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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 16:51

Il s’en est fallu de peu pour que Tom Berenger devienne une énorme star, le digne héritier des jeunes premiers virils des années 50 et le nouveau Paul Newman. On en trouve encoreANGEL (1) une preuve dans « THE AVENGING ANGEL », un western « historique » situé dans l’univers des Mormons de Salt Lake City.

L’acteur y joue un ‘bodyguard’, un assassin au service du prophète Brigham Young, dont le seul but dans la vie est de protéger celui-ci. À n'importe quel prix. Il se retrouve embarqué dans un complot au sein même de l’Église, destiné à supprimer Young et à le supplanter. Les traîtres cherchant bien sûr à lui faire porter le chapeau.

Si le contexte peut paraître quelque peu confus au non-Américain, on entre assez vite dans le feu du récit et on suit l’évolution de ce tueur séduisant qui apprend ce que sont les états d’âme en comprenant que le monde n’est pas noir et blanc et qu'il faut peut-être chercher à savoir pourquoi on tue quelqu’un, avant de sortir ses armes.

Le film est porté par Berenger, donc, à l’intéressante présence à la fois terre-à-terre et ‘bigger than life’. Il excelle dans les scènes d’action et s’avère aussi dangereux que vulnérable.

Autour de lui, un bon cast au sein duquel on a droit à non pas une, mais DEUX cerises sur le gâteau : James Coburn, enterré sous une tonne de postiches en mentor truculent du tueur et Charlton Heston idéalement distribué dans le rôle de Brigham Young, même si on aurait aimé le voir davantage. Il est toujours impressionnant de constater une fois encore, à quel point ces vieilles stars trimbalent leur passé avec eux et n’ont même pas besoin de rôles spécialement fouillés pour exister complètement à l’image.

« THE AVENGING ANGEL » est donc un téléfilm très réussi et tout à fait recommandable.

ANGEL

 

À NOTER : le film fut exploité en vidéo en France sous le titre « LA MAIN DE L’ANGE ». Pas vilain, mais – une fois encore – sans grand rapport !

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 22:08

COUNTERPOINT (2)« LA SYMPHONIE DES HÉROS », c'est « LA GRANDE ÉVASION » tourné de nuit avec un orchestre classique à la place des POW anglo-U.S. du film de John Sturges. Pour la faire courte !

Si l’idée de départ est intrigante et plutôt bonne, le scénario apparaît rapidement comme COUNTERPOINT (1)très tiré par les cheveux. L’affrontement entre le ‘maestro’ Charlton Heston et le général allemand Maximilian Schell dont il est prisonnier, n’est basé que sur une lutte d’egos pas toujours très compréhensible. Les enjeux demeurent donc un COUNTERPOINTpeu flous, les péripéties « guerrières » sont un brin plaquées.

Malgré cela, le film se laisse regarder sans déplaisir, grâce d’abord à une photo magnifique de Russell Metty, qui est à la fête et profite des nombreuse scènes nocturnes pour sculpter les visages en clair-obscur et façonner des atmosphères quasi-gothiques dans l’unique décor du film.

Il y a aussi Heston, en bonne forme dans un personnage semi-odieux de chef d’orchestre égocentrique  et hautain que les circonstances transforment en héros indomptable. Il est rétrospectivement amusant de le voir à la fin, incapable de se servir d’une arme à feu. Schell apporte son ambiguïté naturelle à un rôle de répertoire. Et on a le plaisir toujours renouvelé de retrouver Leslie Nielsen (période pré-ZAZ) en bras-droit du maître.

COUNTERPOINT (3)

Trop lent pour passionner vraiment, trop confus dans les motivations des protagonistes pour fasciner durablement, « LA SYMPHONIE DES HÉROS » vaut d’être vu pour quelques trouvailles (la fausse-piste habilement gérée du traître au sein de l’orchestre) et pour quelques confrontations entre les deux ennemis, dont la dernière particulièrement bien écrite, qui n’est pas sans annoncer « LE PIANISTE » de Polanski.

