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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 08:46

Que les nouvelles technologies aient modifié en profondeur la nature des relations humaines, on n’en doute plus une seconde. Que cette facilité de contact présente des dangers nouveaux auxquels nul n’est préparé, c'est vrai. Que cette dématérialisation du dialogue offre un terrain rêvé aux prédateurs de tous poils, nul n’en disconviendra. Alors quand « TRUST » traite de ce thème brûlant, on est à la fois intéressé par son contenu et perplexe quant à sa forme.TRUST Pourquoi faire un long-métrage de cinéma en format Scope, pour ce qui n’est au fond qu’un ‘movie of the week’ télé, propice au débat ?

David Schwimmer – l’ex-Ross de la sitcom « FRIENDS » – se contente d’illustrer avec une totale platitude un scénario édifiant sur la relation via Internet entre une adolescente et un pédophile qui l’attire dans ses filets. Après le viol, nous assistons à la désagrégation de la famille de la gamine, à la paranoïa qui ronge le père, à l’incompréhension de l’entourage, etc. Tout cela est intelligemment développé, optant pour le drame psychologique plutôt que le polar. À un moment donné, Clive Owen semble choisir de devenir un ‘vigilante’, mais la piste est rapidement abandonnée et le film confirme ce qu’on subodorait : dans la « vraie vie », les cowboys vengeurs n’existent pas et les croque-mitaines demeurent souvent impunis.

Si Owen est très bien dans ce rôle intense et déchiré par des sentiments contradictoires, Catherine Keener est sous-utilisée en mère effacée. Viola Davis est remarquable comme toujours en psy pour enfants débordante d’humanité et les seconds rôles sont généralement impeccables.

« TRUST » se laisse donc regarder le temps qu'il dure, davantage pour les questions soulevées par son sujet, que pour ce qu'il est réellement. Ce refus qu’on imagine délibéré de toute stylisation ou de toute vision artistique, finit par annuler ou du moins amoindrir l’impact du contenu. Dommage…

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 17:24

CHUNCHOS’il est un ‘spaghetti western’ qui transcende le genre d’où il est issu, c'est bien « EL CHUNCHO ». En un peu plus de deux heures, Damiano Damiani parvient à concentrer un nombre inimaginable de thématiques, à tisser des relations infiniment complexes entre ses protagonistes et à déguiser avec une maestria inouïe ce qui est une œuvre profondément CHUNCHO (2)politique, en un film d’aventures tonitruant et flamboyant.

Le principal attrait du magnifique scénario est la rencontre entre un mercenaire américain venu pour un « contrat » et un hors-la-loi mexicain qui fournit des armes à la révolution pour de l’argent. Si le ‘gringo’ est froid, calculateur et quasi-inhumain, le ‘chicano’ est rabelaisien, jouisseur et haut-en-couleurs. Ça n’empêche pas les deux hommes de se retrouver sur unCHUNCHO (3) point essentiel : ils travaillent uniquement pour l’argent. Une espèce d’amitié naît entre eux, une véritable affection qui trouble le fruste Chuncho et devient un talon d’Achille pour l’assassin professionnel. C'est en poussant le Mexicain à trahir les siens, à devenir riche sur le dos des malheureux, en affichant son mépris absolu pour toute idéologie, que le mercenaire fera naître bien malgré lui, quelque chose chez son compañero, qui ressemble vaguement à une conscience politique.

Porté par une maîtrise exceptionnelle du format Scope, par une BO enthousiasmante d’Ennio Morricone et surtout par la composition époustouflante de Gian Maria Volonte’, « EL CHUNCHO » semble s’être bonifié avec les années. L’acteur italien, dans la foulée de CHUNCHO (4)ses rôles chez Leone, est en surjeu permanent, à la limite de la surchauffe. Enfantin, paillard, monstrueux, touchant, il bouffe tout et tout le monde autour de lui avec une voracité que n’a pu atteindre parfois qu’un Anthony Quinn. Face à lui, son exact contraire, Lou Castel le ‘niño’, un flingueur glacial et désincarné, au visage poupin, aux manières policées et au regard mort. Martine Beswick est une formidable passionaria et Klaus Kinski – malgré sa seconde place au générique – n’a qu’un rôle peu présent, mais très frappant de moine-guerrier illuminé.

CHUNCHO (1)

Aussi bien écrit que filmé, « EL CHUNCHO » comme pas mal de classiques du western, est une œuvre éternellement inachevée, puisqu’il en existe à ce jour trois montages : l’Italien, le plus complet, l’international plus court d’un quart d’heure et l’américain encore raccourci de quelques minutes. Le Blu-ray récemment sorti aux U.S.A. propose les deux dernières versions.

