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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 06:10

KILLDRAGON (2)« TRAFIC DANS LA TERREUR » est réalisé par Michael Moore, mais pas celui que tout le monde connaît. C'est un scénario qui semble écrit pour Bogart, mais ce n’est pas Bogart qui l’interprète. Bref, en un mot comme en cent, c'est une arnaque !

Situé à Hongkong, le film est bâti sur le vieux schéma des « 7 SAMOURAÏS » déjà tant de KILLDRAGON (1)fois recyclé : un pauvre village rançonné par un méchant (il faut dire que les gueux lui ont chouravé une cargaison de nitro…), trois habitants vont enrôler des mercenaires en ville pour les tirer d’affaire. C'est Jack Palance qui joue le leader : il est ‘skipper’ comme Bogart dans « LE PORT DE L’ANGOISSE » et s’appelle ‘Rick’ comme le même Bogie dans « CASABLANCA ». Mais les comparaisons s'arrêtent là. S’il fut un inégalable ‘bad guy’,KILLDRAGON (3) Palance n’a jamais été très bon en séducteur canaille et nonchalant. Ici, il est même mauvais comme un cochon et réduit son interprétation à un inamovible sourire et à quelques plissements de nez. À ses côtés, des tronches comme Aldo Ray en guide touristique (il a une scène monstrueuse, déguisé en chinoise aguicheuse !), Don Knight et le pénible Fernando Lamas en ‘Calvera’ de service.

KILLDRAGONIl ne se passe rigoureusement rien, hormis quelques bastons poussives, deux ou trois fusillades cacochymes, égayant à peine d’infernaux tunnels de bavardage mal dialogués. Le seul intérêt est touristique, puisque le film explore HK de long en large et même en travers et nous offre même une visite des îles environnantes. La seule bonne idée : Palance joue à la roulette russe en tirant avec deux balles dans son barillet sur un bidon de TNT , est salement gâchée par une mise en scène désolante.

À noter qu’à un moment donné, Jack se présente en disant : « Je m’appelle Rick Masters, né dans les mines de Lattimer en Pennylvanie et j'ai 41 ans ». C'est effectivement là qu’est né Palance, mais… il avait déjà 47 ans ! Où va se nicher la coquetterie.

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 15:38

OR NOIR (1)« L’OR NOIR DE L’OKLAHOMA » est une fable amusante et pleine de verve, sur la folie de l’or, le dérisoire des obsessions humaines et le courage des « petites gens » face aux hommes d’argent. L’essentiel du film se déroule sur quelques mètres carrés de désert, en OR NOIRhaut d’une colline, autour d’un puits de pétrole appartenant à une femme seule et dure-à-cuire et convoité par une grosse compagnie.

L’intérêt principal vient de la qualité exceptionnelle de l’interprétation et d’un dialogue savoureux, souvent trivial. Ainsi le monologue de Faye Dunaway déclarant qu'elle aimerait faire OR NOIR (2)partie d’un « troisième sexe », qui lui permettrait avec un organe de chaque genre, de se « baiser elle-même », est-il sidérant et anthologique ! Pas maquillée, le visage fermé, presque ingrat, l’œil froid et morne, l’actrice à total contremploi est très étonnante. Elle ne dévie pas d’un pouce de sa trajectoire, quitte à rendre son personnage opaque voire antipathique, mais c'était la voie à prendre. Elle est formidable. Face à elle, George C. Scott est infiniment attachant, maîtrisant l’évolution de son OR NOIR (3)personnage et son retour à la dignité avec un doigté impressionnant. Et le méchant-en-chef est incarné par un Jack Palance au sommet de sa forme. En ex-militaire devenu porte-flingue d’une grosse compagnie, il se balade en chapeau melon avec son gros chien noir, en mâchouillant d’énormes cigares. La scène où Scott lui urine sur le manteau en le tenant en joue avec son fusil, est un moment de grâce ! Quel face à face au sommet ! Deux grands acteurs, deux « tronches », réputés pour leur propension au cabotinage, ici parfaitement maîtres de leur art, d’une intensité magnifique.

