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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 13:42

McQUEEN (1)Superstar de son vivant, Steve McQueen n’a fait qu’intensifier son mythe post-mortem, s’installant au panthéon très fermé des icônes universelles telles Marilyn, Bogart ou JamesMcQUEEN (2) Dean. Son atout ? Une authentique rébellion contre tout système, une séduction rugueuse, un égotisme forcené, une tendance à l’autodestruction qui en ont fait un antihéros idéal des sixties, mais une personnalité s’adaptant curieusement à toutes les décades suivantes.

Dès ses débuts dans la série TV « AU NOM DE LA LOI », McQueen impose sa vision désarmante de Josh Randall, chasseur de primes têtu, âpre au gain et pragmatique, à cent lieux de tout cliché. Surtout en ‘58 ! À bien y regarder, les tout premiers prémices du « bounty killer » du ‘spaghetti western’ sont peut-être à chercher de ce côté-là.

Après une figuration dans la série B « GIRL ON THE RUN » et une apparition en voyou à cran-d’arrêt dans « MARQUÉ PAR LA HAINE », un second rôle le procureur juif dans McQUEEN (3)« NEVER LOVE A STRANGER », puis un rôle principal dans la série B « DANGER PLANÉTAIRE » en teenager courageux (de 28 ans !), il apparaît en chauffeur d’une bande de voleurs dans « HOLD-UP EN 120 SECONDES ». Une de ses plus insipides prestations.

John Sturges – à qui McQueen doit beaucoup – lui offre trois chances d’accéder au vrai vedettariat : dans « LA PROIE DES VAUTOURS » il vole la vedette à Frank Sinatra dans un rôle de caporal magouilleur prévu pour… Sammy Davis, Jr., idem pour « LES 7 MERCENAIRES » où en pistolero malchanceux, il « enterre » la vedette en titre Yul Brynner. « LA GRANDE ÉVASION » confirme son individualité de héros solitaire et indomptable, alors qu'il n’apparaît pas énormément dans le montage final. Mais ses scènes à moto l’ont littéralement cristallisé dans la mémoire collective.

Il est officier de marine dans « BRANLE-BAS AU CASINO », fascine en G.I. taiseux et névrosé dansMcQUEEN (5) « L’ENFER EST POUR LES HÉROS », en aviateur suicidaire dans « L’HOMME QUI AIMAIT LA GUERRE », deux facettes du même personnage asocial et ingérable, des versions réalistes en somme du Hilts idéalisé de « LA GRANDE ÉVASION ».

Robert Mulligan l’impose dans des rôles plus profonds dans « UNE CERTAINE RENCONTRE » en musicien immature et « LE SILLAGE DE LA VIOLENCE » en rocker tête brûlée abîmé par une enfance malmenée. Il y est remarquable même si évidemment trop âgé pour le rôle, problème qu'il rencontrera d'ailleurs souvent lors de cette décennie.

McQueen est un joueur de poker arriviste dans « LE KID DE CINCINNATI », le métis orphelin de « NEVADA SMITH » (il est censé avoir 18 ans !), campe un mécano rebelle McQUEENdans « LA CANONNIÈRE DU YANG-TSÉ » (peut-être son plus beau rôle), n’est pas très bien casté en banquier peroxydé dans « L’AFFAIRE THOMAS CROWN », trouve son rôle le plus archétypique dans « BULLITT » en flic taciturne et obsessionnel, aussi dangereux que les tueurs qu'il traque comme un prédateur dans la jungle.

Il change de registre en jouant le garçon de ferme finaud dans « REIVERS », cède à sa passion pour les courses en incarnant le coureur dans le triste « LE MANS » (qui le fâchaMcQUEEN (4) définitivement avec Sturges qui avait commencé le film), il s’associe à Sam Peckinpah pour camper un champion de rodéo fatigué dans « JUNIOR BONNER, LE DERNIER BAGARREUR » et le braqueur taciturne dans « GUET-APENS ». Sur ce dernier film, McQueen rencontre et épouse Ali MacGraw et sa carrière s’enlise inexplicablement. Après « PAPILLON » où il incarne le forçat français et « LA TOUR INFERNALE » où il est parfait en pompier héroïque, McQueen devient ermite, grossit, se fait oublier pendant des années. Quand il revient, c’est obèse et barbu en citoyen écolo dans « AN ENEMY OF THE PEOPLE ». Son vrai comeback, en hors-la-loi vieillissant dans « TOM HORN : SA VÉRITABLE HISTOIRE » et « LE CHASSEUR » où il est un chasseur de primes moderne, ne redore pas son blason.

McQueen meurt à 50 ans, rongé par le cancer, laissant des millions de fans inconsolables.

McQUEEN (6)

À noter que McQueen apparaît dans son propre rôle de coureur à moto dans le documentaire « CHALLENGE ONE » et qu’il exécute anonymement les cascades à moto d’une série B oubliée des seventies, « DIXIE DYNAMITE ».

À la TV, on peut voir McQueen à ses débuts dans « THE SHRIVINGTON RAID » en hors-la-loi, « THE DEFENDER » en voyou accusé de meurtre, où il affiche un style excessif et grimacier tout à fait surprenant, puis en reporter confronté aux envahisseurs et en joueur risquant son petit doigt dans deux « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE ». Il joue le bandit Longley dans un épisode de « TALES OF WELLS FARGO ». À noter qu’il a créé le rôle de Randall dans un épisode de la série de Robert Culp, « TRACKDOWN ».

 

 

À NOTER : dans l’actu toujours très foisonnante de Steve,  30 ans après sa mort, la sortie d’un coffret DVD pour les fêtes, intitulé « STEVE McQUEEN : L’INSOUMIS ».

