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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 13:29

LANCASTER (4)Ex-acrobate de cirque au jeu extrêmement physique, Burt Lancaster décroche d’abord des rôles de brutes sensuelles : le malfrat résigné dans « LES TUEURS » ou « POUR TOI, J'AI TUÉ », le forçat haineux dans « LES DÉMONS DE LA LIBERTÉ », ou de pirates pour rire : « LE CORSAIRE ROUGE », « LA FLÈCHE ET LE FLAMBEAU », avant de prendre enLANCASTER (1) main son destin de star en devenant son propre producteur.

Son jeu volontiers outrancier, parfois LANCASTER (3)en ‘show-off’ éhonté est pourtant des plus versatiles et lui permet d’endosser les personnalités les plus variées. Parfois convaincant dans le contremploi : le prince sicilien vieillissant dans « LE GUÉPARD » et parfois moins : le guerrier insoumis de « BRONCO APACHE » ou le résistant français dans « LE TRAIN » mégot maïs en option.

Parmi ses bons rôles : le cowboy aux poings gantés dans « LA VALLÉE DE LA VENGEANCE », l’alcoolique grisonnant de « REVIENS, PETITE SHEBA » (où il a vingt ans de moins que son personnage), le sergent viril dans « TANT QU’IL Y AURA DES LANCASTER (2)HOMMES », le bandit aux dents blanches sans foi ni loi de « VERA CRUZ », le camionneur italien hilare de « LA ROSE TATOUÉE », le trapéziste aigri dans « TRAPÈZE », l’officier sous-tension de « L’ODYSSÉE DU SOUS-MARIN NERKA », le forain mytho dans « LE FAISEUR DE PLUIE », l’austère Wyatt Earp de « RÉGLEMENTS DE COMPTES À OK-CORRAL », le chroniqueur ignoble dans « LE GRAND CHANTAGE », le prédicateur cabotin de « ELMER GANTRY, LE LANCASTERCHARLATAN » (peut-être son plus beau rôle, en tout cas le plus archétypique), le procureur tenace dans « LE TEMPS DU CHÂTIMENT », le forçat ami des oiseaux dans « LE PRISONNIER D’ALCATRAZ », le fermier héroïque dans « LE VENT DE LA PLAINE », le général fascisant dans « 7 JOURS EN MAI » (où son affrontement final avec Fredric March est un véritable cours d’art dramatique), le nazi dans « JUGEMENT À NÜREMBERG », le dynamiteur rigolard dans « LES PROFESSIONNELS », le trappeur ignorant dans « LES CHASSEURS DE SCALPS », le quinqua nageant de piscine en piscine dans le film-culte « THE SWIMMER », l’acrobate du ciel suicidaire dans « LES PARACHUTISTES ARRIVENT ! », le directeur de l’aéroport de « AIRPORT ».

Lancaster accepte le vieillissement et trouve à l’âge mûr des personnages à sa mesure : le marshal mexicain bourrelé de remords de « VALDEZ », le shérif inhumain de « L’HOMMELANCASTER2 DE LA LOI », le pisteur fatigué de « FUREUR APACHE », l’espion au bout du rouleau de « SCORPIO », le prof calqué sur le réalisateur Visconti lui-même dans « VIOLENCE ET PASSION », le comploteur de Dallas dans « EXECUTIVE ACTION », l’officier au Vietnam dans « LE MERDIER », le ‘padrone’ gâteux de « 1900 », le malfrat pitoyable de « ATLANTIC CITY », le savant fou de « L’ÎLE DU DR. MOREAU », le général faux-jeton dans « LE PONT DE CASSANDRA », le directeur de la CIA dans « OSTERMAN WEEK-END », le PDG excentrique de « LOCAL HERO », le grand-père mourant de « ROCKET GIBRALTAR » et le vieux gangster têtu de « COUP DOUBLE ».

Son ultime rôle au cinéma est un émouvant adieu, le docteur aimé de tous dans « JUSQU’AU BOUT DU RÊVE » où Lancaster est bouleversant de fragilité. « You were good », lui dit Ray Liotta, juste avant que Lancaster ne disparaisse dans un champ de maïs. Peut-on rêver plus beau départ ?

LANCASTER (5)

À noter que Lancaster apparaît en ‘guest’ dans « LE DERNIER DE LA LISTE » déguisé en grosse bonne femme et qu’il joue un bijoutier dans « LA BOUTIQUE DE L’ORFÈVRE », seul film écrit par… Jean-Paul II !

