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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 16:20

FILET (2)« Quand il y a une femelle pour deux mâles, quelque chose de terrible doit forcément arriver », dit en substance un personnage secondaire.

Production mexicaine réalisée par Emilio Fernández, le futur ‘Mapache’ de « LA HORDE SAUVAGE », « LE FILET » dépouille son scénario jusqu'à revenir au squelette, néglige le dialogue (on peut facilement compter les répliques !) et ose des cadrages plus proches de la FILET (1)photographie d’Art que de la mise en scène cinématographique. Mais ce qui frappe surtout dans cette œuvre unique, c'est l’érotisation absolue de chaque image, du moindre mouvement, du plus discret souffle de vent, des vagues sur la grève. DeFILET séquence en séquence, le film rend palpable le désir de ses protagonistes qui monte, s’amplifie, jusqu'à devenir insupportable.

Deux hors-la-loi réfugiés sur une plage, une femme plus jeune qu’eux, sensuelle et farouche. Confrontée à ces deux hommes primitifs, la « femelle » va peu à peu choisir le mâle dominant et provoquer l’affrontement. Presque sans parler. Juste par des regards, des silences chargés, des attitudes corporelles. Fernández n’hésite jamais à aller au symbole peu subtil : il faut avoir vu un des rivaux pilonner du grain, torse nu, en sueur, tel un héros de péplum, dans un geste de va-et-vient sans la moindre équivoque, sous l’œil langoureux de la femme.

FILET (3)

Rossana Podesta, comédienne italienne jouant ici une Mexicaine, est absolument fascinante dans ce personnage qui se prénomme d'ailleurs comme elle. Chacun de ses gros-plans est sublimé par la photo (somptueux noir & blanc !), ses seins pointent en permanence sous sa chemise blanche, devenant les vraies stars du film. Rarement actrice aura été aussi délibérément réduite à son sex appeal, son aura animale la plus élémentaire. La caméra – pour reprendre une expression tant galvaudée – semble vraiment amoureuse d'elle.

« LE FILET » est une belle tentative d’utiliser le langage cinématographique à son plus visuel, son plus primitif. En cela, l’expérience est totalement réussie et certains cadrages biscornus semblent annoncer avec une décennie d’avance les tics du ‘spaghetti western’. À voir, incontestablement. Ne serait-ce que pour… Enfin, vous m’avez compris.

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 16:25

« PORTIER DE NUIT » fait partie, au même titre que « LE DERNIER TANGO À PARIS », de ces films à scandale qui ont secoué les seventies, par la complexité des thèmes explorés, par leur approche de la sexualité et par une indéniable volonté de choquer.

Qu’en reste-t-il aujourd'hui ? De bonnes choses, surtout dans le premier tiers, une ambiance vénéneuse et décadente, une répulsion générée par la juxtaposition de la ShoahPORTIER et d’un érotisme glauque et malsain. Ce n’est certes pas du goût de tout le monde, mais c'est au moins original et dérangeant. Le problème est que tout cela dure beaucoup trop longtemps, presque deux heures, pour un scénario finalement très mince, qui finit par se répéter, s’enliser et… assoupir le spectateur le plus résistant. Ainsi, le « siège » dans l'appartement de l’ex-nazi semble-t-il durer des heures.

Le film vaut surtout le coup d’œil pour la prestation de Dirk Bogarde, grand maître de l’ambiguïté dépravée, de l’intériorité ironique, qui se délecte littéralement ici d’un rôle d’ancien bourreau S.S. devenu concierge d’un hôtel à Vienne et retrouvant une de ses anciennes victimes-amantes, qui a survécu aux camps de la mort, grâce à leur « amour » sado-maso. Délibérément filmée comme une chatte (on entend même souvent des miaulements sur certains de ses plans !), Charlotte Rampling joue tout dans le masque et déroute par sa froideur détachée. Parmi les seconds rôles, on aperçoit Gabriele Ferzetti et Philippe Leroy en anciens nazis et Isa Miranda en vieille comtesse poudrée.

