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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 06:26

FEMME PLAGECurieux produit que « LA FEMME SUR LA PLAGE » qui semble contenir deux longs-métrages très différents dans le même film. Et qui ne vont pas forcément très bien ensemble. Le plus accrocheur est le ‘film noir’ : un brave garde-côte traumatisé par la guerre, qui tombe amoureux d’une mystérieuse ‘bad girl’ mariée à un peintre possessif,FEMME PLAGE (1) devenu aveugle. Va-t-elle le pousser à se débarrasser de l’encombrant ? L’autre aspect du scénario est beaucoup plus flou et indéfinissable : séquences de cauchemar ultra-kitsch, scènes de plage dans la brume quasi-oniriques, décors de studio dépouillés à l’extrême.

Le plus bizarre est encore de trouver la signature de Jean Renoir à la réalisation. En plein dans sa période américaine, il signe là une œuvre bancale et inaboutie, mais comme hantée par des démons intérieurs malsains et obsédants. Comme la relation entre Joan Bennett et Charles Bickford, qui tient franchement du sadomasochisme et entraîne dans son sillage tous les jeunes hommes passant à leur portée et se méprenant sur ce curieux mariage. Ainsi, Robert Ryan, un peu âgé et intense, pour jouer les naïfs manipulés, se voit-il devenir le jouet de ce couple maudit qui lui fait renoncer à la fille qu'il aime et qui lui promet une existence « saine » et… passablement ennuyeuse.

Le film est heureusement assez court pour qu’on ne s’y ennuie pas trop, assez joliment photographié pour qu'il baigne dans une indéniable poésie morbide. Et puis Joan Bennett est toujours intéressante à regarder, surtout quand elle joue les « tramps » toxiques et ambiguës comme ici.

FEMME PLAGE (2)

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 16:54

BACK ETERNITY (2)« LES ÉCHAPPÉS DU NÉANT » commence comme un poussif aïeul de « AIRPORT », puis l’avion s’écrase dans la jungle et il évoque subitement « LA MORT EN CE JARDIN » de BACK ETERNITY (1)Luis Buñuel, curieusement tourné la même année.

Le manque de moyens et le tournage en studio dans une forêt artificielle, rendent le spectacle un peu morne et languissant, mais dans son dernier tiers, les personnages prennent de l’épaisseur et on se surprend à être enBACK ETERNITY (3) empathie avec eux et à souhaiter qu'ils s’en sortent. Ces naufragés du ciel sont campés par des comédiens intéressants : Robert Ryan n’a pas grand-chose à faire, à part prendre un air viril dans le rôle du pilote au passé douloureux. Anita Ekberg est une véritable bombe atomique (et anatomique) en call-girl se découvrant un instinct maternel, Phyllis Kirk est très bien et a une jolie scène de bagarre dans une mare avec BACK ETERNITY (4)Anita. Gene Barry se délecte d’un rôle de pleutre odieux et arrogant. Mais c'est Rod Steiger qui s’octroie la part du lion, dans un rôle passionnant de condamné à mort dégoûté par l’injustice, qui à la fin de l’aventure deviendra en quelque sorte la main de Dieu, lorsqu’il devra choisir qui survivra ou non. Belle idée de scénario et excellente interprétation de Steiger, qui après avoir cabotiné pendant la moitié du film avec son accent allemand et sa voix nasillarde à la Brando, devient subitement le bel acteur qu'il savait être, parfois. Pas assez souvent, hélas !

Le film met longtemps à démarrer vraiment et il faut s’accrocher, fermer les yeux sur la surabondance de clichés, pour parvenir jusqu'à ce moment où tout bascule et où les vrais enjeux font enfin surface. La dernière scène où commencent à apparaître les ombres de ces Indiens invisibles, est absolument saisissante.

BACK ETERNITY

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 17:25

BORN BE BAD (1)Tourné la même année que « ÈVE » le chef-d’œuvre de Joseph L. Mankiewicz, « LA FEMME AUX MALÉFICES » offre de nombreux points communs avec lui. Son personnage principal est même la sœur jumelle à l’identique de l’infernale Eve Harrington.

