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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 18:27

MASQUE ARRACHE (1)Dès la première séquence du « MASQUE ARRACHÉ », la dramaturge Joan Crawford congédie l’acteur principal de sa nouvelle pièce qu'elle trouve trop laid. Évidemment, c'est Jack Palance. Ce qui n’empêche pas celui-ci de la séduire quelques semaines plus tard et même de l’épouser. Il faut dire qu’en plus d’écrire des pièces, Joan est une riche héritière et que Jack veut sa part du gâteau.MASQUE ARRACHE

Entre mélodrame sordide et ‘film noir’, « LE MASQUE ARRACHÉ » démarre plutôt bien et roule à un bon rythme de croisière jusqu'à ce que notre héroïne découvre le complot, grâce à son dictaphone (géant) qui a enregistré une conversation compromettante entre Palance et sa maîtresse Gloria Grahame, qui envisagent de l’assassiner dans les deux jours qui suivent. À partir de là, c'est la débâcle ! Le film devient subitement un one-woman-show et Crawford occupe pratiquement seule l’écran pendant une bonne heure : roulant des yeux, suant à grosses gouttes, couinant de désespoir, le sourcil en panique, elle offre à nos yeux ébahis le plus insensé des numéros de cabotinage en roue-libre qu'il soit donné de voir. Elle devient si exaspérante qu’on finit par souhaiter que Palance l’écrase avec sa voiture, ne serait-ce que pour qu'elle cesse de grimacer.

MASQUE ARRACHE (2)

C'est le gros point faible de ce film par ailleurs bourré de qualités, la belle photo noir & blanc n’étant pas la moindre. Jack Palance, maigre et le visage creusé, semble vraiment déplacé dans cet univers hollywoodien, mais sa présence dérangeante joue en faveur du suspense. Avec une tête pareille, comment ne pas s’attendre au pire ? Le duo machiavélique qu'il forme avec l’irremplaçable Gloria Grahame veut à lui seul qu’on voie le film. Dans un rôle effacé d’avocat chaud-lapin, le jeune ‘Touch Conners’ ne s’appelle pas encore Mike Connors et devra attendre encore quelques années pour devenir « MANNIX ».

« LE MASQUE ARRACHÉ » est donc un ‘vanity project’ monté pour complaire à Joan Crawford qui s’en donne à cœur-joie, au détriment du rythme. À 1 H 50, le film a bien vingt minutes de trop. Mais si on le voit avec humour, on peut trouver à s’y amuser…

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 20:19

BRONKEn 1975, après des années d’exil en Europe où il a tourné des ‘spaghetti westerns’ à la chaîne et des séries Z inavouables, le vétéran Jack Palance âgé de 55 ans, revient aux U.S.A. pour tourner le ‘pilote’ d’une série intitulée « BRONK » lui offrant le rôle-titre.

Palance a fait sa réputation comme « ennemi public n°1 » et psychopathe patenté. Aussi est-il curieux que les deux séries qu'il tourna en vedette : « LE PLUS GRAND CHAPITEAU DU MONDE » et « BRONK » lui aient donné des rôles excessivement positifs. Quasiment des saints !

Alex Bronkov, dit ‘Bronk’ est flic à Ocean City. Après la mort de sa femme dans un accident de voiture, il doit s’occuper de sa fille paralysée. Mais le film-pilote de 74 minutes nous démontrera que ce n’est pas pour cela que Bronk est prêt à être corrompu. À la mort de son co-équipier, il va rendre justice.

Le film fut réalisé par Richard Donner (« L’ARME FATALE ») et connut suffisamment de succès pour engendrer une saison de 24 épisodes.

Outre Henry Beckman, Tony King et Joe Mascolo, personnages récurrents, « BRONK » accueillit plusieurs ‘guests’ de choix : Michael Parks, Bill McKinney, William Smith (qui ressemble énormément à Palance !), John Colicos, Brooke Palance (fille de…), Sally Kirkland, Meg ‘blue eyes’ Foster, Mark Hamill (deux ans avant « STAR WARS »), Steven Keats, Pernell Roberts, Carl Weathers, Fernando Lamas, Bradford Dillman, Cameron Mitchell et Vic Morrow.

La production exécutive était assurée par l’acteur Carroll O’Connor et la BO signée par Lalo Schifrin. Who else ?

La série est demeurée complètement inédite en France. Les bonnes critiques qui ont accompagné sa diffusion à l’époque donnent en tout cas bien envie d’un petit coffret de l’intégrale.