Alors, faut-il voir « PORTIER DE NUIT » ? Oui, à condition d’être prévenu que certaines séquences destinées à remuer le spectateur des années 70, peuvent prêter à sourire, comme par exemple ce flash-back verdâtre où Rampling déguisée en soldat S.S. à demi-nue, chante devant des officiers hébétés et qui se termine par un joli cadeau qui lui fait Bogarde : une tête coupée dans un carton. C'était peut-être très impressionnant il y a 30 ans, mais les temps ont changé et pour peu qu’on soit rieur…

À chacun de se faire son idée donc, et probablement aussi de donner son interprétation de la chose. Mais ce n’est définitivement pas « LE DERNIER TANGO À PARIS » !

 

À NOTER : « LA JEUNE FILLE ET LA MORT », le huis clos de Roman Polanski partira d’un postulat de départ assez similaire, pour un développement plus intéressant.

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 07:32

PASSION (2)Y a-t-il de la passion dans « UNE PASSION » d’Ingmar Bergman ? Ce n’est pas ce qui saute aux yeux de prime abord. Tourné dans le décor mortifère, boueux et glacé de l’île de Fårö, chère au réalisateur, le film met en présence quatre personnages en perdition : un ex-repris de justice (Max Von Sydow) vivant en ermite, une veuve inconsolable (Liv Ullmann),PASSION (1) un couple à problèmes (Bibi Andersson et Erland Josephson), qui vont se croiser, tenter de s’aimer, se décevoir, se déchirer… Sur l’île sévit une sorte de serial killer d’animaux qui massacre les bêtes de façon atroce. Mais à bien y regarder, le mari de Bibi avec sa collection de photos de visages, n’a-t-il pas justement les manières d’un tueur en série ?

Rien n’est évident dans « UNE PASSION », rien n’est explicité, ni même solutionné. On devine par instants que Bergman parle de déni, de rédemption impossible et de la violence primitive qui sommeille en chacun de nous. Mais pour ce faire, il choisit des chemins de traverse souvent déconcertants : quand il veut parler du background de ses protagonistes, il insère carrément des interviews de ses comédiens – précédées de claps à leur PASSIONnom – discutant de leurs rôles comme s’ils étaient en séance de psy ! Quant à la relation entre Ullmann et Von Sydow, qui est quand même au cœur du film, elle démarre en ellipse, de façon si abrupte et cavalière, qu’on dirait qu'il manque une bobine du métrage !

Ce n’est pas du cinéma facile d’accès, ni toujours compréhensible. C'est un maelström de sensations, de pensées fugaces, de mystères jamais résolus. La photo de Sven Sykvist est absolument magistrale et les extrêmes gros-plans chers au réalisateur sont d’une beauté renversante. Et le casting quatre étoiles est à son maximum. Certains monologues sont littéralement hypnotiques.

Il est compliqué de parler d’un film qui n’est pas conçu pour être compris dans son ensemble, mais laisse une multitude de portes ouvertes et s’achève sur une dernière phrase ‘off’ absconse. À voir donc, mais surtout à ressentir.

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 08:26

« NEXT DOOR » fait partie de ces bonnes surprises qu’on déniche parfois en osant aller fouiner dans des cinémas peu connus, alléchés par une bonne bande-annonce. Ce thriller NEXT DOORpsychologique norvégien affiche ses influences sans complexe : le huis clos névrotique renvoie à certains Polanski comme « RÉPULSION » ou « LE LOCATAIRE » et le traitement du récit est clairement inspiré de l’œuvre de David Lynch, entre réel et fantasme, souvenirs et cauchemars, érotisme et violence.

En à peine 1 H 15, les auteurs nous font pénétrer dans l’âme tourmentée d’un jeune homme renfermé et malheureux, qui ne se remet pas du départ de sa fiancée. La perversion du scénario fait qu’on s’identifie instantanément au protagoniste, pour découvrir progressivement qu’on n’aurait peut-être pas dû.

Le décor de cet appartement immense et labyrinthique est parfaitement exploité, les glissements entre les divers niveaux de réalité sont toujours lisibles sans jamais cesser d’être anxiogènes et l’interprétation est hors-pair. On reconnaît Michael Nyqvist, le héros de la minisérie « MILLÉNIUM » en amant agressif et Cecilie Mosli est fascinante dans le rôle de la mystérieuse voisine de palier.

Sans rien révolutionner, « NEXT DOOR » maîtrise parfaitement sa propre logique, malgré un ou deux changements de point de vue qui confinent à la tricherie, et s’avère même assez bluffant dans sa construction dramatique, ouvrant des portes qu’on croyait closes ou continuant des séquences qu’on pensait achevées.

