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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 08:39

HIGH SIERRA« HIGH SIERRA » est un film-charnière décisif dans la carrière d’Humphrey Bogart. D’abord parce qu'il est écrit par John Huston qui comptera beaucoup dans son avenir et surtout parce qu'il marque l’évolution idéale entre ses rôles de gangsters vicieux du passé et ses antihéros romantiques à venir.

Roy Earle semble (même si ce n’est pas le cas) avoir été écrit pour Bogart : caïd dans la lignée de Dillinger, il sort de huit années de prison. C'est unHIGH SIERRA (1) homme brisé, vieilli avant l’âge, un pied dans la tombe. En échange de sa libération, il doit accomplir un « dernier coup ». Associé à des voyous amateurs, flanqué d’un chien porte-poisse, il tente de retrouver l’espoir en s’amourachant d’une pure jeune fille, mais celle-ci le repousse. Alors seulement, il accepte l’amour inconditionnel d’une paumée qui n’a rien de pure et va tout droit à sa fin annoncée.

Le cheveu blanchi, la silhouette chétive, le masque lugubre, Bogart a rarement été plus émouvant que dans ce rôle de mort-vivant complètement largué par son époque, qui n’a plus sa place nulle part. Quelques éclairs de méchanceté (sa façon de gifler l’ex-flic ou de frapper un acolyte avec son arme) rappellent le dur à cuire qu'il a dû être. Mais aujourd'hui, Earle tire ses dernières cartouches et le sait parfaitement.

Face à l’acteur dans ce tout premier personnage annonçant sa mythologie en devenir, Ida Lupino est magique en « pauvre fille » qui passe d’un homme à l’autre sans illusion, espérant tomber sur un qui la battra un peu moins souvent. Son amour pour Earle est aussi beau que pathétique et l’épilogue fait d'elle une héroïne de tragédie antique. Parmi les seconds rôles, on reconnaît les jeunes Arthur Kennedy et Cornel Wilde surprenant en employé d’hôtel couard. Et comment ne pas mentionner ‘Pard’, l’extraordinaire petit chien qui symbolise – bien malgré lui – la mort inéluctable du gangster ?

HIGH SIERRA (2)

La mise en scène de Raoul Walsh est tellement fluide qu’on ne la « voit » à aucun moment et si la BO est parfois envahissante, « HIGH SIERRA » demeure un fleuron du ‘film noir’ et une œuvre-phare.

14 ans plus tard sera tourné « LA PEUR AU VENTRE », un remake inférieur mais pas inintéressant.

 

À NOTER : le film fut exploité en France sous le titre « LA GRANDE ÉVASION » peu utilisé aujourd'hui, parce qu'il fut repris par le blockbuster de John Sturges en 1963 et définitivement assimilé à cet énorme succès commercial.

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Published by Fred Jay Walk - dans POLAR - FILM NOIR ET ACTION
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