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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 05:44

Que nous apprend « MAFIOSO » ? Que mafieux un jour, mafieux toujours ? Qu'on a beau émigrer à Milan, devenir un honnête père de famille accro au boulot, si on retourne au pays (la Sicile, bien sûr), on redevient celui qu’on n’a jamais cessé d’être ? Un « soldat » docile, un fiston de la « Mamma »…MAFIOSO

En déglamourisant complètement l’univers et le folklore du film de mafia, Alberto Lattuada, sur un scénario coécrit par Marco Ferreri, nous montre comment le brave Alberto Sordi parti quelques jours en vacances visiter sa famille et son village natal, se retrouve à payer une dette au parrain local et transporté à New York pour… mais pas de ‘spoiler’ !

Ce n’est pas exactement une comédie, même si on rit souvent. L’immersion dans la vie sicilienne est totale, croquée avec une extraordinaire acuité, la menace étant tellement omniprésente qu'elle n’a même pas besoin de se manifester ouvertement. Entre comédie de mœurs et film policier, « MAFIOSO » ressemble parfois au mauvais rêve d’un quidam qui a cru pouvoir tourner le dos à son passé. Le film est littéralement porté par Sordi, absolument génial de servilité joviale, d’inconscience et de rouerie. Un mélange de naïveté et de stupidité qui font de lui l’outil idéal pour ses ‘padrone’. Il a des instants de pure grandeur comique, quand il se met à chanter en plein repas de famille, par exemple. Autour de lui, le casting mêlant amateurs et professionnels est étonnamment harmonieux.

Loin des gangsters charismatiques de Coppola, des business men de Rosi, des ‘hitmen’ de série B, « MAFIOSO » montre avec une précision clinique une autre facette de « la piovra » et soulève un coin du voile sur les racines du Mal.

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 07:01

Peut-être faut-il se procurer le roman de Roger Vailland et s’en servir comme mode d’emploi pour piger quelque chose à « LA TRUITE » ? Toujours est-il que l’adaptation qu’en a fait Joseph Losey frise l’abstraction et découragerait l’esprit cinéphilique le plus aventureux. De quoi s’agit-il ? D’Isabelle Huppert dont le job consiste à extraire le sperme de poissonsTRUITE vivants et qui a juré gamine de « tout obtenir des hommes sans jamais rien leur donner ». De fait, ce personnage languide, vaguement insolent, froid et indifférent à tout, sied bien à l’opacité naturelle de l’actrice, mais a du mal à passionner. Alors on la suit passivement de la province française à Tokyo, ainsi que dans des flash-backs incompréhensibles (du moins – encore plus que le reste du scénario !), profitant de la belle photo d’Henri Alekan et d’apparitions incongrues comme celle de l’ex-star hollywoodienne Alexis Smith en voisine d’hôtel nostalgique de ses orgasmes passés.

Pour le reste, le début rappelle de loin un univers chabrolien enveloppé dans une musique disco fatigante, les comédiens – Jeanne Moreau en tête – errent d’un décor à l’autre, jouent au bowling, refoulent leurs passions homosexuelles et finissent par se tuer à coups de bûche sur le crâne.

On a parfois envie de sourire devant tant d’hermétisme, mais c'est si long, si lent et si empesé, qu’on renonce à ce projet insensé pour s’assoupir gentiment en attendant la fin. Dommage parce qu’envers et contre tout, on aurait espéré davantage de la rencontre somme toute assez logique entre Losey et Huppert.

