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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 12:21

 

Longtemps, « LES 7 MERCENAIRES » fut (dé)considéré comme un pauvre ersatz de son modèle, le chef-d’œuvre « LES 7 SAMOURAÏS » tourné au Japon six ans plus tôt. Il est vrai que le western de John Sturges n’atteint jamais les hauteurs du film de Kurosawa, mais il s’est lentement imposé comme un classique du western grâce à tout un réseau d’éléments qui se sont mis en place au cours des années.

Le casting d’abord, qui en 1960 ne comportait que deux « vedettes » connues du public : Yul Brynner et Eli Wallach et qui s’est enjolivé année après année, alors que ses seconds rôles montaient en grade. À chaque ressortie, Steve McQueen, Charles Bronson, James Coburn ou Robert Vaughn, venaient enrichir l’affiche, grâce à leur succès, que ce soit au petit ou au grand écran. Et c'est ce phénomène qui assura la pérennité du film. Sans parler bien sûr, de la musique d’Elmer Bernstein, qui devint un « standard » repris dans les émissions consacrées à l'Ouest américain, comme un hymne national.

« LES 7 MERCENAIRES » fut tourné au Mexique, dans de somptueux paysages que Sturges filma avec toute sa science du CinémaScope. Le scénario est très (trop) mécaniquement construit : recrutement des « gunmen », attaque des pillards, défaite des héros puis retour et mise en déroute des méchants. La partie « recrutement » a fait beaucoup pour le succès du film, avec chaque nouveau mercenaire présenté dans une sorte de « sketch » qui lui est consacré. On pense à Coburn qui fait la démonstration de son lancer de couteau, de Bronson et sa hache. Un groupe d’aventuriers légèrement « has been », qui s’unissent pour une cause perdue dont ils n’ont finalement pas grand-chose à faire. Car chose curieuse, si « LES 7 MERCENAIRES » fonctionne sur ce groupe d’hommes prêts à se sacrifier pour des raisons qui leur sont propres, il n’existe quasiment aucune camaraderie entre eux. Ce sont tous – McQueen excepté – des « poissons froids », des durs à cuire taciturnes venus faire un job et non pas remplir leur carnet d’adresses. Si des liens se forment, c'est avec des gens du village : Bronson avec les enfants, Brynner avec le vieux sage ou Horst Buchholz avec une jolie paysanne. Entre eux, c'est à peine si s’établit une sorte de pacte de non-agression.

Le film est extrêmement bien dialogué, et certaines répliques (« Jusqu'ici, ça va »), ont été souvent reprises ailleurs, d’autres (« Notre monnaie, c'est le plomb, mon ami ») font partie intégrante de la mythologie de Steve McQueen et quelques unes (« Pas d’ennemis… vivants ») sont des classiques du western.

Bien sûr, tout n’est pas parfait : décors, costumes et paysages, tout paraît extraordinairement propre et ripoliné, on est loin du Mexique pouilleux de Peckinpah ! Des comédiens « exotiques » comme Brynner ou pire encore l’Allemand Buchholz ont un mal fou à s’intégrer à cet univers et ce sont pourtant eux, qu’on voit le plus à l’écran.

Mais pour le reste, le film demeure un bonheur de chaque seconde : le stetson torché de sueur de McQueen, la leçon de respect que Bronson inflige aux muchachos mal-élevés, Coburn abattant un fuyard à distance (« C'est le meilleur tir que j'aie vu de ma vie ! » s’exclame Chico. « Le pire », répond Coburn. « Je visais le cheval ! »), les cauchemars nocturnes de Vaughn complètement au bout du rouleau. Et bien sûr, le numéro de cabotinage inouï de Wallach en bandido bavard et au fond, pas si antipathique que cela. Le film est truffé de petits numéros d’acteurs, tous plus amusants les uns que les autres, qui font tout le prix des « 7 MERCENAIRES ».

John Sturges a fait mieux, c'est indéniable, que ce soit « UN HOMME EST PASSÉ » ou « LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL », mais a-t-il fait plus jouissif que « LES 7 MERCENAIRES » ? Pas sûr…

7 MERCENAIRES suite 

 À NOTER : l’excellent documentaire « GUNS FOR HIRE », visible dans le DVD, qui a réussi à interviewer quelques survivants du film, peu avant leur mort, et des réalisateurs comme John Carpenter, qui en parlent avec ferveur. De nombreuses anecdotes dans les mémoires de Neile Adams-McQueen, ex-femme de Steve, qui raconte que le plateau « dégoulinait littéralement de testostérone », et parle de la rivalité entre la star Brynner et le quasi inconnu McQueen.

