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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 12:03

« SEVEN DAYS ON ROUGH STREET » est un passionnant épisode de la série « EMPIRE », qui fait s’affronter deux conceptions de la vie : celle du jeune Ryan O’Neal, l’héritier d’un gros ranch arrogant et impétueux et celle de Charles Bronson, un de ses employés, qui vient d’un milieu 7DAYSmisérable et a dû s’élever à la dure. Quand O’Neal renvoie un cowboy sur un coup de tête, Bronson le défie de passer une semaine seul dans une ville inconnue et sans un dollar en poche, pour qu'il comprenne ce qu’est la vraie « galère ». Le jeune crétin relève le défi.

Le film suit la longue semaine du poupin « gosse de riche », qui va passer sa première nuit en prison, puis vendre son sang pour quelques cents et laver la vaisselle pour le compte d’un ignoble exploiteur de misère.

Richard Egan, le contremaître du ranch, oblige Bronson à lui raconter ce qu'il s’est passé. Celui-ci parle encore de son passé (« Lui, il va passer une semaine là-dedans. Moi, j'ai passé quinze ans dans une ville comme celle-là ! ») et de ses années ‘on rough street’, ce à quoi Egan lui répond assez finement : « Tu sais quoi, Moreno ? À ta façon un peu tordue, tu es un snob ! ». Bronson va donc chercher O’Neal, qu'il retrouve légèrement amoché, mais enfin devenu un ‘hombre’.

Un scénario malin et bien mené, un face à face entre deux comédiens idéalement utilisés : O’Neal étonnamment intense et Bronson quasiment dans son propre rôle de ‘Weedsoup Charley’, tirant fierté et orgueil de ses années difficiles qu'il brandit en étendard. Il faut l’avoir vu « dégainer » son peigne, comme s’il s’agissait d’un cran d’arrêt ! À noter la présence de l’excellent John Davis Chandler, dans un rôle de paumé pitoyable mais attachant.

Une bonne façon donc, de fêter le 100ème post de la rubrique « LES FILMS DE CHARLES BRONSON » !

7 DAYS

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 07:44

Rares sont les comédiens qui ont laissé une image aussi multiple en héritage. À quel rôle pense-t-on le plus quand on évoque Henry Fonda ? À Tom Joad dans « LES RAISINS DE LA COLÈRE » ? Au juré de « 12 HOMMES EN COLÈRE » ? Au ‘gunman’ ambigu de « L'HOMME AUX COLTS D’OR » ? Au tueur sadique de « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST » ? À la légende vivante de « MON NOM EST PERSONNE » ? À tous en même temps, probablement. Car l’acteur était complexe et protéiforme. Et, il faut bien le dire, génial…

Aujourd'hui, il aurait fêté ses 107 ans. Happy birthday, ‘Hank’.

FONDA JB

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 17:55

BATARD (2)« LE BÂTARD » ne définit pas ici une baguette de pain, mais c'est une drôle de bouillabaisse. Coproduction italo-franco-allemande tournée au Nouveau-Mexique, ce polar qui aimerait tant se faire passer pour un film américain, est plombé par un scénario BATARD (1)anémique où on reconnaît pourtant les prémices de l’excellent « REVENGE » de Tony Scott.

Comment deux icônes du ‘spaghetti western’ comme Giuliano Gemma et Klaus Kinski se sont retrouvés à jouer les rejetons de Rita Hayworth, c'est toute la magie des montages financiers internationaux si fréquents dans les sixties. Gemma joue un braqueur sans pitié qui se fait voler son butin par son chef de bande de frère (Klaus, évidemment) qui vaBATARD (3) jusqu'à lui mutiler la main pour l’empêcher d’utiliser une arme. À l’instar d’Eastwood dans « POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS », le héros diminué va se requinquer avant d’entamer sa vengeance. On est donc plus proche du western que du pur ‘film noir’ et on retrouve d'ailleurs avec plaisir les bruitages si familiers de coups de poing et de détonations, entendus dans tous les westerns italiens de l’époque.

Kinski apparaît relativement peu en malfrat efféminé et doucereux, toujours fourré dans les jupes de sa mère. Gemma manque un peu de profondeur pour être vraiment crédible en ange exterminateur. Si Margaret Lee et Claudine Auger sont aussi belles que superficielles dans des emplois-cliché, l’ex-Gilda fait un peu pitié dans ce rôle de pochtronne accro au whisky et quelques gros-plans sont particulièrement impitoyables. Très démythifiant…

BATARD

On s’ennuie pas mal, on sourit à la chanson récurrente à la « GOLDFINGER » chantée en anglais par… Nicole Croisille, on soupire devant la conclusion complètement bâclée où tout se résout par un tremblement de terre opportun, et on se dit que le générique de ce « BÂTARD » est beaucoup plus attractif que le film lui-même. Il ne faut jamais oublier qu’une bouillabaisse pour être digeste, doit être préparée avec des produits frais !

