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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 13:26

SCORPIOJuste un an après son film-culte « LE FLINGUEUR », modèle de polar ‘hard boiled’ typique des seventies, Michael Winner reprend exactement les mêmes prémices (le vieux ‘pro’ en bout de course et son disciple sans foi ni loi), pour en donner une version espionnage avecSCORPIO (2) « SCORPIO ». Les flingueurs flinguent toujours, mais au service du Gouvernement !

Si à première vue, l'intérêt vient des retrouvailles entre les deux SCORPIO (4)protagonistes du « GUÉPARD », Alain Delon et Burt Lancaster n'ont en réalité que très peu de scènes ensemble et le vrai face à face a plutôt lieu entre le vétéran de la CIA (Lancaster) et celui du KGB (l'admirable acteur shakespearien Paul Scofield), qui ont ensemble une séquence de soûlerie nostalgique d'anthologie dans un vieil hôtel viennois. Les deux ex-ennemis sont des fossiles, des vestiges d’une époque où l’estime et le fair-play avaient encore un sens.

C'est un des derniers rôles d’homme d’action de Lancaster, vieillissant et massif, maisSCORPIO (1) encore agile et dangereux. Il est absolument parfait en homme traqué, désespéré, faisant son baroud d'honneur. Les séquences consacrées à Scorpio, le tueur français sont moins réussies, Delon n'ayant rien à faire que batifoler avec Gayle Hunicutt et arborer une grosse balafre sur la pommette, réminiscente de celle de « LA TULIPE NOIRE ». Ce n'est que lors de l'ultime affrontement entre les deux vedettes, que la promesse de l’affiche est enfin tenue.

Un peu handicapé par la réalisation « à effet » de Winner, son emploi systématique des coups de zoom, dont ont tant abusé les réalisateurs des années 70 et qui date terriblement la mise en scène, « SCORPIO » garde tout de même une certaine tenue, par la sécheresse de sa narration, son dialogue efficace et surtout la présence de Scofield et Lancaster, déjà ennemis dans « LE TRAIN » de John Frankenheimer, quelques années plus tôt. Sans être à la hauteur des grands classiques de l'espionnage comme « L’ESPION QUI VENAIT DU FROID », « SCORPIO » mérite sa place dans les réussites mineures du genre. Car il décrit un monde froid, sans idéaux, où la trahison est l’unique façon de survivre et où l’amitié devient un sentiment honteux. C'est en lâchant prise, ne serait-ce que quelques instants, en pleurant une épouse assassinée ou simplement en caressant un chat errant, que les plus aguerris, enfin vulnérables, sont aussitôt éliminés. Dans « SCORPIO » les espions ne viennent pas du Froid. Ils y vivent à l’année !

SCORPIO (3)

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 06:31

COUP DOUBLE (1)Trente ans après « RÈGLEMENT DE COMPTES À OK-CORRAL » (et même s’ils s’étaient de nouveau croisés dans des face à faces moins frappants), Burt Lancaster et Kirk Douglas, alors septuagénaires, furent réunis une dernière fois par des auteurs-fans, qui leur écrivirent « COUP DOUBLE », une comédie policière entièrement bâtie autour de leurCOUP DOUBLE personnalité.

Les deux amis viennent de passer trois décennies en prison, pour avoir attaqué un train. Enfin libérés, dans leurs vieux costards rayés de gangsters, ils sont confrontés au monde COUP DOUBLE (2)moderne. Enfin – celui des années 80 : le disco, les femmes libérées, les bandes de dealers. Burt se résoud à aller à l’hospice, alors que Kirk désespérément accroché à sa jeunesse, tente de s’intégrer. Mais pour survivre, il ne leur reste qu’une issue : attaquer à nouveau le même train !

Le scénario est gentiment couillon, pas très bien rythmé, teinté d’un sympathique mais tristounet militantisme pour le 3ème âge. Ainsi les séquences où nos amis tentent de reformer leur ancienne bande, pour constater qu'ils sont tous morts ou gâteux, sont vraiment douces-amères.

