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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 18:19

« LES TIENS, LES MIENS, LE NÔTRE » est une bonne grosse comédie américaine, proche de la sitcom, qui met en vedette Lucille Ball, sorte d’Annie Cordy made in U.S., dans un scénario poussif, à l’humour lourdement réac, qui pourrait servir de promo aux ligues anti-avortement.

Comme Melville Shavelson est aux commandes, il y a heureusement quelques bonnes réparties, un ton parfois acidulé à la Neil Simon, mais la voix crispante de Lucille (le rire, surtout !), et l’agitation permanente générée par les dix-huit marmots, finissent par taper sur les nerfs.

S’il faut une seule raison pour voir ce film (qui fut d'ailleurs récemment « remaké »), ce sera pour juger sur pièces de l’extraordinaire versatilité d’Henry Fonda. Il joue ici un officier de marine, assez proche de ce qu'il fit dans « PERMISSION JUSQU'À L’AUBE », veuf et père de dix enfants, qui tombe amoureux d’une veuve, mère de huit bambins. Le rôle semble écrit pour Cary Grant, mais Fonda ne démérite pas, joue de sa rigidité naturelle, et s’efface humblement derrière sa partenaire.

Ce qui est vraiment intéressant, c'est qu'il tourna « LES TIENS, LES MIENS, LE NÔTRE » la même année que « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », et qu'il porte dans les deux films le même prénom : Frank ! Difficile d’imaginer deux emplois aussi opposés. Cela tient de la prouesse.


L’admirateur du grand « Hank » trouvera donc son bonheur (plus ou moins) dans la vision de cette comédie antédiluvienne, qui évoque les vieilles pubs américaines pour machines à laver, les autres se laisseront plutôt tenter par le remake avec Dennis Quaid et René Russo, qui n’a pas dû avoir beaucoup de mal à faire oublier Lucille Ball.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 16:45

Plus qu’un western, au-delà d’une comédie, « ATTAQUE AU CHEYENNE CLUB » n’est en réalité, qu’un prétexte à réunir deux amis de trente ans, pour un tandem mémorable. James Stewart et Henry Fonda avaient récemment tourné un autre western, « 5 HORS-LA-LOI », sombre et à demi réussi, où ils passaient tout le film à se tirer dessus. Le but ici, était de tirer parti de leur vieille complicité, probablement très proche de celle liant John et Harley, les deux cowboys. Le nom de Gene Kelly à la réalisation surprend un peu, sans qu’on puisse réellement déceler sa griffe nulle part.


L’histoire de ce cowboy héritant d’un bordel, qu'il va découvrir, flanqué de son inséparable acolyte, tient sur un ticket de métro, et le scénario tire souvent à la ligne, mais il règne dans ce film singulier, une bonne humeur, une bonhommie tout à fait séduisantes. On peut bien sûr, se lasser rapidement du numéro archi-usé de Stewart, qui marmonne, bégaie, roule des yeux ahuris, et met cinq minutes à finir une phrase, mais son duo avec Fonda est réellement amusant, et le celui-ci est fabuleux de drôlerie, dans un contremploi total. Pour celui qui l’a vu deux ans plus tôt en monstre froid, dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », la métamorphose est hallucinante ! Fonda joue ici un cowboy bavard et lent d’esprit, passant son temps à manger des noix de pécan, et à « essayer » toutes les filles du Cheyenne Social Club. Son œil vide, sa saine couardise, et son bon sens, en font un personnage extrêmement attachant. La scène où il déjeune en face d’un vieillard qui l’incommode à force de le dévisager, pour finir par se rendre compte qu'il est mort, est un sommet d’humour noir et d’absurde, un véritable petit « film dans le film ».


Les « filles » sont toutes très charmantes, et parmi les seconds rôles, on reconnaît le buriné et toujours très méchant Robert J. Wilke (« Le seul homme qui ait jamais été tué par une noix de pécan »), la rondelette Jean Willes, et des vétérans comme Charles Tyner, John Dehner ou Dabbs Greer.

