue, le Burt est complètement déstabilisé par un de ses acolytes, Paul Winfield, plus jeune et plus « aware », qui lui explique ce qu’est devenu le monde.

On le voit le « gros Bob » n’a rien perdu de sa virulence et sa vision du futur (le film se passe quatre ans après sa date de réalisation) est sombre et lucide. Hélas, sa technique a elle pas mal vieilli : la photo fait très téléfilm, les décors ‘high tech’ font aujourd'hui sourire, le split-screen systématique fatigue rapidement et la durée excessive du métrage se ressent dans d’interminables bavardages à la Maison Blanche.

Lancaster assure avec son habituel métier un rôle qu'il a déjà joué à peu de choses près dans « 7 JOURS EN MAI ». Face à lui, Richard Widmark est très bien en général dangereusement incompétent et Charles Durning a le rôle principal, en président honnête et courageux. On a même une petite apparition de William Smith au début, en complice psychopathe que Burt finit par descendre lui-même !

TWILIGHT LAST (2)

Longtemps invisible, sorti en France coupé de près d’une heure, ce film s’il a subi les outrages du temps, n’en demeure pas moins un cri de dégoût et de révolte contre la marche d’un monde que les auteurs ne reconnaissent plus et dont ils ne veulent pas. 35 ans plus tard, on est en mesure d’affirmer qu'ils avaient bien raison de ne pas en vouloir !

 

À NOTER : Vera Miles jouait la first lady, mais son rôle a disparu au montage. On a longtemps cru qu'elle avait disparu des versions mutilées du film, mais même dans l’intégrale, elle n’apparaît pas. Un choix artistique, donc.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 18:52

« VICTOIRE À ENTEBBE » est chronologiquement le premier des trois films consacrés au Raid sur l’aéroport d’Ouganda par l’armée israélienne, pour libérer des otages retenus par un groupe de sympathisants palestiniens. Tourné et monté littéralement quelques semaines après lesENTEBBE (1) évènements réels dont il s’inspire, ce téléfilm sortit en salles dans une version abrégée et fut très mal accueilli.

Le passage des années lui a plutôt et étonnamment, bien réussi. Son filmage en vidéo (l’affreux NTSC des seventies) au rendu grisâtre et instable, lui donne aujourd'hui un côté ‘docudrama’ qui épouse parfaitement le propos et lui évite de sombrer dans le kitsch d’un « DELTA FORCE », par exemple, bâti sur le même schéma, mais avec plus de moyens.

Le scénario suit les clichés du film-catastrophe, mais les personnages sont bien dessinés, sans trop de manichéisme et le casting de stars remplit bien son office. Certains ont de vrais rôles comme Burt Lancaster (systématiquement en colère !) et Anthony Hopkins (encore sans tics) incarnant respectivement Peres et Rabin, d’autres ne font que des ‘caméos’ un brin ridicules comme Kirk Douglas et Liz Taylor, qui pleurent toutes les larmes de leur corps en parents éplorés. Certains s’avèrent excellents, comme Helen Hayes en vieille dame à l’humour caustique. Linda Blair semble échappée d’un « AIRPLANE » et Bibi Besch fait froid dans le dos en terroriste haineuse. On ne sait trop que penser de Julius Harris, dont l’Idi Amin Dada n’est absolument pas ressemblant, mais qui parvient à donner à son rôle une allure de clown malfaisant assez frappante. Quant à Richard Dreyfuss, très bien comme toujours, il n’a visiblement pas eu le temps de suivre un régime pour perdre les quelques kilos qui l’auraient rendu plus crédible en commando surentraîné.

ENTEBBE

Sans être un bon film, « VICTOIRE À ENTEBBE » apparaît comme un document sur une époque, sur une guerre – toujours en cours, comme une sorte de « geste » recréée à chaud, comme pour la fixer pour la postérité. En cela, le spectacle s’avère passionnant, malgré ses facilités, son manque de nuances parfois et malgré une esthétique qui fait tout de même un peu mal aux yeux.

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 16:21

Avant de devenir le grand Lancaster, le jeune Burt a payé son tribut à la série B technicolorisée et tourné pas mal de nanars plus ou moins exotiques, où étaient exploités son physique avantageux et son énergie communicative.