Linéaire, simple, presque théâtral par moments, « L’OR NOIR DE L’OKLAHOMA » prend le temps sur presque deux heures, de développer ses thèmes, d’installer ses personnages, de les faire changer. La fin, très hustonienne, « ceuille » par son pessimisme et sa lucidité, mais l’arrêt sur image qui clôture le film nous laisse sur un sourire. Une jolie surprise, surtout de la part du si inégal Stanley Kramer.

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 16:53

CRAZE (2)Freddie Francis fut un grand chef-opérateur et un moins grand réalisateur. Il se cantonna au cinéma d’horreur anglais de série B et « CRAZE » entre tout à fait dans son registre de compétences. Ou d’incompétences, c'est CRAZEselon…

Affreusement mal photographié (un comble !), le film colle à son personnage central : un antiquaire londonien implicitement bisexuel, qui s’adonne à la magie noire enCRAZE (1) adorant un dieu nommé « Chuku » (ou quelque chose dans le genre) auquel il offre des sacrifices humains en échange de la richesse. Jusqu'à devenir un serial killer avec la police aux basques. Alors bien sûr, on s’attend à trouver Christopher Lee dans le rôle principal, mais surprise… c'est Jack Palance qui s’y colle ! Et pour « WWW », c'est évidemment une heureuse surprise. À part qu’on le sait, l’acteur américain est capable du meilleur comme du pire. Et sa prestation dans « CRAZE » fait partie de la seconde catégorie.

Constamment essoufflé, l’œil roulant dans son orbite, le rictus de pitbull au lèvres, portant d’horribles pantalons à motifs seventies, Palance fait une espèce de ‘one man show’ tutoyant le grotesque et pas si lointain de ce qu’aurait pu offrir un Klaus Kinski à sa place. Il CRAZE (3)faut l’avoir vu roucouler avec la grosse Diana Dors, jouer les clients timides avec une prostituée, prier en robe de bure l’hilarante statue de son Dieu, pour comprendre ce que cabotiner veut dire. Selon le degré de sympathie qu’on éprouve pour le comédien, il est la seule raison de voir ce nanar jusqu'au bout ou la première qui pousse à zapper.

Entre les meurtres filmés avec les pieds, les séquences policières assommantes et les crises de délire de Palance (qui ne l’a pas vu faire la toupie à la fin, armé d’une hache en plastique n’a jamais rien vu !), on aperçoit de vénérables vétérans britons comme Trevor Howard en commissaire ou Hugh Griffith en notaire, qui passent en voisins.

En bref, une pièce à conviction à charge à ajouter au casier judiciaire de Mr Palance, déjà bien chargé. Mais c'est un peu pour ça qu’on l’aime…

 

À NOTER : le film fut exploité en vidéo en France sous le titre « UN TUEUR SOUS INFLUENCE », aux U.S.A. en tant que « MYSTIC KILLER » et en Allemagne « DÄMON DES GRAUENS » (on le trouve en DVD sous ce titre, dans une copie moyenne, caviardée de rajouts de scènes coupées en qualité VHS).

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 07:56

BIG KNIFE (2)En adaptant la pièce de Clifford Odets, Robert Aldrich n’a pas cherché à fuir la théâtralité. À peine si on sort du living room de la maison de l’acteur Charlie Castle, pour quelques plans dans le jardin. « LE GRAND COUTEAU » est un huis clos corrosif et délibérément sordideBIG KNIFE sur les mœurs hollywoodiennes, disséquées à la loupe à travers le portrait d’une star masculine vivant ses derniers jours.

Passée la surprise de voir Jack Palance dans le rôle principal, là où on aurait plutôt imaginé un Rock Hudson, on comprend le choix d’Aldrich : sous les traits tourmentés de Palance,  ‘Castle’ apparaît comme un personnage rongé par le renoncement, bouffé de l’intérieur par sa propre corruption, son manque de caractère et sa lâcheté foncière. Malgré sa « gueule » de tueur, ses muscles saillants, sa belle maison, il n’est plus qu’une marionnette impuissante qui a perdu jusqu'à sa propre identité.

