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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 17:28

HESTON (1)Son journal paru dans les seventies révéla un Charlton Heston donneur de leçon ultraconservateur, soignant jusqu’à la parodie son personnage de Grand Homme, mari fidèle, père modèle, ami des présidents et présentateur d’émissions-hommage ou de cérémonies des Oscars. Ses prises de position trente ans plus tard sur le port d’armes, ontHESTON (2) largement terni son image.

Le réalisateur Franklin J. Schaffner est un des rares à avoir pleinement su utiliser l’encombrante carcasse et le grimaçant faciès de l’immense Charlton, empêtré dans son passé de super-héros biblique au point que « ses ailes de géant l’empêchent de marcher ». Pour Schaffner, Heston est « MACBETH » à la TV et se montre grandiose en châtelain amoureux dans « LE SEIGNEUR DE LA GUERRE » et en astronaute amer dans « LA PLANÈTE DES SINGES », personnage qu’il retrouve en simple ‘guest’ dans « LE SECRET DE LA PLANÈTE DES SINGES » où il prend quand même le temps de faire sauter la Terre !

Charlton Heston débute ado dans deux films d’amateur : le rôle-titre de « PEER GYNT » et Marc-Antoine dans « JULIUS CAESAR ». Dans les fifties, l’acteur commence par des séries HESTON (3)B : le vétéran amer de « LA MAIN QUI VENGE », le guide raciste dans « LE SORCIER DU RIO GRANDE » où il a une superbe scène de combat avec Jack Palance, le rôle-titre du « TRIOMPHE DE BUFFALO BILL », le planteur de « QUAND LA MARABUNTA GRONDE ». Il est moins convaincant en pseudo-Indien dans « LE FILS DE GÉRONIMO » ou en riche Sudiste dans « LA FURIE DU DÉSIR ».

Il s’impose par ses rôles ‘bigger than life’ : le boss du cirque dans « SOUS LE PLUS GRAND CHAPITEAU DU MONDE », Moïse dans « LES 10 COMMANDEMENTS », le contremaître jaloux dans « LES GRANDS ESPACES » et bien sûr le prince juif de « BEN-HUR », rôle-somme qui le résume parfaitement.

Orson Welles lui fait jouer un flic… mexicain dans « LA SOIF DU MAL ». On le revoit en chasseur d’épaves dans « CARGAISON DANGEREUSE » et à nouveau « épique » dans le rôle-titre du « CID ».

La décennie suivante capitalise sur cette image emblématique : l’officier dur à cuire des « 55 JOURS DE PÉKIN », le planteur intraitable dans « LE SEIGNEUR D’HAWAII », Michel-Ange dans « L’EXTASE ET L’AGONIE », le général anglais de « KARTHOUM » où son accent est étonnamment crédible, Jean le Baptiste dans « LA PLUS GRANDE HISTOIRE JAMAIS CONTÉE », le chef d’orchestre de « LA SYMPHONIE DES HÉROS ».HESTON (4)

C’est en jouant à contremploi un cowboy usé et illettré, que Heston est à son meilleur dans le trop méconnu « WILL PENNY, LE SOLITAIRE ». Il est parfait en militaire hanté par la déchéance, dans « MAJOR DUNDEE », film qu’il aide à achever en cédant une partie de son salaire. Les seuls films montrant l’autre côté de l’acteur, un semblant de vulnérabilité.

Heston a du mal à trouver sa place dans le cinéma en évolution des seventies mais se montre crédible en héros de SF torturé : le messie solitaire dans « LE SURVIVANT », le flic cynique du futur dans « SOLEIL VERT ». Il finit par s’égarer dans d’antédiluviens films-catastrophe : l’architecte adultère de « TREMBLEMENT DE TERRE », les pilotes héroïques  de « ALERTE À LA BOMBE » et « 747 EN PÉRIL », l’officier de « LA BATAILLE DE MIDWAY », le flic dans « UN TUEUR DANS LA FOULE », le capitaine de « SAUVEZ LE NEPTUNE ! » et des westerns, tels « LA LOI DE LA HAINE » en shérif dont la fille est kidnappée.

Il excelle dans deux rôles historiques où il est méconnaissable : Henry VIII dans « THE PRINCE AND THE PAUPER » et le cardinal de Richelieu dans « LES TROIS MOUSQUETAIRES » et « ON L’APPELAIT MILADY » où Heston va jusqu’à changer son timbre de voix, se rendre physiquement presque fragile.

HESTON (6)Il poursuit sa carrière de symbole biblique en jouant le narrateur d’une série documentaire sur le Nouveau Testament, très simplement titrée « CHARLTON HESTON PRESENTS THE BIBLE ».

Et se découvrant de l’humour sur le tard, le vieux ‘Chuck’ joue (enfin !) le rôle de… Dieu dans « UN ANGE… OU PRESQUE » et apparaît dans des ‘caméos’ : le pompiste shakespearien de « WAYNE’S WORLD 2 », le puissant rancher de « TOMBSTONE » (où il est à peine identifiable), le savant de « SOLAR CRISIS », le supérieur borgne de Schwarzie, son évident successeur dans le star system dans « TRUE LIES », l’éditeur dans « L’ANTRE DE LA FOLIE ».

Heston apparaît en méchant braconier dans « ALASKA » réalisé par son fils Fraser, en officiel du foot dans « L’ENFER DU DIMANCHE ». Il obtient ses meilleures critiques depuis des lustres dans le « HAMLET » de Kenneth Branagh, où il joue avec puissance l’acteur interprétant sur scène le rôle du roi. Il apparaît sous un maquillage simiesque dans le remake raté de « LA PLANÈTE DES SINGES » et joue le père d’Andie McDowell fan d’armes à feu (de l’humour, on vous dit !) dans « POTINS MONDAINS ET AMNÉSIES PARTIELLES ».

Il termine son long parcours en jouant les faire-valoir de… Christophe Lambert (un vieux dans un hospice dans « GIDÉON ») ou Jean-Claude Van Damme (le père du karatéka dans HESTON (5)« THE ORDER ») dans des séries Z internationales.

Il réalise lui-même « ANTONY AND CLEOPATRA » (où il joue Marc-Antoine pour la 3ème fois, après son film de jeunesse et un remake de ‘70) et « LA FIÈVRE DE L’OR » où il est un méchant chercheur d’or, prête sa voix ‘off’ au film de Sword & Sorcery « THE LORD PROTECTOR » et à « ARMAGGEDON », au cartoon « HERCULES », à un chien dans « COMME CHIENS ET CHATS ».

Outre son journal, Charlton Heston publie son autobiographie : « IN THE ARENA » en ‘95, ouvrage plus sympathique et plein d’ironie sur lui-même. On ne peut en dire autant de sa présidence de la NRA, de son édito belliqueux chaque semaine dans « GUNS & AMMO » et de sa campagne en faveur du droit de port d’armes pour tous, qui lui valut une belle volée de bois vert médiatique. Interviewé dans le documentaire « BOWLING FOR COLOMBINE », il y est impitoyablement ridiculisé. Eh oui… Même Dieu avait fini par vieillir.

En 2002, il annonce à la presse qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer qui finira par l’emporter.

HESTON

À la TV, on le voit à ses débuts dans le rôle de Heathcliff dans « LES HAUTS DE HURLEVENT », de Petruccio dans « LA MÉGÈRE APPRIVOISÉE », il incarne la bête humaine de « LA BELLE ET LA BÊTE », un étudiant infirme dans « OF HUMAN BONDAGE », le chirurgien amoureux de « THE WILLOW CABIN », un journaliste dans « THE WINGS OF THE DOVE », un privé borgne dans « THE FUGITIVE EYE », Roosevelt dans « FDR ». Bien plus tard, il est business man dans le ‘soap’ « LES COLBY », chasseur africain dans « NAIROBI AFFAIR », politicien du Sud dans « CHIEFS », rancher intraitable dans « PROUD MEN ». Heston tient des rôles de répertoire tels Sherlock Holmes dans « THE CRUCIFER OF BLOOD » (qu’il avait créé au théâtre), Long John Silver dans « TREASURE ISLAND » réalisé par son fils Fraser, Sir Thomas More dans « A MAN FOR ALL SEASONS » qu’il réalise lui-même. On le voit en parrain mafieux dans « ORIGINAL SIN », en patriarche Mormon dans « THE AVENGING ANGELS », en savant dans « SEAQUEST : POLICE DES MERS », en papy écossais dans « THE LITTLE KIDNAPPERS » et une fois encore en pilote héroïque dans « 1000 HEROES ». Il apparaît (et dans son propre rôle) dans le ‘soap’ « AMOUR, GLOIRE ET BEAUTÉ », ainsi que dans « FRIENDS », où Joey utilise la douche de sa loge.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS CULTE DE "WWW"
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commentaires

Dordain 20/05/2011 22:57


Charlton Heston fait partie de cette génération d'américains qui a basculé du soutien au mouvement des droits civiques à la présidence de la NRA entre la fin des années 60 et le début des années
70. Peut être le Watergate et la dérive que connaissait les USA à cette époque peuvent-ils expliquer cette dérive.

Il n'en demeure pas moins qu'il fût un acteur exceptionnel et qu'il était même possible de lui adresser la parole en toute simplicité. Régulièrement, il participait à des tournois de tennis dans le
Sud de la France dans les années 80 et, les rencontres terminées, il était alors possible de converser avec lui sur son immense carrière. En comparaison, combien de "grandes vedettes" d'aujourd'hui
sont-elles accessibles de nos jours ?


KInskiklaus 05/03/2011 20:32


Yep, ce n'est pas toujours évident...D'autant plus qu'à l'heure d'internet, il demeure de plus en plus difficile de débarquer "vierge" devant un film ou tout autre support artistique d'ailleurs. Je
n'oserai dire le contraire, ce n'est pas évident... Comme vous le savez, je ne parle pas pour Wayne, connaissant trop peu sa filmographie.


Dino Barran 05/03/2011 20:00


Sur BIG JIM MCLAIN, voici un lien vers un avis anonyme, mais intéressant :
http://films.nonutc.fr/2011/01/27/big-jim-mclain-edward-ludwig-1952/


Fred Jay Walk 05/03/2011 20:45



Oui, intéressant. Mais je préfère ne pas voir le film. Je m'en voudrais de ne plus arriver à voir de films avec le "Duke" après !



Kinskiklaus 05/03/2011 19:18


Mêmes opinions personnelles concernant Moore. Parfois, il filme comme le ferait TF1. Sensationnalisme de bas étage...
Pour Heston comme pour Wayne, il faut faire abstraction de leurs idées politiques ou autres. Un bon acteur est un bon acteur, point. Je considère, dans un autre registre Céline, comme un très grand
écrivain. Et pourtant je porte un nom juif. Il faut vraiment écarter au maximum les idées que nous nous faisons des artistes que nous admirons pour tenter d'être le plus vierge possible devant
leurs oeuvres.


Fred Jay Walk 05/03/2011 19:29



Je suis d'accord. Mais... ce n'est pas toujours évident.


Raison pour laquelle je me suis toujours refusé à voir "BIG JIM McLAIN" où John Wayne fait l'apologie de son ami le sénateur
McCarthy.



Isa 05/03/2011 18:50


J'ignore encore comment on peut passer des manifestations en faveur des droits civiques et pour la défense du peuple noir à la NRA et les soutiens anti-avortement... c'est très triste... J'ai adoré
ce type en tant qu'acteur, et je continue à l'adorer, c'est sans doute pour cela que c'est d'autant plus pénible de réfléchir à son parcours de vie.

Cette scène de "Bowling for Colombine" était cruelle et déservait à mon sens le propos de M. Moore. Ce n'est pas en ridiculisant ainsi les "intervenants" qu'on parvient à élever son propos et à
sensibliser les populations sur des sujets graves ou sensibles. Moore est un agitateur, j'ai beau soutenir les grandes causes sociales et politiques de notre temps, je ne parviens pas à me faire au
style Moore, son parcours me semble vain et insultant, il s'enfonce dans ses propres faiblesses, c'est très dommage car ses combats sont justes. Et c'est vrai, je lui en veux terriblement de nous
avoir montré le corps décrépi de Charlton Heston, sa santé mentale évanouie. Je ne voulais pas de cette ultime portrait.
Quelque part en moi il y a une ado qui espère encore que Charlton Heston a été atteint de la maladie d'Alzheimer bien avant de le savoir lui même, expliquant ainsi tous ses égarements
socio-politiques. Bien sûr, je sais que ce n'est pas le cas.

Je préfère me souvenir de lui luttant aux côtés de Martin Luther King, et dans La Planète des Singes, Soleil Vert, Ben-Hur...

Difficile de "détruire Dieu"...


Fred Jay Walk 05/03/2011 19:05



J'avoue que la fameuse scène dans le film de Moore m'avait laissé aussi sur un gros malaise. Quel intérêt de rabaisser un homme âgé qui fut un grand monsieur ? Trop facile, cruel, inutile...


En fait, je n'ai plus jamais vu de film de M. Moore depuis celui-là.



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