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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 06:32

NOS HEROS (1)Écrit par le fameux tandem Age-Scarpelli, « NOS HÉROS RÉUSSIRONT-ILS À RETROUVER LEUR AMI MYSTÉRIEUSEMENT DISPARU EN AFRIQUE ? » (ouf !) est une sorte de ‘road movie’ picaresque et initiatique, confrontant un bourgeois romain aux rêves exotiques, à la rude réalité d’une Afrique bordélique et dangereuse, bien loin des images d’Épinal coloniales. Le petit clin d’œil à Conrad et à son « AU CŒUR DES TÉNÈBRES » n’a évidemment rien d’innocent.NOS HEROS

À la recherche de son beau-frère disparu depuis trois ans, Alberto Sordi entraîne son comptable souffre-douleur (Bernard Blier) avec lui dans un périple incertain, oscillant entre le drame et la farce la plus débridée. Présenté au début, comme une caricature d’homme pressé, imbu de lui-même, véritable Tartarin de Tarascon verbeux et insupportable, Sordi va s’humaniser progressivement et se laisser gagner par le pays non pas tel qu'il le fantasmait, mais tel qu'il est réellement. Au fil de sa quête, il croisera NOS HEROS (2)des prêtres et des mercenaires français, une folle allemande aux allures de fantôme, une tribu primitive, un escroc portugais et finalement, son fameux « beauf » (Nino Manfredi), devenu une espèce de sorcier blanc.

C'est long, un peu inégal, la mise en scène se repose trop sur le zoom et la BO atrocement datée est soûlante, les effets de montage sont trop voyants, mais il règne dans ce film une petite musique singulière, généreuse et bouffonne qui n’appartient qu’à lui. Ettore Scola ne fait jamais la morale : si Sordi déplore la façon ignoble dont les colons portugais traitent les Africains, il ne réalise pas qu'il traite lui-même son pauvre comptable en esclave. De même, s’il fait tout pour ramener Manfredi en Italie, il a accompli un tel parcours, qu'il en vient à douter du bien-fondé de son projet initial.

Un bien curieux film donc, pas totalement convaincant, mais truffé de moments magnifiques, de traits d’humour fulgurants, d’échanges de répliques hilarants entre Blier et Sordi et – cerise sur le gâteau – d’instants d’émotion fugaces qui laissent songeur après le mot « fin ».

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commentaires

Patrick 20/09/2013 10:57

Pareil la musique d'Armando Trovajoli je le trouve très jolie et pas du tout datée.

claude kilbert 14/06/2013 12:22

Un grand filme de Scola tout simplement c'est "Tintin au pays de Candide". Il y a grand message humaniste avec cette recherche du paradis perdus, cette critique de nôtre société devenu folle par le
consumérisme à tout craint. Moi j'aime bien la musique Armando Trovajoli très nostalgique dans le son et l'air du temps de l'année 1968. Bonne chance pour votre nouveau Blog. Bien à vous

Marc Provencher 14/06/2013 00:09

C'est bien vrai que tout en étant souvent drôle, c'est un peu inégal - comme réalisateur, Scola était encore un peu vert, il faut attendre 'Drame de la jalousie' pour qu'il ait vraiment son erre
d'aller - mais le tandem Sordi-Blier est une sacrée trouvaille. Il se reformera pour le dernier film tourné par Bernard Blier, "Les deux fanfarons" : le genre de film dont je me doute bien qu'il
n'est pas fort, fort mais que je ne pourrai absolument pas m'empêcher de voir le jour où il passera à ma portée !

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