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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 16:59

Écrit par pas moins de sept scénaristes italiens et américains, parmi lesquels – excusez du peu – Franco Brusati, Ben Hecht et Irwin Shaw, « ULYSSE » est une copro italo-franco-américaine, qui compresse « L’ODYSSÉE » d’Homère et le réduit à ses points de ‘climax’.ULYSSE (1) Selon les scènes, cela oscille entre le péplum mal fichu (la longue séquence avec le cyclope) ou le film d’aventures plus ambitieux, sans jamais trouver son point d’équilibre. Reste que c'est distrayant, roublard et mouvementé, que la photo est jolie, les trucages pas si mauvais, compte tenu de leur âge canonique.

En fait, ce qui justifie vraiment qu’on voie ce film, c'est la version d’Ulysse qu’offre Kirk Douglas. À mille lieux de l’image d’Épinal du héros mythique et noble, il incarne le vainqueur de Troie comme un queutard narcissique et vaniteux aux manières de voyou. Frisé, barbu et noueux, Douglas semble s’amuser énormément et n’hésite pas à écorner le grand Ulysse, comme dans cette scène avec Circée, qui le transforme en coq-en-pâte efféminé et sans volonté. Débordant d’énergie, souvent à la limite du pastiche, l’ami Kirk s’éclate avec une bonne humeur communicative et s’octroie un grand moment « douglassien » : attaché au mât de son bateau pour résister au chant des sirènes. On devine déjà Van Gogh sous la toge d’Ulysse !

Silvana Mangano, marmoréenne, tient le double rôle de Pénélope et de Circée, la juvénile Rossana Podestà apparaît brièvement en Nausicaa aux yeux pleins d’étoiles et Anthony Quinn campe avec l’arrogance requise le soupirant-en-chef qui finit sous les flèches du revenant. Kirk lui fera subir le même sort cinq ans plus tard dans « LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL » ! Mais avec un six-coups, cette fois-là...

ULYSSE

Les noms réunis à son générique laissaient espérer une œuvre plus « sérieuse » que ce qu'il n’est à l’arrivée, mais « ULYSSE » demeure sympathique et préfère le spectacle populaire au respect aveugle des écrits d’Homère. Et de toute façon, il vaut le coup d’œil pour le numéro extraverti d’un Kirk Douglas déchaîné.

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 08:02

Précédé d’une réputation flatteuse de « film à festival », « TAKE SHELTER » est bâti sur une simple idée qui aurait pu donner lieu à un épisode de « THE TWILIGHT ZONE » de 26 TAKE SHELTERminutes : un père de famille sent arriver une tornade apocalyptique et se ruine à bâtir un abri sous sa pelouse, sombrant peu à peu dans la paranoïa. L’épilogue de l’histoire ressemble davantage à un ‘twist’ qu’à une morale quelconque, ce qui laisse une curieuse sensation de gratuité après-coup.

L'homme est-il un prophète visionnaire de la fin du monde ? Succombe-t-il sous nos yeux à sa lourde hérédité ? La question n’est pas inintéressante en soi, mais le choix des auteurs de faire un film de quasiment deux heures à la lenteur funéraire, n’était pas forcément le bon.

Heureusement, le rôle principal est tenu par l’excellent Michael Shannon, qui avait déjà exploré ces zones sombres de la folie dans le troublant « BUG » de William Friedkin, quelques années plus tôt. Son visage tourmenté, son regard hanté, sont idéalement utilisés ici, suscitant autant d’empathie que d’inquiétude. À ses côtés, l’indispensable Jessica Chastain (combien tourne-t-elle de films par an ?) tire le maximum d’un rôle a priori ingrat d’épouse incrédule mais stoïque.

« TAKE SHELTER » pose beaucoup plus de questions laissées en suspens, qu'il n’apporte de réponses. On sent planer au-dessus de chaque séquence, de chaque cauchemar la hantise apocalyptique du réalisateur et certaines images comme la pluie d’oiseaux morts s’impriment dans la mémoire. Reste que, nous l’avons dit, tout cela n’est guère palpitant, que le déroulement est excessivement répétitif et parfois même trop prévisible.

En fait, le film tout entier fait penser aux longues séquences de « RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE », pendant lesquelles Richard Dreyfuss passait son temps à dessiner ou sculpter des monticules, sous l’œil effaré de ses proches.

 

 

À NOTER : dans la copie DVD visionnée, le son est en léger décalage avec l’image dans la v.o.

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 06:35

On l’aimait bien, Johnny Depp dans « BENNY & JOON » ou dans ses premiers films avec Tim Burton. On l’a même trouvé formidable dans « ED WOOD ». On peut même dire que sa première apparition dans « LE PIRATE DES CARAÏBES » était aussi déconcertante qu’amusante.

Alors pourquoi nous agace-t-il depuis quelque temps ? Pourquoi a-t-on la sensation qu'il refait constamment le même film en ressassant les mêmes tics ?

Depuis les belles réussites que furent « DEAD MAN » et « DONNIE BRASCO », les films se confondent les uns avec les autres, son jeu passe du surcabotinage en roue-libre à la catatonie la plus totale.

