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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 00:06

CORSAIRE ROUGE (1)
Étonnant de revoir aujourd'hui, le premier vrai succès de Burt Lancaster, après l’avoir vu dans ses rôles « sérieux » et ceux de sa fin de carrière. Dans « LE CORSAIRE ROUGE », il est littéralement filmé comme un objet sexuel, constamment torse-nu, en sueur, le CORSAIRE ROUGEsourire éclatant, les biceps gonflés, le bronzage uniforme. Il parle directement au public, et finit même déguisé en femme !CORSAIRE ROUGE (3) Ce genre de traitement est généralement offert aux jeunes premières, mais ici, c'est Burt qu’on est censé désirer. Alors toute cette opération séduction ne se fait pas sans complaisance : il fait l’acrobate (son premier métier) dans des scènes inutilement longues, donne un rôle envahissant à son partenaire de cirque Nick Cravat, qui en fait des tonnes, et il aboie ses répliques en prenant des poses viriles franchement « too much ». Mais c'est parfois ainsi qu’on crée des stars. En l’occurrence, ça a fonctionné. Lancaster est passé d’icône du CORSAIRE ROUGE (2)film noir à idole du grand public du jour au lendemain…

« LE CORSAIRE ROUGE », c'est du cinéma pour enfants. Pour jeunes enfants, même. C'est bariolé, la musique n’arrête jamais, les batailles sont traitées sur un mode semi-comique avec ballons dirigeables etCORSAIRE ROUGE (4) sous-marins en bonus, et la bonne humeur est de rigueur. Il faut une bonne dose d’indulgence nostalgique, pour ne pas trouver le temps longuet et le scénario léger, mais c'est un cinéma désuet, sans prétention, et tout à fait sympathique.

Parmi les seconds rôles, on reconnaît un jeune, et déjà très raide Christopher Lee, en officier barbichu.

Un film à voir, ne serait-ce que pour saisir tout le chemin qu'il a fallu parcourir à Burt Lancaster, lancé comme une sorte de Douglas Fairbanks canaille, pour devenir le grand comédien qu'il a fini par être.

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 15:24

PROPOSITION (3)
Le coin le plus reculé du Far West américain, l'Ouest le plus sordidement réaliste recréé en PROPOSITIONItalie, ont l’air de verdoyantes campagnes normandes, comparés à l’Australie décrite dans « THE PROPOSITION ». Terre désolée, inhabitée, écrasée d’un soleil si puissant qu'il efface couleurs et reliefs, dessèche les hommes, les couvre de poussière et de mouches, cet Ouest-là ressemble fort aux enfers, et lePROPOSITION (1) Diable qui y habite est un hors-la-loi mystique, qui passe ses journées et ses nuits assis face à l’horizon, scrutant les allers et venues du soleil, et en attendant des réponses… Qu'il trouve parfois.

« THE PROPOSITION » est un film visuellement somptueux, d’une poésie fulgurante, d’une violence âpre et atroce, qui entraîne dans un cauchemar d’exil et de barbarie, dont la seule porte de sortie est la mort violente.

Comme une sorte de Clint Eastwood anorexique, Guy Pearce compose une silhouette PROPOSITION (2)évoquant « L'HOMME DES HAUTES PLAINES » à la sauce Jodorowsky, et comme l’officier de « APOCALYPSE NOW », doit remonter jusqu'àPROPOSITION (4) son propre frère, pour le tuer. C'est Danny Huston, comédien généralement transparent, qui incarne le fou furieux, l’assassin sanguinaire, ému aux larmes par une chanson, capable de citer les poètes, et amoureux éperdu de la nature avec laquelle il fusionne. Lui, n’espère que la délivrance, et attend que son frère « l’arrête ». Le fils du grand John est époustouflant ! 

Face à eux Ray Winstone, le capitaine anglais déraciné, dépassé par la sauvagerie de ce pays primitif, qu'il s’était juré de civiliser. Emily Watson très touchante, et John Hurt, déchaîné en chasseur de primes verbeux, complètent un casting magnifique.

Par sa photo ocre et sépia, sa BO hypnotique, sa lenteur entrecoupée d’ellipses foudroyantes, et sa violence joliment escamotée, « THE PROPOSITION » est un pur western, et un grand film, inoubliable comme un cauchemar de fièvre.