Lancaster apparaît tard à la TV, mais y trouve de grands rôles : Moïse dans « MOSES THE LAWGIVER », un rédac-chef sans foi ni loi dans « SCANDAL SHEET » (clin d'œil au « GRAND CHANTAGE »), Shimon Peres dans « VICTOIRE À ENTEBBÉ », le vétéran de l’aviation de « ON WINGS OF EAGLES », le rôle-titre de « BARNUM », un prélat dans « MARCO POLO », le patriarche allemand de « SINS OF THE FATHERS », le cardinal de « I PROMESSI SPOSI », le savant de « CONTRÔLE », le touriste infirme de « VOYAGE OF TERROR : THE ACHILLE LAURO AFFAIR », un avocat Sud-Africain dans « SEPARATE BUT EQUAL », le père dans « PHANTOM OF THE OPERA ».

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS CULTE DE "WWW"
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commentaires

lemmy 19/06/2013 15:45

Tu as fait un bon choix, kinskiklaus. Mais moi je l'aurai emmenée voir Nakadai.

Sinon, cette rétro Burt Lancaster s'est achevée. Avant ça, je n'avais vu que "Coup double" au cinéma. En plus de "The swimmer" vu récemment dans la meme ciné, j'ai pu voir "L"ultimatum des trois
mercenaires", "Fureur Apache", "Le prisonnier d'Alcatraz", "Le train", Le vent de la plaine" et le fascinant "Violence et passion" de Visconti (je n'ai loupé qque "Elmer Gantry" que je connais).
Autant de films avec Lancaster que je n'avais jamais vu (ou dont je ne me souvenais plus). Avant ça, Lancaster était un des mes acteurs préférés. Après ça, une conclusion s'impose : il est le
meilleur de tous mes acteurs préférés. Dans ses choix et dans ses interprétations.

Kinskiklaus 14/06/2013 23:02

Non lemmy, je ne me suis pas rendu à l'événement car j'étais en très charmante compagnie. Que veux-tu, il faut faire des choix dans la vie...

lemmy 14/06/2013 21:45

Kinskiklaus, j'imagine que tu n'as pas pu voir Nakadai à Paris...

Pour tout strasbourgeois, la rétrospective "vendanges tardives" (c'est le titre) consacrée à Burt Lancaster court encore jusqu'au mardi 18 juin. C'était presque déprimant de voir "Fureur Apache"
dans une salle où nous étions deux à 10 heures de soir.

Kinskiklaus 06/06/2013 00:13

Je serai justement à Paris samedi 8. Je ne garantis rien mais si je peux j'irai y faire un saut! A suivre...

lemmy 05/06/2013 22:33

Ce week-end Tatsuya Nakadai est à Paris et ça m'ennuie fortement de ne pouvoir y être...

Kinskiklaus 05/06/2013 21:55

Au cas où des lecteurs parisiens me liraient, sachez qu'il se prépare un cycle Arnaud Desplechin à Paris. J'ai déjà fait ma valise, je me tire à Strasbourg!

lemmy 04/06/2013 13:17

Au cas où des lecteurs strasbourgeois de ce blog passerait par ici, il y a un cycle Burt Lancaster au cinéma Star du 29 mai au 11 juin (j'en ai loupé une semaine) avec une floppée de chefs-d'oeuvre
!

lemmy 18/05/2013 13:23

Tu peux le mettre en haut. Je n'ai jamais vu un tel acteur de ce niveau se mettre ainsi en danger cinématographique et mettre ainsi à bas certains de ses anciens rôles. Et le film en soi est très
fort. Les séquences sont toutes assez fortes (la scène d'"athlétisme" est délirante de kitsch volontaire).

Pour "Atlantic city", je vais me laisser tenter ! En VO bien entendu !

Kinskiklaus 18/05/2013 13:04

Je rebondis sur un ancien commentaire de lemmy: ATLANTIC CITY demeure pour moi un chef d'oeuvre mêlant humour, mélancolie et amour. A découvrir absolument (en V.O bien sûr).

lemmy 18/05/2013 12:20

Tout à fait. Je rajouterais même mythologique.

Certains plans de ce film pourraient relever du film d'épouvante spécialement à la fin ; mais ai cours du film un plan surprenant rappelle même une célèbre séquence/effet des Evil Dead (la caméra
traquant les personnages).

Fred Jay Walk 18/05/2013 12:30



Je vais me le mettre sur ma pile des "à revoir"', celui-là !



lemmy 18/05/2013 11:02

Un petit mot pour m'enthousiasmer de "The swimmer" que j'ai enfin pu voir au ciné (et que j'ai pourtant en dvd depuis un moment) dans le cadre d'une séance proposée par une association de
psychanalystes ! Film incroyable au tournage mouvementé. Le risque de jouer un tel personnage montre bien l'implication artistique voire existentielle d'un Lancaster. Film indispensable qui reste
longtemps en tête.