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 19:58

Entre 1963 et ’64, alors qu'il avait déjà entamé sa carrière européenne et même tourné dans « LE MÉPRIS », Jack Palance était rentré au pays pour tenir la vedette d’une série qui dura deux saisons et 30 épisodes et intitulée « LE PLUS GRAND CHAPITEAU DU MONDE », inspirée du film quasi-homonyme de Cecil B. DeMille.GREATEST SHOW

Palance incarnait Johnny Slate, le directeur d’un cirque Barnum & Bailey, qui circulait à travers les U.S.A. C'est un de ses premiers rôles complètement sympathiques et l’acteur y présentait un visage serein et souriant très inhabituel.

La série racontait – comme le long-métrage de 1952 – les hauts et les bas des employés du cirque, les drames, les accidents.

Au fil des épisodes « LE PLUS GRAND CHAPITEAU DU MONDE » accueillit des ‘guest stars’ telles que : Tuesday Weld, Russ Tamblyn, Harry Guardino, José Ferrer, Brenda Vaccaro, Robert J. Wilke, Eddie Albert (ennemi juré de Palance dans « ATTAQUE ! »), Sal Mineo, James Coburn (Palance-Coburn, on aimerait bien voir ça !), Cliff Robertson, Felicia Farr, Tony Franciosa, Michael Parks, Dennis Hopper (qui débuta avec Palance dans « LA PEUR AU VENTRE »), Lucille Ball, Dorothy Malone, Steven Hill, Ellen Burstyn, Cornel Wilde (qui jouait dans le film original), Louis Jourdan, Jack Lord, Edmond O’Brien, Red Buttons, Barbara Bain et son mari Martin Landau (dans le même épisode), Yvonne De Carlo, Don Ameche, Brandon DeWilde (le gamin de « L'HOMME DES VALLÉES PERDUES » avec Palance), James Whitmore, Agnes Moorehead et même Buster Keaton.

Une série qui attire des invités de cette dimension ne peut pas être complètement mauvaise. C'est pourquoi « WWW » se doit de réclamer un coffret DVD de l’intégrale. D'ailleurs, la série fut jadis diffusée en France.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 08:14

ALICE palanceC'est drôle, cette sensation qu’on a, concernant le dernier « ALICE AU PAYS DES MERVEILLES ». L’impression que Tim Burton et son copain Johnny ont déjà tourné ce film plusieurs fois, ainsi que ses remakes, et que celui-ci vient s’empiler au-dessus des ALICE palance (1)précédents. Sans créer une réelle envie de le voir.

Quoiqu’il en soit, la sortie DVD du film a poussé les éditeurs U.S. à sortir des anciennes versions de l’œuvre de Lewis Carroll, comme celle de 1933 avec Cary Grant, Gary Cooper et W.C. Fields. Ainsi qu’une vraie rareté : « ALICE THROUGH THE LOOKING GLASS », une version télé réalisée en 1966 par Alan Handley. Visuellement cela se situe entre « LE MAGICIEN D’OZ » et un show de Maritie & Gilbert Carpentier, tout le monde chante et danse. Les puristes ne peuvent que hurler leur désarroi devant le sort réservé à leur héroïne préférée, mais franchement le cast vaut le détour : Judi Rolin (20 ans) joue Alice, aux côtés de Jimmy Durante, Agnes ‘Endora’ Moorehead incarnant la Reine Rouge, Ricardo Montalban étant le Roi Blanc. Mais la cerise sur le gâteau, la vraie raison de voir cette « chose », c'est encore Jack Palance.

Affublé d’une tenue de chauve-souris (oreilles comprises), de grandes cornes en plastique flasque, il joue le Jabberwock. L’ami Jack est connu pour sa propension à cabotiner, mais là, il n’en a jamais fait autant. JAMAIS ! Chantant, hurlant (« Je ne hurle pas », dit-il à Alice, « Je m’exprime toujours comme ça »), dansant et battant des ailes avec la grâce d’un orang-outang en état d’ébriété, Palance repousse en quelques minutes les frontières du n'importe quoi. On reste sans voix.

Donc merci à Tim Burton d’avoir au moins permis d’exhumer cet OVNI absolument insensé.

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 17:01

McMASTERSIl y en a quand même qui cherchent la bagarre. Le héros du « CLAN DES McMASTERS » est un ex-soldat noir qui revient dans sa ville natale du Sud, portant un uniforme nordiste. Il insiste pour épouser une squaw à l’Église, devient propriétaire terrien avec des Indiens comme garçons-vachers, et il s’étonne que les ploucs du coin lui fassent des misères !

Naïf et bien intentionné, ce western d’une extrême laideur est affreusement mal réalisé et photographié, monté à la tronçonneuse et joué bien au-dessous des normes habituelles. Les deux scènes de viol sont probablement les plus mal fichues du cinéma non-pornographique…

Tourné au début des seventies, le film montre les Indiens comme une bande de hippies errants, plus ou moins voleurs de poules et prônant l’amour libre. Pour bien enfoncer le clou, c'est David Carradine qui campe le guerrier principal comme une sorte de ‘Kwaï Chang Caine’ passé au fond de teint, mais tout aussi indolent. Le héros, Brock Peters, n’inspire pas vraiment la sympathie tant il est buté et irresponsable et le brave rancher Burl Ives qui l’adopte, lui donne son nom et lui offre ses terres paraît vraiment trop beau pour être crédible une seconde. La direction d’acteurs étant vraiment catastrophique, on ne peut même pas se consoler avec les seconds rôles : Jack Palance en raciste illuminé, passe son temps à bramer ses répliques en roulant des yeux d’épileptique en en mâchant sa chique. Il réserve généralement ce genre d’exhibition au ‘spaghetti western’. L.Q. Jones glousse et grince des dents et John Carradine joue un curé grandiloquent.

McMASTERS (1)

« LE CLAN DES McMASTERS » fait partie de ces films qu’on aimerait aimer, qu’on devrait aimer, mais qui sont tellement bâclés, tellement fauchés, si mal conçus dès l’écriture, qu'ils laissent une sensation de gâchis presque total.

Seule l’absence de « happy end » d’une belle lucidité, rattrape in extremis la mauvaise impression. C'est peu…

 

À NOTER : le film est sorti en Angleterre chez l’éditeur « HAND MADE FILMS » dans une copie moyenne mais visible, et en format carré qui semble être celui d’origine.

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 19:01

LA PEUR AU VENTRE (4)En 1941, John Huston adapte le roman de W.R. Burnett pour « HIGH SIERRA » signé Raoul Walsh. Le même réalisateur en signera sept ans plus tard un premier remake resitué dans l’univers du western avec « LA FILLE DU DÉSERT ».

LA PEUR AU VENTRE (1)En 1955, profitant du nouveau format CinémaScope et de la couleur, Stuart Heisler reprend le scénario d’origine pour faire « LA PEUR AU VENTRE » avec Jack Palance, révélé deux ans plus tôt par « L'HOMME DES VALLÉES PERDUES » dans leLA PEUR AU VENTRE (3) rôle créé par Bogart.

S’il n’était nullement indispensable – le film de Walsh n’ayant pas pris une ride – ce second remake vaut pour l’utilisation de l’écran large, la façon de filmer les magnifiques paysages montagneux et pour son casting étincelant.

Palance ne cherche pas à imiter Bogart qui apportait un romantisme amer à Roy Earle, mais recrée ce personnage de gangster déphasé et au bout du rouleau en l’incarnant comme un fauve blessé au calme trompeur, capable de terribles accès de violence. Le visage émacié, comme un masque d’angoisse, l’air constamment traqué, Palance donne une vraie LA PEUR AU VENTRE (2)épaisseur humaine à Earle, sans jamais cesser de faire peur. À ses côtés, Shelley Winters est très bien distribuée en « pauvre fille » irritante et émouvante, qui accepte de n’être qu’un pis-aller pour l'homme qu'elle vénère. Rien à voir avec l'inteprétation originelle d'Ida Lupino. Lee Marvin endosse un rôle ingrat de brute imbécile aimant tabasser les femmes et subissant une humiliante raclée de la part de Earle. On aperçoit un tout jeune Dennis Hopper dans une de ses premières apparitions à l’écran, en « djeuns » des fifties dansant le rock en costard-cravate.

Sans être un chef-d’œuvre du film noir, par la faute d’une réalisation trop sage et surtout de la comparaison inévitable avec « HIGH SIERRA », « LA PEUR AU VENTRE » est un film intéressant et un des grands rôles de Jack Palance qui ces années-là, enchaînait les films en vedette, avant son inexplicable exil européen et une carrière en dents de scie.

LA PEUR AU VENTRE 

À NOTER : le film qui figure déjà dans notre rubrique « LES RÉCLAMATIONS ! » est récemment sorti aux U.S.A. dans la collection Warner Archives, sans aucun sous-titre.

