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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 08:14

LEE MARVIN (4)Lee Marvin symbolise à lui seul ce qui fait la grandeur des acteurs U.S. : un physique insolite, un sens de la gestuelle adéquat pour chaque rôle, une voix inimitable et une réputation à faire pâlir de jalousie Gengis Khan. LEE MARVIN (5)

Ex-marine à 17 ans pendant la WW2 et second rôle dans les fifties, Marvin crée des ‘bad guys’ inoubliables, entre sadisme et pure caricature : le pistoléro insolent dans « LES MASSACREURS DU KANSAS » (il faut l’y avoir vu cracher sa chique sur Randolph Scott !), le gambler moustachu de « DUEL SANS MERCI », le hors-la-loi peloteur dans « LE RELAIS DE L’OR MAUDIT », le motard crasseux de « L’ÉQUIPÉE SAUVAGE », le voleur enrhumé dans « LES INCONNUS DANS LA VILLE », le kidnappeur désaxé de « A LIFE IN THE BALANCE » et surtout l’homme de main bestial de « RÉGLEMENT DE COMPTES » où il brûle le visage de Gloria Grahame avec du café bouillant, dans une scène anthologique.

Marvin est MP dans « COURRIER DIPLOMATIQUE », joue ‘Slob’ le cuistot libidineux de « SHACK OUT ON 101 », le voyou dégingandé de « UN HOMME EST PASSÉ », le malfrat qui bat Shelley Winters dans « LA PEUR AU VENTRE », le sergent assoiffé de sang de « THE RAID », le colonel arriviste LEE MARVIN (7)de « ATTAQUE ! », le cynique étudiant en médecine de « POUR QUE VIVENT LES HOMMES », le musicien jaloux de « LA PEAU D’UN AUTRE ». Il connaît un premier succès avec Big Masters, hors-la-loi pervers et intelligent de « 7 HOMMES À ABATTRE », qui demeure un de ses meilleurs rôles. Il est parfait en ruffian tonitruant dans « L’ARBRE DE VIE » où sa mort solitaire est le meilleur moment du film.

Parmi les rôles moins marquants de sa première période : le radio de « LA MARINE EST DANS LE LAC », le flic de « GORILLA AT LARGE », le marine crasseux de « OURAGAN SUR LELEE MARVIN (1) CAINE », le G.I. de « EIGHT IRON MEN » et l’officier dans « THE RACK ».

La TV lui apporte le succès au milieu des fifties avec le rôle de Frank Ballinger, flic impassible de la série « M-SQUAD » et Marvin retourne au cinéma avec des rôles plus substantiels : le trafiquant à moitié scalpé dans « LES COMANCHÉROS », le bandit d’opérette aussi cabotin qu’imprévisible de « L’HOMME QUI TUA LIBERTY LEE MARVIN (2)VALANCE », l’ex-sportif alcoolique de « LA NEF DES FOUS ». Son rôle de tueur à gages perplexe mais froid comme l’acier dans « À BOUT PORTANT », hisse définitivement Marvin au stade d’icône indéboulonnable.

L’Oscar pour sa double prestation dans « CAT BALLOU » (où il surjoue gaiement en tueur au nez d’acier et en ivrogne braillard) fait de lui une grande vedette des sixties et Marvin s’enferme alors dans une image de super ‘pro’ insensible, se montrant efficace en mercenaire réglo dans « LES PROFESSIONNELS », en officier indiscipliné dans « 12 SALOPARDS » (rôle qu’il retrouve dans la sequel TV « THE DIRTY DOZEN : THE NEXT MISSION »), en vengeur désincarné dans « LE POINT DE NON-RETOUR » et plus tard enLEE MARVIN (3) vagabond endurci dans « L’EMPEREUR DU NORD », en tueur policé dans « CARNAGE », en flic de la police montée dans « CHASSE À MORT », en gangster en fuite dans le film français « CANICULE », en officier dur à cuire dans « DELTA FORCE ».

L’autre facette de sa personnalité est stigmatisée par un goût prononcé pour la LEE MARVIN (6)grandiloquence et l’exhibition, parfois exécrable : le chercheur d’or chantant de « LA KERMESSE DE L’OUEST », le traîne-savate de « UN COWBOY EN COLÈRE », le contrebandier de « PAROLE D’HOMMES » ou parfois intéressant : le marine naufragé de « DUEL DANS LE PACIFIQUE ».

Le cowboy insoumis de « MONTE WALSH » se situe entre les deux courants et demeure un de ses plus beaux rôles.

John Frankenheimer avec qui il avait tourné pour la TV, offre à Marvin un de ses personnages les plus riches dans « THE ICEMAN COMETH », d'après la pièce d’Eugene MARVINsuite2O’Neill. L’acteur y campe un VRP grandiloquent, ex-ivrogne repenti, avec une verve inouïe.