« ATTAQUE AU CHEYENNE CLUB », malgré ses longueurs et lourdeurs, malgré ses complaisances, vaut d’être vu pour les deux vieux routiers lâchés en roue libre, une sorte de joute amicale, dont Henry Fonda sort grand vainqueur.

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 18:50

« DU SANG DANS LE DÉSERT » ressemble à beaucoup d’autres films, mais certainement pas à un western signé Anthony Mann. Homme des grands espaces, de la couleur, des montagnes, celui-ci se retrouve avec un western « intra muros », tourné en noir & blanc, dans un décor de petite ville évoquant les séries télé fauchées des années 50. Bavard et trop ostensiblement « psychologique », ce film ne fait pas partie des grandes réussites de Mann. À peine retiendra-t-on une séquence vraiment magistrale : la calèche du docteur entrant en ville, accueillie en fanfare par tous les habitants, jusqu'à ce qu'ils s’aperçoivent que le vieil homme est mort.

« DU SANG DANS LE DÉSERT » pâtit de la prestation d’Anthony Perkins qui compose son personnage de shérif comme un post-ado entêté et boudeur, aussi peu attachant que possible. Il est complètement écrasé par la présence d’Henry Fonda qui traverse le film avec une sorte de grâce exténuée, de détachement blasé, qui donnent une belle profondeur à ce personnage d’ex-shérif devenu chasseur de primes. On aurait aimé que le scénario s’attarde davantage sur l’apprentissage du jeune shérif par son mentor désillusionné et moins sur les séquences bêtement édifiantes du médecin joué par John McIntire et le personnage inepte de la fiancée de Perkins. D'ailleurs, l’autre femme du film, la logeuse de Fonda, avec son bambin métis insupportable, n’est pas mieux lotie.


Heureusement, Neville Brand apporte de la tension au film en fier-à-bras dégonflé mais dangereux et son dernier face à face avec Perkins est excellent. Lee Van Cleef lui, est gaspillé en métis assassin aussi bête que méchant.

« DU SANG DANS LE DÉSERT » apparaît comme un énième avatar du « TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS » dont on retrouve énormément d’éléments : le shérif en difficulté, sa fiancée qui ne le comprend pas, la ville de pleutres et on se dit que Mann a eu bien de la chance d’avoir Fonda dans le rôle de Morg Hickman, car l’acteur porte littéralement le film sur les épaules lui donnant un cachet qu'il n’aurait probablement pas eu sans lui.


Ce personnage fait partie de cette lignée d’antihéros fatigués, qui de « L'HOMME AUX COLTS D’OR », jusqu'à « MON NOM EST PERSONNE » en passant par « 5 HORS-LA-LOI », ont fait entrer Henry Fonda au panthéon des stars fondamentales du western.

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 23:17

Réalisé en 1967 pour la télévision, par Don Siegel, « L'HOMME EN FUITE » ressemble énormément à un film de cinéma, hormis peut-être quelques extérieurs tournés en studio, qui trahissent la minceur du budget. Ceci mis à part, le scénario est ambitieux, les personnages complexes, et la réalisation dynamique.

Le film part tout de même un peu en tous sens : il y a d’abord le « whodunit » de qui a tué Alma, puis l’étrange développement digne des « CHASSES DU COMTE ZAROFF », pendant lequel le shérif organise une battue, uniquement pour distraire ses hommes. Et peut-être lui-même. Et enfin, on suit une drôle de scène, où Fonda aide une vache à mettre bas, et fait craquer à l’occasion, la toujours jolie veuve Anne Baxter. Sans oublier ce vieux pistolero myope, qui sent ses derniers jours arriver. C'est – on le voit – très foisonnant, on perd parfois certains personnages qui semblent importants (l’ami noir de Fonda), le scénario prend des chemins de traverse, mais n’est jamais ennuyeux.

