Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 06:40

ENFER (1)« L’ENFER EST À LUI » fait aujourd'hui partie des grands classiques du cinéma U.S. tous genres confondus. À quoi le doit-il ? À l’extrême efficacité d’un scénario rentre-dedans ? À la maîtrise technique d’un Raoul Walsh au sommet de son art ? À la fascination inaltérable exercée par les gangsters ? Sûrement. Mais en le revoyant – et c'est un de ces films qu’on peut revoir souvent – la raison de sa popularité apparaît clairement : sa renommée doit tout à James Cagney.ENFER

Une décennie après ses grands succès dans le polar, l’acteur mûri, épaissi, vieilli avant l’âge, offre ici un des portraits de psychopathes les plus saisissants de l’Histoire du cinéma. Fils-à-maman à la lourde hérédité, chef de bande despotique en proie à d’horribles accès de migraines, son ‘Cody Jarrett’ fait franchement peur. Totalement investi, Cagney a des instants de pur génie : sa célèbre crise de folie furieuse au réfectoire du pénitencier quand il apprend la mort de sa mère, ses confidences en gros-plan dans la nuit à son « ami » Edmond O’Brien, sans parler de sa fin mythique dans les flammes de l’enfer. On pourrait citer chaque scène, chaque plan où il apparaît, tant son travail est spectaculaire. Et pourtant, ce monstre on finit par éprouver une sorte de compassion pour lui, probablement proche du syndrome de Stockholm, d'ailleurs ! Et la nature-même du scénario fait qu’on prend malgré soi, son parti. En effet, le seul homme auquel il donne confiance et amitié n’est autre qu’un flic infiltré qui non seulement le trahira, mais l’abattra comme un chien à distance. Ultime paradoxe d’un ‘bad guy’ tellement monstrueux qu'il en devient humain et d’un ‘good guy’ tellement perfide qu'il en devient odieux. C'est cette ambiguïté foncière qui donne son prix au film et le transcende, puisqu’il nous déstabilise dans nos confortables certitudes.

ENFER (2)

Bien sûr, tout n’est pas parfait dans « L’ENFER EST À LUI ». Les séquences où n’apparaît pas Cagney ont tendance à faire retomber le soufflé, en particulier celles avec les flics, platement « techniques » et gravement désuètes. Mais les seconds rôles sont triés sur le volet, surtout Virginia Mayo détestable ‘bad girl’, traîtresse jusqu'à l’os qui ne connaîtra même pas sa juste punition.

Au rythme frénétique de la diction-mitraillette de Jimmy Cagney, au son crispant de son rire dément, « L’ENFER EST À LUI » est un très grand film sur la folie, la solitude, l’aliénation et la trahison, à revoir jusqu'à plus soif.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article
9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 06:00

Inspiré d’un ‘graphic novel’, « SIN CITY » a révolutionné l’art de filmer le style BD avec un culot et une imagination fous. Suivant le destin de trois personnages emblématiques, le film pèche bien sûr par un scénario décousu et pas toujours bien équilibré : cela semble trop court quand on suit l’hallucinant personnage créé par Mickey Rourke et un brin longuet quand il s’agit de Clive Owen. La présence de Bruce Willis banalise un peu l’ensemble, vu qu'il incarne un énième flic avec les éternelles mêmes mimiques, quel que soit le contexte.

Malgré ses nombreux défauts et inconsistances, « SIN CITY » coupe tout de même leSIN CITY souffle par la beauté barbare de son visuel. Chaque plan, chaque cadrage évoquent la couverture d’une « pulp fiction » des années 50, les visages sont déformés, monstrueux, le jeu entre couleur et noir & blanc est fabuleux, les scènes d’action sont stylisées jusqu'à l’abstraction. Pourtant, il faut avoir l’estomac bien accroché pour circuler dans cette métropole nocturne et pluvieuse, peuplée de serial killers cannibales, de ripoux immondes, de prostituées flingueuses. Frank Miller et Robert Rodriguez – qui cosignent la mise-en-scène – ne lésinent pas sur la torture, les sévices et les coups dans la gueule. Mais l’esthétique du traitement évite l’écœurement.

