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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 09:18

GRANDES FAMILLES (1)Tiré de l’œuvre de Maurice Druon, « LES GRANDES FAMILLES » prend une étrange résonnance un demi-siècle après sa réalisation, vu par le prisme d’un monde en crise économique aiguë. Dialogué par Michel Audiard avec une plume particulièrement acérée et cruelle, le film au-delà de sa description d’un monde à part, celui de la haute-finance, des magouilles politiciennes, des alliances entre puissants, de la mainmise des « clans » sur la presse et les fluctuations boursières, raconte au fond la destruction méthodique d’un fils par son propre père.

Pourquoi Jean Gabin anéantit-il son héritier ? Tout simplement parce que celui-ci voulait son indépendance et désirait exister par lui-même. C’en est trop pour le vieux dragon qui monte une machination diabolique pour lui « donner une leçon ». Qui finira par… une balle dans le crâne.

Le film est dur, glacé, implacable même. À l’image de Gabin, qui offre une prestation étonnamment subtile de monstre patelin, qui dissimule derrière ses faux-airs de patriarche bourru, l’âme d’un tueur prêt – comme Saturne – à dévorer sa propre progéniture. C'est un des très bons rôles de la seconde carrière de Gabin, dont le visage affiche par instants une froideur et une inhumanité à faire froid dans le dos. Et quand à la fin, son œil se pose sur son petit-fils encore bambin, on comprend qu'il a trouvé non pas un réconfort, mais une nouvelle proie. À ses côtés, d’excellents comédiens dont Jean Desailly jouant le fils faible et crédule, Pierre Brasseur en cousin débauché et vaguement répugnant et surtout Bernard Blier en éminence grise très porté sur la chose.

Si la forme a vieilli, l’ironie abrasive du dialogue, le portrait dévastateur de ce monde clos (les gens « normaux » ne sont représentés que par quelques silhouettes de larbins ou d’une starlette idiote) sont encore tout à fait frappants aujourd'hui.

GRANDES FAMILLES

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 05:55

Il faut se méfier des a priori. Et reconnaître qu’un polar belge tourné en flamand, cela n’a rien de particulièrement excitant. « LA MÉMOIRE DU TUEUR » prouve qu’on a bien tort d’écouter ses préjugés !  Sans être remarquablement filmé, le film tient par la force de son scénario dont l’intensité va MEMOIRE TUEURcrescendo et esquive tous les clichés du genre. Un tueur à gages vieillissant, atteint de la maladie d’Alzheimer (non, Johnnie To n’a rien inventé !) se retourne contre ses employeurs. Son jeu de massacre est suivi de près par un jeune flic dépressif et un lien étrange de noue entre les deux hommes. On dirait la trame d’un polar de Hongkong, mais l’ambiance est très différente et l’accent n’est pas mis sur la violence ou le grand spectacle pyrotechnique. Ici, tout est dans l’ambiance, dans l’empathie qu’on ressent pour cet assassin professionnel qui sent que ses jours – ses heures – sont comptés.

Pourtant, à bien y regarder, le film aurait pratiquement aussi bien fonctionné sans le handicap du ‘hitman’. Sa prise de conscience morale aurait probablement suffi à motiver ses actions et notre sympathie. Cet ajout ne fait qu’accentuer l’impression d’inéluctable et de baroud d’honneur qui plane sur les deux heures de projection.

En fait, le principal intérêt de « LA MÉMOIRE DU TUEUR » est qu’on ne peut se référer à aucun autre polar en le voyant. Et qu’un peu de sang neuf dans ce genre qui se nourrit souvent de lui-même, est vraiment bienvenu. Dans la colonne des points négatifs, à peine pourra-t-on reprocher aux auteurs d’avoir un peu tiré à la ligne. Un quart-d’heure de moins aurait été la durée idéale.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 16:27

2 RIVALES (3)Le titre original est « LES INDIFFÉRENTS » qui colle parfaitement au film tiré de l’œuvre de Moravia. En français, cela donne « LES DEUX RIVALES », ce qui n’a RIEN à voir avec2 RIVALES (2) le contenu de l’histoire ! Bref… 