Nicholas Ray situe son film dans l’univers de l’édition – moins riche en situations que les BORN BE BADcoulisses du théâtre – et y jette une opportuniste manipulatrice qui va semer la discorde, voler le fiancé de sa bienfaitrice et jouer un jeu machiavélique. S’il n’égale pas la perfection de « ÈVE », le film bénéficie d’une grande idée : le casting de Joan Fontaine dans le rôle de Christabel. Avec ses airs de sainte-nitouche, ses yeux innocents, son sourire émerveillé, elle compose avec maestria une personnalité parfaitement crédible de passive-agressive sans cœur, prête à tout pour arriver à ses fins. Son talon d’Achille : une « sex addiction » pour un romancier macho et brutal incarné par Robert Ryan. Leur relation étonnamment « adulte » pour un film de cette époque va assez loin et explore une facette que Mankiewicz avait passée sous silence. Le couple Fontaine-Ryan, grands fauves sensuels et amoraux détonne complètement dans l’aseptisation des années 40.

Même chose pour les personnages secondaires, en particulier Mel Ferrer jouant un peintre (implicitement) homosexuel et profiteur ou cet acteur médiocre qu’est Zachary Scott incarnant un héritier mou et influençable.

Sans être un grand film, « LA FEMME AUX MALÉFICES » étonne par sa franchise, son absence de bons sentiments et son regard clinique sur la vilénie et l’avidité de l’animal humain. Probablement le meilleur rôle de Joan Fontaine.

BORN BE BAD (2)

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 17:45

CITE MER (1)Budd Boetticher, Robert Ryan, Anthony Quinn, Woody Strode, Henry Mancini… De bien grands noms réunis pour un bien petit film. « LA CITÉ SOUS LA MER » est une jolie série B exotique, située en Jamaïque, où deux chasseurs d’épaves inséparables débarquent pour retrouver un navire échoué avec un million de dollars à son bord. L'homme qui les engage est corrompu, le capitaine du bateau censé être mort ne l’est pas du tout, nosCITE MER aventuriers – qui s’avèrent n’être pas gay du tout, contrairement aux apparences ! – se trouvent des fiancées sur place, qui ne pensent qu’au mariage. Le Vaudou s’en mêle, d’autant que l’épave se trouve au beau milieu d’une ville jadis engloutie par un tsunami et aujourd'hui sacrée. Oui, c'est de la pure BD !

Si le film est plutôt bien rythmé, les séquences sous-marines font aujourd'hui très ‘cheap’ et sont interminables. De plus, le tandem de ‘buddies’ formé par Quinn et Ryan n’est pas des plus équilibrés. Si le premier joue son rôle habituel de grande gueule au mauvais caractère, prêt à succomber aux pires des tentations, le second n’est pas très à l’aise en héros désinvolte et ultra-cool. Pas vraiment son emploi, dirons-nous… Pas du tout à sa place dans les scènes humoristiques ou de séduction badine, Ryan retrouve de sa superbe dans les moments plus tendus. Dans un rôle de « boy » jamaïcain peu causant, Strode – qui sera un des professionnels de Brooks avec le même Ryan – joue du biceps dans une longue figuration. Et il se nomme… ‘Dijon’ !

Nullement représentatif du talent singulier de Boetticher, ce film désuet promet plus qu'il ne tient à l’arrivée, mais on peut le regarder avec indulgence pour sa déco kitsch à souhait, son ambiance complètement fabriquée et un suspense final naïf mais bien exécuté.

CITE MER (2)

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 16:34

BEST BADMEN (2)Ce qui fascine dans certains westerns de série B, c'est l’accumulation hallucinante de péripéties tassée en si peu de temps. « PLUS FORT QUE LA LOI » en est un parfait exemple. En moins de 90 minutes, le héros Robert Ryan passe d’officier intègre à chef d’un gang de hors-la-loi, pour finir justicier amoureux. Les seconds rôles se nomment Cole Younger, Frank et Jesse James, toute la bande de Quantrill utilisés ici comme toile de fond BEST BADMENet menaces potentielles. Ça n’arrête pas une seconde, au détriment de toute vraisemblance (ou réalité historique, cela va sans dire !), mais force est de reconnaître qu’on ne s’ennuie jamais et que le film ressemble par moments à une sorte de ‘best of’ du genre tout entier.

Ryan a fière allure dans un personnage sans complication d’honnête homme tenté par le Mal, mais revenant vite au droit chemin pour les beaux yeux de Claire Trevor, qui comme toujours, semble un peu âgée pour son rôle. On sent l’effort fait pour ‘sex-symboliser’ l’acteur, qui apparaît tous muscles dehors. Le reste du casting est un catalogue des meilleurs comédiens de composition de l’époque : Walter Brennan – qui assure également la voix ‘off’ – dans son rôle habituel de vieux râleur-protecteur faussement gâteux, Bruce Cabot, Lawrence Tierney qui joue un Jesse James plus proche de Dillinger que de l’image qu’en donnait généralement Hollywood, Robert Preston en sous-Pinkerton odieux, Robert J. Wilke, etc.