Les acteurs se sortent étonnamment bien de rôles tout-d’un-bloc taillés la masse et dont chaque réplique rappelle les ‘one liners’ des bandes-annonces. Rourke est extraordinaire en brute hideuse et (relativement) émouvante, prêt aux pires abjections par amour. Rosario Dawson et Jessica Alba sont joliment mises en valeur en fantasmes de chair et de sang, Rutger Hauer apparaît brièvement en archevêque perverti. Il y a beaucoup d’autres visages connus et appréciés, parfois méconnaissables, qui tiennent des rôles « extrêmes ».

Unique en son genre, car hormis quelques tentatives, son look n’a pas vraiment fait école depuis, « SIN CITY » est un trip d’esthète, une œuvre expérimentale et putassière à la fois, qui va jusqu'au bout de sa promesse. Seul petit bémol, la minceur d’un scénario inégal et bordélique qui émousse parfois l’intérêt et la curiosité et fait retomber le soufflé. Un gros bémol, en fait, mais qui ne parvient pas à gâcher la fête.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article
24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 06:17

Qui l’eût cru ? Qui aurait imaginé que la prochaine grande étape dans la SF viendrait de la télé ? Et de la télé suédoise, qui plus est ! « REAL HUMANS » est une totale réussite, brassant de grands thèmes du fantastique et de l’anticipation, pour créer un univers étonnamment familier, identifiable et lisible, dans lequel les auteurs injectent la petite dose de science-fiction qui transcende complètement les images.

Les dix épisodes qui constituent la 1ère saison composent une fable philosophiqueREAL HUMANS extrêmement intense, sans jamais négliger le suspense et l’humour parfois très décalé (le fameux leitmotiv des lasagnes !). Qu'est-ce qui fait de nous des humains ? Qu'est-ce que l’âme ? À partir de quel critère peut-on décider qu’une machine est un être vivant et a donc des droits ? Toutes ces questions et bien d’autres courent le long de ces dix heures de projection et tiennent en haleine d’assez épatante façon. Impossible de ne pas penser à « BLADE RUNNER » en suivant la cavale de ce groupe de « hubots » intelligents, à part qu’ici la série se passe presque totalement de l’arsenal futuriste de ce genre de cinéma, pour se concentrer sur les sentiments, les tourments, les individus. Comment ne pas s’attacher au vieux ‘Lennart’ et à son amitié pour son robot ‘Odi’ ? Ne pas s’intéresser au destin du mystérieux ‘Leo’, mort-vivant mi-homme mi-machine ? Et ne pas être fasciné par l’étrange beauté des comédiennes Lisette Pagler incarnant la douce et énigmatique ‘Mimi’ ou l’étonnante Eva Röse en « hubotte » qui a pris le goût de tuer (la plus humaine de tous, donc) ?

Mais il ne faut pas trop parler de « REAL HUMANS », pas trop vanter ses innombrables qualités et laisser le spectateur le découvrir par lui-même. Parce que c'est réellement une découverte de taille et une vraie pierre blanche dans la SF contemporaine. Magnifique !

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 05:24

IMPORTANT (1)S’il est bien un film qui pourrait servir d’exemple à l’imprévisibilité de ce qui fait les grandes œuvres, c'est bien « L’IMPORTANT C'EST D’AIMER ». Qu’on y regarde de plus près : un réalisateur polonais tournant une production française, une actrice allemande jouant un personnage appelé ‘Nadine’, trois acteurs de ‘spaghetti westerns’, des vedettes d’avant-guerre, des professionnels du théâtre subventionné… Cela ressemble fort à uneIMPORTANT bouillabaisse de copro. Et c’en est une ! Mais une bonne. Une remarquable, même.

Car les années ont beau passer, le film a gardé, malgré son sujet de photo-roman, toute sa puissance dévastatrice, son romantisme du sordide. Sa facture elle-même a étonnamment peu vieilli. Il IMPORTANT (2)faut dire que le filmage à l’épaule, la BO tumultueuse de Georges Delerue, l’extraordinaire travail sur la bande-son, le choix de décors démesurés, vides et le style de jeu survolté adopté par tout le cast, tout s’unit pour créer une atmosphère unique, dérangeante, fascinante.