Réminiscent de certains Ingmar Bergman, ce drame en quasi-huis clos met en scène un homme d’affaires rapace qui prend littéralement 2 RIVALESpossession d’une vieille famille romaine ruinée. Amant de la mère, il convoite la fille et finit par l’attirer dans son lit. La jeune femme se laisse faire parce qu'elle a déjà compris qu'elle n’avait pas le choix. Pour l’argent, le confort, elle surmontera son dégoût de cet homme cauteleux et beaucoup plus âgé qu'elle. Son frère qui semblait plus idéaliste, cèdera quant à lui à la meilleure amie de sa mère, oubliant ses grands principes.

« LES DEUX RIVALES » est un film d’une lucidité frôlant l’amertume et le cynisme. Il décrit des individus méprisables, confits dans leur ennui et leur apathie. La mise en scène très rigoureuse colle aux comédiens dans des gros-plans en clair-obscur. Il n’y a pratiquement pas de plans larges de tout le film. Même dans les extérieurs, le réalisateur reste glué aux visages.

Et tout est concentré sur un remarquable quintet d’acteurs internationaux : en tête Rod 2 RIVALES (1)Steiger, aussi peu ragoûtant que possible en prédateur gras et morose. Il couche avec la mère, puis la fille. Ce qu'il refera exactement de la même façon l’année suivante dans « DOCTEUR JIVAGO » ! Paulette Goddard, décatie, à fleur de peau, presque friable, est extraordinaire en bourgeoise au bord du gouffre. Les jeunes Claudia Cardinale et Tomás Milian sont parfaits dans la molle rébellion et l’indifférence. Et Shelley Winters a rarement été meilleure qu’en parasite passif-agressif, fauteuse de trouble professionnelle.

Ces « monstres » se croisent, se désirent, se haïssent, se déçoivent, mais passent leur vie ensemble. L’enfer, c'est les autres, n'est-ce pas ? Un film inconfortable et incontestablement hypnotique.

2 RIVALES

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 20:24

TUEUR (1)Comment résister ? Un titre-choc : « LE TUEUR » ! Le vieux de la vieille Denys de la Patellière à la caméra, un face à face (de plus) Gabin-Blier jouant des flics, un acteur de ‘spaghetti western’ Fabio Testi dans le rôle du méchant et les « usual suspects » habituelsTUEUR (2) du polar français de l’époque avec leur accent de titi parisien et leurs pattes bien fournies. NeTUEUR manque qu’Audiard au générique, remplacé par Pascal Jardin.

On le sait le cinoche policier hexagonal vieillit vite. Si quelques grosses productions tiennent le choc, si un Melville a atteint l’intemporalité, la plupart sont aujourd'hui difficiles à suivre en gardant son sérieux. « LE TUEUR » prête souvent à sourire : si Gabin représente la vieille garde des poulets de terrain maniant les indics en orfèvre, Blier est censé symboliser la police « moderne ». Avec ses ordinateurs (ceux des années 70 !) et ses méthodes scientifiques. Leurs affrontements mollassons à coups de répliques réactionnaires valent leur pesant de cacahuètes.

Disons-le tout net, côté rythme et esthétique, on est plus proche de « DERRICK » que de « HEAT ». Le film est poussif, dénué de vie et laborieux, les vedettes font leur vieux TUEUR (3)numéro sans conviction, l’œil las et la moue agacée. Les séquences d’action sont faiblardes. Seul le passage où Testi devient une bête traquée, seule au monde, est encore à peu près intéressant. D'ailleurs l’acteur italien (doublé, comme il se doit) est très bien avec son look de Clark Gable napolitain et son jeu nerveux et physique. À part bien sûr, qu'il n’a pas du tout une tête à s’appeler ‘Georges Gassot’. Mais… Coproduction oblige !

Parmi les seconds rôles, le débutant Gérard Depardieu joue une « balance » trop cordiale pour être honnête.

Un cinéma disparu, dont « LE TUEUR » est un représentant déjà tardif. Mieux vaut revoir « LE PACHA », c'est la même chose, mais en plus soigné.

