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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 11:18

Un western « psychologique » tourné en noir & blanc et centré sur un affrontement entre père et fils. Cela ressemble souvent à de la télévision, les décors sont assez pauvres et le véritable intérêt de « JICOP LE PROSCRIT » vient du portrait que fait le scénario des pistoleros de légende.

Loin d’être fêté en héros, Jacob Wade est carrément viré de toutes les villes où il tente de faire halte, ses anciens complices veulent sa peau, son fils le hait violemment. Rejeté de toutes parts, méprisé ou haï, Wade n’a rien d’un personnage « bigger than life », et pour couronner le tout, il commence à perdre la vue. Avant d’être complètement démuni, il tente de se réconcilier avec ce fils qu'il n’a pas vu depuis l’enfance, et qui le tient responsable – à tort – du suicide de sa mère.

C'est Jack Palance, alors en pleine ascension, qui incarne Wade. À 37 ans, il semble un peu jeune pour jouer ce « has been » lessivé, père d’un garçon d’une vingtaine d’années, mais par sa façon de se tenir, de marcher, par ses expressions douloureuses, il parvient à se montrer crédible de bout en bout. De plus, le choix de ses vêtements, de son chapeau ou même de ses bottes, participe de cette désacralisation du « gunman ». Wade n’a rien d’un héros de magazine, il ressemble plutôt aux vieilles photos d’époque, prises dans l'Ouest, au temps des guerres indiennes. Intéressante démarche…

Anthony Perkins joue le fiston névrosé dans la mouvance très à la mode de James Dean. Et les « villains » sont campés par quelques uns des plus beaux seconds rôles des années 50 : Neville Brand, Claude Akins, Elisha Cook, Jr. et Lee Van Cleef, en tireur d’élite vêtu de noir.

Hormis quelques séquences de capture de mustangs dans la montagne, une ou deux fusillades, « JICOP LE PROSCRIT » est un western « en chambre », concentré sur les conflits de ses protagonistes, et s’il manque certainement de lustre, il permet de voir Palance dans un rôle complexe, qui n’est pas sans évoquer le personnage de Gregory Peck dans « LA CIBLE HUMAINE ».

À noter tout de même, que ce film comprend deux anomalies énormes et incompréhensibles : d’abord le faux-nez dont on a cru bon d’affubler Jack Palance. Ses traits en sont modifiés, son visage perd de sa mobilité. Pourquoi ? Pour tenter de lui donner une apparence plus séduisante ? De le faire entrer dans le moule ? Et ensuite, le titre français extraordinaire : le personnage se nomme en v.o. Jacob Wade. Par quelle magie est-il devenu « Jicop » (un prénom inconnu, qui plus est) ?

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE JACK PALANCE
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