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 05:57

Le titre « MON DIEU, COMMENT SUIS-JE TOMBÉE SI BAS… », la signature de Luigi Comencini, la présence de grands techniciens italiens à la photo et au montage, tout incite à la curiosité pour cette comédie d’époque située en Sicile.MON DIEU

De fait, le film démarre bien et trouve vite son ton particulier : c'est du gros mélodrame aux ficelles délibérément énormes, teinté de comédie érotique, au ton joliment décalé. Le réalisateur fait prendre à ses acteurs des poses sorties tout droit d’un film muet, il joue des voix « off », des artifices visuels avec beaucoup d’humour. Mais force est de reconnaître qu'il lui manque quelque chose d’essentiel : un bon casting. Ce film est presque la preuve vivante de l’importance fondamentale des acteurs dans le cinéma italien. Privé de la verve des Gassman, Tognazzi, Manfredi ou Mastroianni, on doit se contenter de cabotins sans relief, d’acteurs français comme Jean Rochefort (privé de sa voix dans la v.o. même s’il joue un noble parisien avec accent) qui ne font que passer ou d’un jeune premier pâlichon comme Michele Placido. Comme le film repose entièrement sur les épaules de Laura Antonelli, il peine à décoller et finit par s’enliser dans l’ennui. Jolie comédienne douce et sensuelle, elle manque clairement d’abattage et d’une forte personnalité et joue au premier degré – plutôt bien, d'ailleurs – sans parvenir à transcender le propos.

Reste quelques moments savoureux comme ces séances de déshabillage dans la cabane, où l’actrice met tellement longtemps à ôter ses couches de vêtements, que c'est un véritable tue-l’amour et la première moitié du film avec ses quiproquos et ses running gags. Vraiment pas un grand Comencini…

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 06:30

ARGENT (1)Qu'est-ce qui différencie un long-métrage de cinéma d’un téléfilm lambda ? Pas forcément le sujet, ni même le casting. Au vu de « L’ARGENT DES AUTRES », cela saute aux yeux : c'est le parti-pris. En stylisant la mise en scène et la bande-son, en sélectionnant d’immenses décors inhumains, hors du temps, Christian de Chalonge plonge instantanément le spectateur dans un univers cauchemardesque, kafkaïen, obligeant à nousARGENT identifier à Jean-Louis Trintignant, employé de banque médiocre et timoré, se retrouvant subitement bouc-émissaire d’une énorme escroquerie.

Revoir aujourd'hui, encore plongés dans la crise de 2008, ce film datant de plus de 40 ans, est assez édifiant. Les mécanismes étaient déjà les mêmes, les banquiers rongeaient l’édifice de l’intérieur et l’issue n’était pas compliquée à anticiper. Extrêmement froid et maîtrisé, ne laissant place à aucune fantaisie, aucune digression, « L’ARGENT DES AUTRES » n’est pas un film facile à aimer, mais il fascine indéniablement, d’autant que sa construction scénaristique est assez savante et les flash-backs – par exemple – très intelligemment amenés. On en ressort suffoqué, paranoïaque et quelque peu découragé.

Trintignant est formidable de transparence. Son ambiguïté naturelle ajoute une seconde couche à ce personnage qui n’est pas que victime, mais aussi un peu coupable par soumission et négligence. Autour de lui, un bon cast : Michel Serrault en banquier paternaliste et abject, l’excellent François Perrot en faux-ami redoutable, Catherine Deneuve dans un rôle trop superficiel d’épouse dévouée et Claude Brasseur amusant en crapule professionnelle.

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 06:40

De quoi parle donc « L’ÉCLIPSE », le classique italien d’Antonioni, datant d’un demi-siècle ? D’incommunicabilité ? De solitude dans un monde obsédé par l’argent et le matériel ? De la déshumanisation de l'homme moderne ? De l’inanité des relations amoureuses ? Sans doute… En fait, pour profiter pleinement du spectacle esthétiquement ECLIPSEtrès séduisant offert par cette œuvre étrange et légèrement rébarbative, il ne faut justement pas trop se poser de questions et se laisser porter. Se laisser séduire par le jeu de Monica Vitti, jeune femme apathique, à la dérive, animée de temps en temps d’éclairs de joie de vivre et de fantaisie (scène étonnante où elle se déguise en Africaine), rapidement réprimés et traînant son ennui dans des rues désertes, des appartements trop grands, trop sombres ou plongeant parfois dans l’hystérie de la « vraie vie ». Ainsi, la très longue séquence de la Bourse, allant crescendo dans la frénésie, jusqu'au crash, est-elle aussi brillamment exécutée que dérangeante. Car au fond, c'est le seul moment où les personnages paraissent passionnés, animés, voire tout simplement… vivants.