Mais on l’aime toujours, Johnny. Pour ses choix atypiques, sa personnalité difficile à cerner, pour la bonne surprise qu’on attend encore de lui. Malgré tout… Come back, man ! Reviens et on te pardonnera les sequels inutiles, les « PUBLIC ENEMIES » et autres copros improbables.

Aujourd'hui, il fête ses 49 ans. Happy birthday, Johnny.

DEPP

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 10:57

En hommage à Ray Bradbury récemment disparu, un petit coup d’œil à « SHOPPING FOR DEATH », un épisode de la 1ère saison de « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE », qu'il écrivit d'après une de ses propres nouvelles.

Le téléfilm de 26 minutes raconte la curieuse histoire de deux agents d’assurances retraités, qui arpentent les rues de New York par temps de canicule, afin d’observer le comportement des habitants. Selon la théorie de l’un d’eux, au-delà de 92° fahrenheit, l’être humain cède à ses pulsions criminelles et tout le monde est en danger. Nos deux amis repèrent une bonne femme particulièrement gratinée : braillarde, méchante comme une teigne, haïssant les enfants et insultant les commerçants. Ils pensent qu'elle risque – vu la chaleur qui ne fait qu’augmenter – d’être bientôt victime de son comportement.

HITCH bradbury

Le scénario de Bradbury est un peu confus dans son déroulement. On ne sait pas très bien ce que cherchent ses deux petits vieux, ce qu'ils attendent de leurs « investigations ». Le film vaut tout de même d’être vu pour l’extraordinaire numéro de Jo Van Fleet, incarnant la mégère des enfers. Suante, grimaçante, vulgaire, odieuse, elle s’éclate visiblement à créer un personnage haut-en-couleurs. Parmi les seconds rôles, on aperçoit Michael Ansara en boucher patient.

À quoi sent-on la patte de l’auteur dans ce petit scénario ? Peut-être au fait que sa « chute » est tellement ambiguë, qu’on n’est pas certain d’en avoir saisi le sens ! Et aussi par ce goût de l’insolite frisant l’absurde…

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 06:33

Julianna Margulies est une excellente comédienne de TV, qui fut révélée par son rôle d’infirmière dépressive dans la série « URGENCES ». Elle a récemment récidivé avec son personnage d’avocate pugnace dans la série « THE GOOD WIFE » entièrement bâtie sur elle et son attachante personnalité.

On l’a vue en prisonnière de guerre opportuniste dans « PARADISE ROAD », en « poule à gangsters » dans « THE NEWTON BOYS », en épouse du gigolo dans « THE MAN FROM ELYSIAN FIELDS », en héroïne de film d’horreur dans « LE VAISSEAU DE L’ANGOISSE » et « DES SERPENTS DANS L’AVION » et à la TV en fée dans « LES BRUMES D’AVALON ».
Aujourd'hui, elle fête ses 46 ans. Happy birthday, Julianna.

MARGULIES

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 16:20

FILET (2)« Quand il y a une femelle pour deux mâles, quelque chose de terrible doit forcément arriver », dit en substance un personnage secondaire.

Production mexicaine réalisée par Emilio Fernández, le futur ‘Mapache’ de « LA HORDE SAUVAGE », « LE FILET » dépouille son scénario jusqu'à revenir au squelette, néglige le dialogue (on peut facilement compter les répliques !) et ose des cadrages plus proches de la FILET (1)photographie d’Art que de la mise en scène cinématographique. Mais ce qui frappe surtout dans cette œuvre unique, c'est l’érotisation absolue de chaque image, du moindre mouvement, du plus discret souffle de vent, des vagues sur la grève. DeFILET séquence en séquence, le film rend palpable le désir de ses protagonistes qui monte, s’amplifie, jusqu'à devenir insupportable.

Deux hors-la-loi réfugiés sur une plage, une femme plus jeune qu’eux, sensuelle et farouche. Confrontée à ces deux hommes primitifs, la « femelle » va peu à peu choisir le mâle dominant et provoquer l’affrontement. Presque sans parler. Juste par des regards, des silences chargés, des attitudes corporelles. Fernández n’hésite jamais à aller au symbole peu subtil : il faut avoir vu un des rivaux pilonner du grain, torse nu, en sueur, tel un héros de péplum, dans un geste de va-et-vient sans la moindre équivoque, sous l’œil langoureux de la femme.

FILET (3)

Rossana Podesta, comédienne italienne jouant ici une Mexicaine, est absolument fascinante dans ce personnage qui se prénomme d'ailleurs comme elle. Chacun de ses gros-plans est sublimé par la photo (somptueux noir & blanc !), ses seins pointent en permanence sous sa chemise blanche, devenant les vraies stars du film. Rarement actrice aura été aussi délibérément réduite à son sex appeal, son aura animale la plus élémentaire. La caméra – pour reprendre une expression tant galvaudée – semble vraiment amoureuse d'elle.

« LE FILET » est une belle tentative d’utiliser le langage cinématographique à son plus visuel, son plus primitif. En cela, l’expérience est totalement réussie et certains cadrages biscornus semblent annoncer avec une décennie d’avance les tics du ‘spaghetti western’. À voir, incontestablement. Ne serait-ce que pour… Enfin, vous m’avez compris.

