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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 12:56

Acteur irlandais, au style curieusement très américain, puisque fortement influencé par la « Méthode » de Lee Strasberg, Richard Harris a naturellement trouvé le succès aux U.S.A. dans les années 70, grâce à quelques rôles forts. Acteur puissant, volontiers excessif, sombrant parfois dans un cabotinage tel qu’on ne comprend pratiquement plus ses personnages, Harris a tourné plusieurs westerns, un ou deux chefs-d’œuvre, des films marquants et des nanars innommables. Les jeunes générations le connaissent pour son rôle de Dumbledore dans les premiers « HARRY POTTER », mais Richard Harris malgré ses dérives, ses tentatives malheureuses, aura tout de même marqué l’Histoire du western.

Son premier film du genre le confronte à Charlton Heston dans « MAJOR DUNDEE », de Sam Peckinpah. En officier sudiste insoumis et cynique, Harris s’intègre parfaitement dans l’univers âpre du réalisateur et dans les décors mexicains du film. Si la facture de « UN HOMME NOMMÉ CHEVAL » a aujourd'hui beaucoup vieilli, le film contient suffisamment de moments forts pour rester un aïeul tout à fait honorable à « DANSE AVEC LES LOUPS ». Dans son rôle de lord anglais adopté par une tribu indienne, Richard Harris donne de sa personne et compose un personnage à facettes. Il reprendra d'ailleurs ce rôle dans l’intéressant « LA REVANCHE D’UN HOMME NOMMÉ CHEVAL », et le banal « LE TRIOMPHE D’UN HOMME NOMMÉ CHEVAL ». Harris finit de s’imposer dans le genre, grâce au formidable « LE CONVOI SAUVAGE », où il incarne un guide de convoi laissé pour mort après une attaque de grizzly et qui se reconstitue peu à peu, par sa seule volonté de vengeance. Le visage expressif de l’acteur, sa rage naturelle, donnent un magnifique relief au film tout entier.

Ça se gâte nettement avec « LE SHÉRIF NE PARDONNE PAS », commencé par Samuel Fuller qui, excédé par le comportement erratique de l’acteur, quittera rapidement le plateau. Lâché en roue-libre, Harris n’a jamais été aussi mauvais que dans ce western atrocement mal filmé, au scénario décousu, qui lui donne un rôle de shérif rendu fou par l’assassinat de sa femme. Grimaçant, gémissant, comme une imitation ratée de Brando, Richard Harris met à mal son image et ne sort pas grandi de cet échec.

Il revient heureusement au western avec « IMPITOYABLE », dans le rôle secondaire d’un pistolero narcissique, massacré par Gene Hackman qui le ridiculise en l’appelant « The Duck » au lieu de « The Duke », son surnom plus valorisant. Son dernier western sera « LE GARDIEN DES ESPRITS », un ratage signé Sam Shepard, où il est le père du regretté River Phoenix.

Acteur incongru dans le Far West hollywoodien, ce contemporain de Peter O’Toole et Albert Finney a su y laisser sa marque, pour le meilleur mais aussi pour le pire.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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Chris 28/05/2014 02:13

LE CONVOI SAUVAGE n'est pas seulement beau, c'est surtout un film très étonnant, qui mérite qu'on s'y attarde un peu... C'est un film à part. Rempli de mystère. D'une force erratique, une puissance
naturelle... Il s'agit d'un voyage initiatique en pleine nature, d'un homme au départ laissé pour mort, qui normalement ne devrait pas s'en sortir. Mais voilà, il se trouve que l'homme est
prédestiné et qu'il possède en lui les moyens physiques et psychiques de survivre. L'homme auparavant n'avait jamais trouvé de réponses ni de sens à sa vie, et il va, à travers cette expérience,
trouver des réponses... C'est un film d'une très grande dureté. Quand on voit le corps meurtri de cet homme, qui rampe, comme une dépouille sanglante, qui s'enfouit sous le sol pour se camoufler,
ou qui cherche à se nourir quasiment de n'importe quoi... Alors que va-t-il trouver comme réponses? Il va rencontrer la Source universelle. Celle de toute foi en quelque chose, qui dans le film est
symbolisée par le flot d'une rivière. L'eau qui régénère, qui purifie, l'eau qui donne une nouvelle naissance. Et l'esprit au départ troublé de cet homme, par son aversion pour le message religieux
traditionnel, mais aussi sa soif de vengeance, va trouver la paix, la force de croire finalement en l'essentiel: l'amour pour son fils. Et en effet, à la fin du film, il n'éprouvera plus du tout
l'envie de se venger, contrairement à ce qui se passe en général dans le western et "ses héros redresseurs de torts". De même qu'il aura, dans une très jolie scène auparavant, épargné la vie d'un
lapin blanc, dont la patte est cassée comme lui, et il va le soigner... À la fin, donc, il est convaincu qu'il faut épargner ceux qui l'ont laissé mourir. Or, ce que le film nous montre, c'est que
cette conviction, qui apparaît plus comme une force qu'une faiblesse, ne pouvait aboutir au plus haut point qu'après être revenu d'une expérience totale, terrible... Enfin, il y a aussi son rapport
avec les indiens. Ils sont également présentés comme des hommes qui vivent en pleine nature. C'est par exemple une femme qui donne naissance à un enfant dans la forêt, ou un chef indien en
communion sous la pluie. De plus, il va être comme protégé par le talisman d'un indien du convoi, et gagner l'estime du chef indien qui choisira lui aussi de l'épargner... C'est quand même très
étonnant, cette dimension quasiment spirituelle, qui apparaît à ce point comme thème central, dans un western. Et dans ce cas, on aime être étonné! Et bien sûr, revoir le film!

lemmy 12/07/2011 10:50


Je viens de voir "Le convoi sauvage". Sacré film. J'ai pas mal pensé à Herzog en le voyant.


Fred Jay Walk 12/07/2011 17:59



J'hésitais à le revoir. Peur d'être déçu... Tu me rassures !



lemmy 30/03/2011 00:33


J'ai enfin vu "la revanche d'un homme nommé cheval" et je l'ai trouvé pour le moins laborieux dans la redite des moments forts du premier épisode, qui sont amenés car... il faut bien les amener
quoi, agrémenté de l'idée que les indiens sont frères avec "Cheval", mais ne peuvent rien sans l'homme blanc pour les guider. Malgré tout, c'est pas bien de dire ça, mais la séquence rituelle avec
Harris et les autres indiens attachés par la poitrine en train d'être en transe, avec des plumes leur donnant des oreilles à la Mickey et tout en utilisant un sifflet est assez... déconcertante. Et
les séquences de "trip" ne sont pas vraiment du niveau de 2001... Sans compter que les indiens ont l'air mexicain et n'ont pas de réelle identité propre... J'ai pas une envie folle de voir le 3ème
volet...


Fred Jay Walk 30/03/2011 08:17



J'ai un souvenir lointain de ce 2ème opus. Je me souviens d'un beau début en Angleterre, mais c'est à peu près tout. Pas vu le 3ème, mais c'est apparemment une resucée sans intérêt et Harris n'y
fait qu'un rapide "caméo".


Quelqu'un l'a vu ?



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