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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 16:21

Avant de devenir le grand Lancaster, le jeune Burt a payé son tribut à la série B technicolorisée et tourné pas mal de nanars plus ou moins exotiques, où étaient exploités son physique avantageux et son énergie communicative.

« DIX DE LA LÉGION » est l’un d’eux et a pour seul et unique intérêt de préfigurer de quinze ans le schéma narratif des « 12 SALOPARDS ». À savoir : une bande de gibiers de potence de 10 TALL MENla Légion Étrangère enrôlés pour une mission-suicide qui – si elle est couronnée de succès – pourrait alléger leur peine de prison. Menés par le sergent Burt, les sympathiques fripouilles kidnappent donc la fille d’un « caïd » avant son mariage avec le chef d’un clan rival, pour éviter une alliance qui pourrait s’avérer désastreuse pour l’armée française. Les gaillards sont traqués par les Arabes dans un Sahara qui ressemble étonnamment au Far-West vu dans des centaines de westerns et Burt – what else ? – séduira la farouche princesse.

Pas la peine de tergiverser : c'est complètement idiot et infantile, les « locaux » sont fourbes et mangent du salami (on sent que les auteurs se sont sérieusement documentés !), les légionnaires sont de braves gars turbulents mais héroïques et côté réalisme, c'est un festival d’approximations et d’absurdités. Mais voilà… Il y a Burt. Affuté, impétueux, dragueur invétéré, adulé par ses hommes, il joue les héros de BD avec un aplomb extraordinaire et vaut qu’on voie ce gentil nanar jusqu'au bout. À ses côtés, quelques « trognes » qu’on aime comme Mike Mazurki, Nick Cravat (l’ex-complice de Lancaster quand il était trapéziste), Gilbert Roland (« Ay, mamacita ! ») et John Dehner en traître à moustache en baguette. Que demander de plus ?

10 TALL MEN (1)

« DIX DE LA LÉGION » c'est du cinoche de samedi soir poussiéreux où il serait vain de chercher du racisme ou du colonialisme, tant c'est primaire et décérébré.

 

À NOTER : au début du film, Lancaster apparaît vieilli et portant une fausse barbe grise, déguisé en Bédouin. Il ressemble exactement à ce qu'il sera 25 ans plus tard dans la minisérie italienne « MOÏSE » !

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 09:50

Comédien new-yorkais d’abord limité dans ses emplois par son accent du Bronx et un physique particulier, Harvey Keitel connaît un formidable épanouissement à la cinquantaine.

Le meilleur rôle de sa « première carrière » reste celui du malfrat grenouilleur de « MEAN STREETS ». Scorsese avait déjà fait de Keitel la vedette de son premier film « WHO’S THAT KNOCKING AT MY DOOR ? » et il le réutilisera régulièrement : en amant névrotique dans « ALICE N’EST PLUS ICI », en mac à cheveux longs dans « TAXI DRIVER » et après des années d’interruption en Judas rouquin et ombrageux dans « LA DERNIÈRE TENTATION DU CHRIST » où son accent vaut à Keitel les pires critiques de sa carrière aux U.S.A., même s’il y est objectivement remarquable.

Il est ouvrier dans « BLUE COLLAR », officier napoléonien obsessionnel dans « DUELLISTES » où il est très inquiétant, traître spatial dans « SATURNE 3 », héros de « AMBULANCES TOUS RISQUES », homme de main et pianiste dans « FINGERS ».

Installé un temps à Paris, Keitel y tourne plusieurs films : « LA MORT EN DIRECT » en voyeur professionnel, « UNE PIERRE DANS LA BOUCHE » en fugitif, « LA NUIT DE VARENNES » où il croise Louis XVI, « DREAM ONE » où il incarne… Zorro.

De retour aux U.S.A., il ne tient que des rôles effacés dans « BUFFALO BILL ET LES INDIENS » en neveu fayot, « POLICE FRONTIÈRE » en ripou ou « FALLING IN LOVE » en copain divorcé.