Un film-expérience à savourer sans attendre de grandes révélations à la Shyamalan (on comprend assez vite de quoi il retourne), mais en profitant des méandres bourbeux dans lesquels il nous entraîne insidieusement.

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 07:29

BETE (1)Inspiré du roman de Zola, « LA BÊTE HUMAINE » est un film sombre et hanté par les plus noirs démons de l'homme. Une œuvre apparemment simple, décrivant de « petites BETEgens » rongés par des passions plus grandes qu’eux et finalement anéantis par la folie.

C'est l’éternelle histoire d’une femme trop jeune qui pousse son amant à tuer son vieux mari encombrant, une trame qui servit bien souvent dans le ‘film noir’. Mais ici, l’amant est joué par Jean Gabin, un maniaco-dépressif aux pulsions homicides, obsédé par sonBETE (2) hérédité d’alcooliques (Jacques Lantier est le fils de ‘Gervaise’ !) et qui s’avère être une bombe à retardement.

Jean Renoir prend soin de décrire minutieusement l’univers ferroviaire dans lequel évoluent ses personnages, pour les ancrer dans un réel bien concret. Aujourd'hui, certaines images ont valeur de document.

Le film est porté par Gabin, que son regard perdu et ses humeurs changeantes placent dans la lignée de ses rôles de ‘losers’ tragiques des années 30, la démence en plus. Il parvient à être par moments franchement dérangeant. Face à lui, en femme fatale un peu ‘cheap’, Simone Simon est exceptionnelle : commune et intoxicante, vulgaire et touchante, tiraillée entre un mari brutal et maladivement jaloux et un amant psychopathe. Quatre ans avant « LA FÉLINE » qui fera sa gloire, le film paraît prémonitoire : lors de sa première apparition dans « LA BÊTE HUMAINE », l’actrice porte un chat dans les bras. Et Carette dit d'elle lors d’une séquence : « Ces femmes-là c'est comme les chattes, ça aime pas se mouiller les pattes ». Coïncidence ou Jacques Tourneur a-t-il pensé à elle pour son film à cause de ces images ?

Si la direction d’acteurs peut parfois déconcerter et si les plans de locomotives en marche semblent un peu longuets, le film n’en demeure pas moins tout à fait intense et violent, plongeant sans faux-semblants dans ce que l’âme humaine peut avoir de plus noir.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 07:57

Les miracles, même petits, en matière d’adaptation théâtrales et de coproductions multinationales sont suffisamment rares pour saluer avec reconnaissance des réussites comme « CARNAGE », dont – avouons-le – on n’attendait pas grand-chose.

Tiré d’une pièce de Yasmina Reza, tourné en studio et en décor unique en France, ce huis clos confronte deux couples new-yorkais autour de la bagarre qui a opposé leurs garçons de onze CARNAGEans. Ce qui démarre en face à face policé et civilisé entre personnes intelligentes et raisonnables, dégénère progressivement en bataille rangée. De quoi parle le texte exactement ? De mariage ? De machisme ? De snobisme ? De l’impossible entente entre les hommes et les femmes ? Il parle surtout de l’extrême minceur de notre vernis de civilisation et de la facilité avec laquelle on retombe dans nos pires instincts.

Si on ne retrouve pas le Polanski des grandes années, celui de « ROSEMARY’S BABY » ou « CHINATOWN », on se contente – et c'est déjà bien – de celui de « LA JEUNE FILLE ET LA MORT » : maîtrise de l’espace, direction d’acteurs au cordeau, mise en scène rigoureuse et invisible au service du thème. De fait, « CARNAGE » est un film de comédiens et ceux-ci sont tous au sommet de leur art : Jodie Foster, sèche, anguleuse, à fleur de peau, est tellement à cran et passive-agressive, qu'elle crée un authentique malaise à l’écran. Un exploit ! Son mari, un « beauf » confit dans sa médiocrité débonnaire est excellemment joué par John C. Reilly. L’autre couple n’est pas en reste : Christopher Waltz est tout bonnement fabuleux en avocat fielleux accro au portable. Chacune de ses interventions est un régal. Kate Winslet écope du personnage le moins caricatural, une snob frustrée et « au bord de la crise de nerfs », menaçant constamment d'un vomissement intempestif et dévastateur.