Sa collaboration avec le réalisateur Sam Fuller, offre à Marvin le rôle du sergent emblématique de « THE BIG RED ONE / AU-DELÀ DE LA GLOIRE », personnage magnifique, même s’il vient un peu tard dans la carrière de Marvin. La scène où il transporte sur ses épaules, un enfant mort en camp de concentration, restera un sommet de sa carrière.

À la fin de sa vie, Marvin était surtout connu aux U.S.A. pour sa séparation tapageuse d’avec la danseuse Michelle Triola qui lui intenta un procès ultra-médiatisé. En ‘98, Pamela la veuve de Marvin publie « LEE : A ROMANCE », sur leur mariage et plus généralement sur la vie et la carrière de l’acteur. L’année suivante, John Boorman tourne un documentaire sur Marvin.

LEE MARVIN

À la TV, Lee Marvin apparaît en pilote dans « BAIL OUT AT 43.000 », en manager d’un robot boxeur puis en pistoléro couard dans deux épisodes de « TWILIGHT ZONE », en sergent odieux dans « COMBAT ! », en contremaître brutal et en imprésario amoureux dans deux « ROUTE 66 », en gangster ou en ripou dans trois épisodes des « INCORRUPTIBLES », en hors-la-loi qui kidnappe Lee J. Cobb dans « LE VIRGINIEN » (épisode réalisé par Samuel Fuller), en athlète d’origine indienne dans « THE AMERICAN », en prospecteur fêlé dans « BONANZA », en soldat passé à l'ennemi dans « THE CASE AGAINST PAUL RYKER ». Marvin collabore deux fois avec Sam Peckinpah : pour un « ROUTE 66 » et « THE LOSERS » où il forme un couple de joueurs avec son ami Keenan Wynn.

Aujourd'hui, il aurait fêté ses 87 ans. Happy birthday, Lee.

MARVINsuite

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS CULTE DE "WWW"
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commentaires

lemmy 26/02/2011 19:18


Jeff Bridges raconte qu'il a beaucoup appris avec "The iceman cometh", notamment de Robert Ryan qui était son principal partenaire de travail. Notamment qu'il fut surpris qu'un tel acteur puisse
encore avoir le trac, à quoi Ryan lui dit qu'il aurait vraiment peur s'il n'avait plus le trac, plus la peur de jouer.

Voilà une oeuvre qu'on ne verra jamais chez nous.


lemmy 21/02/2011 22:21


Oui, mais Lee Marvin n'en avait pas fait une habitude.

Avour que tu préfères chroniquer les horreurs de Lee Marvin ! Plus sérieusement, ce film dont je n'avais même jamais entendu parler est assez alléchant, vu l'auteur, le sujet et le casting : en
plus de Marvin, il y a Robert Ryan (son dernier rôle semble-t-il) et... Jeff Bridges !! C'est une pièce de théâtre filmée, un film, une film télé ? Y a-t-il un dvd avec de quelconques sous-titres
quelque part ?


Fred Jay Walk 22/02/2011 07:56



"THE ICEMAN COMETH" fait partie d'une collection de films cinéma, produite pour un circuit limité, éducatif. Les pièces y étaient
filmée en intégrale avec de grands castings et des réalisateurs prestigieux.


Le film ainsi que quelques autres, sont dispo en zone 1, mais sans sous-titre.



lemmy 21/02/2011 02:23


"The iceman cometh" ?! Et tu n'en as jamais parlé ?!

Marvin avait incontestablement un talent, une envie et une curiosité de comédien immenses, plus que celle d'un Bronson, avec toute une expérience de vie derrière. Dire que son dernier film est...
gulp...


Fred Jay Walk 21/02/2011 07:38



Oups ! C'est réparé, merci...


"THE ICEMAN COMETH" sera chroniqué un jour. Mais il fait presque 4 heures ! Il faut trouver le temps de le revoir. Pas évident !
Mais bientôt... Bientôt...


Quant à "DELTA FORCE" (gulp, oui !) ça vaut bien "DEATH WISH
5".



lemmy 19/02/2011 20:56


Quel comédien. Quelle présence. A la fois serpent et hyène cabotine selon son vouloir, et toujours décontracté. Quel dommage que cet homme à l'apparence d'un roc soit mort si tôt. Et tout comme
Bronson, il aura accédé au vedettariat sur le tard (enfin non, beaucoup moins tard que Bronson qui reste une exception, mais Marvin a vite blanchi), mais en proportion aura fait de meilleurs films
en vedette.


Fred Jay Walk 20/02/2011 08:41



Il n'y a vraiment que dans "THE ICEMAN COMETH" de Frankenheimer qu'on a pu voir tout ce que Marvin avait dans le ventre comme
comédien. Et il en avait beaucoup !


Dommage qu'on l'ait cantonné dans les films d'action, il aurait pu avoir de vrais beaux rôles dans de grands films. Son choix, je suppose... Heureusement, quelques perles surnagent quand même.
Sacré bonhomme, oui.



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