 

À NOTER : sorti partout dans le monde en 2005, le film va enfin connaître une sortie salles en France. Mieux vaut tard…

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 11:52

Noël approche, suivi  - c'est quasiment inévitable – du jour de l’An.

Et la télévision française, avide de (longs) films pour remplir à moindre frais après-midis et soirées, ressort des cartons les bons vieux westerns.
OUEST NOËL 09
Aucune rareté au programme, bien sûr, mais des valeurs sûres archi-rediffusées, que les journaux télé résument généralement en un seul mot : « Mythique », « Un classique », etc.

Ainsi, pour les fêtes 2009, le Père Noël fera un détour en traineau par l'Ouest, pour nous offrir « MON NOM EST PERSONNE » (le 24 en prime time sur NT1), « L'HOMME DE L’OUEST » (le 24  à 22 H 30 sur Paris Première), « LE DERNIER DES MOHICANS » (le 30 à 17 H sur France 2), « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » (le 1er janvier à 16 H sur France 2), pour ce qui est des incontournables.

Puis aussi « BIG JAKE » (le 2 sur RTL9), « ON L’APPELLE TRINITA » et sa sequel (le même jour sur Paris Première).

Rien d'enthousiasmant donc, mais ça reposera certains des redifs de « JOSÉPHINE ANGE-GARDIEN » et de « LA GRANDE VADROUILLE ».

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 09:31

La plus belle de toutes ? En tout cas, certainement dans le peloton de tête. Formée à l’Actors Studio, Lee Remick a démarré avec Kazan, Preminger, a prouvé son immense talent dans « LE JOUR DU VIN ET DES ROSES » dans un rôle d’alcoolique, et après son exil volontaire en Angleterre, s’est peu à peu cantonnée à la TV.

Elle n’a tourné que deux westerns peu mémorables : « DUEL DANS LA BOUE » et « SUR LA PISTE DE LA GRANDE CARAVANE », mais cela ne nous empêchera pas de lui souhaiter un bon 74ème anniversaire, qu'elle aurait fêté, si elle n’était décédée en 1991. Happy birthday, Lee…
REMICK anniv

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 07:14

CALVIN nef des fous
Vu l’étonnante popularité du sergent Garcia parmi nos visiteurs, nous ne résistons pas au plaisir de signaler son apparition (une de ses rares au cinéma) dans « LA NEF DES FOUS », superproduction de 1965, où notre hérosCALVIN nef des fous (1)Henry Calvin, donc – apparaît au milieu d’un casting trois étoiles comprenant Simone Signoret, Lee Marvin, Vivien Leigh, Oskar Werner et George Segal.

Dans ce film contant l’odyssée d’un navire quittant Mexico pour l’Europe, dans les années 30, notre sergent préféré joue un peone voyageant en 3ème classe. On le voit poser pour l’artiste Segal, puis mener une rébellion des miséreux, réprimée à coups de lance à eau.

À noter que Calvin retrouve là un de ses partenaires de « ZORRO » : Charles Korvin, qui incarnait le méchant comploteur appelé « l’Aigle » dans la série, et qui joue ici le capitaine du bateau. Le producteur Stanley Kramer était-il fan du justicier masqué ?

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 22:31

5 AGAINST HOUSE (1)
Écrit par Stirling Silliphant qui fera ses preuves quelques années plus tard, réalisé par le bon faiseur de séries B Phil Karlson, « ON NE JOUE PAS AVEC LE CRIME » flirte avec le 5 AGAINST HOUSE« caper movie » (film de braquage) et le film noir sans jamais se décider tout à fait et monte un soufflé qui met longtemps à se mettre en place pour décevoir quelque peu à la fin.5 AGAINST HOUSE (3)

L’originalité vient de l’identité des apprentis-braqueurs, une bande d’étudiants infantiles qui organisent le hold-up d’un casino à Reno dans le seul but de s’amuser. En oubliant que l’un d’eux est un vétéran de la guerre de Corée, revenu du front plutôt dérangé et qui emporte un revolver à l’insu de ses copains.