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 16:55

PROUD MEN (1)Réalisé par le compétent William A. Graham, « PROUD MEN » est un remarquable téléfilm qui offre à Charlton Heston le meilleur rôle de sa fin de carrière et un de ses personnages les moins monolithiques.

Installé en France, un photographe (Peter Strauss) apprend que son père rancher qu'il n’a pas vu depuis quinze ans, va bientôt mourir. À la demande de sa mère, il revient au pays. Mais son père lui en veut toujours d’avoir déserté pendant la guerre du Vietnam et les retrouvailles ne sont pas tendres.

Après bien sûr, c'est la lente et difficile évolution de leur relation, qui va aboutir à la réconciliation in extremis. Malgré ce scénario sans surprise, on est accroché et même ému par ce film rugueux et intelligent, qui n’esquive pas le cliché, mais fouille les rapports père-fils avec finesse et ne prend parti pour aucun des deux hommes. Sous ses allures d’homme de l'Ouest à l’ancienne, taillé dans le roc du mont Rushmore, Heston compose un personnage étonnamment attachant, fragilisé par l’âge et la maladie, ébranlé dans ses certitudes et trop orgueilleux pour accorder son pardon. Face à lui, le toujours excellent Peter Strauss est parfaitement distribué dans le rôle de son fils unique, digne et courageux. La scène où il explique à Heston pourquoi il a déserté à la suite d’une attaque de village au Vietnam, est absolument saisissante. Sacrés comédiens ! On se demande encore une fois pourquoi Strauss n’a pas trouvé le succès au cinéma.

PROUD MEN

Si Nan Martin est émouvante en mère-courage, Maria Mayenzet est la seule faute du goût du casting, jouant l’épouse française avec un accent à faire grincer les dents de l’inspecteur Clouseau. Dommage… Cela doit sûrement mieux passer pour des oreilles non-francophones.

Bien écrit et efficacement filmé, « PROUD MEN » surprend par sa simplicité, par son émotion brute et émeut par les adieux du vieux Charlton au Far-West dans lequel il s’est souvent illustré.

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 19:11

PONYEXPRESS (2)« LE TRIOMPHE DE BUFFALO BILL » réunit les figures mythiques de ‘Wild’ Bill Hickcok et Buffalo Bill Cody pour raconter très librement la naissance du Pony Express, autrement PONYEXPRESS (1)dit courrier ultra-rapide (dix jours !) dans l'Ouest. Les premiers pas en somme, d’une évolution qui devait nous mener à l’e-mail !

C'est un honnête western en TechniColor, au rythme lent, aux péripéties répétitives, qui accumule en chemin pas malPONYEXPRESS (3) d’erreurs dommageables : le grand combat de Cody contre le chef indien Yellow Hand se déroule en pleine nuit (américaine, qui plus est !) et est à peine discernable, la grande action héroïque du film (le premier voyage du Pony Express) qui est aussi le ‘climax’ se déroule hors de la présence des protagonistes principaux. Tout cela fait que le temps semble longuet, d’autant que Charlton Heston n’est pas très à l’aise dans la nonchalance sarcastique et qu'il est même souvent ridicule, entouré par deux femmes totalement énamourées qui le suivent partout en se pâmant et en PONYEXPRESSrépétant : « Oh ! Cody… », dès qu'il ouvre la bouche. Face à lui, Forrest Tucker est plus à sa place en Hickok à cheveux courts qui avoue curieusement « ne pas aimer les femmes ».

