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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 19:57

Lee Van Cleef a seulement 40 ans quand il arrive au bout de sa route d’acteur. Un accident de voiture l’a mis au chômage, il tente de gagner sa vie comme peintre mais ses toiles se vendent mal et les seuls rôles qu'il décroche sont minuscules, bien plus petits que ceux qu'il tenait la décennie précédente.

Quand Sergio Leone débarque à L.A. en 1965, c'est la panique : Lee Marvin vient de quitter son projet, Charles Bronson l’a refusé, tous les autres sont trop chers. Alors Leone, grand cinéphile, se souvient de ce second rôle, entrevu dans tant de classiques : Lee Van Cleef. Celui-ci accepte évidemment « ...ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS », sans même lire le scénario, persuadé qu'il n’y tiendra qu’un petit rôle. Quelle n’est pas sa stupeur de réaliser qu'il a le rôle principal, plus important encore que celui de Clint Eastwood !

Le colonel Douglas Mortimer sera d'ailleurs le rôle de sa vie. Vengeur élégant tout de noir vêtu, ce chasseur de primes bien plus âgé que son interprète (Eastwood l’appelle « le vieux » !) marquera le genre grâce au visage d’aigle de Van Cleef, filmé en extrêmes gros-plans par Leone. En voyant le film, Burt Lancaster sera interloqué : comment un vague figurant qui lui apportait le café sur ses films a-t-il pu tenir ainsi un rôle principal et probablement mieux qu'il ne l’aurait fait lui-même !

Lee Van Cleef était une star et il ne le savait même pas ! Il rentre aux U.S.A. pour tourner des séries TV et revient en Italie quand Leone le rappelle pour « LE BON, LA BRUTE, LE TRUAND ». Cette fois, Van Cleef joue Sentenza un des pires villains de l’Histoire du western, un tueur cynique et intelligent prêt à tout, même la torture, pour mettre ses griffes sur le butin.

À partir de là, sa carrière décolle. Mais seulement en Europe. Van Cleef se spécialise dans les rôles de « mentors » plus ou moins bienveillants, face à de jeunes acteurs en vogue : dans « COLORADO », il est un marshal manipulé par ses employeurs et lancé aux trousses de « l’innocent » Tomás Milian. Dans « LE DERNIER JOUR DE LA COLÈRE », il forme un naïf à devenir un pistolero, jusqu'à ce que l’élève dépasse le maître. Dans « LA MORT ÉTAIT AU RENDEZ-VOUS », il aide un jeune homme à se venger, jusqu'à ce que celui-ci comprenne que Van Cleef n’est pas totalement innocent. Enfin, dans « PAS DE PITIÉ POUR LES SALOPARDS », il est un traîne-savate qui se découvre une vocation d’homme de loi, quitte à trahir ses amis. Que des rôles intéressants, dans des films ambitieux, qui comptent parmi les vraies réussites du « spaghetti western », dont Lee Van Cleef devient la figure de proue.

« SABATA », un personnage calqué sur le colonel Mortimer, est un triomphe, et il en tourne une sequel, mais les films sont médiocres, et l’acteur commence à se pasticher lui-même, ce qui n’est jamais bon signe. « CAPITAINE APACHE » (où il apparaît glabre et moumouté) et « LES 4 MERCENAIRES D’EL PASO » et « LE GRAND DUEL » sont des navets qu'il n’arrive pas à sauver.

Un rapide retour en Amérique lui offre le rôle de Chris, dans l’étonnamment bon « LA CHEVAUCHÉE DES 7 MERCENAIRES », où Van Cleef se montre excellent, sans se départir de son inséparable pipe. D’autres navets se suivent en Europe, comme « LA BRUTE, LE COLT ET LE KARATÉ » (chapeau pour le titre français !) ou le navrant « LES IMPITOYABLES », où Van Cleef joue deux frères jumeaux. On le voit même dans diverses pubs pour des marques de bière ou de pots d’échappement où il caricature son image.
 Sa trajectoire de westerner s’achève donc sans gloire, mais Lee Van Cleef a néanmoins laissé une empreinte indélébile, par sa galerie de personnages cruels, sarcastiques, brutaux, mais toujours fascinants.


A NOTER : Comme Jack Palance qui était devenu, sous le pinceau du dessinateur Morris, le tueur Phil Defer, Lee Van Cleef eut l'insigne honneur d'être choisi comme adversaire de Lucky Luke, dans l'album "CHASSEUR DE PRIMES", scénarisé par René Goscinny. Pipe et cache-poussière inclus !

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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Marc Provencher 01/02/2012 20:26

Eh bien ! Je crois que je viens d'en identifier un que je n'avais jamais vu. Alors c'est quoi ça, 'Take a Hard Ride' avec Lee Van Cleef et Catherine Spaak ? Mmh ? Un chef-d'oeuvre inconnu ? Sabata
mais en pire ? Peut-être me faudra-t-il mettre la main dessus pour en avoir le coeur net...

Fred Jay Walk 01/02/2012 21:43



Sorti en France sous le titre "LA CHEVAUCHEE TERRIBLE".


Ce n'est pas si terrible que ça, juste moyen. Van Cleef joue un méchant jouant de l'harmonica si mes souvenirs sont bons. Et Mlle Spaak... Je ne m'en souviens pas ! A revoir donc...



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