Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 18:40

Mélange surprenant de film noir, de mélodrame provincial et même de western, « LADESERT FURY FURIE DU DÉSERT » que tous les ouvrages sur Burt Lancaster considèrent comme un échec, est une plutôt heureuse surprise.

Ce qui frappe d’abord, c'est la splendeur du TechniColor absolument rutilant, qui met en valeur des paysages à la John Ford dans lesquels évoluent des archétypes du polar ‘hard boiled’ qu’on est tout surpris de voir soudainement en couleurs.

Les deux malfrats revenant sur les lieux d’un de leurs crimes passés, sont des individus ambigus et glauques, qui ne sont pas sans évoquer les « régulateurs » de « L'HOMME AUX COLTS D’OR » tourné une décennie plus tard. Wendell Corey est manifestement amoureux de son collègue John Hodiak (sosie de Martin Landau), dont il couvre les arrières, mais avec lequel il se comporte comme une maîtresse soumise mais exclusive.

Les personnages féminins sont plus limpides, même s’ils sont incarnés par Mary Astor et Lizabeth Scott, deux icônes du film noir qui furent des partenaires de choix de Bogart. La seconde est très belle, mais son jeu semble gauche et emprunté. Burt Lancaster lui, joue les utilités en ex-champion de rodéo devenu shérif, amoureux éconduit de la jeune femme. Il n’a qu’une vraiment bonne scène, lorsqu’il passe Hodiak à tabac dans son bureau. Sorti après « LES TUEURS », « LA FURIE DU DÉSERT » est en fait le premier film qu’ait tourné Lancaster, qui pour un débutant semble déjà parfaitement à l’aise.

DESERT FURY (1)
Sans faire partie des chefs-d’œuvre du genre, ce film ne mérite pas sa médiocre réputation et s’efforce de toujours donner plusieurs facettes de ses protagonistes, sans les caricaturer ou sombrer dans le cliché facile.

Le parcours de ce gangster hanté par ses péchés, qui revient expier et tombe sur le sosie de celle qu'il a tué jadis, frôle la tragédie antique. Du pur ‘noir’ donc… Même en couleurs.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article
23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 20:23

APACHE (1)On a tout dit, tout écrit sur « BRONCO APACHE », la première grosse production de Burt Lancaster, le premier succès de Robert Aldrich, et un des premiers films pro-Indiens des années 50.

Le film garde encore aujourd'hui son dynamisme hors du commun, sa rage interne, sa concision, et des morceaux de bravoure comme la découverte d’une grande ville par un guerrier ébahi, sont d’une force inégalée.

D’autres choses ont vieilli : le maquillage outrancier des acteurs blancs grimés en « natives », la musique emphatique qui finit par devenir assommante.

Mais ce qui ressort étonnamment le plus en revoyant « BRONCO APACHE », c'est la foncière ambiguïté de son propos. Un film pro-Indiens ? À voir… Présenté dès la première séquence comme un rebelle courageux et insoumis, Massaï n’en est pas moins une brute obstinée, parfois stupide. Par contre, le fermier Cherokee qu'il rencontre et qui changera sa vie, est décrit non pas comme un « vendu » ou un lâche, mais comme un vieux sage généreux qui a compris que pour survivre, l’Indien doit absolument renoncer à sa culture et ses coutumes. C'est adroitement tourné en dérision (la squaw l’envoie chercher de l’eau, devant un Massaï outré), mais c'est bien la teneur du discours. L'intégration ou la mort ! Et à bien y regarder, le baroud d’honneur de notre héros à la fin apparait non pas comme héroïque, mais plutôt comme un acte dérisoire et pathétique.

APACHE
Burt Lancaster, même si son physique ne le rend pas des plus crédibles, apporte son hyperactivité, sa colère bouillonnante à ce personnage de guerillero solitaire. Jean Peters donne une certaine profondeur à son rôle de squaw fidèle et patiente, et un jeune Charles Bronson apparaît très brièvement en Apache renégat.