Zulawski plonge tête la première dans un monde sous-terrain peuplé de personnages improbables (Mazelli et son gang sorti d’une mauvaise série B d’Eddie Constantine), de IMPORTANT (3)partouzes fétides, de losers pathétiques (Roger Blin, incroyable de géniale fausseté). Il fait du débonnaire Claude Dauphin une sorte de Dieu perverti et tout-puissant, enfermé dans un corps chétif de vieillard à moitié gâteux : fabuleux numéro d’acteur ! Et il clôt son film comme il l’a commencé, par Romy Schneider penchée au-dessus d’un homme ensanglanté et lui chuchotant « Je t’aime ». La première fois, c'était pour le tournage d’un porno minable, la seconde au sortir d’un tunnel cathartique de misère et de malheur. Magnifique.

Que dire de Romy Schneider qui n’ait pas été répété cent fois ? Elle est littéralement vibrante d’émotion, d’une hypersensibilité douloureuse à regarder par moments. Face à elle, plus ou moins bien post-synchronisé, Fabio Testi s’en sort mieux que bien, apportant une sorte de pureté à son rôle d’amoureux fou pataugeant dans la gadoue humaine. Jacques Dutronc est parfaitement utilisé, d’un pathétique presque écœurant. Et en prime, on a droit à un des plus flamboyants numéros de Klaus Kinski, dans un personnage qu’onIMPORTANT (4) devine très proche de lui, un cabotin allemand violent et imprévisible. Son Richard III sur scène est à couper le souffle.

Bien sûr, tout n’est pas parfait dans un tel maelstrom de pellicule : si certaines répliques (en particulier celles de Kinski et Dauphin) sont inoubliables, d’autres sentent la mauvaise impro (le premier tête-à-tête entre Romy et Testi, assez embarrassant), les bagarres sont peu réalistes et rappellent les bastons du cinoche français de l’époque. Même chose pour le montage : par moments les ellipses sont abruptes, fulgurantes, à d’autres on a l’impression qu'il manque un morceau de film.

Mais ceci n’est que broutilles. Dans « L’IMPORTANT C'EST D’AIMER », l’émotion emporte tout sur son passage. La force des regards, la violence torrentielle des sentiments, le manque total de retenue ou de vanité des acteurs, en font une œuvre à part, une sorte de miracle qui ne sera jamais reproduit, que ce soit dans la carrière du réalisateur ou celle de la star féminine. 

IMPORTANT (5)

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article
18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 06:35

DIVORCE (1)« DIVORCE À L’ITALIENNE » réunit tout ce qu’on aime dans la comédie transalpine : la bouffonnerie, les ruptures de ton, l’arrière-plan politique (une toile de fond, ici), le sens de la caricature, le rire grinçant. Cette farce sicilienne idéalement rythmée, présente une belleDIVORCE galerie de « monstres », qu’on voit s’entredévorer avec avidité et stupidité, esclaves de leurs pulsions et probablement d’une lourde hérédité.

Tout est parfaitement à sa place, équilibré, jamais excessif. Pourtant, Pietro Germi n’y va pas de mainmorte pour brosser ses protagonistes : Marcello Mastroianni – qui tutoie ici le génie – joue un noble légèrement dégénéré, obsédé par de molles passions qu’on peut deviner dans son œil vitreux. Impossible d’oublier le tic nerveux qui l’agite (un petit « tsk » du coin de la bouche) quand il est contrarié. Face à lui, la génialissime Daniela Rocca joue sa femme, effrayant portrait de l’épouse sicilienne au front bas, au duvet noir au-dessus de la lèvre, virago lascive et avaricieuse, à la bêtise colossale. Sa façon se susurrer « Fefé » (le surnom de son cher et tendre) à tout bout de champ, peut DIVORCE (2)effectivement justifier les envies de meurtre ! Sans oublier la toute jeune et magnifique Stefania Sandrelli, en femme idéale, même si ce ne sera pas pour longtemps.

Dans son genre, « DIVORCE À L’ITALIENNE » est un film quasi-irréprochable. On ne cesse de sourire, de rire aux éclats parfois, devant l’agitation de ces pantins décérébrés et au spectacle désolant de leurs complots minables et de leurs vices. Germi met à mal « l’honneur » à la sicilienne, renvoie dos à dos l’Église, la mafia, la noblesse, le mariage, avec une joyeuse virulence. C'est un film anti-morosité, un véritable petit chef-d’œuvre de méchanceté à revoir jusqu'à plus soif.

