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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 07:27

BACKLASHSans être un classique inaltérable du genre « COUP DE FOUET EN RETOUR » (bonne traduction du titre en v.o., mais qui sonne beaucoup moins bien en français !) possède de BACKLASH (1)nombreuses qualités qui en font, plusieurs décennies après sa sortie, un film distrayant, rapide et aux enjeux forts. Démarrant sur les chapeaux de roues par une séquence d'embuscade admirablement mise en espace, le film prend pour héros un individu qui n'a justement rien d'héroïque. Incarné par Richard Widmark avec son approche réaliste, son air un peu fuyant, son regard anxieux, c'est un personnage encore englué dans une enfance douloureuse, hanté par l'image idéalisée d'un père qu'il n'a jamais connu et qu'il rêve de venger. La dure réalité viendra briser ses fantasmes et le confrontera à des fantômes totalement dénués de romantisme.

Le périple freudien est intéressant et la confrontation finale père-fils annonce celle de « L'HOMME DE L’OUEST ».

On peut regretter que Widmark n'ait pas à faire réellement face au même dilemme que Gary Cooper, puisque le pire lui est miraculeusement épargné. Western psychologiqueBACKLASH (2) donc, mais paré de tous les attraits du film d'action, avec poursuites d'Indiens, cavalcades, fusillades et même love story en la personne de la jolie Donna Reed, dont le personnage est – chose rare dans le western – parfaitement intégré au récit. Dans le rôle essentiel du méchant, John McIntire, bon acteur de second plan souvent vu chez Anthony Mann, n'a pas tout à fait l'étoffe d'un Lee J. Cobb, ni la démesure qu'on était en droit d'attendre du personnage. Son approche terre-à-terre du rôle, prive un peu le film d'un affrontement shakespearien.

Un bon western donc, nerveux et sans fioriture, dont on ne peut que déplorer que John Sturges l'ait tourné en format carré, lui qui était si à l'aise avec le CinémaScope.

BACKLASH (3)

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 07:08

LAST WAGON (2)« LA DERNIÈRE CARAVANE » est un des grands westerns de l’auteur-réalisateur Delmer Daves, dont la véritable vedette est incontestablement l'Ouest lui-même, sublimement filmé LAST WAGONen CinémaScope dans des couleurs brunes, mordorées,LAST WAGON (1) incomparables.

Le scénario extrêmement linéaire permet des études de caractères simplistes : la raciste pourrie-gâtée qui se rachète miraculeusement par exemple, mais crée un héros magnifique en la personne de Todd, un blanc élevé par les Comanches annonçant clairement le personnage ‘mcqueenien’ de « NEVADA SMITH » tourné dix ans plus tard. C'est un des meilleurs rôles positifs de Richard Widmark, bien mis en valeur par Daves. Hâlé, LAST WAGON (3)blondi, les mouvements félins, doté d’un joli ensemble en daim (et à franges !), il domine aisément un cast un peu faiblard (le ridicule Nick Adams). L’amateur reconnaîtra avec plaisir le futur « VIRGINIEN » de la TV James Drury en capitaine de cavalerie. LAST WAGON (4)

La beauté plastique des images, l'amour évident du réalisateur pour ces paysages, son sens de la nature emportent tout, balaient le sens critique et font même plus ou moins gober cet épilogue bâclé où le juge subitement clément, acquitte Todd et le remet « sous la surveillance » de la très ravissante Felicia Farr ! Après 1 H 30 d'action âpre, dénuée de sentimentalisme, cette conclusion laisse pantois, un peu comme celle de « LA RIVIÈRE ROUGE » de Hawks, toujours aussi difficile à avaler. 

« LA DERNIÈRE CARAVANE » demeure un grand western, traversé d'instants de pure beauté.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 13:38

TRESOR PENDU (3)Ce qui frappe d'abord et avant tout, dans « LE TRÉSOR DU PENDU » (encore un titre français très joli mais sans aucun rapport avec l’histoire !), c'est sa ressemblance scénaristique avec « L'HOMME DE L’OUEST », tourné la même année : l'ancien bandit TRESOR PENDUrepenti devenu shérif retrouvant sa bande après des années, tels des fantômes de son passé. Sans oublier la fille en danger, la ville abandonnée à la fin. Les similitudes sont encoreTRESOR PENDU (2) nombreuses. Mais le film de John Sturges, pour intéressant qu'il soit, n'est pas de la même veine que le noir chef-d'œuvre d’Anthony Mann.

Sturges met en avant la relation malsaine unissant Clint et Jake (« Tu m'as toujours aimé plus que je ne t'aimais », lui balance ce dernier), une amitié teintée d'homosexualité, que le ‘bad guy’ ne cherche même pas à dissimuler dans ses récriminations d'amant délaissé. C'est la grande originalité du film, dont le scénario trop linéaire et manquant cruellement de péripéties, n'est pas le point fort.