Mais les retrouvailles des deux monstres sacrés sont à la hauteur des espérances. Lancaster massif, fatigué, au bout du rouleau joue les grands frères exaspérés par les frasques de COUP DOUBLE (3)Douglas, vieux gamin hyperactif. Incapables de se supporter après tant d’années de vie commune, les deux papys sont inséparables. Impossible de tracer une frontière entre fiction et réalité !

Le personnage du jeune officier de tutelle chargé de leur dossier et admiratif des lascars, est un véritable fan introduit dans la fiction, créant un curieux décalage. Idolâtre-t-il les ex-caïds ou les vieilles stars ? Outre le numéro parfaitement rodé des « jumeaux terribles », on se délecte de celui d’Eli Wallach déchaîné en vieux flingueur bigleux et obstiné, qui a attendu toutes ces années pour descendre les deux compères. Du grand Wallach ! Ex-égérie du ‘film noir’, Alexis Smith apporte un peu de classe à l’ensemble.

« COUP DOUBLE » a pas mal vieilli dans sa forme, mais il peut constituer un double-programme avec le western de John Sturges, à condition de ne pas se laisser emporter par la nostalgie parfois poignante qui sous-tend cette comédie-hommage.

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 18:11

MERDIER (1)Pendant un long moment, on a l’impression que le film se cherche. Est-ce une charge iconoclaste du style de « M*A*S*H* » contre la guerre du Vietnam ? Le ton se voudrait-il MERDIERsérieux et militant ? « LE MERDIER » tâtonne, fait du sur-place pendant une bonne moitié de son métrage, ce qui n’aide certes pas à s’accrocher jusqu'au bout. Pourtant, à partir du moment où le major Burt Lancaster rejoint enfin ses hommes sur le terrain, le film prend son envol, les choses se clarifient, l’humour devient plus grinçant et la dernière partie laisse même percer des instants d’émotion. MERDIER (2)

Platement réalisé par Ted Post, « LE MERDIER » se situe aux prémices de l’intervention américaine au Vietnam. Et quand à la fin de ce voyage au bout de l’enfer, le soldat Craig Wasson dit à l’ennemi : « Je retourne à la maison », s’inscrit alors sur l’écran une simple date : 1964 ! Non… Le Yankee n’était vraiment pas près de quitter les lieux !

Film inégal, maladroit, pas assez irrévérencieux, « LE MERDIER » croque néanmoins des personnages savoureux, comme ce jeune officier incompétent tordu de diarrhées pendant toute l’action ou Lancaster, massif et boiteux, dans un rôle de major cabotin porté sur la bouteille et les jolies femmes. La scène où il raconte à Marc Singer pourquoi il n’est jamais monté en grade semble être un clin d’œil direct à « TANT QU'IL Y AURA DES HOMMES ». En plus « hard » !

Il y a eu beaucoup de films sur cette guerre et des bien meilleurs. Mais « LE MERDIER » a pour mérite d’avoir été un des premiers et de n’avoir pas cédé à la « johnwaynerie » ridicule des « BÉRETS VERTS ». Donc… Respect.

 

À NOTER : le film existe en zone 1 dans une copie affreuse et en Pan & Scan de l’âge de pierre. Le zone 2 est bien meilleur, mais inexplicablement en 4/3. Il est d'ailleurs sorti sous son titre original « GO TELL THE SPARTANS », sans aucune mention de son titre français. Sommes-nous vraiment devenus aussi prudes, pour ne plus oser écrire un gros mot sur une jaquette de DVD ?