KEITEL

Le vrai renouveau arrive avec « THE TWO JAKES » où Keitel révèle une présence plus forte, une intensité nouvelle, dans un rôle de gangster condamné par la maladie. Il confirme ensuite : il joue plusieurs flics, le subtil de « THELMA & LOUISE », l’intuitif de « PENSÉES MORTELLES », le corrompu de « CALENDRIER MEURTRIER », le raciste de « SOLEIL LEVANT », il enquête à Londres dans « THE YOUNG AMERICANS », revient à Brooklyn dans « CLOCKERS », il est l’officier-despote de « COP LAND ». Mais le summum est atteint avec « BAD LIEUTENANT » où Keitel va jusqu'au bout d’une certaine démarche en jouant un ripou drogué jusqu'à l’os alignant les séquences de masturbation, de prise de cocaïne ‘live’ et autres nus frontaux avec un abandon jamais vu chez un comédien de premier plan. Le résultat laisse pantois…

Il laisse tomber les gendarmes pour incarner le photographe malsain dans « 2 YEUX MALÉFIQUES », le Maori tatoué de « LA LEÇON DE PIANO » (où il n’est pas des plus crédibles), le gangster chauve ami de « BUGSY », le flingueur de « NOM DE CODE : NINA », le truand de « SISTER ACT », le réalisateur manipulateur de « SNAKE EYES ».

Il possède un singe klepto dans « MON AMI DODGER », il est une ex-star de télé dans « SOMEBODY TO LOVE », un prêcheur veuf dans « UNE NUIT EN ENFER », un braqueur trahi dans « CITY OF CRIME », polar injustement méconnu où il est exceptionnel.

Harvey Keitel retourne au cinéma « sérieux » en jouant le cinéaste grec dans le (très) long « LE REGARD D’ULYSSE ». Il est inhabituellement sympa en escroc mytho dans « IMAGINARY CRIMES » et en époux de Cameron Diaz dans « HEAD ABOVE WATER ». Il tient le rôle de Houdini dans « FAIRYTALE, A TRUE STORY », il s'indentifie à Elvis dans « ROAD TO GRACELAND », joue un désenvoûteur dans « HOLY SMOKE », le sergent dévoué de « U-571 », un agent du FBI dans « GINOSTRA », un officier aux méthodes discutables dans « TAKING SIDES », le boss du FBI de « RED DRAGON », le veuf inconsolable de « UN CRIME », le maître d’œuvre dans « MON BEAU-PÈRE ET NOUS ».

On peut avoir un faible pour son rôle de ‘Mister White’, braqueur réglo de « RÉSERVOIR DOGS » où il crève l’écran. Quentin Tarantino le réutilise dans son « PULP FICTION » où Keitel joue Wolff le gangster qu’on appelle dans les urgences.

Il apparaît dans son propre rôle, non-mentionné au générique à la fin de « GET SHORTY ». Mais paradoxalement, son rôle le plus attachant reste celui d’Auggie le vendeur de cigares généreux de « SMOKE » puis « BROOKLYN BOOGIE » où Keitel révèle une facette tendre de sa personnalité. Paul Auster auteur des deux films, réemploie Keitel en musicien dans « LULU ON THE BRIDGE » qu’il réalise lui-même.

À noter que Harvey Keitel est un des rares comédiens à avoir été « remercié » officiellement de deux tournages importants : « APOCALYPSE NOW » (où il sera remplacé par Martin Sheen) et « EYES WIDE SHUT » où c’est Sydney Pollack qui prendra sa place.

À la TV, on voit Keitel en voleur dans « SUR LA PISTE DU CRIME », en preneur d’otages dans « KOJAK » et dans le rôle de Bugsy Siegel (dont il jouait l’ami dans le film de Levinson) dans « THE VIRGINIA HILL STORY ». Il est le lieutenant dans la version U.S. de la série « LIFE ON MARS ».

Aujourd'hui, il fête ses 73 ans. Happy birthday, Harvey.

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 09:22

Il y a dix ans, « NARC » fut un petit électrochoc et avait laissé espérer d’un grand avenir pour son réalisateur Joe Carnahan. Ses films suivants n’ont fait que décevoir plus ou moins, jusqu'à ce qu'il retrouve un bon matériau avec « LE TERRITOIRE DES LOUPS ». 