Sturges utilise comme toujours le CinémaScope en maître, chaque traversée de village à cheval se transforme sous sa caméra en un vrai spectacle. On peut par contre tiquer devant quelques extérieurs reconstitués en studio, qui passent mal l’épreuve du temps. Hormis Robert Taylor à l'étrange physique de vieux danseur TRESOR PENDU (1)mondain qui ne fait pas grand-chose d'un rôle trop passif, les comédiens sont parfaits : Richard Widmark dans son emploi de prédilection, celui d’une crapule vicieuse au rire de hyène, Henry Silva, très marqué par le style ‘Actors Studio’, en psychopathe rendu fou par la simple vue d'un coyote et Robert Middleton en brave type embarqué. Seule la jeune première Patricia Owens ne parvient pas à s'intégrer à l'action, comme avait su parfaitement le faire Julie London dans « L'HOMME DE L’OUEST ».

Un bon western malgré tout, qui ferait un excellent double-programme avec « LIBRE COMME LE VENT » dont le thème est proche, également interprété par Taylor et coréalisé (incognito) par Sturges.

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 16:56

DERNIERE RAFALEPendant un petit moment, « LA DERNIÈRE RAFALE » ressemble à un film de recrutement pour le FBI. J. Edgar Hoover y est mentionné avec une idolâtrie servile et les superflics en manteau et chapeau mous sont montrés comme les derniers remparts contre le crime et le stupre. Autant dire que ça démarre mal !

Quand arrive le héros, Mark Stevens (ectoplasme au physique aussi neutre que le jeu), on passe à la phase infiltration du scénario. Et l’accent est mis sur les méthodes « ultra-modernes » du ‘Bureau’.

Cela commence seulement à s’animer avec l’apparition de Richard Widmark. Si son rôle de petit caïd frileux et ambitieux n’a rien d’original, l’approche du comédien est étonnante. Même si le film date de 1948, difficile de ne pas ressentir le sous-texte homosexuel dans les séquences impliquant le gangster et sa bande. Widmark est certes marié, mais la seule vue de sa femme semble le dégoûter. Elle-même ne supporte pas qu'il la touche ! Tous ses hommes ont des allures peu viriles et ont plutôt l’air de « mignons » en fedora. La première fois que Widmark reçoit Stevens chez lui, les deux hommes sont étendus côte à côte sur ses lits jumeaux ! Et ce ne sont pas les seules allusions… C'est ce qui différencie fondamentalement ce personnage de celui que l’acteur jouait dans « CARREFOUR DE LA MORT » l’année précédente : Udo était un sadique bestial et stupide, Stiles est un pervers cultivé.

DERNIERE RAFALE (1)

« LA DERNIÈRE RAFALE » est bien rythmé, extrêmement bien photographié par Joe McDonald. Aujourd'hui trop de détails font sourire : pourquoi le flic John McIntire se met-il systématiquement à parler comme un robot quand il envoie des messages à ses supérieurs par radio ? À cause de son apologie du FBI, ce n’est pas tout à fait un ‘film noir’ et l’absence de personnage vraiment attachant n’aide pas à maintenir l’intérêt jusqu'au bout.

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 17:28

BROKEN LANCE (2)Remake de « LA MAISON DES ÉTRANGERS » de J.L. Mankiewicz tourné six ans plus tôt, et transposé à l’époque du western, « LA LANCE BRISÉE » est un des premiers films du BROKEN LANCEgenre tourné en CinémaScope.BROKEN LANCE (3)

La construction en flash-back apporte un surplus de tension à un scénario un peu bavard qui évoque souvent « LE ROI LEAR » de Shakespeare. Bénéficiant d’un casting de premier ordre, Edward Dmytryk tire le meilleur de ses acteurs et tout particulièrement de Robert Wagner qu’on a rarement vu aussi intense et impliqué. Spencer Tracy compose un beauBROKEN LANCE (1) personnage de vieux dur à cuire menacé par ses propres fils qui rôdent autour de lui comme des charognards impatients. Son couple avec Katy Jurado – jouant une squaw à l’accent hispanique très prononcé – est étonnamment crédible et attendrissant (elle l’appelle « my hôsbund » et lui « princess »). Mais le vrai tour de force est accompli par Richard Widmark, qui écope du rôle le plus ingrat, celui de l’aîné maltraité et constamment humilié par son père qui prend enfin sa revanche. Il parvient à insuffler un peu d’humanité et d’émotion à ce personnage odieux et il a un long face à face filmé en un plan-séquence de plusieurs minutes avec Tracy, qui est un véritable cours de comédie. Dommage que la fin du film le banalise en un « méchant » traditionnel, car il méritait mieux.