Si le scénario se traîne un peu, le dialogue est vif est souvent amusant, et l'image possède ce look particulier des photos noir & blanc de l’époque. Le casting est faible, tout particulièrement les rôles principaux : Guy Madison, Kerwin Matthews et même Kim Novak aussi gauches et inexpressifs les uns que les autres, qui 5 AGAINST HOUSE (2)empêchent qu’on éprouve la moindre empathie pour leur problèmes. Heureusement, Brian Keith est excellent dans le rôle du psychopathe et ses crises de violence sont impressionnantes, le défigurant complètement. On reconnaît de bons seconds rôles comme William Conrad en employé du casino, John Larch en flic et la sexy Jean Willes, draguée par Keith, au début du film.

« ON NE JOUE PAS AVEC LE CRIME » est une agréable série B bâtie sur pas grand-chose, qui ne laisse guère de souvenir mais annonce les « OCEAN’S ELEVEN » à venir.

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 19:08

MATURE (1)
Grand gaillard bâti en armoire à glace, au cou de taureau, à la bonne tête d’Italien, Victor Mature s’est fait connaître par le péplum, et fut un Samson parfaitement casté. Son jeu simple et – il faut bien le dire, souvent limité à de curieux mouvements de cuir chevelu – MATUREl’a fait traiter de « pithécanthrope » par les auteurs de « 30 ANS DE CINÉMA AMÉRICAIN ». S’il a toujours été un peu lourdingue, parfois pachydermique, Mature fut un comédien éminemment sympathique, et il a prêté sa silhouette massive à quelques westerns.

Il trouve son meilleur rôle dans « LA POURSUITE INFERNALE », où il campe un Doc Holiday inattendu mais crédible, créant un parfait contrepoids à laMATURE (2) finesse retenue d’Henry Fonda. On le revoit en fils d’un général cherchant à laver l’honneur de son père dans « MASSACRE À FURNACE CREEK », en lieutenant de cavalerie dans « LA BRIGADE GLORIEUSE », il devient « native » pour incarner Crazy Horse dans « LE GRAND CHEF », joue un homme des bois bagarreur dans « LA CHARGE DES TUNIQUES BLEUES », un ancien officier sudiste dans « ESCORTE POUR L’OREGON ».

Mais l’essentiel de sa fin de carrière se situa plutôt du côté des films « de barbares » italiens, où Mature qui était selon les mémoires du réalisateur Richard Fleischer, un monsieur très douillet, exposait ses pectoraux vieillissants.

Un peu le Stallone de son époque…

D'ailleurs, « Sly » qui était un admirateur de Mature, faillit monter un remake de « LA RIVIÈRE ROUGE », où ils auraient partagé l’affiche. L’a-t-on échappé belle ?

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 17:00

7 MEN FROM NOW
Longtemps invisible, pour d’obscurs problèmes de droits, « 7 HOMMES À ABATTRE » est pourtant un des meilleurs westerns de Budd Boetticher, un des scénarios les plus imparables de Burt Kennedy.

7 MEN FROM NOW (5)Au-delà de la simple trame de vengeance classique, qui ne sert que de toile de fond, le film traite de nombreux thèmes, et présente des personnages étonnamment complexes et finement ciselés à l’écriture. Ainsi, la thématique essentielle semble-t-elle être dans la définition d’un homme7 MEN FROM NOW (1) dans l'Ouest. Le mari de Gail Russell, un brave citadin aventureux et sympathique, est ouvertement méprisé de tous : du hors-la-loi Lee Marvin, qui le traite de « moitié d’homme », et même du héros Randolph Scott, qui ose affirmer à la jeune femme qu'elle ne peut que mépriser son mari (sous-entendu, comparé un « mensch » comme lui). Et rien dans le film – pas même son implication involontaire dans le hold-up – ne vient justifier cette attitude. L'homme mourra même courageusement. Loin d’être un lâche, il ne faisait simplement pas partie de cette « caste » de pistoleros archi-virils, jugeant un homme à sa capacité à dégainer. Intéressante idée, qui va assez loin, puisque confrontant en fin de compte, le spectateur lui-même à ses fantasmes : que ferait donc le fan de western (vous et moi, autrement dit !), face à des brutes armées jusqu'aux dents ?