Antonioni s’éternise dans de longs plans magnifiquement cadrés, qui ressemblent à des photos de maîtres, ose d’interminables silences et clôt même son film par dix minutes de plans muets sur des extérieurs et des visages d’inconnus. C'est dire qu'il s’agit d’un cinéma exigeant, dont il est facile de se détourner, voire de se gausser, mais avec un minimum d’effort, le voyage en vaut la chandelle.

Aux côtés de l’intrigante Monica, au regard incroyablement changeant, Alain Delon compose un remarquable portrait de prédateur agité, sans cœur, sans âme, un ‘trader’ accro au pognon et à l’adrénaline. À lui seul, il trace les contours de « l'homme du futur » et cela n’a rien de réconfortant.

À ne pas mettre entre toutes les mains donc, cette « ÉCLIPSE » glaciale qui nous plonge dans un monde en mutation, dans une Italie bien éloignée des clichés folkloriques véhiculés par le cinéma ou la musique.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 08:52

« L’ASSASSIN » est le premier film d’Elio Petri, réalisateur majeur du cinéma italien, qui n’a tourné que 17 films et qui a disparu à l’aube de la cinquantaine. La plupart de ses films sont devenus des classiques d’un cinéma politique militant au ton volontiers satirique et abrasif. Ce premier opus est plus que prometteur et brosse le portrait de « l'homme moderne » desASSASSIN années 60.

Coécrit par le grand Tonino Guerra, le scénario est la grande force de « L’ASSASSIN » : placé en garde à vue pour le meurtre de sa maîtresse, l’antiquaire Marcello Mastroianni va pendant cette longue nuit, repenser à sa vie, à ce qu'il est. Il n’avouera pas le meurtre puisqu’il ne l’a pas commis, mais avouera tout le reste, que ce soit aux flics ou à lui-même. Son égoïsme, son indifférence aux autres, sa foncière malhonnêteté, son goût de la manipulation, son mépris pour ses frères humains. Comme c'est Mastroianni qui l’incarne, le personnage n’arrive pas à être complètement odieux. L’acteur lui prête sa languide séduction, son anxiété fébrile au point qu’on finit par croire que l’épreuve parviendra à le changer et lui servira de voie vers la rédemption. L’épilogue remettra heureusement les choses à leur place. Et le rire final de ce « beau dégueulasse » clôturera l’aventure par une note aussi drôle que noire. À l’Italienne, quoi !

La construction en flash-back est brillamment gérée, les personnages sont bien dessinés. À commencer par l’excellent Salvo Randone, dont le petit-flic-qui-ne-ressemble-à-rien fait plus qu’évoquer un célèbre enquêteur de télé. Il se nomme d'ailleurs – coïncidence ! – ‘Palumbo’ !

À voir absolument donc, car il est toujours bénéfique pour les neurones de profiter d’un cinéma intelligent, subtil, drôle et triste et qui fait longtemps gamberger après le mot « fin ». En espérant qu’on ne ressemble pas trop à ce répugnant mais si sympathique individu, à cette « ordure ordinaire » !

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 08:20

Attendre de « WWW » un avis objectif sur un film comme « POTICHE », c'est comme demander à un critique culinaire allergique aux fruits de mer d’écrire un guide sur les plateaux d’huîtres. Même pas la peine !

Bien sûr, sans goûter le plat, on peut reconnaître l’humour du point de départ : recycler un vieux « boulevard » de Jacqueline Maillan en comédie décalée et délibérément kitsch pleine de stars. François Ozon avait plutôt réussi son coup avec « 8 FEMMES ». Mais là, le scénarioPOTICHE arrive à bout de souffle au second tiers, les acteurs hésitent visiblement quant au ton à adopter et les allusions « sarkoziennes » ont déjà pris un méchant coup de vieux. Plutôt que de pester vainement donc, concentrons-nous sur le couple-vedette : Catherine Deneuve et Gérard Depardieu.