 

À NOTER : la fameuse chanson s’intitule « LOVE AND MONEY », ce qui sera également le titre d’un film américain que tournera Kinski bien des années plus tard.

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 09:49

Acteur fétiche d’Orson Welles, Joseph Cotten a tourné pour lui dans « CITIZEN KANE » et « LA SPLENDEUR DES AMBERSON » et fut également son partenaire. Pour Hitchcock il est l’oncle tueur de veuves dans « L’OMBRE D’UN DOUTE », l’amant condamné au bagne dans « LES AMANTS DU CAPRICORNE ». L’élégant Cotten a rempli une filmo prestigieuse et discrète, sans jamais vraiment crever l’écran.

Parmi ses rôles les plus mémorables : le flic protecteur de « HANTISE », le frère trop sage dans « DUEL AU SOLEIL », l’époux cocu de Marilyn dans « NIAGARA », le mari faible et alcoolique dans « EL PERDIDO », une ex-vedette devenue serveur dans « LA STATUE EN OR MASSIF », le médecin félon de Bette Davis dans « CHUT… CHUT, CHÈRE CHARLOTTE », avant de lui servir de chauffeur dans « L’ARGENT DE LA VIEILLE », le docteur de « L’ABOMINABLE DR. PHIBES », un des passagers dans « LES NAUFRAGÉS DU 747 », le politicien suicidaire dans « SOLEIL VERT », le doyen au début de « LA PORTE DU PARADIS », le prêtre dans « LE SURVIVANT D’UN MONDE PARALLÈLE ».

Cotten tient la vedette du ‘spaghetti western’ « LES FORCENÉS », en chef de clan.

À noter qu’il apparaît brièvement en médecin dans « LA SOIF DU MAL », sans être mentionné au générique.

Aujourd'hui, il aurait fêté ses 107 ans. Happy birthday, Joe.

COTTEN

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 07:47

SEAOFGRASS (2)Il y a pas mal de choses déroutantes dans « LE MAÎTRE DE LA PRAIRIE » et la signature d’Elia Kazan n’est pas des moindres. Complètement atypique dans sa filmographie, ce mélodrame westernien bâti autour du couple Spencer Tracy-Katharine Hepburn, se distingue par sa longueur peu appropriée et par l’ambiguïté constante de son propos.

En deux heures, Kazan tente de raconter une véritable saga familiale et 25 ans d’Histoire de l'Ouest, avec l’arrivée des colons, la résistance des gros éleveurs, etc. C'est trop court ou SEAOFGRASS (1)trop long, et quelques ellipses dans le récit sont vraiment sévères et dommageables (le début est cavalièrement expédié), empêchant d’entrer complètement dans le film. Quant à l’ambiguïté (oui, là éventuellement, on peut reconnaître la griffe du réalisateur !), elle est inhérente au scénario : car au fond, que raconte le film ? Quelle en est la morale ? Tracy, un riche rancher, est amoureux de sa prairie qu'il a dû jadis arracher aux Indiens. Il veut la préserver telle quelle et refuse de la céder aux émigrants. Il passe d’abord pour un égoïste et un sale capitaliste sans cœur. Mais l’épilogue lui donne raison : ayant trop et mal exploité la terre, les fermiers en ont fait un désert stérile, un cimetière. Qu’en conclure ?

Même chose pour les aspects plus intimes de l’histoire : ‘Kate’ a une liaison avec le juge Melvyn Douglas, d’où naît un fils bâtard élevé par Tracy. Les époux se séparent pendant vingt ans et il faut la mort du garçon pour qu'ils seSEAOFGRASS réunissent. Drôle de morale, là aussi !

On suit donc ces personnages peu sympathiques dans leurs drames familiaux, sans jamais s’impliquer. Les stars ne sont pas très bien castées : elle trop âgée et minaudante, lui manquant singulièrement de dimension « épique » pour un tel emploi. Robert Walker s’en sort plutôt mieux dans le rôle du bâtard tête brûlée.