Aldrich attaque de front la cité du cinéma : le monologue de la starlette Shelley Winters (a-t-elle jamais été meilleure ?) est d’une franchise stupéfiante. En quelques répliques, elle raconte comment les studios signent des contrats à des belles filles, leur donnent des figurations en pâture, mais s’en servent surtout comme prostituées à vil prix, toujours disponibles. Il montre aussi, bien avant « THE PLAYER » d’Altman, comment – véritable état dans l’État – Hollywood a sa propre police, ses médecins et parvient à maquiller des meurtres, à enterrer des « affaires » pour mieux s’en servir le moment opportun. C'est un véritable panier de crabes, un royaume clinquant mais totalement pourri de l’intérieur que décrit ce film certes excessivement bavard, mais suffocant et désespéré.

BIG KNIFE (1)

Le formidable cast donne le meilleur de lui-même : outre Palance, shakespearien mais d’une inhabituelle sobriété, Ida Lupino excelle dans le rôle de sa femme à jamais fidèle à l'homme qu'il fut jadis, Wendell Corey est magistral en factotum puant de cynisme, Everett Sloane est un émouvant imprésario tâchant de ménager la chèvre et le chou, Jean Hagen est décapante en nympho joyeuse. Mais c'est Rod Steiger qui remporte la palme : les cheveux blanchis, un sonotone dans l’oreille, il compose un abominable personnage de ‘mogul’ cabotin, geignard, menaçant, sorte de figure méphistophélique oscillant entre l’horreur et le ridicule : extraordinaire ! Son dernier face à face avec Palance aurait mérité tous les Oscars du monde.

« LE GRAND COUTEAU » n’est pas une œuvre facile d’accès, mais par son utilisation agressive de la musique, ses axes de prises de vue créant le malaise, son honnêteté sans fard, il donne un méchant coup de pied dans la mythologie hollywoodienne.

 

À NOTER : Ida Lupino et Shelley Winters ont joué le même rôle : celui de la maîtresse du gangster Roy Earle. La première dans « HIGH SIERRA » avec Bogart, la seconde dans « LA PEUR AU VENTRE » son remake avec déjà Jack Palance.

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 16:46

HOMMES VEGAS (1)Sur le papier, « LES HOMMES DE LAS VEGAS » avait tout pour plaire : copro franco-hispano-italienne, c'est un ‘caper’ à la mode des sixties qui réunit un cast des plus hétéroclites : les vétérans du film noir à la française Jean Servais (en clin d’œil à « DU HOMMES VEGASRIFIFI CHEZ LES HOMMES »), Georges Géret (en braqueur gay !), Armand Mestral et Roger Hanin (en parrain de Vegas !), une pin-up internationale : Elke Sommer, deux grandesHOMMES VEGAS (2) gueules américaines : Lee J. Cobb et Jack Palance et un jeune premier à la mode : Gary Lockwood, l’astronaute de « 2001, L’ODYSSÉE DE L’ESPACE ».

La première heure séduit par ses côtés ultra-kitsch, ses grosses bagnoles, son goût du ‘high-tech’ (ah ! l’informatique de 1968 !), sa BO qu’on dirait piquée dans un vieux De Funès et ses acteurs multinationaux (mal) doublés en anglais. C'est une fête du second degré. Et puis, une fois le braquage de fourgon consommé, reste tout de même une heure à tuer. Le camion est enterré dans le sable du désert pendant que tout le monde le recherche au-dessus, mais hélas, le film tout entier HOMMES VEGAS (3)s’est enlisé avec lui. Il ne se passe rigoureusement plus rien, hormis des va-et-vient, des dialogues poussifs dans des bureaux, même les fusillades ne parviennent pas à maintenir éveillé. La faute certainement à un manque total de caractérisation des protagonistes dont aucun ne suscite l’intérêt ou l’empathie. Même Palance, tout surpris de se trouver du bon côté de la loi, est complètement transparent en flic des assurances. Cobb grimace beaucoup en méchant capitaliste et leurs deux ou trois face à faces sont d’une fadeur déconcertante. Réunir deux des plus grands cabotins du cinéma U.S. pour leur demander… ça ?