Depuis « LE DERNIER MÉTRO » il y a 32 ans, ils en sont tout de même à leur 9ème film ensemble ! Après le mélo rétro de Truffaut, ils ont été amants la même année dans le film à sketches de Claude Berri « JE VOUS AIME » où il jouait un rocker et elle une héroïne « moderne ». L’année d'après, ils se croisent dans « LE CHOIX DES ARMES » le beau mais inégal polar de Corneau : lui formidable en loubard incontrôlable, elle ‘guest star’ en épouse de Montand. C'est encore Corneau qui les réunit trois ans plus tard dans « FORT SAGANNE », fresque sentant bon le sable chaud, où ils sont à nouveau amants. Quatre années plus tard, ils s’affrontent dans « DRÔLE D’ENDROIT POUR UNE RENCONTRE » sur une aire d’autoroute, entièrement basé sur leur face à face. Ils sont au même générique de « LES 101 NUITS DE SIMON CINÉMA » sans jouer ensemble (elle partage son sketch avec De Niro).

Ils se retrouvent en 2004 pour « LES TEMPS QUI CHANGENT » où ils se revoient après trente ans. « Gégé » a 56 ans, Mme Deneuve en affiche cinq de plus. En 2010 c'est donc « POTICHE » où ils apparaissent bien changés l’un et l’autre, ce qui est on ne peut plus normal. Puis dans la foulée, c'est « ASTÉRIX ET OBÉLIX : AU SERVICE DE SA MAJESTÉ », lui en Obélix, elle en reine d’Angleterre. Là, on n'a pas vu, on ne risque pas de voir un jour, donc ce sera No Comment... 

Toute une vie, comme dirait Lelouch…

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 17:44

12 HRS (2)Sur un sujet de Boileau & Narcejac, « 12 HEURES D’HORLOGE » est un très curieux produit, entre ‘film noir’ classique et love story particulièrement retorse, déséquilibré par un casting de coproduction mélangeant sans discernement acteurs allemands et français dans 12 HRSune histoire censée se passer dans le Midi entre fransozen.

Ça démarre plutôt bien, les personnages sont prestement dessinés, les enjeux clairement posés, mais tout étant basé sur l’attente d’une évasion en bateau, le scénario ne tarde pas à faire du sur-place et à piétiner gravement. Au bout d’une demi-heure, tout est à peu près dit et il ne reste plus qu’à passer d’un groupe de personnages à l’autre, d’une digression à la suivante, le tout agrémenté d’un dialogue parfois spirituel, parfois sentencieux.

C'est Hannes Messemer, le futur commandant du camp de prisonniers de « LA GRANDE ÉVASION », qui a le rôle principal, celui d’un évadé impassible tombé amoureux par procuration de la fiancée de son codétenu. Il est plutôt bien, mais comment juger sa prestation avec le doublage ? Même chose pour Gert Fröbe en vieux cochon libidineux ou Eva Bartok à la sinistrose contagieuse. Suzy Prim – également productrice – a un rôle très bizarre12 HRS (1) de patronne de café vieillissante à la cuisse légère. Quant à Laurent Terzieff, il apparaît sporadiquement, perdant son sang.

Reste que la photo d’Henri Alekan est belle et que malgré ses défauts, le film vaut d’être vu pour une seule raison, mais de taille : la relation entre Lino Ventura malfrat évadé et Guy Tréjan, gendarme mollasson, efféminé et collant qui ne le lâche pas d’une semelle, tombé quasiment amoureux de lui. C'est déjà drôle en soi, mais surtout cela annonce de façon hallucinante les rapports qu’entretiendra le même Ventura avec Jacques Brel dans « L’EMMERDEUR » ! Toutes leurs scènes ensemble forment un film dans le film, qui n’a rien à voir dans la tonalité avec tout le reste. Et tant mieux !