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS CULTE DE "WWW"
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commentaires

daniel 10/11/2011 17:19


Steve McQueen est devenu un mythe car il est le digne héritier de ses ainés et un modèle pour nombre d acteurs d aujourd hui,de plus il possédait une personnalité peu commune dans ce milieu(plus
fréquente chez les rocks stars ou Mick Jagger a meme écrit une chanson a son nom tout comme Léonard Cohen ou encore le pape du rap Notorious Big)ce qui confirme l impact que pouvait avoir cet
acteur sur des générations de rebelles de tout bord.Les publicités faites avec son nom(et controlées par son fils qui ne veut pas dénaturer l image de son père)sont plutot réussies notamment celles
sur la nouvelle Mustang(alors que Ford avait refusé de participer au financement de "Bullitt" ce qui a conduit McQueen a enlever la couleur originale de la voiture et a retirer ce qui pourrait la
mettre en valeur) et surtout celle sur la fameuse montre ou participe Lewis Hamilton dans ce qui ressemble a un beau court métrage..Je trouve que Steve McQueen est la quintescence meme de l
acteur:extrèmement doué,confondant de naturel,authentique et toujours proche de ce que le pubic attend..Et dire qu il a refusé les offres de Spielberg et de Coppola et que Leone pensait a lui pour
"Il était une fois l Amérique".Que de regrets en tant que spectateur..Vu le niveau du cinéma actuel,je pense que Steve McQueen est une référence pour encore longtemps sauf bien sur pour nos
vedettes de la Tvréalité qui n ont pour référence...qu eux memes ou une huitre pour les plus intelligents!!!


VAL 07/11/2011 20:59


Je ne suis même pas sûre que ce type sache écrire le mot "avocat"...
Si vous voulez mon avis, les producteurs de ces niaiseries doivent choisir leur candidats selon le principe suivant : on leur fait remplir un test de Q.I., et ceux qui le réussisent sont
virés...Triste, très triste TV...


lemmy 07/11/2011 20:34


Waouh. En espérant que ce ne soit pas la famille qui ait autorisé ça...


VAL 07/11/2011 17:58


Je vient juste d'apprendre une nouvelle proprement stupéfiante : Steve Mc Queen est...une marque de chaussures ! Information donnée à l'instant par un pauvre décérébré (arborant un T-shirt à
l'éffigie de l'acteur) dans une émission de télé-réalité sur laquelle je vient de tomber par hasard...j'ai envie de pleurer, tout à coup...


Fred Jay Walk 07/11/2011 20:02



Attends que les avocats de la famille lui tombent dessus...



Zach 11/03/2011 13:15


D'autant que visiblement tout ses films ont existé en VHS, alors même avec un travail de restauration... Lors de l'essor du DVD, tout ses films dispo aujourd'hui sont sortis à un rythme soutenu, et
depuis, disette !

Mais un film comme "Junior Bonner", un film de Peckinpah avec un cast de choix, quel misère qu'un éditeur de qualité ne lui ait pas offert l'écrin qu'il mérite !


Quand on voit qu'un film comme "la rivière rouge" n'est sorti qu'en kiosque dans une collection western, on peut guetter de l'inédit pour celle de McQueen, mais en la lançant avec des titres comme
"la grande évasion" ou "la tour infernale" existant déjà dans des tonnes d'éditions, trouvables à petits prix, est-ce que cette collection peut avoir du succès ?
Si elle était sortie il y à 3 ou 4 ans, j'aurais pu être intéressé, mais j'ai tout les DVDs des films de Steve McQueen, je ne vais pas les racheter pour la soutenir. Peut-être arrive-elle un peu
tard.

En tout cas, il est certains que les éditeurs devraient davantage s'intéresser au cas McQueen, car il propose une filmo très (trop ?) variée, et sa popularité prouve que l'édition de ses titres
toujours inédits pourraient trouver le succès.
Après tout, avant le DVD, qui connaissait l'homme qui aimait la guerre" ou "Reivers" ?


Fred Jay Walk 11/03/2011 16:02



C'est vrai : toujours les mêmes films qui sortent et ressortent repackagés et toujours les trois ou quatre mêmes qui restent introuvables ou mal édités.


Vu la notoriété post-mortem du bonhomme, c'est inexplicable.



Kinskiklaus 11/03/2011 00:03


Une belle copie de JUNIOR BONNER? On peut toujours rêver, malheureusement...


Fred Jay Walk 11/03/2011 07:09



J'ai du mal à cpmprendre pourquoi, alors qu'il est si populaire et qu'il a tourné si peu de films, il reste des inédits ou des mauvais pressages de la filmo de McQueen.



Zach 10/03/2011 22:24


Une collection intitulée "les meilleurs films de steve McQueen" vient de sortir en kiosque.
Avec un tel titre, difficile d'imaginer qu'on nous sorte de l'inédit, mais pourtant, on attend toujours de voir la collaboration McQueen/Mulligan ou une belle copie de "Junior Bonner"...


Fred Jay Walk 11/03/2011 07:07



Oui, croisons les doigts pour "UNE CERTAINE RENCONTRE" !


J'ai entendu dire qu'il allait y avoir un ou des téléfilms rares, aussi. A suivre...



Corey 20/12/2010 16:26


Ah, Steve Mc Queen… Difficile d'être parfaitement impartial en parlant d'un tel mythe. Avec ces questions qui obsèdent toujours : est-il devenu un mythe parce qu'il est mort précocement, ou le
serait-il resté en continuant à tourner ? Aurait-il été oublié, dépassé ou ringardisé comme bien d'autres stars d'Hollywood, ou serait-il parvenu à bien négocier le virage de l'âge mûr, comme Clint
Eastwood, la dernière grande star vivante de sa génération ?


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