Schématique et parfois trop écrit à l’emporte-pièce, « BRONCO APACHE » n’en demeure pas moins un film plus complexe qu'il n’en a l’air, et la « happy end » imposée par les distributeurs (Massaï devait originellement être abattu par Bronson), rend le film encore plus trouble : car au fond, Massaï le fier guerrier musculeux et indomptable, le « bronco » prêt à lutter jusqu'à la mort contre l’envahisseur blanc, n’est-il pas devenu un brave bougre de fermier portant des vêtements d’homme blanc, et tout heureux à la seule pensée de pouponner ? Malgré le changement de fin de dernière minute, Massaï est bel et bien mort…
Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article
15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 00:06

CORSAIRE ROUGE (1)
Étonnant de revoir aujourd'hui, le premier vrai succès de Burt Lancaster, après l’avoir vu dans ses rôles « sérieux » et ceux de sa fin de carrière. Dans « LE CORSAIRE ROUGE », il est littéralement filmé comme un objet sexuel, constamment torse-nu, en sueur, le CORSAIRE ROUGEsourire éclatant, les biceps gonflés, le bronzage uniforme. Il parle directement au public, et finit même déguisé en femme !CORSAIRE ROUGE (3) Ce genre de traitement est généralement offert aux jeunes premières, mais ici, c'est Burt qu’on est censé désirer. Alors toute cette opération séduction ne se fait pas sans complaisance : il fait l’acrobate (son premier métier) dans des scènes inutilement longues, donne un rôle envahissant à son partenaire de cirque Nick Cravat, qui en fait des tonnes, et il aboie ses répliques en prenant des poses viriles franchement « too much ». Mais c'est parfois ainsi qu’on crée des stars. En l’occurrence, ça a fonctionné. Lancaster est passé d’icône du CORSAIRE ROUGE (2)film noir à idole du grand public du jour au lendemain…

« LE CORSAIRE ROUGE », c'est du cinéma pour enfants. Pour jeunes enfants, même. C'est bariolé, la musique n’arrête jamais, les batailles sont traitées sur un mode semi-comique avec ballons dirigeables etCORSAIRE ROUGE (4) sous-marins en bonus, et la bonne humeur est de rigueur. Il faut une bonne dose d’indulgence nostalgique, pour ne pas trouver le temps longuet et le scénario léger, mais c'est un cinéma désuet, sans prétention, et tout à fait sympathique.

Parmi les seconds rôles, on reconnaît un jeune, et déjà très raide Christopher Lee, en officier barbichu.

Un film à voir, ne serait-ce que pour saisir tout le chemin qu'il a fallu parcourir à Burt Lancaster, lancé comme une sorte de Douglas Fairbanks canaille, pour devenir le grand comédien qu'il a fini par être.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article
23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 20:01

« LA VALLÉE DE LA VENGEANCE » est le premier western tourné par Burt Lancaster, qui devait devenir un acteur-phare du genre dans les années à venir. C'est hélas, à peu près tout ce qu’on peut dire de ce film qui n’est que… moyen. Ni bon, ni particulièrement mauvais, juste insignifiant, vaguement ennuyeux, et plutôt maladroit.

Tout le film est narré en voix « off » par un personnage secondaire, qui intervient à peine dans l’action. L’affrontement larvé entre deux (faux) frères ne laisse place à aucune surprise, aucune ambiguïté, et si Robert Walker connaît par cœur son rôle de faux-jeton sans caractère, prêt à toutes les trahisons, Lancaster n’est jamais très à son aise, quand il joue les braves types. Ici, son Owen Daybright (« Journée lumineuse », en bon Français !) est un cowboy loyal et fidèle jusqu'à la niaiserie, et le bon sourire contrit qu'il affiche pendant les trois-quarts de ses scènes, ne lui sied guère. On ne le retrouve tel qu’en lui-même, que dans une bagarre extrêmement violente avec Ted de Corsia, et dans la façon dont il gifle son demi-frère d’un revers de main (une baffe qui ne semble d'ailleurs nullement feinte !).

Mal employé, Lancaster ne parvient donc pas à sauver ce film inodore et sans saveur, d’autant qu'il disparaît trop fréquemment de l’action. On passe donc le temps avec les seconds rôles, comme John Ireland et Hugh O’Brian, jouant deux frères pétris de haine, voulant venger l’honneur de leur sœur engrossée par l’infâme Walker.