 

À NOTER : le très sympathique et amusant clin d’œil à « LA DOLCE VITA » et à Fellini, via la projection du film dans le cinéma du village, avec des extraits où est – bien évidemment – absent Mastroianni.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article
18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 06:25

PLEIN SOLEIL (2)Étonnant de constater à quel point, plus d’un demi-siècle après sa sortie, « PLEIN SOLEIL » exerce toujours la même fascination inusable, provoque le même trouble, PLEIN SOLEIL (3)envoûte et implique aussi totalement. Car au fond, ce n’est qu’un polar psychologique certes pervers etPLEIN SOLEIL (1) diabolique, mais il bénéficie d’une conjugaison d’éléments qui s’harmonisent mystérieusement pour arriver à une sorte de perfection formelle absolue. Qu'il s’agisse de la photo sublime d’Henri Decae (l’Italie a-t-elle déjà été mieux filmée ?), de la BO déconcertante de Nino Rota, de l’alchimie entre les comédiens, tout est à sa place.

La mise en scène de René Clément alterne les moments soigneusement prémédités (la longue séquence où ‘Ripley’ apprend à imiter la signature) et d’autres visiblement improvisés, voire digressifs (la balade du même personnage dans un marché au poisson napolitain), les face à face dialogués au cordeau et les scènes plus PLEIN SOLEIL (4)chaotiques (la tempête sur le bateau), saisies « sur le vif ».

Mais ce qui fait fonctionner « PLEIN SOLEIL » tient en fait à la présence du jeune Alain Delon. Prédateur sociopathe déguisé en parasite inoffensif, il aimante littéralement la caméra qui ne le lâche pas d’une semelle, se permettant des gros-plans extrêmes étonnants pour l’époque, détaillant sa démarche, sa silhouette, sans jamais s’en rassasier. L’acteur a eu beaucoup de « grands rôles » au cours de sa carrière, mais aucun ne lui aura autant collé à la peau que celui-ci. Le mélange d’innocence et de cruauté qu'il dégage en font une sorte de félin dangereux et quasi-inhumain. Sa relation à Maurice Ronet est extraordinairement tordue, celui-ci continuant à « vivre » à travers son assassin par unPLEIN SOLEIL (5) jeu troublant de doublage. Quant à Marie Laforêt, si elle semble un peu gauche, elle s’intègre idéalement parmi ces « beautiful people » dans ce monde de dolce vita décadent.

Bien sûr, tout n’est pas parfait : si la post-synchro est remarquable quand Delon « imite » Ronet, elle est moins convaincante sur les seconds rôles doublés pour raisons purement techniques et fausse parfois l’ambiance. Certains personnages comme le flic romain sont un peu trop vite brossés.

Œuvre unique, sensuelle, étouffante même en plein mer, étude d’un cas pathologique de criminel totalement amoral et caméléonesque, suspense à la lenteur hypnotique, « PLEIN SOLEIL » a incroyablement bien vieilli et parvient à faire jaillir l’émotion quand on s’y attend le moins. Chef-d’œuvre. 

PLEIN SOLEIL

 

À NOTER : Romy Schneider apparaît vers le début du film, dans un ‘caméo’ non-mentionné au générique, jouant une des deux jeunes filles accompagnant Billy Kearns à Rome.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article
2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 08:21

FARGOPourquoi « FARGO » est-il un chef-d’œuvre ? Pourquoi, alors qu'il raconte une série de meurtres perpétrés par une bande d’imbéciles dans un coin paumé du Minnesota, atteint-il à l’universel de la fable ? Et pourquoi y revient-on régulièrement, en y trouvant toujoursFARGO (5) quelque chose de nouveau à découvrir ?

Mystère. Mais c'est un fait. Dans ce trou perdu, FARGO (1)les « locaux » sont tous extrêmement courtois, tout le monde parle en phrases toutes faites (« Oh, Yah ? », « Super ! », « Thanks a bunch »), ce qui ne les empêche pas – au contraire ? – d’être pour la plupart de dangereux psychopathes, des abrutis décervelés. Même l’héroïne, ‘Marge’, une femme-flic enceinte jusqu'aux yeux n’est pas bien futée, mais au moins possède-t-elle un solide bon sens qui la place au-dessus de la mêlée.