La meilleure façon de définir ce film serait ‘survival’ métaphysique. À la suite d’un crash en pleine neige, quelques survivants tentent de s’en sortir dans la nature hostile, encerclés parGREY des loups particulièrement agressifs. Ils sont menés par Liam Neeson, un chasseur professionnel suicidaire. Un sujet simplissime donc, mais un traitement intéressant, qui délaisse tout réalisme pour traiter le scénario en ‘trip’ mental qui fait parfois penser à un délire proche de la NDE (Near Death Experience). En effet, les fameux loups sont des espèces de monstres réduits à des yeux brillant dans le noir et des crocs acérés dévorant les chairs : l’équivalent du requin de « JAWS », ce qui rapproche le personnage de Neeson de celui de Robert Shaw.

C'est extrêmement bien filmé et photographié, des séquences comme l’accident d’avion font preuve d’une maîtrise bluffante et malgré l’uniformité de ses décors et de son action, le film n’est jamais long ou ennuyeux. Tout n’est pas parfait bien sûr : les flash-backs sur l’épouse idéalisée sont quelque peu redondants, les compagnons de Neeson sont écrits avec la pâte dont on fait les clichés les plus antédiluviens, mais cela ne gâche pas le plaisir qu’on ressent à voir ce film physique, existentiel, d’une belle ambition.

C'est un des plus beaux rôles de Liam Neeson, qui poursuit à presque 60 ans, son incroyable reconversion en ‘action star’ et occupe l’écran avec la densité et la puissance des meilleurs ‘tough guys’ américains des seventies. Son face à face final avec le « mâle Alpha » est un grand et beau moment de cinéma.

À noter à ce sujet, qu'il est conseillé de rester jusqu'au bout du générique-fin, pour voir un petit rab de dix secondes, aussi sibyllin que beau. N’oubliez pas.

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 15:59

« PEOPLE IN GLASS HOUSES » est un épisode de la remarquable série « ARREST AND TRIAL », réalisé par l’ex-monteur Alan Crosland, Jr. et qui se différencie des autres téléfilms en quittant les enquêtes classiques et scènes de procès, pour se focaliser sur une chasse à l'homme.

On ne peut qu’en être ravi, puisque les deux crapules évadées du Palais de Justice ne sont autres que Henry Silva et Dennis Hopper. Celui-ci blesse Ben Gazzara pendant sa fuite et ils prennent son co-équipier et la jolie Katherine Crawford en otages. On voit donc assez peu Gazzara et Chuck Connors – avocat des desperados – dans cet épisode situé essentiellement dans la voiture des fugitifs.

ARREST hopper

Quel plaisir de voir le jeune Hopper déjà parfaitement à l’aise dans un rôle de psychopathe ‘sex addict’, déployant tous ses tics de l’Actors Studio ! Éructant, ricanant, le rictus rageur, il campe ce voyou infantile et dangereux avec une verve inouïe et forme un tandem fabuleux avec Silva, excellent en malfrat sérieux et impassible, dépassé par la folie de son partenaire. Un beau duo d’acteurs en pleine possession de leurs moyens.

C'est bien filmé et monté, quelques moment sont étonnants, comme lorsque le flic supplie la jeune otage de se laisser faire si Hopper venait à la violer, pour ne pas être tuée : « Il faut vivre, quel qu’en soit le prix ! ». Étonnant, pour l’époque. D’autant que lorsque le mari la récupère à la fin, la seule chose qui l’intéresse est de savoir si elle a été violentée.

Un épisode atypique donc, peu représentatif du cahier des charges de la série, mais absolument passionnant.

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 09:47

Un anniversaire qui tombe à pic, puisque ‘Kate’ est à l’honneur sur « WWW » ces jours-ci.

Grande dame du cinéma et de la scène américaine, star jusqu'au bout des ongles, malgré un physique hors-normes et une personnalité abrasive, Katharine Hepburn fut une grande professionnelle aimée de tous et entra dans la légende grâce au couple – beaucoup moins simple et évident qu'il ne paraît – qu'elle forma avec Spencer Tracy. Kate et ‘Spence’ font partie de la royauté hollywoodienne.