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 09:38

Jessica Tandy est une grande dame de la scène new-yorkaise, dont le grand titre de gloire est d’avoir créé le rôle de Blanche DuBois dans « UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR » à Broadway, avec le débutant Marlon Brando.

À l’écran, elle n’a tourné qu’une soixantaine de films et téléfilms. Elle apparaît dans « LE CHÂTEAU DU DRAGON », fut la mère de Rod Taylor dans « LES OISEAUX » et s’impose sur le tard en tenant le rôle-titre de « MISS DAISY ET SON CHAUFFEUR ». On la revoit dans des rôles secondaires. Elle fut mariée au comédien Hume Cronyn aux côtés duquel elle apparut plusieurs fois.

Aujourd'hui, elle aurait fêté ses 103 ans. Happy birthday, Miss Daisy.

TANDY

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 09:12

La petite musique triste d’Alexander Payne s’était déjà fait entendre dans « M. SCHMIDT » ou « SIDEWAYS ». Elle revient dans « THE DESCENDANTS », telle qu’en elle-même, une sorte de rengaine ténue mais entêtante, qui peut irriter autant qu'elle obsède.

Car si le film peut irriter, c'est par son apparente futilité. L’anecdote est mince, presqueDESCENDANTS squelettique : alors que sa femme sombre dans un coma irréversible suite à un accident, un business man hawaiien apprend qu'elle avait un amant. C'est à peu près tout. Ah ! Si… Dans le même temps, il doit régler une vente de terres ancestrales appartenant à sa famille, une vente qui menace l’intégrité du paysage. Finalement, de quoi parle le film ? De deuil ? De pardon ? De responsabilité ? Sûrement et de pas mal d’autres petites choses. C'est très éparpillé, constamment suggéré, la plupart des situations sont désamorcées par un ton très particulier, oscillant entre l’émotion premier degré et un certain sens du ridicule pathétique.

Soyons clairs : si le film se suit – gentiment, sans passion – jusqu'au bout, c'est grâce à George Clooney. De plus en plus sobre, sûr de son image et économe de ses effets, l’acteur est formidable dans ce rôle de père débordé, malheureux, lamentable parfois, mais toujours digne et sympathique. L’acteur s’impose vraiment comme le descendant (c'est le cas de le dire !) des Gary Cooper ou Cary Grant d’antan, transcendant sa séduction physique par une humanité incertaine et une constante autodérision. Les scènes en tête à tête avec sa femme inconsciente à l’hôpital, comptent parmi les plus belles qu'il ait jamais interprétées. À ses côtés, les enfants sont excellents et on retrouve avec plaisir de bons comédiens comme Judy Greer et Robert Forster en beau-père odieux. Beau Bridges apparaît brièvement en cousin chevelu et âpre au gain.

Alors, que penser de « THE DESCENDANTS » ? Plutôt du bien globalement, tout en se demandant la nécessité fondamentale de raconter une telle histoire. À réserver aux amateurs de chroniques familiales appréciant un langage plus littéraire que cinématographique.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 21:57

Une photo de Charley pour illustrer la mort du romancier Ray Bradbury à l’âge de 91 ans ? Eh oui… L’acteur a joué du Bradbury dans le texte dans une adaptation télé de « AINSI MOURUT RIABOUCHINSKA », une nouvelle du maître pour la série « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE » en 1956. À ses côtés, le grand Claude Rains.

BRADBURY2

Sir Bradbury signa surtout pour la postérité « FARENHEIT 451 » ou « LES CHRONIQUES MARTIENNES ». Qu'il en soit remercié. R.I.P.

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Published by Fred Jay Walk - dans LE CARNET NOIR
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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 16:03

Troisième et dernier épisode de la série « MAVERICK » réalisé par le légendaire Budd Boetticher, « ACCORDING TO HOYLE » est sans doute le plus faible et languissant. Ici, le ‘gambler’ Bret Maverick est pris pour cible par une arnaqueuse professionnelle qui le plume complètement, pour assouvir la vengeance d’un autre joueur jadis plumé par Bret. Pour se refaire, notre héros s’associe avec elle, faisant mine de croire à ses mensonges, et va démanteler la maison de jeu d’un caïd connu pour ses pratiques louches.

Le scénario est lent et confus, laissant paraître bien longuettes ces 49 minutes. James Garner semble s’amuser beaucoup dans ses scènes avec Diane Brewster qui campe une « belle du Sud » minaudante et tête-à-claques avec humour. Pour passer le temps, on peut se distraire avec la présence de vétérans du second rôle des fifties comme Leo Gordon, reprenant le personnage qu'il tenait dans le 1er épisode de la série ou Ted De Corsia dans un de ces rôles de crapules suantes et tordues qu'il affectionnait tant.

MAVERICK de corsia

Encore une fois, Boetticher fait proprement un travail routinier et anonyme, sans rien laisser filtrer de son talent personnel. Il remplit le plan de travail, fait son quota de plans et de séquences, en attendant de retrouver le grand écran où il est manifestement plus à sa place.

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