Mais si Rhonda Fleming est bien belle en traîtresse réformée, c'est Jan Sterling qui vole allègrement la vedette à tout le monde, dans un rôle attachant en diable de garçon manqué qui suit Cody comme un chienchien et n’attend qu’un regard, qu’un geste de lui, qu'il ne lui donnera jamais. Ravissante avec ses cheveux coupés courts et son regard candide, l’actrice à contremploi – elle jouait plutôt les paumées ou les femmes fatales – crève l’écran sans effort. Les deux comédiennes ont d'ailleurs une scène aussi jolie qu’ambiguë, lorsque sortant du bain Fleming demande à caresser les cheveux mouillés de Sterling.

À voir avec patience et indulgence donc, car tout cela a pris un sévère coup de vieux, mais à voir tout de même, pour le complétiste de Heston, qui a fière allure dans sa veste à franges et surtout donc, pour Jan Sterling dans un de ses tous meilleurs rôles.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 16:36

HAWAIIANS (3)Inspiré d’un best-seller de James H. Michener, « LE MAÎTRE DES ÎLES » est une sorte de sequel à « HAWAII » tourné quatre ans plus tôt par George Roy Hill. Charlton Heston y HAWAIIANS (1)joue en effet le petit-fils du personnage de Richard Harris (qu’on reconnaît sur une toile accrochée au mur) dans le premier film.

Comme toutes les grosses productions adaptées de pavés littéraires, celle-ci ressemble à une minisérie télé compressée pour tenir dans une durée à peu près raisonnable. De fait, le scénario a visiblement du mal à gérer la multitude de personnages, à maintenir l’équilibre entre la grande et la petite Histoire et laisse des pistes inexplorées, des sous-intrigues à l’abandon. Malgré tout, et c'est tout à l’honneur du réalisateur Tom Gries, « LE MAÎTRE DES ÎLES » est tout à fait regardableHAWAIIANS et même parfois plaisant. C'est dû en grande partie à la relation établie sur plusieurs décennies entre le personnage de Heston, despote colonialiste au comportement ambigu et Tina Chen – la véritable héroïne du film – émigrée chinoise illettrée qui devient tout doucement une des maîtresses d’Hawaii. Entre ces deux individus étrangement semblables, s’installe une curieuse amitié qui fait tout l’intérêt de l’histoire.

Par sa maîtrise du CinémaScope, un montage nerveux et une bonne direction d’acteurs, HAWAIIANS (2)Gries évite de faire sombrer son film dans le ‘soap’ de luxe et, même si l’accumulation d’évènements de dernière partie finit par lasser, donne une belle tenue à l’aventure, y trouvant même le temps d’y glisser quelques plans de nudité totalement gratuite. Aux côtés d’un Heston en grande forme dans son emploi favori de mâle dominant aux poses avantageuses, Mako est excellent en émigré débrouillard atteint par la lèpre, Géraldine Chaplin joue son épouse déséquilibrée (un rôle hélas, sacrifié au montage) et John Philip Law est toujours aussi falot en héritier fougueux.

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 18:00

CID (1)Récemment débarqué du tournage de « SPARTACUS » par Kirk Douglas, le réalisateur Anthony Mann s’est rattrapé avec « LE CID », une production Bronston tournée en CIDEspagne, avec des moyens considérables. Tourné dans la foulée de « BEN-HUR » ou des « VIKINGS », cet hyper-grandCID (3) spectacle manque d’un indéfinissable petit quelque chose pour les égaler.

Pourtant, tout semble y être, même Charlton Heston ! Mais il n’est pas toujours aisé de remplir trois heures de projection. Et le destin de ce noble espagnol qui s’allie avec les Maures, quitte à passer pour un traître, tue – tel un Hamlet – le père de sa promise et donne sa vie pour un roi minable et indigne, ne parvient pas à toucher vraiment. Car malgré de longues explications sur-dialoguées, des discours lyriques, on a un peu de mal à comprendre les motivations profondes du gaillard. Alors, parce que c'est Heston, on le suit dans son exil, on s’afflige quand Chimène lui fait la gueule, on se réjouit quand il passe ENFIN sa première nuit avec elle (d’autant que c'est Sophia Loren !) et on s’incline quand il part au combat déjà mort, attaché sur sa selle. Mais inexplicablement et pour être honnête… On s’en fiche !

