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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 09:13

Pour faire court, « LES PROFESSIONNELS », c'est une sorte de remake des « 7 MERCENAIRES » pour adultes. Non pas que le film de John Sturges soit infantile, mais il ne traite au fond que de problèmes inhérents au western : la solitude du pistolero, la fin d’une ère, etc., alors que le film de Richard Brooks parle tout simplement des guerres modernes, et de ceux qui les font : instigateurs et soldats, bourreaux et victimes.

Ici, quatre mercenaires, les meilleurs dans leur partie, sont engagés par un vieux et riche rancher, dont la jeune épouse mexicaine a été kidnappée. Il demande au quatuor de la lui ramener : « Une mission de pitié », dit-il. Émus malgré eux, nos « pros » passent la frontière, et arrivés là-bas, comprennent qu'ils ont été manipulés, utilisés : la femme n’a jamais été enlevée, elle a fui pour vivre avec son amour de jeunesse, un révolutionnaire. À l’époque, la critique avait fait le parallèle avec l’intervention au Vietnam. Aujourd'hui, il suffit de remplacer l’épouse par des « armes de destruction massive », et la comparaison se fait tout de suite lumineuse. Au-delà du western mouvementé et haut-en-couleurs, nous avons ici un grand film de guerre contemporain.

« LES PROFESSIONNELS » va vite, très vite, Brooks enchaîne les séquences à un rythme effréné, monte « cut », écrit des répliques cinglantes, pour un des plus beaux castings des sixties. Ce qui épate dans le film, au premier abord, c'est qu'il n’a pas pris une ride. Vraiment pas une. Il aurait pu être tourné l’année dernière, sans grand changement notable. Du moins du point de vue technique, car bon courage à celui qui oserait un remake, pour trouver des comédiens d’une telle trempe. Dans son premier grand rôle post-Oscar, Lee Marvin est un magnifique Rico, désabusé, amer, mais prêt à repartir au quart de tour : idéaliste un jour, idéaliste toujours. Dans un rôle inhabituel de « sidekick » quasi comique, Burt Lancaster s’amuse visiblement, Woody Strode est un archer inoubliable, et Robert Ryan, en ami des chevaux, campe le moins fascinant des quatre, mais aussi le plus humain, le plus « normal ». À leurs côtés, Claudia Cardinale, deux ans avant « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », en passionaria indomptable, et Jack Palance un peu âgé pour son rôle (il est censé avoir été élevé avec sa maîtresse !), plus sobre que de coutume.

La photo de Conrad Hall est une pure merveille, la musique de Maurice Jarre compte parmi ses meilleures, et le spectacle est total. Mais ce qui séduit le plus dans « LES PROFESSIONNELS », est que sous le cynisme, la dureté, l’avidité, subsiste comme une braise encore ardente, le besoin de pureté et de rédemption de ces « guns for hire », véritable microcosme américain. Le revirement final, pour peu plausible qu'il soit, fait évidemment chaud au cœur.

Dans « LES PROFESSIONNELS », les montagnes explosent, les femmes-soldats fument le cigare, les bâtons de dynamite transpirent, et les bonnes répliques fusent comme des flèches enflammées. C'est le meilleur film de Brooks, et il fait partie de cette élite de long-métrage qui supporte sans le moindre problème les re-visions multiples. Qui en profite, même.
PROS suite 

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