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commentaires

VAL 19/11/2011 17:34

Ce doc dont tu parles sur Bucchholz, je n'en avait vu que la fin. Je suis heureuse de ne pas l'avoir vu en entier ! C'est vraiment triste que l'entourage d'une célébrité se comporte ainsi. Déjà que
les journalistes et certains biographes de stars sont des charognards ! Très triste...

daniel 19/11/2011 17:18

J ai vu un documentaire sur Horst Bucchholz réalisé par son fils qui en donne une image particulièrement négative et en fait quelqu un de très antipathique!!Mais le pire dans le genre c est un doc
de l acteur Maximilien Schell sur les derniers jours de sa soeur Maria(actrice populaire en son temps)qui fait froid dans le dos;filmer ainsi sa soeur dans le dénuement le plus total,poursuivie par
les huissiers et très malade et dont certaines scènes sont difficilement supportables m avait profondément choqué..je doute qu on puisse aller plus loin dans le sordide concernant une personnalité
connue du grand public.

VAL 18/11/2011 20:51

Merci pour le renseignement, daniel. Tu sais, je n'ai pas encore fait le tour de cette immense mine d'infos qu'est WWW. Je ne savais pas que Delon avait été préssenti pour "les 7 mercenaires".
Concernant Bucchholz, je n'ai que peu de renseignements sur sa carrière mais je sais qu'il a fait quelques films aux USA, avant de tenter sa chance en France (entre autres "l'astragale" avec
Marlène Jobert), mais il est retourné en Allemagne où depuis les années 50, il avait gagné le surnom de "James Dean allemand".

daniel 18/11/2011 17:52

Pour VAL;j ai éxpliqué dans un com que le choix de Bucchholz était du au fait de pouvoir bien vendre le film en Europe(judicieuse idée parce que a sa sortie le film a fait un flop en Amérique et c
est grace a son immense succès en Europe qu il est revenu dans les salles américaines pour pour le triomphe qu on connait)mais que le premier choix des producteurs était..Alain Delon et que celui
ci refusa pour jouer au théatre!Je trouve que Brynner que je connais peu(j ai découvert recemment que sa tombe se trouvait dans un petit village francais)est parfait dans ce film car en total
décalage avec les autres ce qui rend les scènes assez amusantes..Cest sur qu avec Anthony Quinn,qui était sur le projet,on aurait eu droit a une sacrée bande de loulous!!

VAL 18/11/2011 11:43

A propos de la voix (originale) de Bronson, je l'ai tout de suite adoptée, et, chose étrange, c'est en lisant un commentaire quelque part sur WWW que j'ai réalisé à quel point elle était un peu
décalée par rapport aux personnages qu'il jouait...sans doute mon coté "midinette amoureuse".

VAL 18/11/2011 11:18

Tu as raison, Lemmy, Bronson est cruel de fesser ce gamin, mais il l'avait bien mérité, non ? sale gosse, va, traiter son père de lâche...plaisanterie mise à part, cette scène est très émouvante,
avec un Bernardo qui explique pourquoi il n'a pas eu le courage de fonder une famille...

lemmy 18/11/2011 11:10

Bon, Bronson meurt bizarrement dans ce film, spécialement avec la voix VF qu'il a. Et il fesse vigoureusement un jeune enfant, le cruel.
Brynner est au casting car c'est lui qui a eu l'idée du film. Je le trouve également bien dans "Taras Bulba", sinon, c'est un des rares comédiens avec lequel je n'accroche pas.

VAL 18/11/2011 10:01

Je suis à 100 pour cent d'accord avec toi, Fred : la seule fois de sa carrière où Brynner est parfait, c'est dans "le roi et moi".

Bon, je reprends mon voyage dans l'univers des "7" :

Je voudrais parler de Calvera : plus je vois ce film, et plus ce personnage m'est attachant. Loin de la caricature bête et méchante du bandido, Elie Wallach a sû donner une carrure "humaine" ; Ok,
il n'a aucune compation pour les péones, mais il est quand même plus chaleureux que certains des "mercenaires"...je dirait que Wallach est l'un des rares acteurs à avoir "survécu" à la "Méthode" de
l'actor's studio.