« LE MAÎTRE DE LA PRAIRIE » est donc un film bancal, dont certains plans évoquent John Ford et d’autres souffrent de transparences hideuses. Malgré une ou deux séquences réussies, comme ce bétail perdu dans la tempête, on serait bien en peine de deviner la carrière à venir de Kazan.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 19:49

« THE TIME OF DAY » est un épisode de la série de téléfilms de 26 minutes intitulée « STAGE 7 », qui présentait chaque semaine une histoire complète.

Le film est notable pour avoir offert à un jeune Charles Bronson de 33 ans un de ses meilleursTIME OF DAY (1) rôles à la TV et aussi un des plus proches de sa véritable personnalité, si on se réfère au livre de souvenirs de sa première femme.

L’acteur joue ‘Jerry Donn’ un ancien délinquant devenu chômeur longue durée et pilier de bar, qui a le coup de foudre pour une jeune femme timide qu'il croise par hasard. Il s’invite chez elle, pour découvrir qu'elle est la fille d’un riche avocat et vit dans l’opulence, alors qu'il n’a pas un dollar sur lui. Mais quelque chose se passe entre eux, comme un coup de foudre et la fille – Peggy Ann Garner – va jusqu'à offrir à Bronson une belle montre en or pour son anniversaire. Mais un flic repère l’objet et pense que Bronson l’a volé. Peggy Ann interviendra et avec l’aide de son papa, fera libérer Bronson. Quand les deux jeunes gens se séparent au commissariat, il a les larmes aux yeux.

Une jolie histoire d’amour portée par un Bronson plein de nuances et d’émotion, chose pour le moins rarissime. Convaincu qu'il n’est qu’un bon-à-rien, il ne comprend pas qu'il puisse plaire à la jeune fille et se montre agressif. Mais elle a su lire en lui et finit par l’attendrir. Bronson a d’excellents moments, se montre plus animé et extraverti que de coutume et fait même preuve d’une certaine séduction.

TIME OF DAY

De quoi faire regretter qu'il n’ait jamais trouvé d’emploi équivalent au cinéma, ce qui aurait probablement changé le cours de sa carrière. Un peu comme Ernest Borgnine avec « MARTY »… Indispensable à tout bronsonophile complétiste et fou.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 09:39

Pour être parfaitement honnête, il a fallu le nom du réalisateur responsable de l’excellent « EDEN LAKE » pour nous convaincre de jeter un coup d’œil à un film d’horreur avec Harry Potter en seule et unique vedette. En y regardant de plus près, on s’aperçoit que l’œuvre est DAMEmarquée du sceau de la vénérable et ressuscitée firme ‘Hammer’. Bref, c'est donc plutôt rassuré qu’on se plonge dans « LA DAME EN NOIR ».

De fait, sans être un chef-d’œuvre immortel ou un renouveau du genre « maison hantée », le film s’avère tout à fait plaisant, très soigné au niveau du choix des extérieurs et des décors en studio. On sent de plus, une vraie recherche dans ce qui génère la trouille. Tâchant de s’appuyer le moins possible sur les effets de sursaut gratuits et de ‘gore’ facile, James Watkins tourne plutôt « à l’ancienne » et provoque plus de frissons que de bonds en l’air, ce qui est très appréciable.

On peut être moins enthousiasmé par un scénario qui enfile les clichés sans retenue : le jeune héros, qui rappelle le ‘Jonathan Harker’ de « DRACULA », veuf inconsolable et suicidaire (on aimerait bien voir un protagoniste heureux en mariage de temps en temps !), le spectre vengeur, l’enfant enseveli depuis des décennies dans la vase, qui renvoient aux films d’horreur japonais style « RING », etc. C'est donc plus dans le visuel et l’esthétisme qu'il faudra chercher l’originalité dans « LA DAME EN NOIR », plutôt que dans ce qu'il raconte. La fin parvient à émouvoir, même si on la voit venir des kilomètres à l’avance.

Et Potter ? Enfin – Daniel Radcliffe ? On dirait un cousin anglais d’Elijah Wood. Il fait preuve d’une certaine intensité, malgré ses traits poupins et son jeu assez catatonique. Le vétéran Ciarán Hinds est comme toujours, excellent.

« LA DAME EN NOIR » a reçu partout d’exceptionnelles critiques et il les mérite en partie. On pourra en profiter pleinement en le voyant comme un brillant exercice de style. Pas plus. Mais pas moins non plus…

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Published by Fred Jay Walk - dans HORREUR - SF ET FANTASTIQUE
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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 20:11

Signalons la sortie d’un nouvel ouvrage en anglais consacré à la mascotte n°1 de « WWW », c'est-à-dire Charles Bronson. Ouvrage est le seul terme qu’on puisse citer d'ailleurs, puisqu’il s’agit d’un livre « virtuel » publié uniquement sur Amazon et téléchargeable via ‘Kindle’. Ça paraît compliqué comme ça, mais ça ne l’est pas vraiment.