La mise en scène est ample, la figuration bien dirigée, mais les décors font trop souvent carton-pâte et la BO de Miklós Rósza aurait tendance à filer la migraine au bout d’un moment. Sans compter un net déséquilibre dans la construction du scénario et/ou du montage, qui fait s’éterniser des séquences de batailles soporifiques et bâcle en de CID (2)frustrantes ellipses des moments qu’on aurait aimé voir développés.

Heston est comme un poisson dans l’eau, portant avec panache les armures et les postiches. Loren passe tout le film avec la larme à l’œil et en fait beaucoup dans le mélodrame emphatique. On ne peut pas dire que leur couple génère une folle sensualité. Seule surnage vraiment Geneviève Page, excellente en princesse dépravée et manipulatrice, véritable vipère en robe de soie. Herbert Lom joue bien sûr les fourbes envahisseurs basanés.

La richesse du CinémaScope, des paysages et des mouvements de foule permettent de suivre « LE CID » jusqu'au bout, mais il n’en restera pas moins le vilain petit canard de cette série de films d’époque de la fin des fifties et du début des sixties, sans qu’on puisse tout à fait s’expliquer pourquoi.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 17:10

ILE TRESOR (2)« L’ÎLE AU TRÉSOR » de R.L. Stevenson a été bien souvent adapté à l’écran. Mais il est très étonnant que ce soit un téléfilm qui se soit le plus rapproché de l’œuvre originelle. Déjà, il faut bien dire qu’on a du mal à considérer cela comme un téléfilm à proprement ILE TRESORparler, tant les moyens sont visiblement considérables et vu le soin extrême apporté au moindre détail vestimentaire ou linguistique. Fraser Heston (fils de…) n’a jamais fait preuve d’un immense talent de réalisateur, mais ce film-là laisse sans voix et demeurera sans doute son chef-d’œuvre.

Dès les premières images, le ton est donné : photoILE TRESOR (3) magnifique, volontiers sombre, musique enveloppante, volonté de réalisme et grands numéros d’acteurs. Le vaisseau ‘Hispaniola’ est splendide, les trognes des marins semblent sortir de gravures anciennes et le souffle de la grande aventure ne fait qu’enfler. Le jeune Christian Bale a l’âge du rôle, alors que Jim a souvent été incarné par des enfants. Sa relation à ‘Long John’ Silver en est donc enrichie. Celui-ci aussi, est enfin incarné comme il aurait dû l’être : Charlton Heston – dans le plus beau rôle de sa fin de carrière – ne cherche pas à le rendre sympathique ou même ‘bigger than life’. Silver est une fripouille sanguinaire et sans pitié, à l’intelligence aiguë mais pervertie. Aux côtés de ce beau duo, on reconnaît Oliver Reed tonitruant dans le rôle (trop court) de Billy Bones, Christopher Lee bride sur le cou en pirate aveugle et Pete Postlethwaite. Richard Johnson, fidèle partenaire de Heston est un formidable marquis, enthousiaste et inexpérimenté.

ILE TRESOR

« L’ÎLE AU TRÉSOR » est donc ce qu’on peut appeler une heureuse surprise, une réussite pratiquement sans défaut, qui respecte sa source littéraire tout en l’enrichissant par la beauté de ses décors, de ses cadrages. Et on ne peut que respecter l’auteur pour n’avoir pas cédé au sentimentalisme hollywoodien, en décrivant un Jim Hawkins mûr avant l’âge, aussi calculateur et endurci que les adultes qui l’entourent et en montrant un Silver plus humain que pittoresque.

 

À NOTER : Le film vient de sortir en DVD en zone 1, dans une copie 16/9 irréprochable. Et avec – joie ! – des sous-titres français. Indispensable.