Un an avant « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST », Henry Fonda est quasi méconnaissable au début, en clochard crasseux et alcoolisé au dernier degré. L’acteur joue cela sans forcer, sans caricaturer, et donne à son rôle un pathétique réel. On l’a rarement vu aussi humilié, malmené, tabassé, traité comme un moins-que-rien. À 63 ans, Fonda parvenait encore à se réinventer. Aux côtés de vétérans comme Baxter ou Dan Duryea (le tueur de "WINCHESTER 73"), quelques acteurs adeptes de l’Actors Studio comme Sal Mineo ou Michael Parks, font leur numéro de marmonnements, et de regards en biais. Le contraste est singulier…

« L'HOMME EN FUITE » est un très curieux western confiné et étouffant, malgré ses nombreuses scènes d’extérieur, et vaut le coup d’œil pour Henry Fonda, qui fut décidément un des plus grands acteurs du cinéma américain.

Un an après, Don Siegel perçait enfin au grand écran, grâce au succès de « UN SHÉRIF À NEW YORK », qui marquait sa rencontre avec Clint Eastwood.

 

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 16:46

« LA FILLE DU BOIS MAUDIT » tourné par Henry Hathaway en 1936, est le premier film à avoir été filmé en TechniColor hors des studios hollywoodiens, dans de magnifiques extérieurs naturels. Ce n’est pas exactement un western, mais le prologue situe la rivalité entre deux clans à l’époque du Far West et enchaîne avec les années trente, où rien ne s’est arrangé. Il n’est d'ailleurs pas interdit d’imaginer que ce film fit partie des influences de René Goscinny pour son désopilant album « LES RIVAUX DE PAINFUL GULCH ».

La vallée où se situe le drame, est peuplée de ploucs illettrés limite consanguins,  qui s’entretuent depuis la nuit des temps pour des raisons oubliées de tous. Le seul espoir semble venir des femmes, exaspérées par toute cette haine et cette existence misérable. Le progrès pointe son nez, avec l’arrivée du chemin de fer, et d’un ingénieur qui séduit la fille des Tolliver.

Henry Hathaway, réalisateur dynamique, filme ses paysages avec goût, maîtrise parfaitement ses scènes d’action (même si on aurait aimé moins d’accélérés dans les bagarres), et parvient à surprendre avec le brusque changement de ton qui survient lors du dernier quart : de comédie truculente, le film se mue subitement en mélodrame lacrymal et les protagonistes se mettent à tomber comme des mouches.

Le film doit énormément au charme de ses vedettes, Sylvia Sidney (qui physiquement, fait beaucoup penser à Marion Cotillard), qui pétille littéralement, et joue à fond de son énergie positive. Face à elle, le toujours un peu fade Fred McMurray, et surtout Henry Fonda, tout jeune, qui incarne un paysan renfermé, qui rejette violemment tout changement dans son existence, jusqu'à la fin, où son personnage connaît une émouvante rédemption. On devine déjà chez le comédien débutant, ce mélange d’intelligence et de rigidité qui seront sa marque de fabrique dans le futur. Parmi les seconds rôles, on reconnaît Nigel Bruce, le futur Dr. Watson de Sherlock Holmes-Basil Rathbone.

« LA FILLE DU BOIS MAUDIT » se laisse voir avec plaisir, mais vaut essentiellement pour l’extraordinaire qualité de son image, et le naturel confondant des couleurs.

 

À NOTER : le film est sorti récemment, sous son titre original de « THE TRAIL OF THE LONESOME PINE », chez Universal, sans aucun supplément, mais avec des sous-titres français.

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 18:16

Inspiré d’un roman très estimé de Ken Kesey dont les admirateurs ont conspué l’adaptation, commencé par un réalisateur et achevé par Paul Newman, « LE CLAN DES IRRÉDUCTIBLES » a survécu à ses aléas pour offrir un film d’une admirable retenue, qui s’accroche à ses thèmes avec une rare férocité et semble ne prendre jamais vraiment parti. Les Stamper sont-ils les derniers héros de l'Ouest ou des imbéciles bornés et suicidaires ? À chacun de se faire son opinion.

