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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 17:24

CHUNCHOS’il est un ‘spaghetti western’ qui transcende le genre d’où il est issu, c'est bien « EL CHUNCHO ». En un peu plus de deux heures, Damiano Damiani parvient à concentrer un nombre inimaginable de thématiques, à tisser des relations infiniment complexes entre ses protagonistes et à déguiser avec une maestria inouïe ce qui est une œuvre profondément CHUNCHO (2)politique, en un film d’aventures tonitruant et flamboyant.

Le principal attrait du magnifique scénario est la rencontre entre un mercenaire américain venu pour un « contrat » et un hors-la-loi mexicain qui fournit des armes à la révolution pour de l’argent. Si le ‘gringo’ est froid, calculateur et quasi-inhumain, le ‘chicano’ est rabelaisien, jouisseur et haut-en-couleurs. Ça n’empêche pas les deux hommes de se retrouver sur unCHUNCHO (3) point essentiel : ils travaillent uniquement pour l’argent. Une espèce d’amitié naît entre eux, une véritable affection qui trouble le fruste Chuncho et devient un talon d’Achille pour l’assassin professionnel. C'est en poussant le Mexicain à trahir les siens, à devenir riche sur le dos des malheureux, en affichant son mépris absolu pour toute idéologie, que le mercenaire fera naître bien malgré lui, quelque chose chez son compañero, qui ressemble vaguement à une conscience politique.

Porté par une maîtrise exceptionnelle du format Scope, par une BO enthousiasmante d’Ennio Morricone et surtout par la composition époustouflante de Gian Maria Volonte’, « EL CHUNCHO » semble s’être bonifié avec les années. L’acteur italien, dans la foulée de CHUNCHO (4)ses rôles chez Leone, est en surjeu permanent, à la limite de la surchauffe. Enfantin, paillard, monstrueux, touchant, il bouffe tout et tout le monde autour de lui avec une voracité que n’a pu atteindre parfois qu’un Anthony Quinn. Face à lui, son exact contraire, Lou Castel le ‘niño’, un flingueur glacial et désincarné, au visage poupin, aux manières policées et au regard mort. Martine Beswick est une formidable passionaria et Klaus Kinski – malgré sa seconde place au générique – n’a qu’un rôle peu présent, mais très frappant de moine-guerrier illuminé.

CHUNCHO (1)

Aussi bien écrit que filmé, « EL CHUNCHO » comme pas mal de classiques du western, est une œuvre éternellement inachevée, puisqu’il en existe à ce jour trois montages : l’Italien, le plus complet, l’international plus court d’un quart d’heure et l’américain encore raccourci de quelques minutes. Le Blu-ray récemment sorti aux U.S.A. propose les deux dernières versions.

Certains chefs-d’œuvre heureusement, ne pâtissent pas des outrages qu'ils subissent. Et « EL CHUNCHO » est un pur et authentique chef-d’œuvre.

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commentaires

Ygor Parizel 22/10/2014 16:39

Légèrement décevant

Kinskiklaus 30/08/2013 15:45

Vendredi 6 septembre, Martine Beswick sera en dédicace à Metaluna Store (nouveau Movies 2000 déplacé rue Dante). Le lendemain, ce sera au tour de Caroline Munro. 15 euros la dédicace, ce sera sans
moi, même pour un euro, j'ai des principes...A noter que toutes deux seront présentes lors de séances spéciales à "L'étrange festival" à Paris. Une projection de EL CHUNCHO est d'ailleurs prévue!
Youpi!

KInskiklaus 23/05/2012 01:30

Manifestement, Le grand Gian Maria Volonte fait l'unanimité ici! Et c'est tant mieux!!! Ouaip Lemmy, revois "El Chuncho". Trop méconnu, et pourtant...

""DANIEL 22/05/2012 21:40

Bien vu de la part de Valcogne de rendre hommage a Gian Maria Volonté,sublissime comédien un peu oublié mais avec un talent a rendre jaloux certaines de nos stars actuelles et meme les vedettes de
sa génération!

Patrick 22/05/2012 16:34

Un des rares peut-être même le seul western spaghetti pouvant faire presque jeu égal avec ceux de Leone.

valcogne.over-blog.com 22/05/2012 08:54

J'ajoute ma voix à ce concert, mérité, de louanges. D'autant plus qu'ayant vu " El Chuncho" à sa sortie j'avais apprécié son aspect: prémonitoire.Les gens auraient tort d'ignorer Gian Maria Volonte
, homme caractériel, peut être, mais formidable, par exemple dans " Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon" déjà chroniqué par Fred ici.

Fred Jay Walk 22/05/2012 23:41



"LA CLASSE OUVRIERE VA AU PARADIS" avec Volonte' vient de sortir en DVD en France.



lemmy 21/05/2012 23:59

Je vais devoir le revoir, mes enfants. Vous m'en avez donné envie...

Kinskiklaus 21/05/2012 19:30

Sorry, je ne veux pas passer le pot de crème, mais bravo Fred pour cet article en particulier. Toute ma perception du film est retransrite via tes mots. Chapeau!

Fred Jay Walk 21/05/2012 20:16



Merci, companero ! A vrai dire, le film m'a surpris. J'en gardais un bon souvenir, mais à la revision, je l'ai redécouvert et j'en ai capté toutes les richesses.


Les auteurs de "IL ETAIT UNE FOIS... LA REVOLUTION" s'en sont clairement inspirés, mais n'ont pas atteint une telle grandeur.



Kinskiklaus 21/05/2012 19:26

Excellent film. Klaus y est assez en retrait mais comme souvent, son rôle est marquant. Un pur régal. La fin, et je n'exagère pas, me verse à chaque fois quelques larmes au dedans de mes paupières.
Ouaip, la fin est une des plus belles fins de cinéma qu'il m'eut été donné de voir. Et puis Gian Maria...Assez oublié et peu cité de nos jours...Sauf ici!!! (ou presque).

VAL 21/05/2012 18:28

Il paraît même que Johnny aurait fait du théâtre ! Si, si, il y en a qui l'on vu sur scène...

""DANIEL 21/05/2012 17:49

Et tout ca a du etre très inspiré de l histoire de Ned Kelly,bandit australien légendaire qui s était recouvert d une armure pour affronter la police locale lors d un baroud d honneur!Sinon,le fait
que l on propose des roles a Hallyday depuis toujours fait,pour moi,partie des énigmes non résolus de l histoire du cinéma!Si je n ai rien contre le personnage plutot sympathique et surtout l égal
des plus grands sur scène,il est limite ridicule comme acteur.Je me souviens d une série(David Lansky)ou il était a mourir de rire(involontairement)en essayant d imiter,très mal,Clint Eastwood!Pour
tout fan d Eastwood,on frole l hérésie..

lemmy 21/05/2012 10:25

C'est probablement "Le spécialiste" que j'ai revu il y a peu, oui. Johnny Hallyday (ça me fait bizarre d'écrire son nom ici) dans le non-duel final reste stoïque, et raide comme un... Johhny, face
aux hippies le canardant avec sa cotte de mailles. Mais dans le vrai duel final juste avant, il est effectivement à terre.

Sinon, le coup de l'armure/cotte de maille reprend bien évidemment la fin de "Pour une poignée de dollars".

Fred Jay Walk 21/05/2012 11:04



Ah ! Johnny. De Corbucci à Sarkozy... Quel parcours !



Réda 20/05/2012 18:51

Johnny !!!

en fait c'est pour un copain, je vais lui transmettre le titre, il me dira si c'est bien cela.

En tout cas, merci.

Réda 20/05/2012 17:40

J'ai vu ce film aussi, c'est un bijou, en effet beaucoup de choses différentes y sont tissées, superbe travail, grande tension jusqu'au bout.

Sinon, je voudrais faire appel à votre cinéphilie si vous me le permettez : je cherche un western où il y a un duel à la fin, et celui qui est à terre a une sorte de gilet pare-balle, et depuis le
sol il tue son adversaire.

C'est tout ce qu'il y a comme info !

Merci.

Fred Jay Walk 20/05/2012 18:09



"LE SPECIALISTE" de Corbucci avec Johnny Hallyday ?



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