« DIX DE LA LÉGION » est l’un d’eux et a pour seul et unique intérêt de préfigurer de quinze ans le schéma narratif des « 12 SALOPARDS ». À savoir : une bande de gibiers de potence de 10 TALL MENla Légion Étrangère enrôlés pour une mission-suicide qui – si elle est couronnée de succès – pourrait alléger leur peine de prison. Menés par le sergent Burt, les sympathiques fripouilles kidnappent donc la fille d’un « caïd » avant son mariage avec le chef d’un clan rival, pour éviter une alliance qui pourrait s’avérer désastreuse pour l’armée française. Les gaillards sont traqués par les Arabes dans un Sahara qui ressemble étonnamment au Far-West vu dans des centaines de westerns et Burt – what else ? – séduira la farouche princesse.

Pas la peine de tergiverser : c'est complètement idiot et infantile, les « locaux » sont fourbes et mangent du salami (on sent que les auteurs se sont sérieusement documentés !), les légionnaires sont de braves gars turbulents mais héroïques et côté réalisme, c'est un festival d’approximations et d’absurdités. Mais voilà… Il y a Burt. Affuté, impétueux, dragueur invétéré, adulé par ses hommes, il joue les héros de BD avec un aplomb extraordinaire et vaut qu’on voie ce gentil nanar jusqu'au bout. À ses côtés, quelques « trognes » qu’on aime comme Mike Mazurki, Nick Cravat (l’ex-complice de Lancaster quand il était trapéziste), Gilbert Roland (« Ay, mamacita ! ») et John Dehner en traître à moustache en baguette. Que demander de plus ?

10 TALL MEN (1)

« DIX DE LA LÉGION » c'est du cinoche de samedi soir poussiéreux où il serait vain de chercher du racisme ou du colonialisme, tant c'est primaire et décérébré.

 

À NOTER : au début du film, Lancaster apparaît vieilli et portant une fausse barbe grise, déguisé en Bédouin. Il ressemble exactement à ce qu'il sera 25 ans plus tard dans la minisérie italienne « MOÏSE » !

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 16:47

UNFORGIVEN (2)« LE VENT DE LA PLAINE » s’est toujours traîné une drôle de réputation, due en partie en remontage dont il fut l’objet et au désaveu de son réalisateur John Huston. Il s’est peu à UNFORGIVEN (1)peu imposé comme un classique mineur du western, statut qui devrait être renforcé par sa récente réédition en Blu-ray.

Fable antiraciste au style décalé et onirique, le film baigne dans une atmosphère « biblique », entre les tempêtes deUNFORGIVEN (4) sable, les malédictions, un faux inceste taraudant les protagonistes et leur entourage. La première moitié est éblouissante : hantée par la silhouette décharnée et fantomatique de ce revenant qui apporte la haine et le malheur avec lui. L’ambiance bon-enfant du début s’empoisonne progressivement, les visages bourrus et débonnaires des pionniers se muent en masques de haine et d’intolérance. Comme l’épouse de l’éleveur Charles Bickford, qui en vient à traiter Audrey Hepburn de « négresse à peau rouge », alors qu'elle était prête à en faire sa bru, quelques jours plus tôt.

La deuxième moitié est plus pauvre narrativement et se confine à un interminable siège UNFORGIVEN (3)dans la maison des Zachary encerclés par les Kiowas. Bien sûr, des idées de mise en scène sont marquantes, comme ce piano en plein-air sur lequel joue Lilian Gish dans la nuit ou ces soldats de plombs fondus pour faire des munitions de fortune. Mais le scénario s’enlise clairement.

Le film est littéralement porté par Burt Lancaster, d’une puissance inouïe en jeune patriarche massif et autoritaire, niant jusqu'au bout ses propres ambiguïtés. Hepburn, ravissante, est peu crédible en Indienne ignorant ses origines, mais sa présence illumine le film. Gish en fait des tonnes en mater familias à l’étrange physique de poupée deUNFORGIVEN (5) porcelaine, mais des seconds rôles comme Doug McClure (qui ressemble étonnamment à Lancaster en beaucoup plus doux), Joseph Wiseman extraordinaire en dément malveillant et John Saxon dans un rôle sacrifié au montage, font des étincelles.