FARGO (3)

Dans cet univers enneigé ou les habitants ont tous des noms à consonance suédois, les frères Coen réinventent le polar. D’une intrigue toute bête (un petit escroc à deux balles FARGO (2)organise le faux kidnapping de sa femme pour soutirer de l’argent à son riche beau-père), ils dérapent dans le surréalisme. Ils se permettent tout : des séquences franchement ‘gore’ qui parviennent à faire rire, des digressions à peine croyables comme ce déjeuner de Marge avec un ex-copain de lycée japonais mythomane, qui ne sert à rien dans le scénario (à part nous réjouir) et tout fonctionne à 200%. On contemple les protagonistes comme de vilains insectes dans un bocal, mais la suprême élégance des auteurs est de ne pas les rendre odieux ou répugnants. Ils sont comme ils sont… Comme nous sommes ?

Le film doit beaucoup à son casting. D'ailleurs, la plupart des comédiens y trouvent leurFARGO (4) meilleur rôle : Frances McDormand en état de grâce, crée une Marge inoubliable, placide, déterminée, pas compliquée. Elle fait juste son job avant d’aller rejoindre son gros mari chauve à la maison et se bâfrer en attendant l’accouchement. Grand personnage ! William H. Macy est fabuleux d’incompétence, de poisse, d’obstination suicidaire, à mourir de rire. Steve Buscemi et Peter Stormare, grandioses, jouent les kidnappeurs à moitié dégénérés. Jusqu'aux plus petits personnages (les deux « pouffes » interrogées par Marge), c'est un délice de chaque instant.

Il faudrait parler aussi de la BO lancinante et anxiogène, qui fait souvent contrepoint avec les images, de la virtuosité de la mise en scène dans des séquences comme le triple meurtre du début. C'est, avec « BARTON FINK » et « THE BIG LEBOWSKI », la grande réussite des deux frères. Oh, yah ? Yah, yah…

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article
22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 16:55

TREMORS (1)Alors qu'il aurait pu n’être qu’une série B d’horreur parmi tant d’autres, « TREMORS » est presque immédiatement devenu un ‘cult favorite’ ce qui – vu son sujet – n’était pas vendu d’avance. L’histoire ? D’énormes vers préhistoriques, un peu pachydermes, un peu requins, un peu… beaucoup d’autres choses, dévorent la population d’un bled perdu du Texas enTREMORS jaillissant de la terre. C'est à la fois ridicule et inquiétant, à l’image du film tout entier. Car les auteurs ont eu l’instinct de ne pas se prendre au sérieux et de mêler constamment la frayeur au premier degré avec un humour en autodérision. C'est ce qui fait tout le prix du film, avec la justesse de son casting.

Car outre des monstres inédits et véritablement répugnants, le film ne s’est pas contenté de vagues acteurs de télé ou de has-beens quelconques : il bénéficie de la présence de Kevin Bacon et Fred Ward, alors en pleine vogue et habitués à des œuvres plus ambitieuses. Leur duo fonctionne à merveille et ils jouent avec une belle énergie deux sympathiques abrutis que les circonstances transforment en héros. Leur complicité crève l’écran et le plaisir qu'ils ont eu à incarner ces improbables ‘handymen’ est contagieux. Michael Gross est lui aussi très drôle en membre du NRA dont l’obsession des armes va devenir un atout dans la guerre contre les ‘graboïdes’.

Presque entièrement tourné en extérieurs dans un paysage désolé de désert, « TREMORS » est au fond un ‘survival’ haletant et scénaristiquement très simple, dans lequel on plonge pendant 90 minutes avec une certaine délectation. Il est rarissime d’arriver à faire rire tout en faisant peur – et vice-versa – et Ron Underwood peut se vanter d’avoir trouvé cet équilibre miraculeux.

TREMORS (2)

On peut parler de miracle, car la suite (plusieurs DTV et même une série TV) ne retrouvera jamais ce ton-là.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article
9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 18:18

DESCENT (1)Qu'est-ce qu’un vrai grand film d’horreur ? Un film qui nous fait faire des cauchemars ou un film qui nous rappelle nos plus horribles fantasmes ? « THE DESCENT » parvient à DESCENTfaire les deux choses à la fois. Devenu en quelques années seulement un véritable classique du film de genre et une œuvre dont l’influence visuelle et thématique n’a pas fini de se faire sentir, ce chef-d’œuvre fait plus que supporter les multiples visionnages, il les rend indispensables.

