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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 17:07

MONTE WALSH (1)Il est des films vus il y a longtemps, dont on garde une bonne impression même si elle devient de moins en moins précise avec le temps. Puis quand on les revoit des années MONTE WALSHaprès, cruelle est la déception. L’inverse est finalement assez rare. Mais « MONTE WALSH » fait partie de ceux-là. Loin d’être une simple chronique nostalgique et réaliste sur la vie des cowboys à la façon de « LA POUSSIÈRE, LA SUEUR ET LA POUDRE », c'est un authentique chef-d’œuvre du genre, un vrai film crépusculaire qui n’a mêmeMONTE WALSH (3) pas recours à la violence pour rendre son discours plus attractif.

L'Ouest décrit par W.A. Fraker, chef-opérateur dont c'est un des rares films comme réalisateur, est en fin de vie. Les ranches sont vendus à des conglomérats de l’Est, le chômage sévit, les saloons sont déserts, les vieux cowboys se suicident, même les prostituées n’ont plus de boulot. Monte Walsh (Lee Marvin) refuse de voir et de croire à cette mort annoncée. Il continue de vivre comme il l’a toujours fait, aveugle au progrès et au temps qui passe inexorablement. Son ami de toujours Chet (Jack Palance) prend le train en marche, épouse une gentille veuve et devient épicier. Ce n’est pas ce qui lui sauvera la vie. Comme Monte, il est un MONTE WALSH (2)fossile vivant qui ne demande qu’à s’éteindre.

La vraie originalité de « MONTE WALSH » c'est que, malgré ce sujet sombre et même triste à pleurer, le film n’est jamais vraiment désespéré. Il est habité par une espèce de joie de vivre, de soif de liberté et de grands espaces. Certains morceaux de bravoure comme le dressage « à la dure » d’un mustang qui aboutit à la quasi-destruction d’une ville entière, sont extraordinaires.

Et le film est porté par Marvin, dans un de ses plus beaux rôles. Parfaitement dirigé, d’une sobriété jamais prise en défaut, il crée un personnage en trois dimensions, extrêmement attachant, à la fois primaire et sensible, voyou et fidèle à ses principes. Son visage parfois étonnamment juvénile contraste avec sa tignasse blanche de presque vieillard. Ses scènes avec Jeanne Moreau, jamais plaquées sur l’action, sont d’une poésie désarmante. Quant à sa relation avec Palance, nourrie par les trois films qu'ils firent déjà ensemble (« LA PEUR AU VENTRE », « ATTAQUE ! » et « LES PROFESSIONNELS »), elle est d’une évidence absolue. En brave type souriant et placide, celui-ci surprend. C'est sans doute son rôle le plus humain, le moins surjoué. À leurs côtés, on reconnaît les garçons-vachers habituels des seventies : Bo Hopkins, Mitch Ryan, Billy ‘Green’ Bush, Matt Clark, etc.

MONTE WALSH (4)

Porté par une BO inspirée de John Barry, « MONTE WALSH » fait en quelque sorte la charnière entre le western classique et l’épilogue révisionniste du genre, qui le clôtura au début des années 70. Pour le fan de Lee Marvin, c'est un ‘must’ total. La scène où il refuse de jouer dans ‘Wild West Show’ en disant « Pas question que je crache sur toute mon existence », est peut-être ce qu'il a fait de mieux à l’écran.

 

À NOTER : le film est récemment sorti en DVD zone 1 sans aucune publicité, dans une belle copie dotée de sous-titres anglais.

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commentaires

Cornélius 17/06/2011 14:32


En attendant une hypothétique rediffusion à la télévision (sans vraiment y croire) ou son édition en zone 2 (croisons les doigts), il nous reste la magnifique bande originale composée par John
Barry, décédé au début de cette année.
En 1970, il s'agissait là de sa première incursion dans le genre western.
Il décrochera le jackpot en 1990 en composant la musique de "Dances With Wolves" et recevra l'Oscar de la meilleure bande originale à cette occasion.
Entretemps, en 1981, John Barry aura collaboré de nouveau avec le réalisateur de "Monte Walsh", William A. Fraker, pour "The Legend of The Lone Ranger" (B.O. toujours inédite en cd).
La musique de "Monte Walsh" a été édité en 1999 en édition limitée (3000 exemplaires) par le label FSM (Film Score Monthly) mais il est devenu assez difficile de la trouver à présent.
La chanson titre "The Good Times Are Comin'", interprétée par Mama Cass (et non par Jeanne Moreau) vous met la larme à l'œil. Elle est emprunte de nostalgie et en dit long sur le devenir de Lee
Marvin et de Jack Palance : ils ne sont plus dans le coup, même si la chanson nous clame que les "bons moments sont à venir", on doit bien comprendre que leur temps est révolu.


lemmy 14/11/2010 21:54


Je l'ai vu il y a quelques années, c'est en effet un grand film, très marquant. Palance et Marvin y sont touchants, sans pleunicherie et... sobres. Je n'attends qu'un zone 2. Un Wild side serait le
bienvenu pour un tel film.


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