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 10:02

SHEBAAdaptation plutôt réussie d'une pièce de théâtre à succès, « REVIENS, PETITE SHEBA », est un film intimiste d'une infinie tristesse sur le couple et les illusions perdues, et vaut le SHEBA (1)coup d'œil pour l'interprétation de Shirley Booth essentiellement connue à Broadway et qui créa le rôle sur scène, en « femme au bord de la crise de nerfs », aussi émouvante qu'exaspérante.SHEBA (2) Sa joie de vivre forcée, son numéro de vieille petite fille dissimulent les fêlures d'une vie gâchée. À ses côtés, Burt Lancaster bien trop jeune pour son rôle (il n'avait alors que 39 ans et Booth 54 !), malgré les tempes artificiellement grisonnantes, est également remarquable en kiné alcoolique rongé par l'échec et en lutte permanente contre de puissants démons intérieurs. Même si on a du mal SHEBA (3)à accepter l’âge de l’acteur, Lancaster apporte au personnage une dimension inattendue, celle d’une bombe à retardement qui n’attend qu’une étincelle pour exploser ou imploser.

Tout cela ne fait pas un spectacle bien joyeux, à ne surtout pas voir un jour de cafard, mais le texte est beau, le symbole de la petite chienne disparue (Sheba, c'est elle) est touchant et cela s'achève sur une note d'espoir. Dérisoire peut-être, mais d'espoir tout de même. Du théâtre filmé d'un autre âge, à voir pour ses acteurs. Parmi ceux-ci, un tout jeune Richard Jaeckel qui joue un lanceur de javelot peroxydé.

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 18:11

Inspiré d’un roman de Ken Follett lui-même tiré de faits réels, « ON WINGS OF EAGLES »WINGS EAGLES est une minisérie onéreuse, qu’on pourrait définir en disant que c'est un amalgame de « RAMBO 3 » et « JAMAIS SANS MA FILLE ».

À part qu’ici, Rambo a 73 ans. Mais c'est le même Richard Crenna qui l’envoie en mission !

Solidement réalisé par le vieux routier Andrew V. McLaglen « ON WINGS OF EAGLES » ne justifie jamais son excessive durée de plus de trois heures, alors qu’une de moins aurait amplement suffi. La dernière partie surtout, tire laborieusement à la ligne et fait du métrage en faisant se succéder les plans de trajets en voiture ou filmés d’hélicoptère. Le plus gênant est que le scénario monte une stressante mayonnaise qui ne mène… à rien. Ou à pas grand-chose. Pas de morceau de bravoure, aucune séquence d’action spectaculaire, pas le moindre drame humain. Et comme toujours, même l’horripilant caniche s’en sort indemne ! On fermera généreusement les yeux sur le racisme sous-jacent de certaines situations, sur le fait que des ‘latinos’ et même des Hindous incarnent des Iraniens et sur l’humour lourdingue de quelques répliques.

S’il faut tout de même voir ce téléfilm, ce sera pour Burt Lancaster, vieilli et chenu, qui tient son ultime rôle d’homme d’action. En ex-colonel viril et dur à cuire, il mâchonne son cigare, serre les mâchoires et donne des ordres avec une autorité de jeune homme.

WINGS EAGLES (1)

On raconte que lorsque John Wayne rencontra le véritable ‘Bull’ Simons, il lui déclara : « Vous êtes l'homme que j’interprète dans mes films ». Et c'est donc le grand Burt qui a fini par incarner ce ‘mensch’ américain admiré par le ‘Duke’ ! À ses côtés, Crenna incarne un milliardaire étonnamment héroïque et altruiste, Esai Morales un allié iranien débrouillard et la toujours belle Constance Towers apparaît une minute en épouse élégante de Crenna.

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 10:46

VICTOIRE ENTEBBEJuste après les évènements d’Entebbe en juin 1976 (un commando israélien est parti délivrer des otages retenus en Ouganda par des Palestiniens, avec la complicité d’Idi Amin Dada), les chaînes de TV ABC et NBC se mirent en tête de tourner chacune un téléfilm « à chaud » VICTOIRE ENTEBBE (1)qui pourrait être diffusé avant la fin de cette même année. Un véritable exploit logistique et une course effrénée que finit par remporter ABC avec « VICTOIRE À ENTEBBE » bouclé à une vitesse phénoménale.