On sent bien par moments que des fondus-enchaînés bizarrement placés dissimulent de grosses coupes, on peut être irrité par la musique pas toujours à la hauteur de images, mais « LE VENT DE LA PLAINE » a tout du « grand film malade » et fascine envers et contre tout. Il donne en tout cas un panorama édifiant du racisme, ce mal insidieux qui transforme les braves gens en brutes haineuses et les amis en ennemis mortels. Un beau film. Et un des meilleurs rôles de Lancaster. Même s’il a une ribambelle de « meilleurs rôles » à son palmarès…

UNFORGIVEN

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 18:28

MR 880« LA BONNE COMBINE » n’est certes pas un des premiers films qu’on cite quand on pense à Burt Lancaster. À vrai dire, cette gentille comédie dramatique est oubliée depuis des lustres et n’offre à l’acteur qu’un rôle curieusement périphérique, malgré sa premièreMR 880 (1) place au générique.

Agent du Trésor U.S., il enquête sur ‘Mister 880’ (d'après son numéro de dossier), un faussaire qui échappe à la police depuis des années en ne fabriquant que des billets d’un dollar, grossièrement contrefaits. Burt rencontre Dorothy McGuire, dont il tombe amoureux, sans se douter qu'elle connaît très bien ‘880’ qui n’est autre que son voisin (Edmund Gwenn) un charmant vieux monsieur vivant dans une semi-misère.

Entre le conte de fées et le mélo larmoyant, « LA BONNE COMBINE » n’est pas déplaisant à suivre. Lancaster y déploie son charisme naturel, son énergie de grand fauve toujours au bord d’exploser. McGuire a beaucoup de charme, même si elle paraît trop âgée par rapport à son partenaire. Mais le vieux Gwenn vampirise tout le film par son numéro de cabotinage bien au point. À la fois roué et candide, gâteux et malin comme un singe, il en fait des mégatonnes sans le moindre complexe, culminant dans la scène de son procès qui frise le grotesque le plus complet.

MR 880 (2)

Mais le noir & blanc est joli, Millard Mitchell toujours aussi savoureux en co-équipier de Burt, l’ambiance bon-enfant et il est toujours intéressant de deviner les prémices du grand acteur qu’allait devenir Lancaster, même dans ses rôles les plus insignifiants.

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 09:18

ALL MY SONSLa sortie en DVD (exclusivité française !) de « ILS ÉTAIENT TOUS MES FILS » permet de découvrir un film d’une surprenante intensité, dont on ne sort pas tout à fait indemne.

Tiré d’une pièce d’Arthur Miller, le scénario est habilement adapté et « aéré », ne trahissant que rarement ses origines théâtrales. C'estALL MY SONS (2) une œuvre noire, puissante et implacable sur la responsabilité et l’expiation, qui oblige à ses poser des questions pas toujours plaisantes et trace les limites de l’individualisme et du mythe américain du self-made-man.

Accusé d’avoir vendu des pièces défectueuses qui ont causé la mort d’une vingtaine d’aviateurs pendant la WW2, l’industriel Edward G. Robinson a réussi à échapper à la justice en faisant accuser son associé. Mais aujourd'hui, la fille de celui-ci revient dans sa ville natale pour épouser Burt Lancaster, le fils aîné de Robinson, alors qu'elle était fiancée au cadet, disparu ALL MY SONS (1)en mission. Elle porte avec elle un secret qui va entraîner la chute de son futur beau-père et la fin de son impunité.

Le texte est très fort, les personnages ne sont  jamais taillés dans la masse. Tout ici est subtil et tient compte des ambiguïtés de l’âme humaine. Ainsi Robinson n’est-il jamais haïssable, puisqu’il ne se rend même pas compte de l’abjection de ses actes. Il pense avoir agi pour le bien de sa famille et tant pis pour les dommages collatéraux. Lancaster lui, a préféré s’aveugler plutôt que d’affronter la vérité sur ce père qu'il idolâtre et auquel il reste soumis comme un enfant mal grandi. Mais le personnage le plus fascinant est encore la mère, magnifiquement incarné par Mady Christians, obnubilée par le retour de ce fils cadet, qui a expié pour « les péchés du père ».