À l’instar de « LA VENGEANCE AUX DEUX VISAGES » de Brando, « LA VALLÉE DE LA VENGEANCE » (le titre est bien traduit, mais complètement hors-sujet) a connu de multiples éditions DVD au fil des années, étant libre de droits. Les copies disponibles sont hélas floues, jaunâtres, d’une totale laideur, ce qui ne doit évidemment pas aider à apprécier le film lui-même.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article
21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 18:01

Édifiante histoire de la vie d’un champion olympique d’origine indienne, au destin tourmenté, ce « biopic » de la Warner respecte à la lettre toutes les règles d’un genre bien établi, pour suivre l’ascension puis la chute, et enfin la rédemption, d’un homme poursuivi par ses démons. Narré en flash-back, lors d’une remise de prix, à la façon du « ÈVE » de Mankiewicz, « CHEVALIER DU STADE » est trop confit dans les clichés bien-pensants, pour passionner vraiment, et Michael Curtiz a eu bien de la chance d’avoir Burt Lancaster, dans le rôle de Jim Thorpe. Trois ans avant sa fameuse interprétation d’un guerrier dans « BRONCO APACHE », l’acteur était déjà un « Native », et les cheveux teints en noir-corbeau, le teint foncé, il apporte sa vitalité habituelle, et sa forme physique indispensable, à ce personnage intéressant, même si on le devine très édulcoré par l’adaptation. Ce qu’apporte Lancaster à Thorpe, c'est sa rage contenue, ses brusques changements d’expression et d’humeur, ce côté « borderline », qui laisse entrevoir les failles béantes de sa personnalité, ses névroses et frustrations insurmontables. Ainsi, l’acteur a-t-il un moment absolument saisissant, quand ivre-mort, il s’en prend à sa femme, qui selon lui, aimerait le voir retourner dans sa réserve. Pendant cette séquence, on imagine ce qu’aurait donné Lancaster en Kowalski dans « UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR ».

Le film lui doit donc beaucoup, car la technique (et particulièrement l’insertion de plans d’actu pendant les séquences sportives) a énormément vieilli, et l’abus de fondus-enchaînés, de voix « off », de « unes » de quotidiens, appartiennent à un autre siècle. Autour de Lancaster, Phyllis Thaxter est un peu faiblarde dans le rôle de sa femme pleurnicharde, et Charles Bickford assure avec un métier consommé, en coach sentencieux, sévère mais juste.


« CHEVALIER DU STADE » vaut malgré tout, pour ce qu’on apprend de cette université Carlisle réservée aux Indiens (et qui mériterait peut-être un autre film), et bien sûr pour le grand Burt, toujours captivant quoiqu’il fasse.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article
16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 18:30

Le plus troublant dans « LES BAGARREURS DU PACIFIQUE », c'est de voir Burt Lancaster, qui ressemble très exactement – uniforme compris – à ce qu'il sera dans son film suivant « TANT QU'IL Y AURA DES HOMMES », mais se débattant cette fois dans une pantalonnade ridicule et infantile, lui qui n’était pourtant pas le champion toutes catégories de l’humour.

Film de guerre « exotique » (évidemment tourné en studio), comédie gentiment amorale, amorçant un timide ménage à trois, narré assez adroitement en flash-backs, « LES BAGARREURS DU PACIFIQUE » apparaît aujourd'hui d’un racisme inouï dans la description des Chinois, d’une xénophobie hors-normes, et d’une misogynie accablante. Ainsi, le spectateur français devra laisser sa susceptibilité au vestiaire, car ses compatriotes sont, soit un gouverneur collabo, gras et libidineux, soit une maquerelle surjouant comme une Arletty du Bronx (« Mais oui, monsieur ! Sacrebleu !), avec un accent à faire rougir l’inspecteur Clouseau.

Côté comédiens, rien à sauver non plus : Lancaster se débat comme un beau diable avec un rôle impossible, joue les militaires rigides ou les dragueurs agités d’une séquence à l’autre, sans aucune direction, Virginia Mayo roule des yeux et fait des mines, et Chuck Connors gauche et emprunté, est un marine benêt. On aperçoit Strother Martin en témoin au procès (photo à gauche).

Coincé dans la filmo de Lancaster, entre quelques films ambitieux et de beaux rôles comme « REVIENS, PETITE SHEBA », ce navet éprouvant, oublié depuis des lustres, a récemment été exhumé par le DVD. Était-ce réellement une bonne chose ?

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article
14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 18:59

Réminiscent dans sa thématique, de « 12 HOMMES EN COLÈRE » (jusqu'au rôle essentiel que joue un cran d’arrêt pendant le procès), ce premier film de John Frankenheimer avec Burt Lancaster, est encore aujourd'hui, d’une rare efficacité. Procureur ambitieux, confronté à la réalité sordide des « mean streets » new-yorkaises, dont lui-même est issu, Lancaster doit faire condamner trois loubards qui ont poignardé un aveugle portoricain.