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 20:39

COOK PALANCEIl y a des duos d’acteurs qui sont tellement mythiques, tellement célèbres, qu'ils en sont gravés dans le marbre, et qu’on imagine mal qu'ils puissent se retrouver dans d’autres films, jouant d’autres rôles. Vivien Leigh et Clark Gable, par exemple…

Dans le domaine du western, une séquence de « L'HOMME DES VALLÉES PERDUES » est devenue anthologique : le meurtre du petit fermier ivre-mort et vantard Elisha Cook, Jr. par le tueur à gages à tête de mort Jack Palance. En pleine rue, dans la boue, une scène d’une sèche brutalité, qui a marqué la carrière des deux comédiens pendant des décennies.

Pourtant, ils avaient tourné ensemble la même année pour la TV dans « BRANDENBURG GATE », un film de la série « THE MOTOROLA TELEVISION PLAYHOUSE » réalisé par Ralph Nelson. Ils se retrouvèrent quatre ans plus tard pour « JICOP LE PROSCRIT » où Cook est à nouveau descendu par « Jack the Knife » après avoir tenté de l’abattre en traître. Et finalement en 1966 pour un double épisode de « DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX » (photos), où ils n’ont aucune scène ensemble.

Malgré cela, ils resteront à jamais les deux silhouettes face à face dans la rue boueuse, devant le saloon. Le bourreau et sa victime. L’oppresseur et l’opprimé.
COOK PALANCE (1)

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 12:43

« THE STRANGE CASE OF DR. JEKYLL & MR. HYDE » fut tourné en 1968 pour la TV américaine, avec une équipe anglaise et se veut une des adaptations les plus proches du roman de Stevenson jamais réalisée.
JEKYLL HYDE Palance 

D’une durée de deux heures, proposé en deux parties, ce téléfilm a pour principale vertu, outre un scénario soigneusement adapté, la présence de Jack Palance dans le double rôle. JEKYLL HYDE Palance (1)D’une extrême affabilité en Jekyll, avec un faux nez (pour adoucir ses traits, probablement), des petites lunettes et une voix douce, presque flutée, il parvient à faire oublier son image de « bad guy », avant de la laisser exploser dans le personnage de Hyde. Celui-ci est une sorte de caricature de Palance lui-même : échevelé, l’œil fou, le rire satanique, le souffle court, l’acteur se laisse complètement aller, et parvient à être souvent effrayant. Il est bien entouré d’acteurs anglais comme Denholm Elliott, Leo Genn ou Billie Whitelaw.

Hélas, le film fut tourné en vidéo, à une époque où la HD n’était encore qu’un rêve, et la laideur de l’image, la crudité de la bande-son, font de « THE STRANGE CASE OF DR. JEKYLL & MR. HYDE » un spectacle pénible à regarder aujourd'hui.

Le producteur Dan Curtis réalisera lui-même quelques années plus tard « DRACULA ET SES FEMMES-VAMPIRES », également avec Palance dans le rôle-titre, mais hélas… toujours en vidéo !

 

À NOTER : Jack Palance remplaça au pied-levé Jason Robards, qui devait tenir le double rôle, et avait même posé pour des photos de maquillage.

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 18:45

Classique du western parmi les classiques, « L'HOMME DES VALLÉES PERDUES » fait partie de ces films appréciés par ceux qui n’aiment habituellement pas le western. Mélodrame familial, drame « historique » sur les guerres entre éleveurs et fermiers, portrait d’un pistolero balayé par l’Histoire qui avance, aventure initiatique d’un bambin, et même love story, ce film réunit effectivement tous les publics. À le revoir, près de 60 ans après sa réalisation, il apparaît comme un modèle inaltérable, au scénario structuré, très joliment photographié, et cadré avec un soin maniaque.
À peine pourra-t-on déplorer un abus de séquences nocturnes visuellement fades, et un personnage féminin sans aucun relief.