D’une durée de deux heures, le téléfilm fut tourné en 18 jours, environ deux fois plus vite qu’un tournage normal, et en vidéo pour éviter les délais imposés par les labos de développement. Déjà responsable de succès historiques comme « RACINES » ou « HOLOCAUSTE », Marvin J. Chomsky fut engagé pour tenir ce plan de travail impossible et il parvint à réunir un cast impressionnant. La plupart des vedettes répondirent présent, par conviction politique.

Anthony Hopkins joue Rabin, Burt Lancaster est Shimon Peres, Richard Dreyfuss est ‘Yonni’ Netanyahu la seule victime israélienne du raid, Helmut Berger incarne le terroriste allemand. Également au casting : Kirk Douglas et Liz Taylor jouant les parents d’une jeune otage (Linda Blair), la légendaire Helen Hayes, le français Christian Marquand en pilote, Harris Yulin dans le rôle du général dirigeant le raid, Jessica Walter en otage, Anthony James en terroriste. Julius Harris campa un Amin Dada très peu convaincant.

Le film fut légèrement raccourci et transposé sur pellicule pour une sortie en salles en VICTOIRE ENTEBBE (2)Europe. Esthétiquement, ce fut une catastrophe, un résultat d’une laideur inégalée. La vidéo de l'époque n'était vraiment pas au point... 

Même s’il perdit la course à la diffusion et ne sortit qu’au début ’77, « RAID SUR ENTEBBE » le film de la NBC fut beaucoup plus réussi.

« VICTOIRE À ENTEBBE » n’est jamais sorti en vidéo et il est à peu près invisible depuis plusieurs décennies. Pourtant, malgré de très mauvaises critiques, plusieurs ont cité les affrontements « au sommet » entre Lancaster et Hopkins, d’autant plus épatants que selon les dires du réalisateur, les acteurs n’avaient droit qu’à une seule prise et que les conditions étaient proches du direct, tant le temps était compté.

L’exploit d’avoir écrit, produit, tourné, diffusé le film en moins de six mois, est probablement plus admirable que le résultat artistique, mais il serait intéressant de revoir « VICTOIRE À ENTEBBE » avec le recul des années.

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 12:32

7 JOURS EN MAI (2)Le scénario de Rod Serling (l'homme de la « TWILIGHT ZONE ») décortique frontalement la parano de l'ère atomique, mais de l'intérieur. Prêt à signer un traité de désarmement 7 JOURS EN MAI (1)avec l'URSS, le président des USA doit affronter un général de sa propre armée, préparant un coup d'État pour parer à ce qu'il considère comme une faute politique majeure. Mais comme le dit le président, dans la réplique la plus éclairante du film : « Ce n'est pas lui, l'ennemi... C'est notre époque ».7 JOURS EN MAI (3)

Sec, dur, rigoureux, sans fioriture, « 7 JOURS EN MAI » est un film puissant et angoissant, dont l'ambiance rappelle « POINT LIMITE » de Sidney Lumet. Les décors sont minimalistes, le noir & blanc est contrasté, les visages légèrement déformés par l'emploi de focales courtes. Il en résulte un film théâtral à l’atmosphère indiciblement cauchemardesque, qui reste concentré sur son sujet, perdant un minimum de temps sur les à-côtés (le rôle d'Ava Gardner, vraiment pas indispensable). C'était la grande période de John Frankenheimer, qui dirige un cast grandiose de main de maître : le vétéran Fredric March en président âgé et vulnérable, mais transcendé par son 7 JOURS EN MAI (4)combat pour la démocratie est exceptionnel, Edmund O'Brien en sénateur ivrogne, Kirk Douglas (producteur du film) dans le rôle difficile du mouchard œuvrant pourtant pour la bonne cause. Mais c'est Burt Lancaster qui rafle la mise. Malgré un temps assez réduit à l’image, il crève littéralement l'écran dans ce rôle de général fascisant, enragé, à la présence intimidante. À côté de lui, Douglas a l'air d'un morveux et son magistral face à face avec March à la fin, tient du dressage de fauve. On a la sensation que Lancaster va dévorer le vieil homme tout cru !