Le monde décrit dans « LE TEMPS DU CHÂTIMENT » n’a rien de désuet, c'est celui d’aujourd'hui, avec d’autres modes vestimentaires, et d’autres façons de s’exprimer. Mais l’injustice sociale est là, la haine, la bêtise, l’arrivisme, la violence, et Frankenheimer fait preuve d’un formidable dynamisme quasi-documentaire, pour dépeindre ce chaos désespérant. Alors qu’au début, tout semble simple, noir et blanc (à l’instar de la magnifique photo du film), la plongée de Bell dans les tréfonds des zones de non-droit, va le faire évoluer progressivement, et lui ouvrir l’esprit, quitte à ce que cela lui coûte quelques côtes cassées, et qu'il ait lui-même été pratiquement poussé jusqu'au meurtre.


Film militant, mais jamais trop lourd, « LE TEMPS DU CHÂTIMENT » n’évite pas toujours le mélodrame, comme dans les séquences avec Shelley Winters, jouant la mère d’un des voyous, et « ex » du procureur, mais il a le mérite d’appeler les choses par leur nom, et d’aller toujours au-delà des apparences. Dans les taudis des grandes villes, pas de bon, pas de méchant, tout le monde se bat pour survivre, avec les armes dont il dispose.

Lancaster, au sommet de sa puissance physique, les dents serrées, l’œil franc, le cou de taureau, campe ce D.A. avec sa présence de bulldozer. À ses côtés, on aperçoit Telly Savalas en flic cynique fumeur de cigares, et John Davis Chandler dans le rôle d’un des « sauvageons », incroyablement tête-à-claques.

Vigoureux, droit dans ses bottes, généreux jusqu'à la naïveté, « LE TEMPS DU CHÂTIMENT » contient de remarquables moments, et quelques belles répliques.

 

À NOTER : Engagé sur le film pour faire répéter leur dialogue aux acteurs, Sydney Pollack deviendra bientôt réalisateur, et tournera « LES CHASSEURS DE SCALPS » avec trois des comédiens du « TEMPS DU CHÂTIMENT » : Winters, Savalas et Lancaster. Le film est disponible, mais sans aucun sous-titre, en Angleterre en DVD.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article
11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 17:33

On comprend assez vite le but de la manœuvre : les producteurs et auteurs de « ROCKET GIBRALTAR » ont très probablement voulu faire de leur film, ce que « LA MAISON DU LAC » avait représenté pour Henry Fonda – un hommage, un dernier tour de piste, et une « sortie » en beauté pour Burt Lancaster.

Si le film n’est pas dénué de mérite, le but n’est pas complètement atteint. Par la faute d’abord d’un scénario gentiment « cute », mais terriblement prévisible. On devine déjà la fin, dans la séquence où le papy raconte les funérailles Viking à ses petits-enfants. De plus, le manque de réel conflit entre les personnages, la sympathique harmonie régnant dans cette famille, n’est pas propice aux grandes scènes, et le film se déroule à un rythme pépère, entrecoupé de séquences à la plage, d’intermèdes poliment sexy, et de repas pleins de rires et de larmes.

Nous ne sommes pas loin du téléfilm lambda, ne serait-ce la prestation de Lancaster. Visiblement diminué, fatigué, il habite tout le film de sa présence fragile. Ce personnage, qui a déjà un pied dans la tombe, est dans la lignée de ceux qu'il joua à la fin de sa carrière, que ce soit dans « VIOLENCE ET PASSION » ou « ATLANTIC CITY », et son jeu sobre, relâché, ajoute à l’ambiance légèrement morbide du film. Il est troublant de voir ce comédien, jadis caractérisé par son énergie survoltée, son autorité impérieuse, sa rage permanente, réduit à l’état de vieillard moribond, passant d’une sieste à l’autre, et pleurant en écoutant des 33 tours de Billie Holiday.

L’acteur est très bien entouré de jeunes comédiens qui feront leur chemin, comme Kevin Spacey étonnamment simple et sans tics, Bill Pullman, et Frances Conroy et Patricia Clarkson, qui seront à nouveau sœurs vingt ans plus tard dans la série TV « SIX FEET UNDER ». Quant au petit Macauley Culkin, disons qu'il est encore supportable.