Il existe quelques films tous genres confondus – et ils ne sont pas nombreux – qui ne révèlent jamais tout à fait leurs mystères et semblent attirer comme une flamme. « THE DESCENT » démarre très fort, très vite (l’accident déclencheur est absolument traumatisant) et s’installe pendant sa première moitié dans un suspense extrêmement physique, stressant, claustrophobique, lâchant ses héroïnes dans un gouffre où elles ne font que s’enfoncer jusqu'à la mort. Le vrai coup de génie est, qu’arrivé en son milieu, le scénario bifurque brutalement dans autre chose : l’horreur absolue. Des humanoïdes répugnants, blafards, visqueux comme des lombrics, hurlant comme des chauves-souris, qui grouillent dans les entrailles de la terre et dévorent hommes et bêtes.

‘Survival’ extrême, à la violence plus que graphique, « THE DESCENT » se permet même d’aspirer à plus. La chausse-trappe finale est en fait beaucoup plus qu’un simple ‘twist’DESCENT (2) gratuit, puisqu’on en vient à se demander si ‘Sarah’ n’a pas tout imaginé. Si elle n’a pas sombré dans un délire cathartique pour aller aux tréfonds d’elle-même, de sa peine, de son refus du réel, de son horreur personnelle et intime. Si ce gouffre sans fond n’est autre que son inconscient dévasté par le deuil.

C'est ce genre de questionnement qui fait les grands films et décidément, c'est bien ce qu’est « THE DESCENT ». Sans oublier un coup de chapeau collectif au casting essentiellement féminin, qui se donne à fond et n’est pas pour rien dans l’angoisse générée par cette course à la mort.

À noter qu’un n°2 a été produit quelque temps après, mais qu'il n’est nullement indispensable et ne possède en rien les qualités de ce superbe OVNI.

DESCENT (3)

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article
26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 17:12

G QUEST (1)Attention ! Avec « GALAXY QUEST », on ne parle pas vraiment de SF, on dépasse largement le simple pastiche, on transcende l’hommage. Cette ode hilarante aux cabotins de séries télé, aux ‘geeks’, aux fans déguisés en monstres dans les conventions, aux scénarios débiles torchés à la va-vite, est presque mieux qu’un simple film : c'est une friandise ! Un gros gâteau riche et dégoulinant de crème et de sucre, mais étrangement pasG QUEST du tout bourratif et parfaitement digeste. En un mot comme en cent, une petite merveille.

On pense bien sûr à « STAR TREK » quand les stars has-been d’une vieille série arrêtée depuis vingt ans, sont enlevées par des aliens qui les prennent pour leurs personnages héroïques et demandent leur aide. Mais très vite, le scénario s’enrichit de lui-même, les personnages prennent une vraie épaisseur et – surprise des surprises – on se surprend même à être ému à deux ou trois reprises. Pas plus, parce que le reste du temps on pleure de rire.

Comment oublier Sigourney Weaver peroxydée en « blonde de service » au décolleté débordant ? Comment ne pas s’attacher au gentils Thermiens opprimés par un gros homard belliqueux ? Comment ne pas craquer devant Alan Rickman en cabot british au crâne aussi grotesque que les oreilles en pointe de Spock ? Et comment ne pas trouver ravissante Missi Pyle en extra-terrestre sexy, malgré ses tentacules et ses ventouses ?

L’air de rien, le film en dit long sur le pouvoir et la nécessité du rêve dans nos vies, sur le dépassement de soi et sur la toute-puissance de l’imaginaire. L’humour est d’une finesse constante, sans aucun dérapage, aucune facilité et les F/X sont d’un bout à l’autre, étonnamment soignés.

Bref, vous l’aurez compris, « GALAXY QUEST » fait partie du panthéon très select des films chéris de « WWW », de ceux qu’on peut voir, revoir, re-revoir à chaque fois qu’on sent arriver un petit spleen automnal, par exemple.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens