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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 06:08

COMMISSAIRE (1)Au travers d’une enquête criminelle traditionnelle impliquant des notables, des politiciens, « LE COMMISSAIRE » est surtout le portrait doux-amer d’un petit flic ambitieux, dont le principal intérêt – et pas des moindres – est d’être incarné par Alberto Sordi.

Besogneux, imbu de lui-même, sentencieux et pétri d’assurance, le « commissaire » n’en est pas moins doté d’un certain flair et d’une intégrité à toute épreuve. Mais cette foncièreCOMMISSAIRE honnêteté confine à la naïveté, quand il se confronte à une corruption tellement profonde et généralisée, qu’on peine à en voir le fond. Avec sa bonne tête bovine, sa coiffure insensée, ses gros sourcils, Sordi s’est fait une tête extraordinaire. S’il commence le film en personnage de pure comédie, le propos se transforme peu à peu en la « tragédie d’un homme ridicule » (pour paraphraser un autre classique italien) et le bon gros aux belles chaussures vernies finira en SDF indigent, pour avoir été jusqu'au bout de lui-même : il sacrifie sa carrière dans la police pour innocenter un homme qu'il méprise. Mais nous sommes chez Comencini et dans un scénario signé Age-Scarpelli, aussi l’héroïsme n’est-il pas vraiment de mise. La fin verra notre ex-commissaire devenu un homme-sandwich, toujours aussi arrogant et auto-satisfait.

Entre polar et étude de caractère, satire politique et comédie, « LE COMMISSAIRE » est une œuvre délectable et parfaitement rythmée, dont le moindre rôle est idéalement casté, à commencer par Franca Tamantini, jouant la fiancée de Sordi. Quand son père, médusé par la vision de ce futur et minable gendre demande à sa fille si elle l’aime vraiment, celle-ci répond : « Bien sûr, papa ! ». Et puis ajoute lucidement : « J'ai trente ans ». Tout le cinéma italien qu’on aime – drôle, cruel, pathétique – en deux répliques !

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commentaires

Marc Provencher 08/06/2013 16:45

C'est d'la très, très bonne. Encore une fois, Sordi, Comencini et Age-Scarpelli ont frappé dans le mille.

Il y a (eu?) de bonnes comédies satiriques sous bien d'autres latitudes - en Angleterre, aux États-Unis, en France, etc - mais personne d'autre n'a eu en main un stradivarius de la trempe d'Alberto
Sordi. Encore faut-il préciser un "secret de la sauce" bien important : tout en étant une forme de satire particulièrement féroce et même cruelle, la "comédie à l'italienne" - qui est un genre
particulier de la comédie italienne en général - est en même temps tragicomique. En règle générale, la satire jette un regard plus "froid". Elle fait rire ou sourire en exagérant les traits, les
situations, ce qui rend la bêtise humaine plus visible, la fait toucher du doigt ; mais elle ne prend pas aux tripes, ne nous transporte pas dans la peau des gens dont elle se moque. Mais cette
sorte-là de comédie satirique, oui. D'où - à l'époque - son immense succès populaire. Dans ce contexte, au tournant des années 50-60, du point de vue tant du box-office que du cinéma, Sordi
apparaît comme "l'homme qu'il fallait au moment où il le fallait", la rencontre miraculeuse d'un genre et d'un acteur qui se vont comme le gant et la main.

Et parlant du "moment où il le fallait", notons que le consommateur français de DVD commence à être très bien servi. La période la plus intense, jubilatoire de la longue carrière d'Alberto Sordi
est aujourd'hui très bien représentée sur les rayons de la FNAC et autres lieux, même s'il a fallu du temps. 'La Grande guerre' (1959), 'Le Veuf' (1959), 'Profession: magliari (1959, un peu à part
car c'est un film de Francesco Rosi), 'Une vie difficile' (1961), 'Mafioso' (1962), 'Le Commissaire' (1962), 'Il boom' (1963) sont tous sur DVD français.

Il ne manque plus (eh eh eh) que 'La Grande pagaille' (1960) et 'Le Vigile' (1960). Quand je tiendrai ces deux-là sur DVD vf/vostf, le collectionneur hilare en moi pourra dire: mission accomplie,
j'ai tous les bons Sordi de 1959 à 1963 ! Ah mais tiens c'est vrai j'y pense, peut-être aussi 'Le Moraliste' (1959) et, hum, disons encore 'Il maestro di Vigevano' (1963) (où la partenaire de Sordi
est Claire Bloom, ce qui signifie que madame Bloom a été la covedette à la fois de Chaplin et Sordi !).

Et après, eh bien ensuite il y a la période 70-72, mais bon, une étape à la fois...

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