Fred Jay Walk 18/05/2013 11:37



Avec une fin quelque peu "fantomatique", si je me souviens bien...?



lemmy 22/11/2012 11:51

As-tu déjà vu "Atlantic city" de Louis Malle avec l'ami Burt ? Il me tend les bras et me tente.

Fred Jay Walk 22/11/2012 13:05



Il y a longtemps et je l'ai oublié. Je me souviens juste que Burt était magnifique (comme d'hab) mais que Kate Reid ne m'avait pas semblé bien castée. Mais c'est très flou. Tu me diras...



daniel 14/07/2011 17:17


Et dire que Visconti ne voulait absolument pas de Lancaster qu il considérait comme un vulgaire cow boy de Hollywood.Il a épaté tout le monde y compris Delon qui le considère comme un de ses
maitres.Lancaster a peut etre compris qu il fallait mettre un peu de vie a ses personnages contrairement au cinéma de Bogart,Cooper,Randolph Scott et autres.a l instar du tout aussi talentueux Kirk
Douglas.


Fred Jay Walk 14/07/2011 18:06



Lancaster affirmait que le rôle d'Elmer Gantry était celui qui lui ressemblait le plus. Un bonimenteur, un charmeur, un cabotin sans dieu ni maître, un manipulateur de foules...



claude kilbert 14/07/2011 16:47


Il est heureux que Burt Lancaster fascine encore et toujours aujourd'hui! Je m'en réjouis, ce grand acteurs avait de la classe tout simplement. Il y a filme qu'on cite pas souvent, c'est "Un
Château en enfer" un filme de guerre baroque à souhait complétement barge, je me souvient la chevauché de Lancaster sur un cheval blanc dans une neige couverte de cadavre sur sur une musique de
Michel Legrand... Dans la distributions il y avait aussi Peter Falk.


Dino Barran 14/07/2011 15:34


Pas beaucoup de déchet dans cette filmo, en dépit d'un éclectisme certain et d'une longévité exceptionnelle.
Il est vrai que Burt tourne son premier film à 33 ans, il n'a donc pas grand-chose d'un jeune premier.
Il a su remarquablement prendre les tournants de la cinquantaine et de la soixantaine, choisir ses films et ses metteurs en scène aux Etats-Unis et en Europe tout en prenant constamment des
risques...
Je suis loin d'avoir vu tous ses films, mais ses rôles me semblent marqués pour la plupart par une certaine droiture que l'on peut également nommer dignité, voire noblesse : ainsi le prince
sicilien du GUEPARD et le major menacé par la limite d'âge du MERDIER (entre autres) ont cette caractéristique en commun.
Jeu outrancier, peut-être. Mais il savait aussi s'imposer par sa sobriété, ainsi dans OK CORRAL face à Kirk, comme tu l'as écrit par ailleurs cher Fred.
Un acteur, une personnalité exceptionnelle.


Fred Jay Walk 14/07/2011 18:08



En fait, les rôles de Lancaster se divisaient en deux : les "nobles" silencieux et taciturnes dont tu cites des exemples et les séducteurs voraces et sans scrupules, dont le plus bel exemple est
"VERA CRUZ". De l'extrême sobriété au cabotinage survolté.



lemmy 13/07/2011 19:51


Oui, mais Frank n'a pas tout à fait le même sourire de crapule sous acide.


Fred Jay Walk 13/07/2011 20:12



C'est vrai. Frank a un sourire de cobra.



claude kilbert 10/07/2011 19:40


Personne aujourd'hui ne la remplacé, il a eu une carrière très riches, il travaillé dans tous les genres et avec les plus grands cinéastes de sont époque! Son personnage dans "Vera Cruz" a beaucoup
influencé Sergio Leone à mon avis pour créer "No name".


Fred Jay Walk 10/07/2011 20:25



J'avais plutôt pensé à Frank dans "IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST" : il a le même costume noir !



daniel 10/07/2011 18:09


Un grand,un très grand.Tellement grand qu il a réussi a finir sa carrière en apothéose comme tu le dis si bien.Un modele a suivre pour bien des générations de comédiens.


Fred Jay Walk 10/07/2011 18:30



En plus, c'est un de ceux dont le style de jeu et la personnalité passent le mieux l'épreuve des années.



lemmy 10/07/2011 16:56


Quelle énorme carrière ! Quel talent ! Merci pour cette bio ciné assez dingue.

Il me reste tant de ses films à découvrir. Je viens juste de choper le dvd de "Le merdier", que je n'ai encore jamais vu.


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