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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 08:09

Robert Aldrich a marqué le cinéma américain d’une empreinte qui se fait encore sentir aujourd'hui. Il a transformé tous les genres auxquels il s’est frotté, du film noir au film de guerre, en passant par le mélodrame au vitriol. Sa patte est instantanément reconnaissable : montage hyper-serré, angles de prises de vue biscornus, agressifs, comédiens aux visages typés, protagonistes aux confins de la monstruosité, ambiance hystérique. Inclassable, inimitable.

Aldrich n’a pas tourné énormément de westerns, mais tous ou presque, ont influencé le genre. « BRONCO APACHE », film résolument pro-Indiens, chose rare en 1954, suit le baroud d’honneur d’un guerrier indomptable refusant la honte de la reddition. Le film doit beaucoup à l’énergie de Burt Lancaster, mais la fin – imposée par les distributeurs – est décevante et illogique. Suit l’immortel « VERA CRUZ », western mexicain entièrement improvisé au jour le jour, pendant le tournage, qui confronte le même Lancaster à son aîné Gary Cooper, sur un scénario picaresque et amoral, annonçant de façon aveuglante le western italien, par une multitude de détails. Souvent imité, « VERA CRUZ » ne sera jamais égalé.

« EL PERDIDO » fut mutilé par ses producteurs, mais contient de beaux restes, malgré l’interprétation fade de Rock Hudson. Kirk Douglas y est extraordinaire, et l’inceste abordé de façon quasiment frontale. On devine le chef-d’œuvre que ce « film malade » a failli être. « 4 DU TEXAS », pantalonnade commandée par le clan Sinatra, est un des pires films d’Aldrich, qui va jusqu'à enrôler les pitres de télévision, les Trois Stooges, pour un sketch absurde, en plein milieu du film. Seul Victor Buono est amusant, en gros banquier efféminé.

Aldrich retrouve Burt Lancaster, presque vingt ans après leur dernière collaboration, pour « FUREUR APACHE », sorte de remake réaliste de « BRONCO APACHE », où l’acteur joue cette fois le scout poursuivant l’Indien. C'est un film d’une extrême violence, d’une noirceur totale, mais imposant un fort message de tolérance. Un grand film, qu’on n’a jamais fini de redécouvrir. Des images comme ce soldat encerclé par les Indiens, et tuant la femme qu'il est censé protéger, et se tirant une balle dans la bouche, pour échapper à la torture, sont indélébiles.

« UN RABBIN AU FAR WEST » aurait peut-être pu être drôle, si John Wayne initialement prévu, avait tenu le rôle du cowboy, avant d’être remplacé par le jeune Harrison Ford. Pas tout à fait la même chose ! Et pas sûr de toute façon, que la comédie ait vraiment été le fort de Mr. Aldrich…

De Robert Aldrich, on se souviendra essentiellement de « EN QUATRIÈME VITESSE » ou « ATTAQUE » et « QU’EST-IL ARRIVÉ À BABY JANE ? » et « 12 SALOPARDS », mais son passage dans l'Ouest est loin d’être négligeable.

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Published by Fred Jay Walk - dans LA MYTHOLOGIE DU WEST
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