« LES HOMMES DE LAS VEGAS » est donc un film de copiste, pompant allègrement dans « L’INCONNU DE LAS VEGAS » et les célèbres ‘capers’ anglais de l’époque, sans en avoir le clinquant et l’ironie. Ce ne sont pourtant pas les moyens qui ont manqué, apparemment. Juste l’inspiration.

HOMMES VEGAS (4)

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 12:13

AMIGO (3)Le vrai problème de « AMIGO… MON COLT A DEUX MOTS À TE DIRE », ce n’est pas tant son scénario indigent, son humour pachydermique, sa mise en scène grabataire, ses coups de zoom et sa vulgarité intrinsèque. Non, le problème, c'est qu’on a toujours AMIGOl’impression que Bud Spencer va enfin retrouver son compère Terence Hill et que le film va vraiment démarrer. À part que l’ex-Mario Girotti ne figure pas au générique et qu’un AMIGO (2)« TRINITA » sans Trinita… ça ne donne pas grand-chose !

Poursuivi par Jack Palance, un tenancier de bordel ambulant qui veut l’obliger à épouser sa sœur (Dany Saval !) qu'il a déshonorée, l’ex-Carlo Pedersoli rencontre un gamin, héritier d’un terrain pétrolifère. Voilà pour l’essentiel, le reste étant comblé par de nombreuses bagarres sur-bruitées, des gags répétitifs (Bud chausse ses lunettes avant de baffer ses adversaires) et des numéros de cabotinage hors-contrôle. On le sait, Palance n’a jamais été un modèle de sobriété et de maîtrise de soi, mais là il fait rigoureusement n'importe quoi : il ne desserre pas les dents de tout le film, mâchouille un cigarillo et tente de jouer « comique » face à Spencer qui a au moins l’instinct de rester neutre. Il faut avoir vu la séquence où Jack se fait débloquer les vertèbres par un médecin ! AMIGO (1)Francisco Rabal, autre comédien au passé plus glorieux, passe de façon discrète dans un rôle de faux-pasteur.

Le ‘spaghetti western’ parodique fut le sous-genre d’un sous-genre et accéléra sa chute, due à la médiocrité de ses productions. L’amateur complétiste pourra toujours noter que la ferme des McBain de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » a ici un rôle très prédominant : le dernier quart du film s’y déroule. Autre clin d’œil au même film : la BO de Luis Bacalov, qui introduit des notes d’harmonica menaçantes à chaque apparition de Palance.

En résumé, « AMIGO… MON COLT A DEUX MOTS À TE DIRE », c'est un peu un Laurel & Hardy sans Laurel, un Abbott & Costello sans Abbott, un Tom & Jerry sans Jerry, etc. Autrement dit : une anomalie.

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 17:28

Comme « TAZA, FILS DE COCHISE », « LE SIGNE DU PAÏEN » est un film très atypique dans l’œuvre de Douglas Sirk. SIGN PAGAN (1)

Ce western romain tourné aux débuts du CinémaScope est visuellement somptueux, grâce à la photo de Russell Metty qui sculpte les visages en masques ténébreux. Le scénario est plus hasardeux, présentant Jeff Chandler en héros traditionnel, pour le délaisser progressivement au profit du personnage d’Attila – il est vrai beaucoup plus intéressant – et de son interprète : Jack Palance.

Enduit de fond de teint foncé, portant une perruque noire, l’acteur semble né pour jouer ce rôle. Et il ne déçoit pas. C'est également ce qu’a dû se dire le réalisateur qui abandonne peu à peu tout montage parallèle, toute action, pour se focaliser uniquement sur Palance. Le dernier tiers est un one man show shakespearien où Palance donne à ce barbare exalté des accents de tragédie. Son Attila n’est pas seulement un fauve assoiffé de sang, c'est aussi un homme simple et superstitieux, hanté par son destin, aimanté par la mort. La longue scène où il finit par tuer sa propre fille est un tour de force. Très certainement un des plus beaux accomplissements de Palance, dont on regrette pour le coup, encore plus sa carrière en partie gâchée. Face à lui, personne n’a l’occasion d’exister et des trognes comme Leo Gordon ou Michael Ansara se contentent des miettes.

