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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 18:21

Tourné à Almeria, « VALDEZ » est, à la re-vision, une excellente surprise, et un bien meilleur film que sa modeste réputation ne le laisserait supposer. Tiré d’un roman d’Elmore Leonard, le scénario évoque fortement celui du « POINT DE NON-RETOUR » de John Boorman, les conflits moraux en plus. En effet, Bob Valdez est prêt à remuer ciel et terre, à tuer qui il faudra, à mourir lui-même si besoin est, pour obtenir cent dollars. Pas un sou de plus. Question de principe !

D’abord présenté comme un vieux shérif mexicain lourd et fatigué, humblement soumis à l’autorité des « gringos », Valdez se réveille après une humiliation particulièrement rude, qui fait prendre tout son sens à l’expression « faire son chemin de croix ». Alors, il ressort son vieil uniforme, datant des guerres indiennes, prend sa pétoire et part en guerre, seul contre tous.

« VALDEZ » est un western remarquablement équilibré, ne cédant jamais aux effets faciles d’un Michael Winner, ou aux excès sanguinolents très à la mode à l’époque. Au contraire, le réalisateur – venu du théâtre – insiste sur les visages, filme très bien le désert espagnol qui prend même une certaine grandeur sous sa caméra, et fignole les petits rôles : Richard Jordan est très drôle en fripouille ricanante, véritable raclure, prêt à tous les retournements de veste, et Hector Elizondo (« PRETTY WOMAN ») n’a qu’une scène, mais il s’y montre excellent. Même l’habituellement décevante Susan Clark a ses bons moments.

Mais « VALDEZ » appartient à Burt Lancaster, étonnamment crédible en Mexicain, qui traduit magnifiquement la transition entre le vieillard ventru et le vengeur implacable. Littéralement ressuscité par son désir de rédemption, Valdez retrouve tous ses réflexes de chasseur d’Apaches, et se révèlera un gibier des plus dangereux. Sobre, contenu, le regard infiniment las, Lancaster trouve là un de ses plus beaux rôles. Deux autres westerns d’égale qualité, « L'HOMME DE LA LOI » et « FUREUR APACHE » suivront, créant un chant du cygne idéal pour l’acteur, alors tout au bord du déclin.

« VALDEZ » mérite d’être réévalué à la hausse, car c'est un western intelligent, tournant le dos à la violence gratuite, et sa fin « ouverte », avec ces silhouettes dérisoires s’affrontant dans l’immensité de la montagne, est une formidable conclusion. « Ou alors… Vous pouvez payer les cent dollars », est la dernière réplique de Bob Valdez, avant le fondu au noir final. La boucle est bouclée. Presque un grand film…

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
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