La famille Stamper brise la grève des bûcherons de l’Oregon, organisée par les syndicats, pour plusieurs raisons : d’abord, ils ont donné leur parole au client de livrer le bois en date et en heure, ensuite personne ne leur dicte leur conduite. S’attirant la haine de leurs voisins, ils persévèrent, menés par le patriarche le vieil Henry, indifférents à leurs mariages qui se délitent, au malheur qu'ils finissent par attirer sur leur tête. Indifférents à tout en fait, sauf à leur vieille maxime, héritée des pionniers : « Never give an inch » (« Ne lâchez jamais d’un pouce »). Car les Stamper sont un anachronisme vivant dans un monde qui change. Un clan fermé sur lui-même qui vit selon des principes du siècle dernier, le siècle du western.

Le choix d’Henry Fonda pour incarner le père est évidemment des plus judicieux, tant il semble amener avec lui l’âme de John Ford ou Anthony Mann. Pourtant ce rôle ne ressemble à aucun de ce que le grand comédien a interprété. Généralement élégant et réfléchi, Fonda est ici un vieux macho au langage ordurier, un « plouc » apparemment insensible pour qui tout doit passer par la force. Parfaitement dirigé, l’acteur fait complètement oublier son image habituelle et sa relation père-fils avec Newman apparaît comme une aveuglante évidence. Comment personne n’y avait songé avant ? À leurs côtés, la sublime Lee Remick joue une épouse soumise qui a appris à se taire, un beau personnage dans la lignée de ceux qu'elle tenait dans « LE FLEUVE SAUVAGE » ou « LE SILLAGE DE LA VIOLENCE ». Quant à Richard Jaeckel, il apparaît dans la séquence la plus traumatisante du film.

Cette scène magnifique montre la famille au travail, déboisant à tout-va et peu à peu une sorte de nausée s’installe, à voir tous ces arbres majestueux s’écrouler, mutilés par les machines et les haches. Jusqu'à ce que subitement, la forêt décide de se venger, et s’attaque à deux membres du clan, qu'elle détruit avec une violence inouïe. Là, les Stamper doivent affronter le seul adversaire qui puisse les faire plier : la nature elle-même. Plier mais pas casser. Ou alors, pas pour très longtemps, comme le prouve le dernier plan, avec ce majeur dressé, en signe de défi à la fatalité, et plus largement au monde moderne.

« LE CLAN DES IRRÉDUCTIBLES » a beau se passer dans les années 70, c'est fondamentalement un pur western. Un film âpre, dénué du moindre sentimentalisme, et d’une sobriété admirable. Saluons également le manque d’ego de Paul Newman, en tant que comédien, qui s’efface derrière Fonda, et même le jeune Michael Sarrazin, en jouant de façon neutre et volontairement en demi-teintes. Il a en tout cas signé un film admirable qui paraît, presque 40 ans plus tard, très sous-évalué.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 14:04

"THE DEPUTY", série western datant de la fin des années 50, est surtout connue pour la sympathique escroquerie de son concept. C'était censé être la première série avec Henry Fonda en vedette, dans le rôle du sherif Simon Fry. Jusque là, formidable ! Seulement, si on regarde attentivement, le titre signifie "L'ADJOINT"... Et à la grande surprise du public, l'excellent Fonda n'apparaît qu'au début d'un épisode, pour donner sa mission à son jeune collègue (l'inconnu Allen Case), ou à la fin, pour le féliciter. Et des fois, pas du tout ! Grosso-modo, trois minutes par film.
L'idée était drôle : se payer une star de cinéma, et la rentabiliser au maximum, en lui faisant tourner toutes ses apparitions en quelques jours.
"THE DEPUTY", invisible depuis des décennies, a récemment été exhumée par les éditions TMG, qui ont édité 12 épisodes triés dans les trois saisons. Le matériel est en piteux état, mais on peut reconnaître des "guests" connues comme les jeunes James Coburn, Lee Van Cleef, la très belle Karen Steele ("LA CHEVAUCHEE DE LA VENGEANCE"), et même un blondinet nommé Robert Redford (sur la photo, avec l'air méchant), dont c'est la première apparition devant une caméra, et qui joue un fou de la gâchette.
Honnêtement, la série n'a rien d'exceptionnel, hormis le fait d'être une série AVEC Henry Fonda, presque SANS Henry Fonda. Il fallait un certain culot, pour faire gober ça au public, tout de même...

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