Court, compact, sans temps mort, « CARNAGE » vaut donc largement le coup d’œil pour qui aime les confrontations de grands acteurs et les satires sociales au vitriol. Personne n’en sort grandi, mais à bien y regarder, le miroir n’est peut-être pas aussi déformant que cela… Hélas !

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 08:58

Authentique OVNI cinématographique, « LOUISE-MICHEL » démarre en fable sociale à l’Italienne, mais la seule présence de Yolande Moreau introduit au bout de quelques minutes un décalage, une folie flirtant avec l’absurde, qui ne fera que s’accentuer au fil des séquences.

À la suite de la fermeture de leur usine, les ouvrières mettent leurs indemnités en commun pour engager un tueur professionnel afin de buter leur patron indélicat. À part que leLOUISE flingueur n’a rien d’un Jason Statham, c'est un transsexuel appelé ‘Cathy’ aussi frimeur que mythomane et bien sûr totalement incompétent. Il sera donc épaulé par Louise, une des ouvrières (elle aussi transsexuelle, d'ailleurs…) dans sa mission.

Comme il y a toujours quelqu’un au-dessus d’un patron, la quête de l’étrange duo ne connaîtra probablement jamais de fin… Adeptes du mauvais goût et de l’humour « bête et méchant » cher à « HARAKIRI », les auteurs piétinent tout sur leur passage : les riches, les pauvres, les cancéreux, les belges, les non-belges, les vieux, les jeunes, bref : tout ce qui passe à leur portée. On peut rester ahuri devant le délire dans lequel baigne le film, éclater de rire presque malgré soi devant l’énormité des situations, mais ce qui cimente l’entreprise, c'est la présence de Yolande Moreau, sorte de version féminisée (enfin – plus ou moins) de Shrek, à la démarche de T-Rex, au regard de Husky et aux éclats de rire à faire froid dans le dos. Quel personnage !

La (dé)construction en ‘road movie’ de « LOUISE-MICHEL » permet des rencontres épisodiques avec quelques fous furieux réjouissants. Si Benoît Poelvoorde est étrangement décevant en inventeur allumé, il faut absolument rester jusqu'au bout du générique-fin pour voir Albert Dupontel qui apparaît deux minutes en candidat-tueur serbe peu fiable. Éclat de rire assuré.

Un cinéma très particulier, des comédiens tout à fait en harmonie avec l’univers décrit, c'est évidemment à ne pas mettre entre toutes les mains, mais à condition d’être un peu préparé, difficile de nier l’originalité fondamentale de ce travail…

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 08:59

Quelques options judicieuses empêchent « SÉRAPHINE » de tomber dans l’ornière du téléfilm « France 3-Région » : un rythme extrêmement lent, de longues séquences SERAPHINEcontemplatives sans dialogue entrecoupées de fondus au noir, des ellipses osées. La mise en scène colle littéralement à l’actrice principale, Yolande Moreau, épousant son rythme étrange et décalé, faisant naître la folie dans un regard ou une façon de se déplacer.

En suivant quelques étapes de la triste existence de Séraphine Louis, une pauvre « bonniche » du début du 20ème siècle qui mène une vie d’esclave à Senlis, mais peint en secret, puis sa relation avec un marchand de tableaux allemand qui la « découvre », le film fait parfois penser à des œuvres de Werner Herzog comme « L’ÉNIGME DE KASPAR HAUSER », en moins radical dans la stylisation.

Si on est accroché du début à la fin, c'est par la performance assez époustouflante de Yolande Moreau, entre l’abrutissement et l’illumination, la rouerie et la démence, la laideur et la beauté, à l’image des toiles du peintre, étonnant mélange de naïveté primitive et de tourments profonds. Elle est idéalement accompagnée par l’excellent Ulrich Tukur, en esthète homosexuel qui l’aide à s’épanouir artistiquement et en même temps, précipite sa chute dans les abimes de sa folie. Ils ont quelques face à faces très émouvants et perturbants.

Il n’est pas interdit de s’ennuyer parfois, pendant les deux heures que dure la projection et le passage du temps n’est pas toujours très lisible, mais « SÉRAPHINE » est une jolie réussite, austère et sans chichi inutile. La scène où Séraphine déambule dans les rues vêtue en robe de mariée, pieds nus, hantera longtemps la mémoire…

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 16:50

Tout dans « LES CHIENS » respire l’étrangeté. Depuis la musique très présente, agressive, jusqu'au jeu des comédiens bizarrement faux par instants, en passant par les décors de « ville nouvelle », déserts et déshumanisés.