Aujourd'hui, elle aurait fêté ses 105 ans. Happy birthday, Kate.

HEPBURN

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 08:32

Le moins que l’on puisse dire est que, pour un film d’à peine plus d’une heure, « UNE ALLUMETTE POUR TROIS » ne manque pas d’ambition : il retrace non seulement la jeunesse de trois copines d’école, mais aussi dix ans de l’Histoire américaine, des ‘roaring twenties’ aux années 30 !

3 MATCH

Mais ce qui démarre en saga, se réduit rapidement à un scénario beaucoup plus anecdotique, en suivant le destin malheureux d’une des filles (Ann Dvorak) qui passe de Mme Bovary oisive à ‘junkie’ décatie en quelques mois. Le film se concentre alors sur le kidnapping de son fils par une bande de gangsters et devient une sorte de polar passablement glauque et étonnamment réaliste.

On a l’impression de voir le ‘best of’ d’un film trop tripatouillé au montage, dont il ne reste 3 MATCH (1)que des bribes disparates. Cela reste tout de même à voir, car Dvorak est excellente dans ce rôle ingrat et peu attachant. Sa déchéance est parfaitement crédible et son sacrifice final est choquant par sa violence mais également d’une certaine grandeur. À ses côtés, Joan Blondell est comme toujours enjouée et joyeusement vulgaire en « mauvaise fille » au cœur d’or et Bette Davis mal castée en « première de la classe » ne fait qu’une figuration intelligente très en-dessous de ses possibilités. Parmi les seconds rôles, un jeune Humphrey Bogart se détache du lot en malfrat teigneux et dur comme du silex. Le premier d’une longue lignée de salopards qu'il jouera encore pendant dix ans. Le garçonnet par contre, est le parfait représentant de cette caste de petits singes savants manufacturés par les grands studios hollywoodiens de l’époque. Insupportable !

À noter que le titre vient d’une superstition qui veut que lorsque trois personnes s’allument une cigarette avec la même allumette, l’une d'elles va bientôt mourir. Le dernier plan du film, montrant les deux survivantes et une allumette grillée, jetée par terre, est assez émouvant.

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 10:18

Frank Thring est un acteur australien au physique singulier, qui n’a tourné qu’une petite trentaine de films, mais s’est rendu inoubliable dans un emploi de despote mollasson et méprisant.

On s’en souvient en infâme Aella dans « LES VIKINGS », en Ponce-Pilate dans « BEN-HUR », dans le rôle d’Hérode Antipas dans « LE ROI DES ROIS », en prince arabe dans « LE CID », en juge dans « NED KELLY ». Il a fini sa carrière à la TV.
Aujourd'hui, il aurait fêté ses 86 ans. Happy birthday, Frank.

THRING

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 08:45

WITHOUT LOVE (2)On peut comprendre que les producteurs aient eu envie d’exploiter au maximum le couple Spencer Tracy-Katharine Hepburn, mais les deux acteurs étaient chacun à leur façon, trop singuliers pour jouer n'importe quel rôle. Et pour ce qui est de « SANS AMOUR », ils – et WITHOUT LOVE (1)surtout lui – sont à côté de la plaque. Le film aurait clairement mieux fonctionné avec un Cary Grant dans ce personnage de savant farfelu et somnambule.

Le scénario de cette comédie sentimentale est tiré par les cheveux : forcés de cohabiter, une héritière et un chercheurWITHOUT LOVE (3) vont se marier parce qu'ils ne s’aiment pas. Elle parce qu'elle ne s’est jamais remise de son veuvage et lui parce qu'il sort d’une liaison traumatisante. En épousant quelqu’un dont ils ne sont pas amoureux, ils s’imaginent être à l’abri. On le voit, le postulat est mince. Maigre, même ! À vrai dire, il ne tient pas la distance une seconde, d’autant qu’on sait pertinemment que ces deux-là finiront par se tomber dans les bras.