Certains chefs-d’œuvre heureusement, ne pâtissent pas des outrages qu'ils subissent. Et « EL CHUNCHO » est un pur et authentique chef-d’œuvre.

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 13:40

Ne cherchez pas : vous ne connaissez pas Joe Roman. C'est un acteur de 85 ans, qui n’a tourné qu’une petite dizaine de films et téléfilms et doit sa petite carrière à deux amis de jeunesse qui ne l'ont jamais laissé tomber : Jack Klugman et Charles Bronson. Ensemble, ils ont connu les vaches maigres, ont fait les aboyeurs au jeu du THRILL-O à Atlantic City. Klugman lui a offert son rôle le plus substantiel, celui du sergent dans sa série « QUINCY », dont Roman tourna presque 150 épisodes.

JOE ROMAN

Pourquoi ressortir ce monsieur de la naphtaline, vous demanderez-vous ? Parce que sans lui, on n’aurait probablement pas connu Charles Bronson !

C'est lui que le jeune Buchinski rencontra dans un club de sport à Philadelphie en 1947. À l’époque, ‘Charley’ voulait devenir artiste-peintre, mais Roman lui dit qu'avec son physique, il pourrait être comédien. En apprenant de sa bouche qu’un acteur de théâtre touchait 42 $ 50 par semaine, le futur Bronson se montra subitement intéressé. On connaissait l’anecdote, mais pas le nom du « passeur ».

JOE ROMAN 2

« Je lui dois beaucoup », avoua Bronson en 1976. « Je ne sais pas ce que je ferais aujourd'hui, si il ne m’avait pas intéressé au métier d’acteur ».

On peut entrevoir Joe Roman aux côtés de Bronson dans « MONSIEUR SAINT-IVES » (en indic, photo du bas), « LE BISON BLANC », « AVEC LES COMPLIMENTS DE CHARLIE » (où il joue un légiste, photo du haut) et dans « LA LOI DE MURPHY ».

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Published by Fred Jay Walk - dans BRONSON & MARVIN ARCHIVES
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 07:39

Bien ancré dans la vague espagnole du nouveau film d’horreur, « INTRUDERS » est typiquement le genre de film dont il faut parler avec la plus extrême prudence, afin de ne pas le ‘spoiler’, ce qui serait vraiment dommage.

Avec ses deux actions parallèles apparemment déconnectées l’une de l’autre, son croque-mitaine inspiré à la fois de Freddy Kruger, Candyman et de l’ange de la mort de « FANTÔMES CONTRE FANTÔMES », son ancrage dans INTRUDERSune Espagne religieuse et comme hors du temps et un monde urbain plus moderne et pragmatique, le film révèle progressivement sa véritable originalité.

Car en empruntant des chemins balisés par des dizaines de ‘slashers’ avant lui, « INTRUDERS » se fait d’abord passer pour ce qu'il n’est pas : un film de trouille de plus, cherchant à capitaliser sur le goût du public pour les monstres du placard et les peurs enfantines. De fait, sa maîtrise des codes est convaincante et certaines scènes filent franchement le frisson. Mais tout doucement, subtilement, les auteurs tissent leur toile et pénètrent dans des territoires plus sombres et ambitieux : ceux de la psychanalyse et des lourds secrets de famille, qu’une âme traumatisée transforment en monstres.

Réalisé avec rigueur, agrippant le spectateur sans le lâcher une minute, soignant l’ambiguïté jusqu'à faire douter de tous les personnages, le film est également bien interprété, particulièrement par Clive Owen qu’on a rarement vu aussi humain et attachant. Seul petit regret, Carice Van Houten, qui tient une fois de plus un rôle unidimensionnel et à peine écrit, très en-dessous de son potentiel. On reconnaît également l’excellente Kerry Fox en psy attentive.

« INTRUDERS » est donc un film sous-estimé, au vu de la critique tiédasse qui accompagna sa sortie (il n'est noté que 5.3/10 sur IMDB par exemple), et à découvrir en en sachant – si possible – le moins possible à l’avance, car les coups de théâtre et révélations du scénario font partie intégrante du plaisir qu’on a à voir le film.