Alain Jessua reste dans son domaine de prédilection du fantastique quotidien et signe une CHIENSfable sur l’insécurité utilisée comme arme politique, sur les fanatismes, les gourous. Même si on reste toujours dans un réalisme de façade et qu'il ne se passe rien de réellement surnaturel, on sent de lointains échos de « L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES » ou des « FEMMES DE STEPFORD » tout au long de ce thriller cérébral et poisseux.

Certaines idées ont un peu vieilli, comme la comparaison entre la communauté africaine sympathique et débonnaire qui traite les habitants de « sauvages » et cette cité peuplée d’hommes-chiens assujettis à leurs animaux, devenus de véritables armes fatales. Idem pour le portrait des ‘djeuns’ qui a évidemment pris un coup dans l’aile.

Au premier abord, on se prend à regretter que Victor Lanoux qui a toujours été plus efficace dans ses emplois de « beaufs » violents, n’ait pas tenu le rôle du maître-chien et que Gérard Depardieu n’ait pas incarné le gentil docteur. Mais si le premier ne parvient pas tout à fait à s’imposer dans un rôle un peu pâlot, le second – alors dans sa bonne époque – crée un trouble personnage de despote provincial qui vit une dérangeante love story avec sa chienne. La séquence muette où il joue au ralenti avec elle, au bord d’une rivière, est filmée comme un moment romantique échevelé. À noter qu’on aperçoit la jeune Fanny Ardant, bien avant « LA FEMME D’À CÔTÉ » dans un petit rôle d’infirmière.

En fermant les yeux sur des seconds rôles souvent gauches, frisant l’amateurisme, sur une facture visuellement vieillotte, « LES CHIENS » a le mérite aujourd'hui de n’être jamais ridicule et de susciter un certain malaise.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 21:56

10 H 30Il faut bien reconnaître que l’œuvre de Marguerite Duras a rarement été débattue dans « WWW ». Comme il faut un début à tout et qu'il ne faut jamais faire d'impasse sur rien en matière de cinéma, attaquons avec « DIX HEURES ET DEMIE DU SOIR EN ÉTÉ », dont le générique attire suffisamment la curiosité pour passer outre ses préjugés à l’encontre de l’auteur de « L’AMANT ».

Pendant les premières minutes, on est saisi par la beauté des images signées Gábor Pogány : l’Espagne sous la pluie battante, le village en émoi traquant un assassin, la moiteur de la nuit, les visages ravinés, creusés par les10 H 30 (1) ombres. Chaque plan ressemble à une toile de maître. Hélas, dès que les protagonistes se mettent à parler, on déchante aussitôt. Un homme, sa femme alcoolique, leur petite fille (horriblement mal doublée) et la jeune maîtresse du mari. Ils traversent le pays en voiture, trimbalant leurs drames existentiels et leur triangle amoureux larvé. Le dialogue « durassien » en diable prête souvent à sourire et Jules Dassin filmant amoureusement Melina Mercouri se laisse souvent aller à une complaisance gênante. Peu à peu, le film devient une sorte de ‘one woman show’ de la tragédienne grecque dont le jeu systématiquement excessif et survolté finit par polluer le récit et étouffer ses partenaires. Peter Finch et Romy Schneider – particulièrement ravissante – ne sont là que pour jouer les faire-valoir.

Quelques moments comme l’ouverture et son crime passionnel ou le face à face entre Mercouri et l’assassin qu'elle aide à fuir ses poursuivants, laissent deviner quel film cela aurait pu être. Mais à force de solennité, d’imperturbable sérieux et de scènes d’amour « oniriques », le tout s’enlise et semble infiniment plus long que ses 85 minutes. Dommage… Romy est vraiment belle.

En résumé : pas forcément sublime…

10 H 30 (2) 

 

À NOTER : le DVD sorti en France indique que le film est en 16/9 alors qu'il est en 4/3. Et il ne comporte que la v.f. qui est une véritable bouillabaisse d’accents incongrus : Schneider et Mercouri se doublent elles-mêmes et Finch est post-synchronisé avec l’accent anglais. D'ailleurs, en parlant de synchronisme, le son est en léger décalage avec l’image…

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