Il faut hélas, presque deux heures, pour qu'ils admettent qu'ils sont tombés amoureux. C'est lourdingue, longuet, vraiment pas très drôle. Tracy mal à l'aise, grimace beaucoup, WITHOUT LOVEouvre grand les yeux, pince les lèvres et a une meilleure interaction avec son chien qu’avec sa partenaire. Hepburn, quant à elle, a toujours ce petit côté illuminé, presque inquiétant qui la rend intrigante. À noter qu’à la fin de chacun de leurs films en commun, on a droit à un « Kate moment », une sorte de numéro en solo de la star, incroyablement complaisant, qui déséquilibre le film. Ici, elle virevolte en imitant l’accent français, fume-cigarette aux lèvres. Et ça dure… Ça dure…

Parmi les seconds rôles pas très passionnants, on reconnaît le jeune Keenan Wynn en poivrot mondain et la future star de télé Lucille Ball en agent immobilier pétulante. On a également droit – pendant une trentaine de secondes ! – à une Gloria Grahame débutante, en vendeuse de fleurs enrhumée.

L’admirateur complétiste du couple de stars sera probablement aux anges devant ce « SANS AMOUR », pour les autres, c'est franchement très dispensable.

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 09:27

KEEPER (2)Le personnage central de « LA FLAMME SACRÉE » est un héros national américain, un « grand homme », un modèle idolâtré par les foules, une sorte d’Abraham Lincoln du 20ème siècle. Ce surhomme meurt pourtant dès la première minute du film et c'est KEEPER (1)l’enquête que va mener un journaliste pour écrire sa biographie que l’on va suivre.

Tourné en pleine WW2, « LA FLAMME SACRÉE » est un curieux mélodrame qui va puiser son imagerie dans la littérature anglaise du style Daphné DuMaurier, qui emprunte au ‘whodunit’, voire au fantastique, pour s’achever en pamphlet anti-fasciste tout à fait étonnant. Que raconte finalement George Cukor ? Que la « bête immonde » peut nicher n'importe où, qu'il faut se méfier des icônes, ne jamais déifier un homme quel qu'il soit et ne pas être dupe des trop belles légendes. Ce discours éminemment politique est enrobé d’une atmosphère particulière accentuée par le tournage en studio. Les décors sont superbes, baroques et renvoient aux contes de fées (la maison deKEEPER la vieille mère du héros) et la photo est tout simplement sublime. Chaque gros-plan de Katharine Hepburn, qui joue la veuve ambiguë, ressemble à un portrait des studios Harcourt !

Le tandem Hepburn-Spencer Tracy est donc reformé ici, quelques semaines après « LA FEMME DE L’ANNÉE », dans un tout autre emploi : elle en héroïne tourmentée, entourée de mystère, presque fantomatique, lui en reporter de guerre usé et désenchanté, obsédé par la vérité. Quelle qu'elle soit. Des rôles pas très incarnés, presque symboliques où leur personnalité demeure en retrait. Ils sont très bien entourés d’excellents seconds rôles comme Margaret Wycherly en semi-démente, le tout jeune Forrest Tucker jouant parfaitement les fausses-pistes ou le toujours délectable Donald Meek en patron d’hôtel.

Le scénario n’est pas exempt de défauts. En fait le mystère ne tient que parce que les protagonistes tiennent leur langue et l’histoire piétine à plusieurs endroits, mais en décrivant de façon romanesque le schéma qui crée des Hitler, « LA FLAMME SACRÉE » mérite le respect.

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 06:33

Charles McGraw tourna 140 films et téléfilms, toujours dans un même emploi d’homme rude et rugueux, parfois inhumain, souvent du mauvais côté de la loi et de temps en temps du bon, sans que cela ne modifie d'ailleurs grand-chose à sa personnalité glacée et cassante.

Acteur à la présence évidente, on s’en souvient en flic dans « L’ÉNIGME DU CHICAGO EXPRESS », en entraîneur de gladiateurs sadique dans « SPARTACUS » ou en marin dans « LES OISEAUX ».

Aujourd'hui, il aurait fêté ses 98 ans. Happy birthday, Charles.

MCGRAW

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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