À voir pour Burt Lancaster donc, mais le tout laisse un arrière-goût indéniablement cafardeux.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article
8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 18:14

Parce qu'il connut de grosses difficultés avec le producteur Stanley Kramer pendant le tournage, et que le montage lui fut retiré par la suite, « UN ENFANT ATTEND » ne jouit pas d’une grande réputation parmi les adorateurs idolâtres de John Cassavetes. S’il est vrai qu’on ne retrouve pas forcément son style chaotique, et ses célèbres plages d’improvisation (paraît-il très « écrites »), ce film sur les enfants handicapés mentaux, est assez saisissant, et d’une émotion par instants difficile à supporter. Le talent de directeur d’acteurs de Cassavetes éclate ici à chaque plan, et la façon dont il filme les enfants, pour la plupart trisomiques, est admirable de pudeur et de franchise. 

Le réalisateur parvient à créer une telle atmosphère de réalisme, frôlant le documentaire, qu’on a un peu de mal à se faire à la présence très « hollywoodienne » de Burt Lancaster. Rien à voir avec son talent, puisqu’il est ici remarquable d’autorité et de présence, juste une question de décalage. Il incarne ici le patron de l’institut, qui fait penser à ce que fera Martin Sheen dans la série « À LA MAISON BLANCHE » : pourquoi tous les présidents des U.S.A. ne lui ressemblent-ils pas ? Même chose pour Lancaster : si tous les psys du monde étaient comme lui, comme la vie serait simple…


Fragilisée, abimée par la vie, Judy Garland est extrêmement touchante, créant sans le vouloir, un enfer pavé de bonnes intentions pour son protégé. Gena Rowlands est parfaite en mère torturée, et on aperçoit d’autres futurs familiers de Cassavetes, comme John Marley, Lawrence Tierney ou Paul Stewart.

Œuvre évidemment bâtarde, parce que tiraillée entre le style « jazzy » du réalisateur, et le militantisme un peu lourd de son producteur, « UN ENFANT ATTEND » n’en est pas moins un très beau film, échappant complètement au mélodrame et au voyeurisme lacrymal, et – c'était le but – donnant à réfléchir. Ainsi, la visite dans l’aile des adultes, est-elle un moment authentiquement traumatisant, et pourtant sans effet superflu.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article
5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 18:05

Le film démarre sur les chapeaux de roues par la rencontre entre un trappeur inculte et péremptoire (Burt Lancaster) et un esclave noir lettré et rusé (Ossie Davis, le génial acteur de « LA COLLINE DES HOMMES PERDUS »), que lui fourguent les Comanches en échange de ses peaux de castor.

Jusqu'à la capture de celui-ci par les comancheros, « LES CHASSEURS DE SCALPS » est un pur régal : dialogue au cordeau, humour vachard, excellentes situations et comédiens au top de leur forme. Mais cette introduction promet plus qu'elle ne tiendra : soudainement, le tandem est séparé par les évènements et c'est là que Sydney Pollack – encore jeune réalisateur – commet sa plus grosse erreur. À partir de cette rupture, on perd un temps fou dans le campement des méchants, une bande de clodos ivrognes dirigés par un Telly Savalas en roue-libre qui forme un couple quasi-burlesque avec une prostituée geignarde jouée par Shelley Winters. Deux bons comédiens, qui auraient eu besoin qu’on les dirige d’une main plus ferme, mais dont la complicité est évidente. Et ce qui faisait tout le charme du film s’envole d’un seul coup pour ne revenir que vers la fin, mais beaucoup trop tard.


Restent donc ces séquences délectables entre Lancaster et Davis, les prémices de leur amitié naissante, et quelques répliques mémorables (« Si on e jetait dans une porcherie », dit Lancaster, « Tu deviendrais vice-président des cochons ! », ou « Parce que tu t’es battu pour la première fois de ta vie comme un homme, tu te pavanes comme une squaw enceinte »). Preuve que les grandes stars ne sont jamais meilleures que lorsqu’elles ont une vraie compétition en face.


Il faut donc passer sur un générique-début d’une extrême laideur, une musique assommante d’Elmer Bernstein et des dérives frisant la pantalonnade, pour se concentrer sur quelques moments vraiment formidables, comme la panique des chevaux complètement « stoned » et surtout cette bagarre dans la boue où les deux amis-ennemis finissent aussi noirs l’un que l’autre.

Repost 0
Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • Le blog du West (l'Ouest, le vrai !)
  • : News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.
  • Contact

Recherche

Catégories

Liens