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 06:28

ASSIS A SA DROITE (2)Auteur entre autres choses des magnifiques « LE PROFESSEUR » (le meilleur rôle de Delon) et « LE DÉSERT DES TARTARES », l’éclectique Valerio Zurlini signe avec « ASSIS À SA DROITE » un étrange pamphlet christique, situé au Congo belge.ASSIS A SA DROITE

Le scénario conte l’arrestation d’un leader de la rébellion anticolonialiste, une sorte de saint non-violent, puis son refus de se renier, sa résistance à d’atroces tortures et finalement son exécution. Il se concentre aussi sur sa relation avec un voleur incarcéré dans la même cellule, qui devient aussitôt son apôtre. Car le personnage de Lallubi, incarné par Woody Strode, est une version africaine du Christ, comme l’indique sans finesse le titre américain « BLACK JESUS ». C'est son Judas à lui qui le donnera aux militaires.

L’acteur américain dégage une douceur et une bonté infinies, ainsi que – paradoxalement, vu ASSIS A SA DROITE (1)son physique – une vulnérabilité douloureuse. La longue séquence de torture qui commence par ses deux mains clouées à une table, est difficile à supporter et Zurlini la traite subtilement, sans tomber dans le ‘gore’ inutile. Le visage de Strode déformé par la souffrance, se suffit à lui-même.

« ASSIS À SA DROITE » ressemble par moments à du théâtre filmé, à d’autres à un reportage. Le réalisateur tourne le dos à tout esthétisme, à tout sensationnalisme pour signer une œuvre austère, parfois ingrate, mais d’une évidente sincérité. Aux côtés de Strode, superbe dans un rôle central mais curieusement oblique et peu présent à l’image, Jean Servais est excellent en Ponce-Pilate hollandais rongé par le doute et Franco Citti semble apporter avec lui tout le cinéma de Pasolini. Jusqu'à son ambiguïté.

Ce n’est pas un film facile d’accès, ni même agréable à regarder, mais il laisse indéniablement des traces.

 

À NOTER : le film est sorti aux U.S.A. en DVD, mais hélas, dans une copie recadrée du CinémaScope en 1.85 :1. et qui plus est en 4/3 de très mauvaise qualité. Il n’existe a priori aucune meilleure manière de découvrir ce film rare.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 07:25

QUI (1)Romy Schneider et Maurice Ronet sont deux comédiens dont la réputation n’a fait que grandir depuis leur disparition. Ils ont tourné cinq fois ensemble. Deux grands films : « PLEIN SOLEIL » (où elle n’a qu’un ‘caméo’ non-mentionné au générique) et « LA PISCINE », deux nanars : « QUI ? » et l’abominable « LES LIENS DU SANG » de TerenceQUI Young et une superproduction U.S. où ils se croisent : « LES VAINQUEURS ».

Dans « QUI ? », un suspense alléchant écrit par l’auteur de Chabrol, ils sont pratiquement seuls à l’écran dans un face à face « psychologique ». Ronet soupçonne Romy d’avoir tué son frère disparu dans un accident de voiture. Ils couchent ensemble, s’affrontent, le « mort » ressurgit, puis… tout finit en coup de théâtre directement inspiré de la fin de « PLEIN SOLEIL ». La boucle est bouclée !

Malgré les talents en présence, « QUI ? » est un cas d’école. Rien ne fonctionne : le dialogue sonne tellement faux qu’on se demande jusqu'au bout si l’auteur avait une intention cachée, s’il s’agit d’un effet de style (raté), la chanson en anglais est ressassée jusqu'à la nausée, les comédiens n’ont jamais été aussi mal à l'aise. Ronet surtout, dont les scènes d’ivresse visiblement improvisées, sont embarrassantes. Romy elle, se débat avec des répliques impossibles et un rôle bien en deçà de ses capacités. Et que dire de Gabriele Tinti, acteur italien de copro ici doublé en français ?

Des échecs comme « QUI ? » permettent au moins de se rendre compte que des réussites comme « LA PISCINE » ou « LE PASSAGER DE LA PLUIE » tournés à la même époque, dans un genre proche, n’étaient pas à la portée de n'importe qui. Qui ?