Le « linophile » appréciera donc « 12 HEURES D’HORLOGE » pour son côté prémonitoire, mais regrettera certainement qu’on ne voit pas davantage Ventura, un peu éclipsé par ses partenaires germaniques.

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 17:10

L’association des noms de Roberto Rossellini et Stefan Zweig laissait espérer quelque chose de plus ambitieux que ce roman-photo italo-allemand qu’est « LA PEUR », étrange copro bâtie autour d’un adultère bourgeois.

PEUR (2)

PDG d’une firme pharmaceutique, Ingrid Bergman a trompé son (vieux) mari avec un bellâtre inepte. Soudain, l’ex-maîtresse de celui-ci s’immisce dans la vie d’Ingrid et la fait chanter. Mais rien n’est aussi simple : le mollasson époux s’avère être dans le coup !

L’action se passe à Berlin sans qu’on n’en voie rien. Tout le monde s’exprime en italien et la nationalité des uns et des autres est rendue encore plus confuse par des patronymes PEUR (1)bizarroïdes. En fait, ce qui finit tout de même par accrocher l’attention, c'est l’actrice principale que la caméra ne lâche pas d’une semelle et qui ne cesse de fuir, de se cogner aux murs, de contenir sa panique, comme une biche aux abois. L’enjeu a beau être relativement faible (elle ne veut pas avouer sa faute à son mari), on ne peut que ressentir de l’empathie pour elle, grâce à l’intensité d’Ingrid Bergman et à sa sensibilité à fleur de peau. Autour d'elle, des partenaires beaucoup moins convaincants, surtout Mathias Wieman, incarnant le fameux mari cocu jouant des jeux pervers.

« LA PEUR » laisse donc sur sa faim, d’autant que sa conclusion en queue-de-poisson et en ‘happy end’ semble contredire tout ce qu’on vient de voir pendant 75 minutes. À voir pour l’admirateur inconditionnel de la star de « CASABLANCA », ce qui est après tout, une excellente raison de visionner un film !

À noter que dans la séquence où Bergman retrouve sa tourmenteuse dans un cabaret appelé le « Kleine Fisch », on aperçoit très brièvement dans un plan large (photo du bas), un jeune homme récitant des poèmes d’une voix reconnaissable entre mille : Klaus Kinski en personne. Mais il faut le savoir et avoir de très bons yeux !

PEUR

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 04:30

THERESE D (1)On se souvient surtout de Georges Franju pour ses films flirtant avec le fantastique, dont le culte « LES YEUX SANS VISAGE ». Mais il a également adapté des œuvres de Cocteau ou Zola. « THÉRÈSE DESQUEYROUX » est un roman de François Mauriac.

C'est un film glacial, austère, suffocant, à l’image de cette province étriquée et confite dansTHERESE D sa bourgeoise hypocrisie, dans laquelle l’héroïne s’étiole peu à peu. Le sujet a tout du faits-divers : l’épouse d’un notable empoisonne celui-ci pour échapper à la monotonie désespérante de son existence. Mais la voix ‘off’ très littéraire, l’interprétation totalement maîtrisée d’Emmanuelle Riva et le noir & blanc « bergmanien » donnent à l’histoire des accents universels de tragédie intime. C'est très lent, cela progresse par touches infimes, la construction en flash-back est adroitement conçue et l’écriture des personnages est d’une belle précision. Ainsi Philippe Noiret est-il à la fois ridicule, haïssable, humain et désespérant de médiocrité autosatisfaite, dans ce rôle de mari insensible. Edith Scob – actrice-fétiche du réalisateur – a également un joli rôle de séduisante sauvageonne romantique, que son milieu écrase jusqu'à lui faire perdre son éclat et sa fantaisie.

« THÉRÈSE DESQUEYROUX » n’est pas un spectacle facile ou agréable, mais par son extrême rigueur, par l’admirable intensité d’Emmanuelle Riva et par quelques symboles parlants (la palombe affolée, clouée au sol par un filet de chasse), il imprime durablement la mémoire. Sans oublier les belles envolées de la BO de Maurice Jarre…

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