Quelques répliques font mouche, comme l’ultime face à face entre le général et le colonel qui l’a dénoncé : « Savez-vous qui était Judas ? » demande Burt, vibrant de haine. « Je sais qui était Judas » répond Kirk, « C'était un homme pour lequel je travaillais et que j’admirais. Et il a déshonoré les quatre étoiles de son uniforme ». Magistral !

7 JOURS EN MAI

« 7 JOURS EN MAI » est un film bavard par essence, excessivement austère, mais dont on ne peut qu'admirer le culot (il fut tourné l'année de l'assassinat de JFK) et la maîtrise sans esbroufe. Un des grands films du réalisateur.

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 16:44

EXECUTIVE ACTION (1)Écrit par Dalton Trumbo, seulement dix ans après l’assassinat de Dallas, « EXECUTIVE ACTION » défend exactement la même théorie que le « JFK » d’Oliver Stone, mais vue du EXECUTIVE ACTIONcôté des comploteurs. Mêlant images d’archives, reconstitutions, dialogues « imaginés », le film de David Miller ressemble à unEXECUTIVE ACTION (2) ‘docudrama’ télé, mais utilise déjà de façon très primitive les mêmes techniques narratives que Stone.

Complètement dédramatisé, le complot est montré comme une transaction de business inévitable, exécutée par des professionnels sans état d’âme. Hommes d’affaire, ex-barbouzes, politiciens, ils s’associent autour d’une table pour décider de la mort d’un président. C'est cette approche factuelle qui fait frissonner dans « EXECUTIVE ACTION » et rend le film absolument crédible.

Grâce au montage, on se rend compte que chaque intervention publique de JFK, chaque EXECUTIVE ACTION (4)déclaration était un clou de plus dans son cercueil. En attendant que la décision finale soit prise, le film suit en parallèle l’entraînement de deux équipes de tireurs d’élite et les pérégrinations du faux Oswald dans Dallas. Tout cela semble d’une effrayante logique.

Les acteurs ne sont qu’au service du texte, ne cherchant pas à donner une identité trop marquée à leur rôle. Hormis Burt Lancaster, qu’on voit discrètement gober de petites pilules pour le cœur, comme s’il était peu à peu consumé par ses péchés. Il retrouve Robert Ryan qui fut son partenaire dans deux grands westerns « LES PROFESSIONNELS » et « L'HOMME DE LA LOI », un genre qui décrivait une Amérique rêvée. Ici on contemple plutôt l’Amérique cauchemardée engendrée par le meurtre de Dallas. Dans une séquence stupéfiante, ces deux messieurs grisonnants et distingués vont jusqu'à discuter du contrôle de la démographie mondiale via les guerres menées par leur pays ! « Il faut bien queEXECUTIVE ACTION (3) quelqu’un s’en charge », explique tranquillement Ryan.  Parmi les seconds rôles, on aperçoit Ed Lauter, Rutanya Alda et Dick Miller.

Peut-être aurait-il fallu un Franken-heimer à la caméra pour en faire un grand film. C'est déjà une œuvre unique en son genre, qui donne à penser sans jamais ennuyer malgré son extrême austérité. Que demander de plus ?

 

À NOTER : le film fut diffusé à la TV française sous le nouveau titre plus explicite de « COMPLOT À DALLAS ».