Alors que vaut « A MENACING FACE WORTH MILLIONS : A LIFE OF CHARLES BRONSON » ? (« UN VISAGE MENAÇANT QUI VAUT DES MILLIONS »). C'est une compilation assez complète d’articles et d’extraits de livres ou d’interviews. L’auteur Brian D’Ambrosio se sert dans les bios de Sturges, dans le livre d’Harriett Tendler, dans la plupart des ouvrages publiés sur Bronson dans les années 70.

Côté illustration, c'est spartiate : quelques images glanées sur le Web et déjà vues un peu partout.

MENACING

On peut malgré tout apprendre des petites choses, particulièrement sur sa vie privée : la relation entre ‘Charley’ et David McCallum, sur sa rencontre avec le scénariste/romancier Richard Matheson, entre autres. Une pierre de plus à l’édifice, donc. Même virtuelle…

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Published by Fred Jay Walk - dans LIVRES ET MAGAZINES
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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 16:21

Avant de devenir le grand Lancaster, le jeune Burt a payé son tribut à la série B technicolorisée et tourné pas mal de nanars plus ou moins exotiques, où étaient exploités son physique avantageux et son énergie communicative.

« DIX DE LA LÉGION » est l’un d’eux et a pour seul et unique intérêt de préfigurer de quinze ans le schéma narratif des « 12 SALOPARDS ». À savoir : une bande de gibiers de potence de 10 TALL MENla Légion Étrangère enrôlés pour une mission-suicide qui – si elle est couronnée de succès – pourrait alléger leur peine de prison. Menés par le sergent Burt, les sympathiques fripouilles kidnappent donc la fille d’un « caïd » avant son mariage avec le chef d’un clan rival, pour éviter une alliance qui pourrait s’avérer désastreuse pour l’armée française. Les gaillards sont traqués par les Arabes dans un Sahara qui ressemble étonnamment au Far-West vu dans des centaines de westerns et Burt – what else ? – séduira la farouche princesse.

Pas la peine de tergiverser : c'est complètement idiot et infantile, les « locaux » sont fourbes et mangent du salami (on sent que les auteurs se sont sérieusement documentés !), les légionnaires sont de braves gars turbulents mais héroïques et côté réalisme, c'est un festival d’approximations et d’absurdités. Mais voilà… Il y a Burt. Affuté, impétueux, dragueur invétéré, adulé par ses hommes, il joue les héros de BD avec un aplomb extraordinaire et vaut qu’on voie ce gentil nanar jusqu'au bout. À ses côtés, quelques « trognes » qu’on aime comme Mike Mazurki, Nick Cravat (l’ex-complice de Lancaster quand il était trapéziste), Gilbert Roland (« Ay, mamacita ! ») et John Dehner en traître à moustache en baguette. Que demander de plus ?

10 TALL MEN (1)

« DIX DE LA LÉGION » c'est du cinoche de samedi soir poussiéreux où il serait vain de chercher du racisme ou du colonialisme, tant c'est primaire et décérébré.

 

À NOTER : au début du film, Lancaster apparaît vieilli et portant une fausse barbe grise, déguisé en Bédouin. Il ressemble exactement à ce qu'il sera 25 ans plus tard dans la minisérie italienne « MOÏSE » !

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 09:50

Comédien new-yorkais d’abord limité dans ses emplois par son accent du Bronx et un physique particulier, Harvey Keitel connaît un formidable épanouissement à la cinquantaine.

Le meilleur rôle de sa « première carrière » reste celui du malfrat grenouilleur de « MEAN STREETS ». Scorsese avait déjà fait de Keitel la vedette de son premier film « WHO’S THAT KNOCKING AT MY DOOR ? » et il le réutilisera régulièrement : en amant névrotique dans « ALICE N’EST PLUS ICI », en mac à cheveux longs dans « TAXI DRIVER » et après des années d’interruption en Judas rouquin et ombrageux dans « LA DERNIÈRE TENTATION DU CHRIST » où son accent vaut à Keitel les pires critiques de sa carrière aux U.S.A., même s’il y est objectivement remarquable.

Il est ouvrier dans « BLUE COLLAR », officier napoléonien obsessionnel dans « DUELLISTES » où il est très inquiétant, traître spatial dans « SATURNE 3 », héros de « AMBULANCES TOUS RISQUES », homme de main et pianiste dans « FINGERS ».

