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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 12:32

7 JOURS EN MAI (2)Le scénario de Rod Serling (l'homme de la « TWILIGHT ZONE ») décortique frontalement la parano de l'ère atomique, mais de l'intérieur. Prêt à signer un traité de désarmement 7 JOURS EN MAI (1)avec l'URSS, le président des USA doit affronter un général de sa propre armée, préparant un coup d'État pour parer à ce qu'il considère comme une faute politique majeure. Mais comme le dit le président, dans la réplique la plus éclairante du film : « Ce n'est pas lui, l'ennemi... C'est notre époque ».7 JOURS EN MAI (3)

Sec, dur, rigoureux, sans fioriture, « 7 JOURS EN MAI » est un film puissant et angoissant, dont l'ambiance rappelle « POINT LIMITE » de Sidney Lumet. Les décors sont minimalistes, le noir & blanc est contrasté, les visages légèrement déformés par l'emploi de focales courtes. Il en résulte un film théâtral à l’atmosphère indiciblement cauchemardesque, qui reste concentré sur son sujet, perdant un minimum de temps sur les à-côtés (le rôle d'Ava Gardner, vraiment pas indispensable). C'était la grande période de John Frankenheimer, qui dirige un cast grandiose de main de maître : le vétéran Fredric March en président âgé et vulnérable, mais transcendé par son 7 JOURS EN MAI (4)combat pour la démocratie est exceptionnel, Edmund O'Brien en sénateur ivrogne, Kirk Douglas (producteur du film) dans le rôle difficile du mouchard œuvrant pourtant pour la bonne cause. Mais c'est Burt Lancaster qui rafle la mise. Malgré un temps assez réduit à l’image, il crève littéralement l'écran dans ce rôle de général fascisant, enragé, à la présence intimidante. À côté de lui, Douglas a l'air d'un morveux et son magistral face à face avec March à la fin, tient du dressage de fauve. On a la sensation que Lancaster va dévorer le vieil homme tout cru !

Quelques répliques font mouche, comme l’ultime face à face entre le général et le colonel qui l’a dénoncé : « Savez-vous qui était Judas ? » demande Burt, vibrant de haine. « Je sais qui était Judas » répond Kirk, « C'était un homme pour lequel je travaillais et que j’admirais. Et il a déshonoré les quatre étoiles de son uniforme ». Magistral !

7 JOURS EN MAI

« 7 JOURS EN MAI » est un film bavard par essence, excessivement austère, mais dont on ne peut qu'admirer le culot (il fut tourné l'année de l'assassinat de JFK) et la maîtrise sans esbroufe. Un des grands films du réalisateur.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE BURT LANCASTER
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commentaires

PatrickA 26/01/2017 06:49

Où obtenir la VF ? (Elle existe...)

Patrick 14/03/2012 16:15

Je viens de le voir et comme vous dites c'est un film austère mais qui m'a déçu, je trouve que l'ensemble manque grandement de suspense.

Fred Jay Walk 14/03/2012 20:26



Certes. C'est plus une confrontation théâtrale qu'un suspense véritable.



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