Assez proche dans l’esprit des vieux ‘serials’, « PLUS FORT QUE LA LOI » se laisse voir avec son regard d’enfant. À noter que les cascades sont particulièrement bien filmées et que Ryan ou Preston par exemple en exécutent la plupart eux-mêmes.

BEST BADMEN (1)

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 17:11

SHERIF (2)Chronologiquement situé entre « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » et « RIO BRAVO », « LE SHÉRIF » est un western comparativement moins célébré, mais qui n’est pas loin de les valoir. Si ce n’est parfois, de les surpasser.

Malgré un réalisateur peu connu, une absence de grosse star au générique, ce film SHERIFextrêmement bien écrit et mis en scène, étonne par sa rigueur, sa maturité et l’excellence de sa direction d’acteurs. Ainsi, Jeffrey Hunter comédien généralement assez fade, est-il remarquable en jeune pistolero sanguin et influençable. Mais c'est la performance de Robert Ryan qui tient le film et lui donne sa tenue. Sans jouer les gros-bras ou les personnages ‘bigger than life’, il compose un shérif sensible et faillible avec une humanité qui n’appartient qu’à lui. Meurtri d’avoir dûSHERIF (1) jadis passer pour lâche (à cause d’une femme qui l’avait forcé à fuir ses ennemis), il affronte non seulement un propriétaire de saloon vicieux, mais l’arrivée du capitalisme dans sa petite ville tranquille ! Alors que les troupeaux commencent à affluer, l’argent se met à couler à flots, les prix doublent du jour au lendemain et les honnêtes citoyens se transforment en machines à pognon sans foi ni loi.

La relation père-fils entre Ryan et Hunter est originale et jamais prévisible. L’aîné a tué le père du jeune homme, qui n’était qu’un porte-flingue, et Hunter passe de la haine à l’admiration d’une séquence à l’autre, sans qu’on ne sache jamais de quel côté il va finalement pencher. SHERIF (3)La séquence où les deux hommes s’entraînent au tir est d’une tension incroyable : on ne cesse de se demander à quel moment les armes vont se retourner l’une contre l’autre. Le tout étant pimenté par le fait qu’après une blessure, Ryan risque de perdre la vue d’un instant à l’autre !

De grands seconds rôles comme Rodolfo Acosta, Robert Middleton, Ken Clark (qui fera carrière comme sous-007 en Italie) et surtout Walter Brennan qui tient exactement le même rôle que dans « RIO BRAVO » tourné deux ans plus tard, assurent l’arrière-plan. La piquante Virginia Mayo n’a pas grand-chose à faire et disparaît d'ailleurs très souvent de l’intrigue et du film.

« LE SHÉRIF » a loupé son entrée dans les grands classiques du western et à le revoir aujourd'hui, l’injustice saute aux yeux. Rares sont les films de cette période qui ont aussi bien vieilli, qui ont autant gardé leur pouvoir de fascination et racontent autant de choses en si peu de temps.

SHERIF (4)

 

À NOTER : Ryan et Hunter se retrouveront quelques années plus tard dans de tout autres circonstances : le premier sera Jean-le-Baptiste et le second le Christ dans « LE ROI DES ROIS » de Nicolas Ray !

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 09:17

On peut reprocher beaucoup de choses à Joseph Losey, qui s’est montré capable du meilleur comme du pire, lors de ses carrières américaines, anglaises ou françaises, mais pas son GREEN HAIR (1)manque d’éclectisme. Son premier film en tant que réalisateur : « LE GARÇON AUX CHEVEUX VERTS » se veut une fable charmante sur l’intolérance, voire le racisme.

L’histoire ? C'est celle d’un orphelin de guerre très imaginatif, qu’on retrouve le crâne rasé après une fugue. Il raconte qu'il a dû se résoudre à couper sa chevelure car elle était devenue verte du jour au lendemain, chamboulant ainsi l’équilibre de sa petite ville. Si ce message-là est parfaitement clair et plutôt joliment amené, décrivant les réactions des habitants. « Non, les braves gens n’aiment pas que l’on prenne une autre route qu’eux », chantait Brassens.