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 19:33

CRISS CROSS« POUR TOI, J'AI TUÉ… » malgré son rébarbatif titre français, est un fleuron du ‘film noir’ de la bonne époque du genre, au scénario implacable en forme de tragédie, au romantisme désespéré. Dès les premiers plans, le protagoniste Burt Lancaster se présente lui-même en voix « off » comme un pantin aux mains d’un destin auquel il ne cherche pas à échapper. Il a son ‘ex’ dans la peau, même si tout le monde autour de lui sait qu'elle ne lui apportera que du malheur. Mais notre héros est un loser né qui va au devant des emmerdements, au devant des catastrophes pour la seule et unique raison qu'il est complètement obsédé.CRISS CROSS (2)

Pourtant, l’objet de ses fantasmes est une idiote égoïste, certes belle (c'est Yvonne de Carlo) mais capricieuse et intéressée. Lui ne voit rien que ce qu'il veut voir. Le personnage féminin est écrit avec une effrayante misogynie, une vision de la femme quasiment haineuse. La dernière séquence renvoie toutes les ‘bad girls’ du genre à leurs chères études. Yvonne est une salope haut-de-gamme ! Face à elle, Burt est très déroutant dans la peau de ce Steve monomaniaque et sans volonté. Mais peu à peu on comprend le choix de Robert Siodmak, tant est fort le contraste entre l’aspect physique de l’acteur plus athlétique que jamais, et sa personnalité infantile et irresponsable. Face au couple, Dan Duryea est un petit caïd odieux à souhait et avec une bonne vue, on peut reconnaître le débutant Tony Curtis qui apparaît fugitivement en danseur au bras d’Yvonne, dans la séquence des retrouvailles entre les ex-époux.

CRISS CROSS (1)

Joliment photographié, truffé de beaux mouvements de caméra, doté d’une BO oppressante de Miklós Rósza, « POUR TOI, J'AI TUÉ… » comprend même un morceau de bravoure de choix avec cette attaque de fourgon blindé noyé dans le brouillard de fumigènes.

À noter que Steven Soderbergh a tourné un remake de ce film « À FLEUR DE PEAU » (1995) plutôt réussi, d'ailleurs.

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 16:47

BRUTE FORCE (1)Même après avoir vu la traumatisante série TV « OZ », il est impossible de nier l’impact des « DÉMONS DE LA LIBERTÉ » tourné cinq décades plus tôt. Dans un magnifique noir & blanc et sur un scénario de Richard Brooks, Jules Dassin signe un film âpre et violent, que quelques rares envolées sentimentales en flash-back (qu’on sent imposées par le studio) n’arrivent pas à édulcorer.BRUTE FORCE (2)

Les hommes enfermés sont des bêtes fauves, mais le pire d’entre eux est le chef des gardiens. Hitchcock avait coutume de dire qu’un film était réussi si son méchant était réussi. Le moins que l’on puisse dire est que ‘Munsey’ (génialement joué par Hume Cronyn) est un petit bijou : nabot ivre de pouvoir, nazillon sadique se repaissant de la souffrance des détenus, c'est un des personnages les plus haïssables qu’on puisse voir sur un écran. À côté de lui, les taulards ont l’air de braves types dont on est prêt à excuser tous les débordements ! La séquence où il torture un détenu au nerf de bœuf est extrêmement glauque et dérangeante.

Dans un cast solide, Burt Lancaster se détache nettement. Tendu à craquer, la narine frémissante de haine rentrée, le rictus dégoûté aux lèvres, il ne décroche pas un sourire de tout le film (rare, chez lui !) et compose un forçat emblématique avec un charisme fou. Il arrive même à se sortir sans dommage d’un flash-back le montant amoureux d’une gentille infirme sortie d’un conte de fées. Pauvre excuse tentant d’humaniser celui qui est quand même censé être le « héros » du film. D'ailleurs, malgré leur inutilité aveuglante, ces fameux flash-backs (tous les prisonniers de la cellule de Burt ont le leur !) sont ingénieusement amenés par Brooks, grâce à un portrait de femme épinglé au mur, qui représente toutes les femmes « de l’extérieur » et ravive les souvenirs.

BRUTE FORCE

« LES DÉMONS DE LA LIBERTÉ » a un peu vieilli par ses côtés militants et quelques personnages un peu lourds comme ce médecin ivrogne, mais c'est un film dense et compact, sans le moindre temps mort. La tentative d’évasion finale est encore aujourd'hui assez spectaculaire et d’une sèche brutalité…

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