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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 16:47

UNFORGIVEN (2)« LE VENT DE LA PLAINE » s’est toujours traîné une drôle de réputation, due en partie en remontage dont il fut l’objet et au désaveu de son réalisateur John Huston. Il s’est peu à UNFORGIVEN (1)peu imposé comme un classique mineur du western, statut qui devrait être renforcé par sa récente réédition en Blu-ray.

Fable antiraciste au style décalé et onirique, le film baigne dans une atmosphère « biblique », entre les tempêtes deUNFORGIVEN (4) sable, les malédictions, un faux inceste taraudant les protagonistes et leur entourage. La première moitié est éblouissante : hantée par la silhouette décharnée et fantomatique de ce revenant qui apporte la haine et le malheur avec lui. L’ambiance bon-enfant du début s’empoisonne progressivement, les visages bourrus et débonnaires des pionniers se muent en masques de haine et d’intolérance. Comme l’épouse de l’éleveur Charles Bickford, qui en vient à traiter Audrey Hepburn de « négresse à peau rouge », alors qu'elle était prête à en faire sa bru, quelques jours plus tôt.

La deuxième moitié est plus pauvre narrativement et se confine à un interminable siège UNFORGIVEN (3)dans la maison des Zachary encerclés par les Kiowas. Bien sûr, des idées de mise en scène sont marquantes, comme ce piano en plein-air sur lequel joue Lilian Gish dans la nuit ou ces soldats de plombs fondus pour faire des munitions de fortune. Mais le scénario s’enlise clairement.

Le film est littéralement porté par Burt Lancaster, d’une puissance inouïe en jeune patriarche massif et autoritaire, niant jusqu'au bout ses propres ambiguïtés. Hepburn, ravissante, est peu crédible en Indienne ignorant ses origines, mais sa présence illumine le film. Gish en fait des tonnes en mater familias à l’étrange physique de poupée deUNFORGIVEN (5) porcelaine, mais des seconds rôles comme Doug McClure (qui ressemble étonnamment à Lancaster en beaucoup plus doux), Joseph Wiseman extraordinaire en dément malveillant et John Saxon dans un rôle sacrifié au montage, font des étincelles.

On sent bien par moments que des fondus-enchaînés bizarrement placés dissimulent de grosses coupes, on peut être irrité par la musique pas toujours à la hauteur de images, mais « LE VENT DE LA PLAINE » a tout du « grand film malade » et fascine envers et contre tout. Il donne en tout cas un panorama édifiant du racisme, ce mal insidieux qui transforme les braves gens en brutes haineuses et les amis en ennemis mortels. Un beau film. Et un des meilleurs rôles de Lancaster. Même s’il a une ribambelle de « meilleurs rôles » à son palmarès…

UNFORGIVEN

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
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commentaires

Dino Barran 10/03/2012 17:51

"Certains de mes films ne me plaisent guère, mais celui-ci est le seul que je déteste vraiment". Ainsi Huston renia-t-il LE VENT DE LA PLAINE.
Pas mal de choses à dire sur la genèse, le tournage, le montage et le sort qui s'acharna contre le film. Des atouts : adaptation d'un roman de LeMay (LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT), scénario co-écrit
par Ben Maddow (QUAND LA VILLE DORT, L'EQUIPÉE SAUVAGE, JOHNNY GUITARE) distribution prestigieuse.
Une commande acceptée par Huston pour des raisons peut-être douteuses (proximité de sa famille, possibilité d'achat d'oeuvres d'art précolombiennes...)
Un tournage compliqué, marqué par la mésentente avec Lancaster et le comportement incontrôlable d'Audie Murphy et Lilian Gish. Marqué également par des tempêtes de poussière et des accidents divers
(chute de cheval d'Hepburn, conflits divers, vols, quasi-noyade de Murphy).
Un montage fait sans l'accord de Huston qui semblait se désintéresser du film.
Et au final une oeuvre à demi-réussie mais attachante malgré tout.
Sur le sujet du racisme, je profite de l'occasion pour évoquer la pièce intéressante et subtile qui se joue en ce moment à Paris : RACE de notre ami David Mamet. Cher Fred, peut-être pourrais-tu la
chroniquer ? Je suis curieux de connaître ton point de vue.

Fred Jay Walk 10/03/2012 18:40



Les auteurs ne sont pas forcément les meilleurs juges de leurs oeuvres...



Lyne 06/03/2012 09:24

*Quel Bonheur et non pas quelle bonheur :s désolée je ne supporte pas les fautes d'orthographe, ici c'était inconscient de ma part.
Super film, je pense que je vais le revoir un de ces 4

Fred Jay Walk 06/03/2012 10:00



Pour info (et si tu es équipée), le Blu-ray sans être parfait, est infiniment meilleur que le DVD.



Lyne 06/03/2012 04:48

J'aime beaucoup Le Vent de la Plaine, un de mes DVD fétiches, bien que ce ne soit pas un grand film. Audrey Hepburn est touchante et quelle Bonheur de voir Lillian Gish s'ajouter au casting. Une
belle histoire, sur la famille et la tolérance.

Fred Jay Walk 06/03/2012 09:11



Oui, un film imparfait mais auquel on revient régulièrement...



Joseph Guégan 05/03/2012 23:25

Je viens de découvrir ce blog, que j'ai visité rapidement.
Il m'a l'air super intéressant et comme j'aime beaucoup les western j'y reviendrai très certainement.

Fred Jay Walk 06/03/2012 09:11



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