Mais la clarté de la fable est polluée par un pamphlet anti-guerre, symbolisé par ces petits orphelins imaginaires qui choisissent le jeune héros comme porte-parole et… tout s’embrouille. Si on ajoute une construction en flash-back, deux numéros musicaux complètement incongrus, on ne peut qu’avoir une opinion mitigée de ce très curieux film truffé d’intentions louables, mais qui finissent par s’annuler les unes les autres.

La bonne surprise vient du jeune Dean Stockwell, excellent dans le rôle-titre, un vrai jeune rebelle, jamais cabotin, émouvant sans pleurnicheries. L’acteur connaîtra une belle carrière en étant une des vedettes de la série TV « CODE QUANTUM » et en tournant plusieurs fois pour David Lynch. À ses côtés, Pat O’Brien joue un vieux cabot irlandais chantant. Venu en voisin, Robert Ryan qui n’a pas dû tourner plus de deux jours sur ce film, incarne un pédiatre compréhensif auquel le gamin raconte son histoire.

GREEN HAIR

Le TechniColor est joli, les idées de mise en scène abondent et le film laisse filtrer de beaux moments de poésie et d’émotion, mais un peu plus de simplicité aurait probablement permis d’être plus profondément touché par ce voyage au pays de l’exclusion et de l’intolérance. Et aussi du monde de l’enfance…

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:25

HOUSE OF BAMBOO (1)S’il ne fait pas partie des chefs-d’œuvre de Samuel Fuller, « MAISON DE BAMBOU » est incontestablement son film le plus visuellement soigné. Entièrement tourné au Japon, il annonce des œuvres à venir comme « YAKUZA » ou « BLACK RAIN », en télescopant deuxHOUSE OF BAMBOO cultures : les Américains et les Japonais. Les premiers n’ayant – et c'est plutôt inattendu – pas forcément le beau rôle !

Le scénario est assez bancal, s’attarde beaucoup trop sur l’ennuyeuse love story entre le flic infiltré dans une bande de gangsters et une ‘Kimona girl’. Malgré quelques touches très lisibles, le film ne développe pas assez le personnage le plus intéressant : le chef du gang, joué par Robert Ryan, un type élégant et intelligent, qui s’attache instantanément à un HOUSE OF BAMBOO (2)nouveau-venu, Robert Stack, pour de troubles motivations. D'ailleurs, son lieutenant Cameron Mitchell ne s’y trompe pas, qui lui fait de véritables crises de jalousie. Quand Ryan s’apercevra de la trahison de Stack, il affichera un dépit d’amant bafoué. Le jeu monolithique et sans finesse de Stack empêche (heureusement ?) d’aller trop loin dans l’ambiguïté des relations entre les deux hommes.

De toute façon, on sent que Fuller était plus intéressé par Tokyo que par ses personnages. Il filme la ville avec une passion véritable, choisissant toujours des arrière-plans dépaysants, superbes ou sordides, n’évitant d'ailleurs pas la balade touristique. Mais c'était le premier film U.S. tourné là-bas, aussi a-t-il des excuses.HOUSE OF BAMBOO (3)

« MAISON DE BAMBOU » aurait certainement bénéficié d’un montage plus serré et d’un véritable affrontement entre ses deux protagonistes, qui n’arrive jamais vraiment. Il est néanmoins truffé de morceaux de bravoure encore étonnants comme cette attaque de train en pleine campagne au pré-générique ou le duel final sur cette roue surplombant la ville, à la fin.

La scène où Ryan persuadé que son « ex » Mitchell l’a vendu aux flics, va l’abattre dans sa baignoire et lui parle ensuite avec tendresse, fait regretter que Fuller ne se soit pas plus penché sur ce personnage un peu trop survolé.

Malgré ses défauts, un bon polar exotique et un témoignage visuel aujourd'hui historique d’un Tokyo de l’après WW2, vu par l’œil d’un ancien G.I.

HOUSE OF BAMBOO (4)

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 17:05

MINUTE POUR PRIER (1)Difficile de résister à  un ‘spaghetti western’ qui fait se côtoyer deux vétérans des classiques MINUTE POUR PRIERd’Anthony Mann comme Robert Ryan et Arthur Kennedy et le ‘staff’ de Sergio Leone parmi lesquels on compte ici Mario Brega, Aldo Sambrell, Spartaco Conversi ou Benito Stefanelli.