Sobrement réalisé, mais dramatisé par une sublime photo de Russell Metty, « ILS ÉTAIENT TOUS MES FILS » est prenant du début à la fin, ne dévie jamais de son thème et fonce vers sa fin inéluctable comme un train dans la nuit. Et l’interprétation, jusqu'au plus petit rôle est sans faille. À découvrir.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 17:18

ROI DES ILES (2)Sous couvert de film d’aventures en TechniColor tourné en extérieurs dans les îles Fidji, « LE ROI DES ÎLES » est une parabole plutôt incisive sur le colonialisme, l’avidité capitaliste, la perte des valeurs et la destruction de traditions ancestrales pour le seul profit. Le scénario très malin présente d’abord Burt Lancaster comme un héros bon-teint,ROI DES ILES bagarreur et conquérant, dans la droite lignée des films de pirates qui firent son succès. Puis peu à peu, O’Keefe se fissure. On devine l’aventurier sans scrupule, le faux messie, l’exploiteur derrière son sourire éclatant. La preuve ? Il trompe sa jeune et virginale épouse !

Le scénario de cette fable sympathique est incroyablement dense. Ce qu'il s’y passe en 90 minutes à peine, laisse étourdi ! Aujourd'hui, un tel film ferait dans les 2 H 40 au bas-mot. On a même le temps de s’ennuyer un peu, lors de séquences « touristiques » trop insistantes. Mais les émissions du ‘National Geographic’ n’existaient pas à l’époque.

En plein dans sa période « bel animal », Lancaster crève l’écran. Avec ses muscles bronzés complaisamment exposés à la moindre occasion, ses cheveux blondis, ses célèbres dents « ultra-brite », il déborde d’énergie, de puissance physique et s’en donne à cœur-joie. Autour de lui, ses partenaires ont peu de chances d’exister.

Très bien réalisé et produit, « LE ROI DES ÎLES » paraît très sous-estimé dans la carrière de Lancaster. Sans être un grand film, c'est une œuvre thématiquement osée. À la fin, pour rétablir la paix dans son peuple, le roi O’Keefe ne fait-il pas exploser à la dynamite toute la réserve de monnaie locale ? À cette époque, un sénateur légèrement parano aurait pu trouver ce message subversif. Voire anti-américain…

ROI DES ILES (1)

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 09:15

JUDGMENTLe producteur-réalisateur Stanley Kramer a souvent été vilipendé pour la lourdeur avec laquelle il assénait ses films « à message ». « JUGEMENT À NÜREMBERG », malgré la JUDGMENT (1)proximité des évènements décrits (à peine une décade) et la densité de son scénario, parvient à n’être pas qu’un pensum théâtral et didactique. Le scénario d’Abby Mann servit deux ans plus tôt à un épisode de la collection « PLAYHOUSE 90 »JUDGMENT (3) avec Claude Rains (le juge), Paul Lukas (le principal accusé), Melvyn Douglas et Maximilian Schell, le seul à reprendre son rôle dans le remake cinéma.

Dans le film de Kramer, rien n'est simple : le procureur américain, magnifiquement interprété par un Richard Widmark à cran, est montré comme un fanatique sans nuance, le juge est un vieillard apparemment hésitant et trop sentimental, le jeune avocat censé représenter la nouvelle génération allemande, retrouve des accents de führer quand il tourmente les témoins déjà bien abimés par la vie. Ceux-ci JUDGMENT (2)sont incarnés par Judy Garland et Montgomery Clift, eux-mêmes dans un état de délabrement physique et mental cruellement mais efficacement exploité par le réalisateur. Le regard fiévreux de Clift, hante longtemps après le mot ‘fin’.

Mais ce qui frappe le plus dans « JUGEMENT À NÜREMBERG », c'est l'épilogue. La visite de Spencer Tracy à Janning dans sa cellule, après la sentence. Alors qu'on s'attend à un adieu émouvant entre deux hommes qui s'estiment malgré leurs différences, qu'on est tout prêt à trouver une certaine noblesse à cet ancien juge pronazi, surtout qu'il est campé par Burt Lancaster véritable statue du Commandeur tout en silences intimidants, Kramer fait soudain volte-face et tord le cou au cliché : il fait dire au juge U.S., qu’on pensait prêt à l’indulgence, que « Le pire était déjà fait, le jour où vous avez condamné à mort, un homme que vous saviez innocent ». En quittant l'Allemagne, il laisse un homme (peuple ?) brisé, sans espoir de rédemption, même plus capable de se croire supérieur aux autres.