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Published by Fred Jay Walk - dans HORREUR - SF ET FANTASTIQUE
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 06:25

Timothy Olyphant a fait ses classes dans pas mal de nanars comme « 60 MINUTES CHRONO » ou « DREAMCATCHER », il a joué les tueurs de jeu vidéo dans « HITMAN », avant de se faire remarquer en shérif élégant dans la série « DEADWOOD ».

On l’a revu plutôt bien en (faux) serial killer dans « ESCAPADE FATALE », mais c'est dans la série « JUSTIFIED » qu'il éclate réellement dans le rôle du flic Raylan Givens, incarnation vivante du terme ‘cool’, avec son stetson westernien et sa gâchette nerveuse.

Aujourd'hui, il fête ses 44 ans. Happy birthday, Raylan.

OLYPHANT

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 15:41

Bien sûr, comme tout individu doté de bon goût et de sens commun « WWW » est opposé au principe du remake. D’autant plus que dans le cas de « CARRIE », il y en avait déjà eu un il y a exactement dix ans – tourné pour la TV et avec la bénédiction de Stephen King – interprété par les excellentes Angela Bettis et Patricia Clarkson, respectivement dans les rôles de la mère et la fille White. Si les comédiennes étaient à la hauteur de Sissy Spacek et Piper Laurie, le téléfilm lui, ne soutenait pas du tout la comparaison avec le classique de Brian DePalma.

Alors pourquoi trépigner quand on annonce pour 2013 un nouveau remake ? À cause du casting, pardi ! C'est la surdouée Chloë Moretz qui hérite du personnage de Carrie et sa terrifiante môman sera interprétée par rien moins que Julianne Moore. Il faut reconnaître que c'est bien vu ! Et ce sera réalisé par Kimberly Peirce, la réalisatrice de « BOYS DON’T CRY », le film qui lança la carrière de Hilary Swank.

CARRIE3

Ce remake sera-t-il le film qui nous fera changer d’avis sur les remakes ? Probablement pas. Mais on ira quand même vérifier…

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Published by Fred Jay Walk - dans ACTU DU WEST
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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 07:32

PASSION (2)Y a-t-il de la passion dans « UNE PASSION » d’Ingmar Bergman ? Ce n’est pas ce qui saute aux yeux de prime abord. Tourné dans le décor mortifère, boueux et glacé de l’île de Fårö, chère au réalisateur, le film met en présence quatre personnages en perdition : un ex-repris de justice (Max Von Sydow) vivant en ermite, une veuve inconsolable (Liv Ullmann),PASSION (1) un couple à problèmes (Bibi Andersson et Erland Josephson), qui vont se croiser, tenter de s’aimer, se décevoir, se déchirer… Sur l’île sévit une sorte de serial killer d’animaux qui massacre les bêtes de façon atroce. Mais à bien y regarder, le mari de Bibi avec sa collection de photos de visages, n’a-t-il pas justement les manières d’un tueur en série ?

Rien n’est évident dans « UNE PASSION », rien n’est explicité, ni même solutionné. On devine par instants que Bergman parle de déni, de rédemption impossible et de la violence primitive qui sommeille en chacun de nous. Mais pour ce faire, il choisit des chemins de traverse souvent déconcertants : quand il veut parler du background de ses protagonistes, il insère carrément des interviews de ses comédiens – précédées de claps à leur PASSIONnom – discutant de leurs rôles comme s’ils étaient en séance de psy ! Quant à la relation entre Ullmann et Von Sydow, qui est quand même au cœur du film, elle démarre en ellipse, de façon si abrupte et cavalière, qu’on dirait qu'il manque une bobine du métrage !

Ce n’est pas du cinéma facile d’accès, ni toujours compréhensible. C'est un maelström de sensations, de pensées fugaces, de mystères jamais résolus. La photo de Sven Sykvist est absolument magistrale et les extrêmes gros-plans chers au réalisateur sont d’une beauté renversante. Et le casting quatre étoiles est à son maximum. Certains monologues sont littéralement hypnotiques.

Il est compliqué de parler d’un film qui n’est pas conçu pour être compris dans son ensemble, mais laisse une multitude de portes ouvertes et s’achève sur une dernière phrase ‘off’ absconse. À voir donc, mais surtout à ressentir.

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 15:40

Homme d’action par excellence, ‘tough guy’ professionnel et « gueule » plutôt que jeune premier romantique, Charles Bronson a rarement eu l'occasion de jouer les amoureux transis à l’écran. À peine peut-on EMPIRE hackett (1)retenir sa love story tourmentée dans « LE CALIFORNIEN », son mariage bizarre dans « L’ANGE ET LE DÉMON », ou la liaison-express de « C'EST ARRIVÉ… ENTRE MIDI ET TROIS HEURES ».