« LE SIGNE DU PAÏEN » manque de souffle et d’ampleur, mais demeure un bel exemple de péplum soigné et intelligent. Impossible après avoir vu ce film d’imaginer le roi des Huns avec un autre visage.

SIGN PAGAN

 

À NOTER : le film est récemment sorti en Allemagne sous le titre « ATTILA DER HUNNENKÖNIG » en CinémaScope 4/3 et également en format carré. Il semble que le film ait été tourné simultanément dans les deux formats, car la version 1.33 : 1. n’est pas recadrée.

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:18

PADRONI CITTA (1)« I PADRONI DELLA CITTA » est un curieux hommage italien au film de gangster U.S. Jack Palance y joue un caïd surnommé ‘Scarface’ qui doit faire face à deux jeunots insolents PADRONI CITTAqui contestent sa suprématie, sans savoir que l’un d’eux a un compte à régler avec lui. Ce ne serait qu’une bête histoire de vengeance, si le film n’était constamment abâtardi d’un humour pied-de-plomb en total contresens, qui le fait ressembler aux grosses comédies populaires italiennes de l’époque, généralement inexportables. L’essentiel du comique est laissé à Vittorio Caprioli qui s’en donne à cœur-joie dans unPADRONI CITTA (2) rôle de vieux malfrat nostalgique et pleutre, qui vampirise littéralement toutes les scènes où il apparaît.

Pourtant, et contre toute attente, le spectacle n’est point déplaisant et parvient même à maintenir l’intérêt jusqu'au bout. D’abord par un artifice de scénario qui fait démarrer le film par un flash-back (au ralenti) et présente ensuite deux personnages de jeunes hommes. Lequel est-il l’enfant vu dans la séquence d’ouverture ? On ne le saura que vers la fin. Ensuite parce que Fernando di Leo enchaîne sans relâche les bastons à la Terence Hill, les fusillades endiablées, sans aucun complexe. Il étire au maximum sa conclusion dans un décor d’abattoir désaffecté, faisant exploser les voitures comme un grand môme.

Al Cliver est un étrange héros-vengeur au physique de chanteur disco peroxydé, Palance – malgré sa première place au générique – n’apparaît qu’épisodiquement,PADRONI CITTA (3) mais fait preuve d’une déconcertante sobriété. Il semble s’être focalisé sur son fume-cigarette qu'il ne quitte jamais. Même quand il se fait flinguer ! Parmi les seconds rôles, on aperçoit Rosario Borelli en acteur enrôlé le temps d’une amusante arnaque.

Inédit en France, « I PADRONI DELLA CITTA » est exploité aux U.S.A. sous le titre « MR SCARFACE ». C'est une petite série B qui tente de ratisser très large et touche parfois au but.

À noter une courte séquence dans une boîte de nuit, où une chanteuse blonde psalmodie comme une casserole une chanson absolument bizarroïde. On se croirait dans du David Lynch ! Ce cinéma-bis regorge décidément de surprises…

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 20:28

COPS ROBBERSONS (1)

On imagine tout à fait le brainstorming entre producteurs qui a donné naissance à « COPS & ROBBERSONS » : comment exploiter le succès d’un vieil acteur de 75 ans reconvertiCOPS ROBBERSONS (2) dans la comédie et récemment oscarisé ? En l’associant avec un autre comique, déjà : Chevy Chase succédant à Billy Crystal et en pondant un ‘pitch’ vite-fait, sorte de remake de « BEETHOVEN » où Jack Palance ferait office de saint-bernard au sein d’une famille dysfonctionnelle.

Car il faut bien reconnaître que la seule et unique raison d’être de ce film n’est autre que Palance. En flic grognon et asocial, il s’en donne COPS ROBBERSONSà cœur-joie et réinvente son image de tueur exalté en la transformant en papy gâteau. Bourru certes, mais si touchant au fond.