Une fin implacable, mais nécessaire. Et vraiment, un beau film, moins solennel et monolithique qu'on ne pourrait imaginer.

JUDGMENT (4)

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 19:01

ROPE SAND (2)Six ans après « CASABLANCA », Claude Rains, Paul Henreid et Peter Lorre remettent le couvert dans une nouvelle aventure exotique, passant du Maroc à l’Afrique du Sud. Sans ROPE SANDjamais quitter Hollywood, bien évidemment !ROPE SAND (1)

« LA CORDE DE SABLE » est un drôle de mélange de ‘film noir’, de suspense et de mélodrame qui démarre de façon abrupte par le retour du héros (Burt Lancaster) dans une ville qu'il a dû quitter deux ans plus tôt. On met longtemps à entrer dans l’histoire. Jusqu'au flash-back en fait, qui intervient très tard et clarifie les enjeux. C'est joliment photographié, mais le scénario est excessivement bavard, répète ad nauseam les mêmes situations et n’offre aux comédiens que de pâles silhouettes caricaturales. Ainsi Rains s’amuse-t-il visiblement à jouer les manipulateurs pervers et ambigus et Lorre tient-il pour la énième fois le même rôle de traîne-savate visqueux.

Pour un film bâti en grande partie sur la haine incandescente entre deux protagonistes et ROPE SAND (3)leur relation sado-maso, il est regrettable que Henreid manque autant de charisme. Car son face à face avec Lancaster ne fait guère d’étincelles. Ce dernier, tendu et cassant, a une belle présence à l’image mais ne paraît pas vraiment concerné par cette chasse aux diamants soporifique. La française Corinne Calvet est amusante par instants, mais n’a pas la magie d’une Ingrid Bergman. Sa ‘love story’ avec Lancaster a donc du mal à passionner.

On retiendra « LA CORDE DE SABLE » pour son penchant du fouet et des sévices corporels, pour son Afrique de pacotille et pour quelques beaux gros-plans de visages éclairés en clair-obscur. Pas grand-chose, autrement dit…

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 18:02

FLIC REBIFFEEn 1955, alors qu'il était au faîte de sa gloire, Burt Lancaster a réalisé le très moyen « L'HOMME DU KENTUCKY ». Presque vingt ans après, alors que sa carrière était en chute libre, il co-réalise « LE FLIC SE REBIFFE » (encore un titre français qui se passe de commentaires : le héros n’est pas flic et il ne se rebiffe pas…), qui ne marque pas de réels progrès. L’acteur en restera d'ailleurs là.

Il s’agit un ‘film noir’ au budget et au look de téléfilm, au scénario incroyablement confus, à la mollesse confondante, qui offre à Lancaster un rôle sans éclat d’ex-policier devenu vigile à sa sortie de prison et qui enquête sur le meurtre de la fille d’un sénateur. Tous les éléments sont là : le faux-suspect, le shérif incapable, la femme fatale, le meilleur copain ambigu, mais… rien ne fonctionne. À part peut-être une séquence d’action – la seule du film – où notre héros est prisonnier d’une famille de ploucs dégénérés.

Manifestement peu concerné par ce qui est tout de même son propre film, le grand Burt se traîne un peu, semble souvent distrait et ne prend pas la peine de composer un vrai personnage. Ses partenaires ne sont pas mieux lotis : Susan Clark en officier de tutelle sexy, Harris Yulin en shérif inopérant, Cameron Mitchell en pote à la jambe plâtrée ou Ed Lauter en voyou imbécile, tout le monde est logé à la même enseigne. Rien à se mettre sous la dent ! 

FLIC REBIFFE (1)

On sent la volonté de revenir au genre de cinéma dans lequel Lancaster débuta à la fin des années 40, mais les temps ont changé et « LE FLIC SE REBIFFE » est d’une absolue platitude. De toute façon, quand on doit subir trois ou quatre fins successives rien que pour expliquer (et parfois en voix « off » !) qui est coupable et pourquoi, c'est qu'il y a un gros souci.

 

À NOTER : le film est trouvable en Allemagne sous le titre « DER MITTERNACHTS MANN », avec une v.o. mais dans une copie digne d’une vieille VHS et qui plus est, en Pan & Scan. Du bien vilain travail…

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