Sa plus belle histoire d’amour de fiction, Bronson l’a vécue à la télévision, dans « BETWEEN FRIDAY AND MONDAY », un épisode de la série « EMPIRE » réalisé par Fred Jackman, dont il fut un des héros semi-récurrents.

Le film s’ouvre sur l’arrivée de Joan Hackett en ville. Elle s'apprête à entrer au couvent et cherche un hôtel pour passer la nuit. Mais c'est aussi le jour de paie et les cowboys du ranch Garrett ont investi la place, occupant toutes les chambres. Débarquant avec ses hommes, Bronson prend la fille en pitié et lui offre la sienne. Pure et innocente, la jeune femme s’attache à son protecteur et lui, tombeEMPIRE hackett amoureux fou. Alors qu'il est prêt à lui proposer le mariage, Bronson apprend de la bouche de son boss Richard Egan la vérité sur la femme de ses rêves. Il lui faudra beaucoup de courage pour l’accepter et pour l’accompagner lui-même jusqu'à la porte du couvent.

Face à la formidable actrice qu’est Joan Hackett, Bronson est à son meilleur dans cet épisode. Attendri, désarmé, doux comme un agneau, il devient fou en apprenant qu'elle va devenir bonne sœur. Il va alors se soûler dans un bar où il est provoqué par un ivrogne : « C'est l'homme le plus seul de toute la ville ! », s’exclame l’imbécile. « Et aussi le plus laid ! ». L’entraîneuse qui l’accompagne vient alors caresser le visage de Bronson en disant : « J’aime les sculptures primitives. Elles me font peur ». S’ensuit une bagarre d’où Bronson sort salement amoché.

Centré sur la relation entre le cowboy rugueux et revenu de tout et la jeune femme généreuse et douce, ce téléfilm montre une facette de Bronson jamais exploitée à l’écran. Un document…

EMPIRE hackett

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 08:26

« NEXT DOOR » fait partie de ces bonnes surprises qu’on déniche parfois en osant aller fouiner dans des cinémas peu connus, alléchés par une bonne bande-annonce. Ce thriller NEXT DOORpsychologique norvégien affiche ses influences sans complexe : le huis clos névrotique renvoie à certains Polanski comme « RÉPULSION » ou « LE LOCATAIRE » et le traitement du récit est clairement inspiré de l’œuvre de David Lynch, entre réel et fantasme, souvenirs et cauchemars, érotisme et violence.

En à peine 1 H 15, les auteurs nous font pénétrer dans l’âme tourmentée d’un jeune homme renfermé et malheureux, qui ne se remet pas du départ de sa fiancée. La perversion du scénario fait qu’on s’identifie instantanément au protagoniste, pour découvrir progressivement qu’on n’aurait peut-être pas dû.

Le décor de cet appartement immense et labyrinthique est parfaitement exploité, les glissements entre les divers niveaux de réalité sont toujours lisibles sans jamais cesser d’être anxiogènes et l’interprétation est hors-pair. On reconnaît Michael Nyqvist, le héros de la minisérie « MILLÉNIUM » en amant agressif et Cecilie Mosli est fascinante dans le rôle de la mystérieuse voisine de palier.

Sans rien révolutionner, « NEXT DOOR » maîtrise parfaitement sa propre logique, malgré un ou deux changements de point de vue qui confinent à la tricherie, et s’avère même assez bluffant dans sa construction dramatique, ouvrant des portes qu’on croyait closes ou continuant des séquences qu’on pensait achevées.

Un film-expérience à savourer sans attendre de grandes révélations à la Shyamalan (on comprend assez vite de quoi il retourne), mais en profitant des méandres bourbeux dans lesquels il nous entraîne insidieusement.

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 05:55

Comparés à Robert J. Wilke, tous les Widmark, Bronson, Palance, Strode ou Holden ont l’air de poupons accros aux gommages de peau. On dirait que le mot « buriné » fut créé pour lui.

Acteur de troisième plan, parfois simple figurant, il a tourné plus de 300 films, mais on s’en souvient essentiellement pour deux rôles : un des trois tueurs qui attendent à la gare dans « LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » et le cowboy qui défie Coburn au début des « 7 MERCENAIRES ».

Aujourd'hui, il aurait fêté ses 98 ans. Happy birthday, Bob.

WILKE

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Published by Fred Jay Walk - dans HAPPY BIRTHDAY
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