Maintenant, abordons l'autre faute de casting : Bucchholz.
Franchement, un Allemand pour interprêter un "Chicanos"...de plus, il en rajoute, oscillant sans cesse entre le gosse hyperactif et le gamin boudeur...il passe complètement à coté de son rôle,
c'est un fait. Pourtant, je doit confesser que j'ai découvert Bucchholz grâce à ce film, et j'en suis-un peu- tombée amoureuse...pas au point de collectioner ses films, bien sûr, mais j'aprécie de
le voir de temps en temps (oui, j'avoue : parfois je me laisse tenter par "Derrick" quand Bulcchholz y fait une apparition !!).

Pour les autres mercenaires, je n'ai pas grand-chose à dire, ils sont irréprochables. A part peut-être Bronson, qui....non, je plaisante ! On ne le voit pas beaucoup dans ce film, mais chacune de
ses scènes à marquées les mémoires de génération de cinéphiles, à n'en pas douter.

Well, eh bien je crois que j'en ai fini. A moins que je ne trouve une autre idée "fumeuse" sur la présence de Brynner au casting ;-)

VAL 18/11/2011 08:01


J'ai une soudaine envie de parler de l'un de mes westerns préférés (je vous préviens, ça risque d'être long):
D'abord, parlons de la différence vo/vf : j'ai tellement vu le film à la TV que j'ai encore dans l'oreille les voix françaises (avec une préference pour celle de Mc Queen, que j'aime
particulièrement). Néanmoins, lorsque je mets le DVD, je branche automatiquement la vo non sous-titrée et je m'immerge totalement dans le film (gloire au DVD !).

Maintenant, je parlerais du cast, ou plutôt de deux erreurs de cast : Brynner et Bucchholz (je parlerais de ce dernier plus loin).
Brynner : il est tellement froid, voire glacial dans le rôle de Chris que j'ai fini par développer une théorie complétement fantastique, peut-être influencée par "Pale rider", sur son personnage :
et si Chris était la personnificarion de la Mort ? Il est vétu de noir, marche avec raideur, le visage constament figé (bon, Ok, Fred, je sais que Brynner joue toujours comme ça...) ; cette théorie
est purement subjective, et pour être honnête, elle ne me convainc qu'a moitié moi-même...je me répete, c'est peut-être bien le film d'Eastwood qui m'est monté à la tête.


Fred Jay Walk 18/11/2011 08:05



La théorie est séduisante mais comme tu le reconnais toi-même, Val, si Yul devait jouer un clown hyperactif sous emphétamines, il le jouerait exactement de la même façon...



daniel 09/06/2011 17:41


Cela lui a bien réussi puisqu il a gagné ses galons de star avec ce film.Dans une récente biographie sur lui,l auteur raconte que bien des années plus tard il s est éxcusé auprès de Brynner poour
ses facéties durant le tournage.Brynner apprécia le geste et lui dit 'A l époque j étais le roi et toi le prince.Il est logique que le prince ait un regard de convoitise sur le trone'Si cette
histoire est vraie,ce dialogue aurait pu faire partie du film.


Dino Barran 08/06/2011 21:41


Intéressant aussi pour les petits effets par lesquels McQueen essaie de piquer les scènes de Brynner. Ainsi sa façon ridicule de secouer les cartouches dans ses mains en arrière-plan d'un dialogue
entre Brynner et le voyageur de commerce, au début du film...


daniel 07/06/2011 21:40


Le Western le plus populaire de l histoire du cinéma,Si les mexicains sont bien propres dans le film c est a la demande du Mexique qui horrifié par l image que l on donnait de ses habitants dans
"VERA CRUZ",sales et hirsutes,exigea de la production des "7" de les montrer dans un état impeccable condition sine qua non pour tourner au Mexique.Il parait que Kurosawa apprécia beaucoup le film.


Eeguab 24/05/2010 17:58


Probablement pas le meilleur western mais, l'un de ceux qui font partie de nous et dont on peut dire pas mal de répliques par coeur.Tu l'as d'ailleurs bien signalé.


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