Lâché en roue-libre, l’acteur feule ses répliques, pousse des grognements de lion, plisse le nez, mâchouille ses clopes roulées à la main et joue les terreurs sans plus faire peur à personne. Il en devient même assez touchant et justifie à lui seul qu’on aille jusqu'au bout de ce film résolument pénible.

Car en face du vétéran, le pauvre Chevy Chase fait pâle figure en quidam fan de séries TV. Comme s’il savait d’avance qu'il n’a aucune chance d’exister, il n’essaie même pas et traîne une mine lugubre, une mollesse rédhibitoire. Dianne Wiest est heureusement plus amusante et sa scène finale est même franchement drôle : « N’oblige pas maman à le répéter deux fois », dit-elle en braquant un fusil à pompe sur le méchant !COPS ROBBERSONS (3) Les seconds rôles comme Robert Davi ou Richard Romanus, ne sont manifestement pas très doués pour le comique.

Comédie familiale à « high concept », « COPS & ROBBERSONS » manque d’âme et de spontanéité, on a presque l’impression d’assister aux réunions entre auteurs, en regardant le film. Une idée piquée ici, l’autre là, un clin d’œil bien lourdingue à « HAWAII, POLICE D’ÉTAT », un autre à la cérémonie des Oscars (une photo de Palance faisant des pompes sur un bras, au générique-fin), emballez, c'est pesé.

Reste que pour le fan du vieux « Jack the Knife », subsistent quelques instants délectables, un soupçon d’émotion et le plaisir de voir ce vieux de la vieille s’offrir un dernier tour de piste.

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 15:39

DESPERADOS (1)Pauvre Henry Levin ! S’il signa jadis un intéressant « JICOP LE PROSCRIT » avec les mêmes Jack Palance et Neville Brand, il semble avec « LA HAINE DES DESPERADOS »DESPERADOS complètement chamboulé par les changements qui ont entretemps défiguré le bon vieux western traditionnel : le ‘spaghetti western’ est passé par là, Peckinpah aussi.

Levin tente d’intégrer la violence, la nudité et le « réalisme » dans ses vieilles recettes d’honnête faiseur. Et le résultat est un peu pathétique. Filmé comme un épisode particulièrement bâclé de « BONANZA », pourri de coups de zoom, baignant dans une musique épouvantable (ah ! ces effets sonores DESPERADOS (2)pendant les flash-backs !), ce western-tragédie est un festival de mauvais goût, d’acteurs innommables. Les séquences d’action font irrésistiblement penser à ces spectacles de cascadeurs donnés dans les villages western pour touristes et le héros, le transparent Vince Edwards est un sosie du chanteur yéyé Richard Anthony. Ce serait désopilant, si ce n’était si ennuyeux.

S’il existe une raison et une seule de voir « LA HAINE DES DESPERADOS » jusqu'au bout, ce sera – mais au troisième degré, au moins – pour la performance inouïe de Palance. Arborant la plus horrible barbe de sa carrière, l’acteur parfois génial révélé par Elia Kazan, n’a peut-être jamais autant cabotiné. C'est dire ! Absolument déchaîné, Palance brame sesDESPERADOS (3) répliques comme un prédicateur dopé aux amphétamines. Il grince des dents, psalmodie en titubant dans la rocaille et campe ce clone du fameux Quantrill, comme une espèce de vampire de l'Ouest. C'est du n'importe quoi à grande échelle, certes, mais cette exhibition hors-contrôle est ce qu'il y a de plus réjouissant dans ce film. Parmi les indigents seconds rôles, Neville Brand, étonnamment obèse, campe un marshal débonnaire et pochetron.

Introuvable depuis des années, le film vient de sortir en DVD en zone 2 et quoiqu’on puisse en penser, c'est une bonne chose. Il s’inscrit dans une période-charnière où le western U.S. subissait toutes les influences extérieures et perdait progressivement son identité. La présence de Palance, pilier du western italien revenu « au pays » ne fait qu’ajouter à la confusion générale.

 

À NOTER : on ne sait si les deux productions partageaient la même costumière, mais Vince Edwards porte exactement la même tenue (chemise rouge, jeans noirs, gilet de cuir) que James Drury dans la série TV « LE VIRGINIEN » !

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