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 16:24

HOMMES CONTRE (1)Film mythique, parce que très rare depuis sa sortie, « LES HOMMES CONTRE » fait partie des grands accomplissements de Francesco Rosi. Dès les premières images, impossible de HOMMES CONTREne pas penser à « LES SENTIERS DE LA GLOIRE » et pas uniquement à cause du décor de tranchées de la guerreHOMMES CONTRE (2) 14-18. Surtout par la description clinique et atrocement froide d’un carnage organisé et le pouvoir d’indignation que possèdent les deux œuvres.

Ponctué d’assauts absurdes et suicidaires ordonnés par un général fanatique et inhumain, campé par un hallucinant Alain Cuny, le film brosse quelques portraits d’hommes en guerre : l’officier socialiste, proche de ses soldats campé par un Gian Maria Volonte’ prodigieux d’humanité meurtrie, le jeune idéaliste joué à la Montgomery Clift par Mark Frechette, le colonel incompétent…

Sans jamais céder au ‘gore’, Rosi choque par la brutalité de ses combats où la mort est sèche et inévitable. Il réussit quelques séquences saisissantes comme cet assaut tellement sanglant, que les Autrichiens eux-mêmes supplient les Italiens de battre en retraite, tant ils sont écœurés de devoir les supprimer par centaines, comme des bêtes d’abattoir. Et c'est là que Volonte’ lâche le vrai message du film en hurlant que le véritable ennemi n’est pas HOMMES CONTRE (3)devant, mais derrière eux : leur propre général.

Rosi utilise avec un certain génie la raideur naturelle de Cuny, son visage ingrat et tourmenté. La scène où Frechette l’emmène à une meurtrière de la tranchée, en espérant qu'il sera fauché par la balle d’un sniper, est magnifique. À la fois drôle et atroce.

« LES HOMMES CONTRE » raconte donc la guerre de l’intérieur. Une guerre où l’ennemi parle la même langue que vous, mais ne vient pas du même milieu. Une guerre sale et sans espoir, puisque comme dans le Kubrick, ce sont toujours les mêmes qui meurent et toujours les mêmes qui collectionnent les médailles.

 

À NOTER : le film est récemment sorti en DVD en Italie, dans une copie soigneusement restaurée et avec des sous-titres anglais. C'est dans la collection « MINERVA CLASSIC ».

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 07:06

YEUX JULIALes films à suspense dont l’héroïne est une jeune femme aveugle (où en passe de le devenir) sont presque un sous-genre en soi. Depuis le surévalué « SEULE DANS LA NUIT », jusqu'au très flippant « JENNIFER 8 », en passant par le plutôt réussi « BLINK », la recette a peu évolué, mais donne souvent des films stressants et marquants. C'est le cas de YEUX JULIA (1)« LES YEUX DE JULIA », film espagnol produit par Guillermo Del Toro.

Pourtant, le scénario semble parfois sinueux, alambiqué, donnant la sensation d’avoir été trop retravaillé. Mais la mise en scène est sans faille et le film contient même une remarquable idée : pour identifier le spectateur à la cécité de Julia, lui faire partager son insécurité, le visage de ses partenaires n’est jamais montré, à partir du moment où elle perd la vue. Simple, mais grandement efficace. Il fallait juste y penser.

Impeccablement photographié et cadré, très bien monté (les séquences s'arrêtent toujours exactement où elles le doivent), « LES YEUX DE JULIA » doit beaucoup à la très belle Belén Rueda, qui après « L’ORPHELINAT » retrouve enfin un rôle à sa mesure. Totalement impliquée, identifiée à son personnage, elle occupe tout l’espace avec une intensité qui force le respect.

« LES YEUX DE JULIA » est au moins aussi efficace et anxiogène que les meilleurs produits anglo-saxons du genre, avec en bonus une part d’irrationnel et de poésie qui n’appartient qu’aux Espagnols. Bref, en deux heures de projection, le thème est ici fouillé jusque dans ses moindres recoins, ses plus infimes possibilités. Le prochain film dont l’héroïne sera aveugle aura intérêt à faire preuve d’inventivité !

