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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 09:36

Acteur de théâtre, ami des écrivains et des présidents, véritable institution américaine, Henry Fonda a su imposer sa personnalité glacée et élégante, ses manières cultivées, et sa silhouette élancée, et offrir une alternative plus cérébrale à d’autres icônes typiquement U.S. comme son ami James Stewart ou John Wayne. Il fut pendant des années, un des acteurs-fétiche de John Ford, avant de se fâcher avec lui, pour « divergences artistiques », pendant le tournage de « PERMISSION JUSQU'À L’AUBE ». Car si tout le monde admirait « Hank », c'était de loin, et les souvenirs des uns et des autres, s’accordent pour le décrire comme un homme intègre, mais distant et peu communicatif. Trait de sa personnalité, qui contribua certainement à le rendre si crédible dans l’univers du western.

S’il tourna quelques films situés pendant la guerre d’indépendance ou de sécession, le premier vrai western de Fonda fut « LE BRIGAND BIEN-AIMÉ », où dans le rôle de Frank James, le laconique fermier devenu hors-la-loi, il fit forte impression. Il reprit d'ailleurs le rôle dans « LE RETOUR DE FRANK JAMES », dont il était l’unique protagoniste. Son dernier film, avant de partir pour le front, en 1943, fut « L’ÉTRANGE INCIDENT », sur un thème qui lui tenait particulièrement à cœur : le lynchage. En cowboy inculte, tentant de stopper une terrible injustice, Henry Fonda définissait l’image d’honnête homme qu'il allait cultiver pour le restant de sa carrière.

À son retour à Hollywood, Fonda trouve un de ses plus beaux rôles, Wyatt Earp dans « LA POURSUITE INFERNALE » de Ford, film majestueux mais à hauteur d’homme. Seul Fonda pouvait créer un personnage à la fois aussi terre-à-terre et aussi mythique, que ce cowboy timide mais déterminé, à la voix douce, mais capable de tuer sans ciller. Ford l’utilise ensuite dans « LE MASSACRE DE FORT APACHE », où Fonda compose une sorte de clone de Custer, un officier rigide et obstiné, parfaitement détestable. Son premier « méchant ».

« DU SANG DANS LE DÉSERT » le montre en chasseur de primes vieillissant, qui décide d’aider un jeune shérif. L’acteur y développe le genre de rôle qu'il tiendrait dans le western, pour la seconde partie de sa carrière. Il accepte de tourner dans la série TV « THE DEPUTY », mais le concept tient de l’escroquerie : Fonda n’y apparaît que de temps en temps, laissant la vedette à son adjoint.

« L'HOMME AUX COLTS D’OR », le chef-d’œuvre d’Edward Dmytryk lui fait endosser les costumes élégants de Clay Blaisdell, un « nettoyeur de villes » cynique et implacable. Sa relation ambiguë avec l'homme qui surveille ses arrières, Anthony Quinn, laisse planer sur ce western puissant, des zones d’ombres jamais éclaircies, qui donnent toute sa singularité au film.

Affublé d’une fausse moustache et d’une perruque, Fonda apparaît brièvement dans « LA CONQUÊTE DE L’OUEST », en trappeur ami des Indiens.

Fonda tourne une série de westerns qui sont tous des échecs commerciaux : il est un vieux dresseur de mustangs dans « LE MORS AUX DENTS », un arnaqueur dans « GROS COUP À DODGE CITY » (où il est délectable de rouerie), un citoyen confronté à la violence dans « WELCOME TO HARD TIMES », un « bad guy » mal rasé et hagard dans « LES 5 HORS-LA-LOI », où il s’en prend carrément à l'Américain préféré des Américains, Jimmy Stewart. Il joue un vagabond humilié dans « STRANGER ON THE RUN », un téléfilm réalisé par Don Siegel.

Sa cote est au plus bas au box-office, quand il est contacté par Sergio Leone, pour tenir le rôle de Frank dans « IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ». Cette fois, le contremploi est drastique : Henry Fonda tue un enfant de sang-froid, frappe un infirme, torture des innocents. C'est un serpent à sonnettes, une vermine absolue. Le choc est si total, que la carrière du comédien s’en trouve relancée. À 64 ans, Fonda redevient une valeur sûre. En un seul film, un seul rôle, il a fait oublier trente années de droiture, et créé le plus horrible villain de l’Histoire du western.

On le revoit en directeur de bagne besogneux dans « LE REPTILE », même si la chute montre que Leone est passé par là. Il est drôle en cowboy lent d’esprit, mais souffrant de logorrhée verbale dans « ATTAQUE AU CHEYENNE CLUB ». Il retrouve l’univers de Leone, avec "MON NOM EST PERSONNE", pour un autre personnage marquant : Jack Beauregard, véritable légende du vieil Ouest aspirant à la retraite, mais poussé à un baroud d’honneur, par son fan n°1. Face au pitre italien Terence Hill, Fonda symbolise à lui tout seul, plusieurs décennies de western américain.


Son dernier western est « WANDA NEVADA », réalisé par son fils Peter, dans lequel Henry apparaît, pratiquement méconnaissable, en vieux prospecteur.

Une icône authentique.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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