Installé un temps à Paris, Keitel y tourne plusieurs films : « LA MORT EN DIRECT » en voyeur professionnel, « UNE PIERRE DANS LA BOUCHE » en fugitif, « LA NUIT DE VARENNES » où il croise Louis XVI, « DREAM ONE » où il incarne… Zorro.

De retour aux U.S.A., il ne tient que des rôles effacés dans « BUFFALO BILL ET LES INDIENS » en neveu fayot, « POLICE FRONTIÈRE » en ripou ou « FALLING IN LOVE » en copain divorcé.

KEITEL

Le vrai renouveau arrive avec « THE TWO JAKES » où Keitel révèle une présence plus forte, une intensité nouvelle, dans un rôle de gangster condamné par la maladie. Il confirme ensuite : il joue plusieurs flics, le subtil de « THELMA & LOUISE », l’intuitif de « PENSÉES MORTELLES », le corrompu de « CALENDRIER MEURTRIER », le raciste de « SOLEIL LEVANT », il enquête à Londres dans « THE YOUNG AMERICANS », revient à Brooklyn dans « CLOCKERS », il est l’officier-despote de « COP LAND ». Mais le summum est atteint avec « BAD LIEUTENANT » où Keitel va jusqu'au bout d’une certaine démarche en jouant un ripou drogué jusqu'à l’os alignant les séquences de masturbation, de prise de cocaïne ‘live’ et autres nus frontaux avec un abandon jamais vu chez un comédien de premier plan. Le résultat laisse pantois…

Il laisse tomber les gendarmes pour incarner le photographe malsain dans « 2 YEUX MALÉFIQUES », le Maori tatoué de « LA LEÇON DE PIANO » (où il n’est pas des plus crédibles), le gangster chauve ami de « BUGSY », le flingueur de « NOM DE CODE : NINA », le truand de « SISTER ACT », le réalisateur manipulateur de « SNAKE EYES ».

Il possède un singe klepto dans « MON AMI DODGER », il est une ex-star de télé dans « SOMEBODY TO LOVE », un prêcheur veuf dans « UNE NUIT EN ENFER », un braqueur trahi dans « CITY OF CRIME », polar injustement méconnu où il est exceptionnel.

Harvey Keitel retourne au cinéma « sérieux » en jouant le cinéaste grec dans le (très) long « LE REGARD D’ULYSSE ». Il est inhabituellement sympa en escroc mytho dans « IMAGINARY CRIMES » et en époux de Cameron Diaz dans « HEAD ABOVE WATER ». Il tient le rôle de Houdini dans « FAIRYTALE, A TRUE STORY », il s'indentifie à Elvis dans « ROAD TO GRACELAND », joue un désenvoûteur dans « HOLY SMOKE », le sergent dévoué de « U-571 », un agent du FBI dans « GINOSTRA », un officier aux méthodes discutables dans « TAKING SIDES », le boss du FBI de « RED DRAGON », le veuf inconsolable de « UN CRIME », le maître d’œuvre dans « MON BEAU-PÈRE ET NOUS ».

On peut avoir un faible pour son rôle de ‘Mister White’, braqueur réglo de « RÉSERVOIR DOGS » où il crève l’écran. Quentin Tarantino le réutilise dans son « PULP FICTION » où Keitel joue Wolff le gangster qu’on appelle dans les urgences.

Il apparaît dans son propre rôle, non-mentionné au générique à la fin de « GET SHORTY ». Mais paradoxalement, son rôle le plus attachant reste celui d’Auggie le vendeur de cigares généreux de « SMOKE » puis « BROOKLYN BOOGIE » où Keitel révèle une facette tendre de sa personnalité. Paul Auster auteur des deux films, réemploie Keitel en musicien dans « LULU ON THE BRIDGE » qu’il réalise lui-même.

À noter que Harvey Keitel est un des rares comédiens à avoir été « remercié » officiellement de deux tournages importants : « APOCALYPSE NOW » (où il sera remplacé par Martin Sheen) et « EYES WIDE SHUT » où c’est Sydney Pollack qui prendra sa place.

À la TV, on voit Keitel en voleur dans « SUR LA PISTE DU CRIME », en preneur d’otages dans « KOJAK » et dans le rôle de Bugsy Siegel (dont il jouait l’ami dans le film de Levinson) dans « THE VIRGINIA HILL STORY ». Il est le lieutenant dans la version U.S. de la série « LIFE ON MARS ».

Aujourd'hui, il fête ses 73 ans. Happy birthday, Harvey.

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