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 17:35

HOMME ETERNITE (2)Pourquoi diable tourner un remake du magnifique film de Fred Zinnemann « UN HOMME POUR L’ÉTERNITÉ », surtout après seulement vingt ans ? Pour être juste, il s’agit plus d’une nouvelle adaptation de la pièce de Robert Bolt qu’un bête remake. Charlton Heston a longtemps incarné Sir Thomas More sur scène en Angleterre et tenait probablement à HOMME ETERNITE (1)« immortaliser » sa performance. En tant que réalisateur, il a d'ailleurs choisi une forme très différente de celle de Zinnemann : entre le téléfilm BBC et la pièce « captée », il intègre le personnage de Roy Kinnear, qui parle directement à la caméra et tient plusieurs rôles différents « d’hommes du peuple ». On ne fait pas plus théâtral que cela !

Visiblement pétrifié par son respect pour l’œuvre de Bolt, Heston se contente de l’illustrer avec fidélité et modestie, quitte à provoquer un ennui de plus en plus irrésistible. On suit d’abord la descente aux enfers de cet homme intègre et intransigeant avec intérêt, on arrive même à oublier laHOMME ETERNITE performance de Paul Scofield, tant Heston est descendu de son piédestal de héros biblique, pour jouer avec discrétion et profondeur… Mais la photo est sombre, la mise en scène réduite au strict minimum fait parfois un peu ‘soap opera’ et on a beau faire, on ne peut s’empêcher de comparer. Et si Vanessa Redgrave (qui apparaissait brièvement en Anne Boleyn dans le film de ’66) est remarquable en épouse à la langue bien pendue, le reste du casting est pâlichon, voire ennuyeux. Sans même parler du pauvre comédien jouant Henry VIII, qui ne risque pas de faire oublier Robert Shaw.

Ce téléfilm aux moyens conséquents n’est donc à recommander qu’aux admirateurs compulsifs du grand Charlton, qui fait preuve d’une versatilité qu’on ne soupçonne pas toujours et aux amoureux de Robert Bolt, dont chaque virgule est ici scrupuleusement reproduite.

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 18:30

MAJOR DUNDEE (2)Troisième long-métrage de Sam Peckinpah, « MAJOR DUNDEE » souffrit énormément durant sa conception : tournage pénible, producteur hors-contrôle qui a complètementMAJOR DUNDEE mutilé le montage, fâcheries à répétition. Le film fut en partie MAJOR DUNDEE (1)réhabilité il y a quelques années, mais pas totalement.

Pourtant, en le revoyant, il paraît clair que même s’il était arrivé intact à destination, ce western ne serait de toute façon pas un chef-d’œuvre. Le scénario est trop riche, trop sinueux, veut embrasser beaucoup trop de thèmes. Pire, il ne possède aucune dynamique interne. L’action met une bonne demi-heure à démarrer et ensuite ne cesse de s’enliser, de caler, de repartir dans des sous-intrigues sans fin, pour freiner à nouveau. On oublie la traque de l’Indien, on se perd dans une guerre avec l’armée française (des snobs sadiques à barbichettes) et dans les méandres de l’âme tourmentée du protagoniste.

En fait, c'est le portrait d’Amos Dundee qui passionnait l’auteur : un soldat privé de guerre, qui s’en invente carrément deux. Une contre les Apaches, l’autre contre l’empereur Maximilien ! Mégalo et dérisoire, Dundee trouve un interprète idéal en Charlton Heston. Son jeu rigide et théâtral, ses poses impériales, ses grimaces « viriles » sont intelligemment exploitées par Peckinpah. Il est d'ailleurs très rare qu’un héros de MAJOR DUNDEE (3)western s’avère aussi antipathique et méprisable d’un bout à l’autre, sans rédemption finale. L'homme joue les chefs, mais au moindre échec sombre dans l’alcool et la luxure, finissant littéralement dans le caniveau. Ce ne sera que le premier personnage peckinpien à subir la « malédiction mexicaine » dans laquelle s’embourberont les héros de « LA HORDE SAUVAGE » ou « APPORTEZ-MOI LA TÊTE D’ALFREDO GARCIA ».