7 MEN FROM NOW (3)
« 7 HOMMES À ABATTRE » est une épure de western, sans la moindre fioriture (il dure moins de 1 H 20), centré sur quelques personnages et des silhouettes à peine esquissées, et établissant entre tous, des relations ambiguës, voire malsaines. Ainsi, la longue séquence 7 MEN FROM NOW (4)dans le charriot, en pleine tempête, montrant Marvin en train d’humilier le mari, sous les yeux de sa femme, est-il un modèle de sadisme pervers.

Big Masters est d'ailleurs un des meilleurs rôles de la carrière de l’acteur : voyou frimeur, jouant avec ses colts comme un môme, mais manifestement cultivé, et d’une intelligence aiguë, il garde une inexplicable estime pour Scott, au péril de sa vie. Grisonnant, le sourire gouailleur, la démarche déhanchée, Lee Marvin est extraordinaire de bout en bout, volant la vedette à Randolph Scott, dont le jeu exagérément monolithique ne fait pas le poids. Celui-ci tient néanmoins jusqu'à la fin, son personnage d’ex-shérif mal embouché, sans jamais chercher à le rendre attachant. Gail Russell est émouvante, avec son visage douloureux, et on7 MEN FROM NOW (2) aperçoit un jeune Stuart Whitman en lieutenant de cavalerie dans une séquence.

« 7 HOMME À ABATTRE » démarre en pleine action, sans aucune introduction, par une séquence nocturne, d’une tension inouïe, et ne laisse jamais retomber l’intérêt. Boetticher comme toujours, cadre ses personnages minuscules, dans d’immenses paysages désolés, dénués de toute verdure, comme errant dans une sorte de purgatoire brûlant.

C'est du très grand western, du grand cinéma tout court.

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 11:25

BERENGER (1)
S’il est une carrière qui n’a pas tenu ses promesses, c'est bien celle de Tom Berenger. Lancé à ses débuts comme un clone musculeux de Paul Newman, il s’impose en gigolo givré dans « À LA RECHERCHE DE MR. GOODBAR » et surtout en G.I. couturé de cicatrices BERENGER (2)dans « PLATOON ». De grands réalisateurs comme Ridley Scott ou Abel Ferrara lui donnent des opportunités, mais Berenger – par manque de chance ou de discernement – s’est vite retrouvé dans l’ornière de la série B et des direct-to-video.BERENGER (3)

Sa ressemblance physique évidente avec Newman, en fait l’interprète rêvé de Butch jeune dans « LES JOYEUX DÉBUTS DE BUTCH CASSIDY & LE KID ». Il retrouve l’univers du western, où il semble parfaitement à l’aise, dans la minisérie « GETTYSBURG » où il incarne le lieutenant-général Longstreet. Il est un garde du corps mormon dans le téléfilm « THE AVENGING ANGEL », un guide confronté à une tribu indienne oubliée par le progrès dans « LE DERNIER CHEYENNE ». 

Tom Berenger se métamorphose pour camper Teddy Roosevelt dans la minisérie « ROUGH RIDERS », il est l’officier irlandais déserteur dans « ONE MAN’S HERO », le fermier confronté aux puissants éleveurs dans « JOHNSON COUNTY WAR », un colonel dans « INTO THE WEST ».

BERENGER

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 09:32

Van Heflin a marqué quelques westerns comme « L'HOMME DES VALLÉES PERDUES » ou « 3 :10 POUR YUMA », de sa présence terrienne et obtuse, dans un emploi d’homme simple, malmené, parfois trompé. Il a même tourné un « spaghetti » : « CHACUN POUR SOI ».

NAKADAI HEFLIN anniv
Tatsuya Nakadai
s’est imposé comme le plus grand acteur japonais, avec des films comme « HARAKIRI » ou « GÔYOKIN », « LA FORTERESSE DE SAMOURAÏS », « REBELLION » et beaucoup d’autres chefs-d’œuvre. Il a joué un Mexicain dans le western « 5 GÂCHETTES D’OR » !

Le premier aurait eu 99 ans aujourd'hui, et le second fête ses 77 ans et tourne toujours. Happy birthdays, Mr. Heflin et Nakadai-San.
NAKADAI HEFLIN anniv (1)

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