Un peu trop court à 1 H 36 pour être la saga qu'il aurait dû être, un peu trop ambitieux pour n’être qu’un simple film d’aventures, « LA LANCE BRISÉE » n’enthousiasme jamais tout à fait, mais contient de très beaux moments et son regard chaleureux à l’égard des Indiens le rend sympathique.
BROKEN LANCE (4)

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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 16:54

« LES DEUX CAVALIERS » ne jouit nullement de la même réputation que « LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT », dont il partage plusieurs thématiques, et n’a jamais été considéré comme une réussite majeure de John Ford. C'est probablement dû au ton très décalé que le réalisateur emploie dans le premier tiers du film, et surtout dans le personnage de James Stewart en général. On frôle la caricature totale, parfois même le burlesque (un peu comme dans la séquence avec Wyatt Earp dans « LES CHEYENNES »), et l’acteur cabotine de façon outrancière, utilisant tous ses tics, ses bégaiements, son faux gâtisme, son air ahuri : il fait du Jimmy Stewart au mètre ! Cela n’empêche pas son duo avec Richard Widmark de fonctionner à merveille, surtout dans les scènes visiblement improvisées, comme ce long plan-séquence au bord de l’eau, où l’alchimie entre les deux vedettes est aveuglante. Ce jeu semi-comique aide à faire passer les aspects déplaisants du personnage de McCabe, qui est un mercenaire vénal et corrompu, prêt à tous les arrangements et petites magouilles sordides.

Cette légèreté apparente permet à Ford de négocier le vrai sujet du film, qui est assez rude à encaisser, car flirtant ouvertement avec le racisme pur et simple. Les prisonniers blancs ramenés de chez les Comanches n’ont littéralement plus rien d’humain, et la description qu’en fait Stewart aux parents éplorés, avant de partir en mission, n’a rien de « politiquement correct ». Il faut vraiment que le marshal tombe amoureux d’une señorita, qui fut l’épouse d’un chef belliqueux, pour que les soupçons du spectateur retombent un peu. D'ailleurs, la façon dont Ford décrit les familles de colons n’a rien de reluisant : des obsédés à moitié illuminés, toujours prêts à lyncher.

« LES DEUX CAVALIERS » est un excellent western, dans lequel sous la rudesse du sujet, perce souvent l’humour bon-enfant du réalisateur, ne fut-ce que par la présence d’Andy Devine en gros sergent geignard, ou les relations entre le colonel John McIntire et sa femme. Parmi les seconds rôles, on reconnaît la très belle Linda Cristal, et plus brièvement Woody Strode, plus sculptural que jamais, en Comanche colérique, et Henry Brandon en chef comanche, à peu près le même rôle qu'il tenait dans « LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT », accentuant la filiation entre les deux œuvres.

Certainement un film à réévaluer dans la carrière de John Ford, qui aurait sans doute gagné à plus de rigueur dans le traitement du personnage (sur)joué par James Stewart.

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 17:32

DEATH GUNFIGHTERsuiteLe réalisateur de « UNE POIGNÉE DE PLOMB » n’existe pas. Allen Smithee est le pseudonyme que prennent les cinéastes américains quand ils ne veulent pas assumer leur film. Robert Totten fut évincé par Richard Widmark et remplacé par Don Siegel. Chacun en tourna à peu près la moitié. Cela ne se ressent pas vraiment, et le film a ce look un peu télévisuel de « L'HOMME EN FUITE », également tourné par le second.

 « UNE POIGNÉE DE PLOMB », c'est l’éternelle histoire du monde moderne qui éjecte violemment le passé, personnifié par un shérif en place depuis vingt ans et contesté pour ses méthodes expéditives. Nous sommes au début du 20ème siècle et l’électricité apparaît, les automobiles également. Les anciens héros du Far West sont devenus des antiquités obsolètes dont il faut absolument se débarrasser pour laisser place nette au progrès. C'est ainsi que les honnêtes citoyens d’une petite ville vont se liguer, prenant n'importe quel prétexte, pour éliminer le vieux marshal selon le célèbre adage : « Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage ». Ressemblant comme des frères aux couards du « TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS », ou « L'HOMME AUX COLTS D’OR », les notables vont comploter lâchement, envoyer certains d’entre eux affronter le shérif avant de conjuguer leurs efforts pour une mise à mort particulièrement abjecte.

L’originalité de ce film, c'est que le marshal Patch (Richard Widmark) n’est pas beaucoup plus sympathique que ses ennemis. Maître de sa ville, c'est un fasciste de la plus belle espèce, au revolver et aux poings lestes, le mépris des autres affiché sur le visage. Il tient tout le monde parce qu'il connaît leurs petits secrets sordides, et refuse obstinément de s’effacer, et de renoncer à ce pouvoir durement acquis.

Widmark, vieillissant, la figure parcheminée, le dos voûté, assume ce rôle ambigu et peu glorieux avec une grande honnêteté, allant jusqu'au bout de sa logique tordue. Autour de lui, de bons acteurs de télévision comme Jacqueline Scott, Carroll O’Connor, Morgan Woodward, la chanteuse Lena Horn au visage étrangement figé et John Saxon en shérif mexicain.

Le film expose une vision de l’humanité assez vomitive, mais n’a pas la naïveté de penser que « c'était mieux avant ». L'Ouest décrit dans « UNE POIGNÉE DE PLOMB » est un marigot où s’agitent de bien méprisables prédateurs.

 

À NOTER : le DVD sorti en France présente une copie impeccable, mais en 4/3, empêchant de lire les sous-titres sur un écran 16/9 ! On a un peu de mal, aujourd'hui, à comprendre pourquoi tous les éditeurs ne se sont pas mis à la norme de l’image anamorphique.

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