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 17:11

DESERT TARTARES (2)Inspiré du chef-d’œuvre de Dino Buzzati, « LE DÉSERT DES TARTARES » avait tout pour échouer dans son entreprise : un sujet considéré comme inadaptable, un scénario de DESERT TARTARESplus de deux heures où il ne se passe rigoureusement rien, un casting de coproduction. Mais par la grâce du talent deDESERT TARTARES (1) son réalisateur Valerio Zurlini, le film prend son envol dès les premières minutes et apparaît comme une sorte de western métaphysique, qui pose bien plus de questions qu'il n’apporte de réponses et envoûte durablement.

Le décor naturel de ce fort perdu au milieu de nulle part est fascinant. Et il est l’âme de cette histoire hautement symbolique qui parle de l’absurdité de la guerre, sans qu’on n’y voie un seul combat, de la folie des hommes alors qu'ils ne font rien. Rien qu’attendre un ennemi sans visage, quitte à laisser filer leur vie et leur jeunesse entre leurs doigts. DESERT TARTARES (3)Arrivé en jeune officier conquérant et ambitieux, le lieutenant Drogo se transforme progressivement en vieillard émacié, flageolant, comme si le fort avait aspiré toute vie de ses veines. Peu à peu, Drogo devient tous ces hommes qui l’ont précédé et qui lui semblaient si absurdes à son arrivée. Jacques Perrin est exceptionnel dans ce qui reste le rôle de sa vie. Sa transformation physique qu’on ne remarque qu’à la toute fin, est admirablement amenée. À ses côtés, Giuliano Gemma est très surprenant, Jean-Louis Trintignant discret en médecin résigné, Max Von Sydow a rarement été meilleur. Un magnifique cast d’ensemble.

La photo de Luciano Tovoli est pour beaucoup dans la réussite du film, tout comme la BO d’Ennio Morricone particulièrement inspiré.

« LE DÉSERT DES TARTARES » est un quasi chef-d’œuvre, un film qui marque profondément et donne à réfléchir quant à l’absurdité de nos existences…

 

À NOTER : le film, copro franco-italo-allemande est étonnamment inédit en DVD en France. On peut le trouver aux U.S.A. aux éditions « NO SHAME » en italien sous-titré anglais, dans un très beau transfert. Il serait grand temps qu'il soit réhabilité. En Blu-ray, tiens !

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 10:30

Bon, déjà et avant tout, et malgré son nom très proéminent sur les affiches, « LE PACTE DU MAL » n’est pas un film d’Alejandro Amenábar ! Il l’a juste produit. Qu’on se le dise.PACTE DU MAL

Très bien réalisé et photographié dans un style très anglo-saxon, c'est un film espagnol fantastique qui semble se refuser à l’être et se dissimule derrière un réalisme parfois cru, une ambiance à la « URGENCES », teintée parfois du « SIXIÈME SENS » de Shyamalan.

Tant que le sujet demeure opaque et mystérieux, tout fonctionne parfaitement et l’envoûtement s’installe. Eduardo Noriega qui a pris une belle épaisseur avec l’âge, est impeccable en médecin cynique et froid, qui hérite (apparemment) d’un extraordinaire don de guérisseur, mais qui a aussi son prix : la mort de ses proches. Pendant une bonne partie du film, on se demande si tout cela se passe dans la tête du docteur, s’il rêve, si – comme c'est devenu un quasi-cliché – il est dans le coma et imagine tout le scénario lors d’une ‘Near Death Experience’.

Quand enfin arrive l’explication de la bouche d’une patiente comateuse qui revient à la vie, le soufflé retombe assez brutalement et la déception s’installe. Le film se banalise alors qu’on aurait finalement préféré rester dans les hypothèses et le trouble.

Reste que « LE PACTE DU MAL » est très prenant pendant une bonne moitié de son métrage, qu'il réserve même quelques beaux instants d’émotion brute et qu'il révèle un réalisateur stylé et subtil. Si Noriega occupe l’écran avec l’autorité d’un Clooney ibérique, Belén Rueda (l’héroïne de « L’ORPHELINAT ») n’a pas grand-chose à faire et c'est bien dommage.

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