Plusieurs séquences magistrales annoncent le grand réalisateur que ‘Bloody Sam’ allait devenir : l’exécution de Warren Oates, la crucifixion de Riago, la déchéance de Dundee à Durango, les batailles dans les rivières… Suffisamment de bonnes raisons d’apprécier tout de même ce « film malade ». À noter aussi la beauté plantureuse de Senta Berger, James Coburn couvert de postiches, à peine reconnaissable en pisteur manchot ultra-pro et tout le gang habituel : L.Q. Jones, John Davis Chandler, Ben Johnson, R.G. Armstrong, etc.

Pour résumer, c'est définitivement mal fichu mais indispensable !

MAJOR DUNDEE (4)

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 17:06

ANTONY CLEOPATRAAdapté de Shakespeare et réalisé par Charlton Heston, « ANTONY AND CLEOPATRA » est un film qui lui tenait à cœur. Il avait déjà tenu le rôle de Marc-Antoine à ses débuts puis ANTONY CLEOPATRA (4)deux ans plus tôt dans « JULIUS CAESAR ». Le présent film se concentre sur la période post-Jules César et la déchéance d’Antoine, subjugué par Cléopâtre au point d’en perdre tout honneur, toutANTONY CLEOPATRA (1) prestige. S’il n’a rien de honteux, ce film coproduit par l’Angleterre et l’Espagne est un drôle d’hybride. Excessivement théâtral dans les séquences intimistes, qui n’esquivent aucun tunnel dialogué, aucun aparté, « ANTONY AND CLEOPATRA » se veut également grand spectacle et les scènes de bataille tournées par Joe Canutt semblent sorties d’un tout autre film : un pâle remake de « BEN-HUR » par exemple. C'est particulièrement sensible lors de la bataille navale d’une maladresse presque risible, certainement causée par le manque de moyens.

À l’époque Heston fut très critiqué pour avoir casté l’actrice de théâtre Hildegarde Neil en reine d’Égypte. Avec raison, il faut bien le dire. Bonne comédienne, elle offre de ce ANTONY CLEOPATRA (3)personnage mythifié par le cinéma, un portrait déconcertant : plus vraiment jeune, un physique quelconque, une personnalité de midinette, elle rend difficile à comprendre l’obsession d’Antoine.

Pourtant, en tant que comédien, Heston accomplit des prouesses. Il campe ce personnage paradoxal et complexe avec une sensibilité qu’on lui a peu vue. On sent les fissures béantes de cet ancien héros, devenu par amour un homme faible et sans volonté, un « has-been » pathétique qui tonne sa fureur d’une voix de baryton, mais demeure constamment impuissant. À noter qu'il doit détenir le record de l’agonie la plus longue (et la plus verbeuse) de l’Histoire du cinéma !

Les seconds rôles espagnols sont parfaitement postsynchronisés en anglais – parmi eux le sympathique Fernando Rey – et de la distribution se détache nettement l’excellent Eric Porter dans le rôle de l’âme damnée d’Antoine, qui n’aura pas le cran de le suivre jusqu'au bout.

ANTONY CLEOPATRA (2)

Inédit en France, sorti ailleurs dans des versions raccourcies d’une trentaine de minutes, « ANTONY AND CLEOPATRA » n’est objectivement pas une réussite, mais il contient quelques moments de grâce et permet à Charlton Heston une composition subtile et puissante.

 

À NOTER : l’amateur de ‘spaghetti western’ reconnaîtra certains décors de villages utilisés par Sergio Leone, ainsi qu’un visage familier des films du maestro italien, l’inévitable Aldo Sambrell dans un tout petit rôle de soldat aux ordres d’Antoine.

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