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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 10:41

CINCINNATI KID (1)On connaît l’historique douloureux du « KID DE CINCINNATI », film commencé en noir & blanc par Sam Peckinpah, avec le tandem Spencer Tracy-Steve McQueen. Le réalisateur CINCINNATI KIDfut remercié après avoir tourné des séquences de nu trop explicites avec Sharon Tate et remplacé par un collègue plus consensuel, le Canadien Norman Jewison. Tracy partit par solidarité avec Peckinpah. On ne peut que rêver à ce que leCINCINNATI KID (2) film aurait été, s’il était resté sur ces rails de départ. Ce qui ne veut pas dire que tel qu'il est, il soit dénué d’intérêt. Bien au contraire.

Jewison filme très bien New Orleans et ses inimitables extérieurs, mais son film est essentiellement un écrin au charisme de McQueen, ici à son summum. Dès les premiers plans, le réalisateur détaille sa façon de marcher, de sourire, chaque séquence ne semble exister que pour le mettre en valeur. Et les parties de poker sont déjà filmées comme des CINCINNATI KID (4)duels (les deux hommes referont la même chose en un peu plus sensuel dans « L’AFFAIRE THOMAS CROWN »), privilégiant les gros-plans de l'acteur impassible. Fort heureu-sement, McQueen évite le total narcissisme en étant bien entouré : Edward G. Robinson remplaçant Tracy, est fabuleux en vieux joueur élégant mais impitoyable, Ann-Margret a rarement été mieux qu'en garce amorale pétant de santé. Karl Malden joue une fois de plus, un cocuCINCINNATI KID (3) magnifique.

Curieusement, on est plus pris par l'atmosphère et les personnages que par le suspense que tente d'installer Jewison, sans retrouver l’extrême tension de « L’ARNAQUEUR » dont il s’est manifestement inspiré.

L'issue du jeu n'a en fait que peu d'importance : on sait Stoner condamné à partir du moment où il trompe sa fiancée, la douce et pure Tuesday Weld, qui apparaît comme le symbole trop beau pour être vrai, d’une existence « normale ». Il ne s’agit pas de puritanisme idiot, mais si Stoner se plante c'est parce qu'il s’est détourné de son but et a cédé à ses faiblesses (devinées par son adversaire dans un échange de répliques savoureux et ambigu).

Voyou froid, calculateur, inculte mais intelligent Eric Stoner épouse parfaitement la mythologie ‘mcqueenienne’, celle d'un loser solitaire. Comme dans « LES 7 MERCENAIRES », « LA GRANDE ÉVASION », « LE SILLAGE DE LA VIOLENCE » et même d'une certaine façon « BULLITT », McQueen repartira vaincu, enfermé à double tour dans ses névroses à jamais insolubles.

CINCINNATI KID (5)

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS DE STEVE McQUEEN
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dodo 20/11/2016 02:56

Salut
Étant donné que cela fait très longtemps que j'ai regardé les 7 mercenaires, j'ai pas compris pourquoi vous avez dit que Mcqueen repart vaincu.( ILs avaient tué Calvera et Steve n'est pas mort dans ce film)

dodo 16/01/2017 04:39

D'accord! Merci!
Et au final , d'une certaine façon, ils ont perdu (en plus de leurs partenaires).

Fred Jay Walk 22/11/2016 20:27

Référence à la phrase de Brynner : « Nous, on est toujours perdants ». Lui et McQueen ont gagné la bataille certes, mais ils sont (gentiment) chassés par les villageois et la vie reprend, alors qu’eux retournent à leur existence de vagabonds sans le sou.

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