« UNE MINUTE POUR PRIER, UNE SECONDE POUR MOURIR » n’est pas un mauvais film. Toutes proportions gardées, bien sûr. L’ambiance est bizarroïde, ni américaine, niMINUTE POUR PRIER (2) mexicaine, la BO est soûlante, la photo irrégulière et les coups de zoom sont affreux. Sans parler du montage à la tronçonneuse ni de l’acteur principal, un sous-Clint parmi tant d’autres, d’une mollesse insensée jusque dans sa diction qui paraît ralentie. Alex Cord plombe pas mal le film et ne rend jamais son héros fascinant ou même attachant. Pourtant, on aurait de quoi le plaindre vu ce qu'il déguste au cours du film, se faisant passer à tabac dans la grande tradition de ‘No Name’ ou ‘Silence’, opérer à vif et subissant des attaques nerveuses handicapantes.

Heureusement, cette étrange histoire d’amnistie, de village de hors-la-loi assiégé et de MINUTE POUR PRIER (3)rédemption accroche plutôt l’intérêt et les seconds rôles sont parfaits. À commencer par Ryan d'une folle élégance, qui apparaît au bout d’une heure, mais s’accapare l’écran dans un rôle de gouverneur libéral ultra-cool, n’hésitant pas à faire le coup de poing et à manier le Colt. Kennedy a un personnage moins développé de marshal à la personnalité ambiguë et la très belle Nicoletta Machiavelli apparaît peu en sauvageonne affamée. Brega en fait des quintaux dans le rôle de ‘Kraut’ le chef des bandidos, qui arbore le chapeau le plus ridicule vu de mémoire de westerner.

MINUTE POUR PRIER (4)

Il ne faut pas s’attendre à un grand film, ni même un grand ‘spag’, mais on peut se laisser prendre au charme singulier de cette histoire mal fagotée mais indéniablement accrocheuse.

 

À NOTER : le film est sorti aux U.S.A. dans une copie correcte, mais hélas en 1.85 :1. 4/3 et des sous-titres français. C'est la version américaine plus courte de 20 minutes qui est proposée. Dans l’Italienne, Alex Cord est tué à la fin, alors qu'il vient d’être amnistié, par deux chasseurs de primes embusqués, ce qui aurait donné toute sa logique à l’histoire. Espérons que s’il sort en France, ce sera dans son intégralité…

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 18:15

SET UPGrand classique du ‘film noir’ et aussi du film de boxe, « NOUS AVONS GAGNÉ CE SOIR » n’a probablement suscité aucune vocation de pugiliste ! L’univers décrit par Robert Wise est cauchemardesque : des vestiaires minuscules, surchauffés où se préparent de pauvres types partant à l’abattoir, des gradins où se bouscule la lie de l’humanité, pendant que sur le ring le « noble art » ressemble plus à de sinistres bagarres de rues où tous les coups sont permis.SET UP (1)

Avec ce film condensé sur une heure dix et des poussières, Wise fait étalage de son génie d’ex-monteur. Il ne se permet aucune ellipse, respecte le « temps réel » et n’épargne rien de ce combat truqué qui va mal tourner. En effet, Stoker (Robert Ryan) est un boxeur tellement lessivé, que son manager ne prend même pas la peine de l’informer qu'il doit se « coucher », tant il est sûr qu'il va perdre de toute façon. Manque de pot, c'est justement ce soir-là que le boxeur vieillissant va tenter de regagner une once de sa dignité perdue. Le prix évidemment, sera exorbitant.

Noir, noirissime même, filmé en ombres dures comme le monde qu'il dépeint, « NOUS AVONS GAGNÉ CE SOIR » est une vraie leçon de cinéma. En passant sans cesse du ring au public, Wise nous tend un miroir peu flatteur : l’obèse se bâfrant pendant tout le match, l’aveugle sadique, l’imbécile vissé à sa radio, la rombière assoiffée de sang, ces immondes personnages au visage luisant de sueur, d’une laideur repoussante, dont on sent presque la puanteur, on finit bien vite par comprendre que… c'est de nous-mêmes qu'il s’agit !

SET UP (2)

Le film doit beaucoup à l’investissement de Ryan. Sur son visage encore jeune, on devine déjà le vieil homme qu'il allait devenir, son corps décharné, sec, semble créé pour souffrir et encaisser les coups, ses rêves s’estompent, mais il conserve une douceur, une humanité que les autres ont perdu. À ses côtés, Audrey Totter est remarquable, faisant tout passer avec un minimum de dialogue : la fatigue, les désillusions, l’amertume et même l’espoir. Tous les petits rôles sont parfaitement choisis.

Aïeul lucide et terriblement déprimant des « ROCKY », « RAGING BULL » ou « DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE », ce très grand film n’a pas pris une ride et la maîtrise de Mr Wise est positivement soufflante.

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