Les thèmes de « L'HOMME DES VALLÉES PERDUES » sont nombreux, sous sa façade de simplicité biblique : la nature que l’on voit constamment à l’arrière-plan est magnifique et inviolée, alors que la terre habitée par l'homme est boueuse, pelée, d’une évidente laideur. Comme si George Stevens mettait dans le même sac pionniers, éleveurs et fermiers qui souillent le vieil Ouest, alors que Shane ne fait que le traverser, sans l'abimer. Quant au rôle de celui-ci, il est des plus ambigus : en s’installant dans cette famille (trop) idéale, Shane n’a au fond qu’une envie : prendre la place du mari et père. Et il y parvient d'ailleurs si bien, que le fermier s’en rend compte, sans lui retirer son amitié. Mais Shane ne fait plus partie des vivants, ce qu'il reconnaît d'ailleurs lui-même en parlant à Rufe Ryker, et au fond, seul compte son face à face avec son alter-ego maléfique, l'homme à tête de mort, Wilson (incroyable Jack Palance, dans un rôle pourtant effacé, sans le moindre gros-plan), le reste n’était qu’un rêve pieux. Le dernier plan, montrant Shane blessé, courbé sur sa selle, laisse subtilement entendre qu'il n'en a plus pour longtemps, et qu'il s'apprête à entrer dans la légende.

En revoyant ce film, on reconnaît de nombreux détails qui ont influencé les œuvres réalisées des années plus tard par Clint Eastwood, qu'il s’agisse de « PALE RIDER » (remake déguisé) à « GRAN TORINO » (encore plus déguisé).

Alan Ladd, acteur généralement insipide, y trouve le rôle de sa vie, sa réputation de tueur, contrastant avec son allure de vieil adolescent blond. Elisha Cook, Jr. est excellent en fier-à-bras abattu par Palance dans la scène la plus célèbre du film, et Ben Johnson tient un rôle secondaire mais intrigant. Quant à Emile Meyer, dans le rôle de Ryker, son rôle est écrit sans manichéisme, puisqu'on en vient presque à comprendre ses motivations.

En oubliant d’être agacé par les mimiques du petit Brandon DeWilde, un peu trop présent, « L'HOMME DES VALLÉES PERDUES » procure toujours la même émotion, le même enthousiasme, six décennies plus tard, et compte quelques unes des bagarres à poings nus les plus réalistes filmées à l’époque.

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 16:42

« LE SORCIER DU RIO GRANDE » (encore un titre français complètement à côté de la plaque !) est un film très ardu à voir aujourd'hui avec les mêmes yeux que le public de 1953. Les mentalités ont tellement changé par rapport à l’Histoire des Indiens d’Amérique, que les rôles des protagonistes du film de Charles Marquis Warren s’en retrouvent pratiquement inversés.

Celui qu’on présente comme le « héros », l'homme blanc, le scout inspiré du célèbre Al Sieber, est un raciste fanatique décomplexé que sa haine viscérale des Apaches fait grincer des dents à chaque fois qu'il en croise un. Il couche avec une métisse qu'il méprise ouvertement dans une relation sado-maso plutôt osée pour un film de cette époque. Et quand elle se suicide après avoir tenté de le tuer, il dit simplement « Il y a une Apache morte, ici. Sortez-la ». Le jeu grimaçant et torturé de Charlton Heston, son expression dégoûtée, ne font rien pour rendre le personnage plus sympathique. Quand il s’explique enfin sur les raisons de sa haine, c'est déjà trop tard. Son compte est bon...


De l’autre côté, se trouve Toriano le fils du chef qui rentre du collège pour soulever son peuple et empêcher l’armée de l’envoyer dans une réserve en Floride. Exalté, charismatique, avec un ego légèrement surdimentionné, on peine à le trouver antipathique même si Jack Palance et le scénariste se donnent beaucoup de mal. C'est un faux-messie et alors ? Il refuse de rester esclave et alors ? On ne peut s’empêcher de prendre parti pour cette tribu décimée et humiliée. À quel point était-ce voulu lors du tournage ? Impossible à dire. Quoiqu’il en soit, la scène où Palance habillé en visage pâle ôte soudain son chapeau, laissant tomber ses cheveux longs sur ses épaules, est un véritable morceau de bravoure : le loup s'était juste déguisé en agneau.

Le face à face entre ces deux comédiens volontiers « bigger than life », jouant deux hommes qui se haïssent à un point frisant la démence, est le point fort du film même si leur combat final est expédié et décevant. Autour d’eux, Katy Jurado parfaite en métisse ambiguë et sensuelle, Brian Keith en officier brave mais obtus et des figures du western comme Robert J. Wilke, Milburn Stone, Frank DeKova.


« LE SORCIER DU RIO GRANDE » aurait parfaitement pu se passer de l’histoire d’amour bidon entre Heston et la veuve d’un capitaine, mais il reste un bon western, solide et prenant et presque soixante ans plus tard, empreint d’une ambivalence inaccoutumée. Rares sont les films – et plus encore les westerns – où on peine à prendre parti pour un des camps en présence. Le film vaut le coup d’œil, rien que pour cela.

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