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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 08:03

MASTER WORLD (5)Produit par l’AIP, firme où œuvrait généralement Roger Corman, « LE MAÎTRE DU MONDE » est une adaptation de deux romans de Jules Verne signée par Richard MASTER WORLD (1)Matheson, grand nom de la littérature fantastique populaire. Le film n’a certes pas le budget du « 20.000 LIEUX SOUS LES MERS » auquel il fait souvent penser, mais la réalisationMASTER WORLD (3) dynamique de William Witney, un des rois du ‘serial’ des années 40, lui apporte charme, naïveté et énergie. À condition de fermer les yeux sur d’affligeantes tentatives d’humour, comme ce personnage de cuistot français volubile, (sur)joué par le cabotin Vito Scotti ou sur les grimaces exaspérantes de Henry Hull.

Le rôle de Robur, savant fou survolant le monde à bord de son dirigeable, pour en détruire les armées, échoit à Vincent Price acteur fétiche de Corman et le héros est campé par Charles MASTER WORLDBronson. John Strock est un agent du gouvernement U.S., qui est fait prisonnier par Robur en compagnie d'un vieux marchand de canons, de sa fille et du fiancé de celle-ci. Malin et sans scrupule, Strock n’hésite pas à trahir sa parole donnée (« C'est le monde dans lequel nous vivons ! »), à séduire sournoisement la jeune femme et à jouer les manipulateurs. Amoral et déterminé, Bronson annonce les antihéros des sixties à venir (Bond n’apparut sur les écrans que l’année suivante) et trouve un des meilleurs rôles des années d'avant son accès au vedettariat. Avec ses favoris, son tricot rayé, il se crée une silhouette qui semble sortie tout droit d’une BD d’aventures et sort étonnammentMASTER WORLD (4) vainqueur de ses face à faces avec Price, qui cabotine à outrance. Les deux hommes s’étaient rappelons-le, déjà côtoyés huit ans plus tôt dans le classique « L'HOMME AU MASQUE DE CIRE ».

Bronson livre donc une excellente prestation toute en retenue et en mystère, brouillant un peu plus encore le message déjà ambigu du film. Qui en est le héros positif ? Ce doux rêveur prônant la paix et la fraternité entre les hommes ou ce fabricant d’armes sans état d’âme et cet enquêteur sans foi ni loi ? Strock est surtout mémorable dans la filmo de Bronson, car c'est un de ses rares personnages, dont la qualité première est… l’intelligence !

 « LE MAÎTRE DU MONDE » est un film éminemment sympathique par ses aspects fauchés. Les séquences de bataille sont piquées dans d’anciens films à gros budget, les décors évoquent une opérette, mais tout cela participe du charme indéniable de cette œuvrette colorée et foisonnante.

MASTER WORLD (2)

Il fut un moment question qu’AIP mette en chantier une suite aux aventures de Strock, mais le projet fut abandonné après quelques semaines de préparation. Dommage ?

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commentaires

Logan 2e 19/01/2016 17:58

L'équipe de mauvais genre sur France Culture vient de faire référence au film comme un chef d'oeuvre du steam punk, et voilà le film devient culte.

Fred Jay Walk 25/06/2013 08:06

Mort aujourd'hui du grand romancier et scénariste Richard Matheson à l'âge de 87 ans. Triste...

Daveon 07/03/2012 15:19

C'est un peu vite oublier qu'avant d'être le mythe du cinéma fantastique des 60's qu'on connaît si bien, Price a démontré qu'il pouvait être un acteur extraordinaire dans des films comme Le Château
du Dragon (Mankiewicz) ou Le Baron de l'Arizona (Fuller) où il tient le rôle principal. À cette époque, il dispensait un jeu tout à fait différent, beaucoup plus contenu et insidieux que ses
performances (non moins géniales) chez Corman, Fuest ou Hickox. La carrière de Price dans le Hollywood des années 40-50 est déjà passionnante, et même lorsqu'il fait office de second couteau (Le
Chant de Bernadette, Laura, Les Trois Mousquetaires), il crève systématiquement l'écran.

Marc Provencher 24/02/2012 15:23

« Mais je sais qu'il a ses fans irréductibles et ce fut un monsieur très aimé à Hollywood. »

Il le fut surtout et avec raison dans la noble et macabre Angleterre, avant de l'être chez ces parvenus de Yankees sans manières. Vincent Price est une sorte d'effet spécial croisé avec un acteur,
et dans n'importe quel casting de fou homicide, comme 'Dr. Phibes', 'The Witchfinder General' ou 'Théâtre de sang', il est irremplaçable ! (Même si les victimes desdits homicides seraient sans
doute d'un avis différent, mais... trop tard). Price était d'abord une "tronche pour films de peur" à la Boris Karloff, Bela Lugosi, Peter Cushing, Peter Lorre... (et dans une classe à part,
Christopher Lee).

lemmy 24/02/2012 01:51

Je l'ai enfin revu, profitant de l'hiver. C'est un bon petit film pratiquant un curieux mélange des genres (et des stock-shots). Le "message" du film est assez audacieux et est tellement fort qu'il
ne peut évidemment pas se développer pleinement ! Vincent price domine le casting, et sans cabotiner je trouve, il arrive à donner une certaine noblesse à son personnage, ce que n'arrivent pas à
avoir les "good guys" : le père, la fille et le fiancé sont insupportables à l'extrême et le personnage de Bronson est effectivement une ébauche de anti-héros ; on devine aisément qu'il est un
agent secret. Bronson est déjà impressionnant de charisme, malgré (surtout grâce à ?) son superbe t-shirt gaultier. Néanmoins, on le sent quelques fois mal à l'aise : vu certaines scènes, on le
serait à moins (la scène comique avec le cuisinier...). Son casting dans un tel rôle est assez audacieux.

A noter, ce qui m'a bien fait plaisir, la présence dans un rôle figuratif important du sculptural Richard Harrison !

Fred Jay Walk 24/02/2012 07:13



Pour ce qui est de Vincent Price, je crois que c'est surtout affaire d'affinité avec cet acteur ou pas. Personnellement, je l'ai toujours trouvé difficile à avaler, très "technicien" sans aucune
émotion vraie. Mais je sais qu'il a ses fans irréductibles et ce fut un monsieur très aimé à Hollywood.



VAL 29/12/2011 16:16

Je n'avait pas fait le rapprochement avec Jean-Paul Gaultier. Ce film l'aurait-il inspiré ?

lemmy 29/12/2011 15:30

Un ami me l'a gravé mais j'ai encore jamais osé le regarder. Je vais attendre qu'il y ait de la neige.

J'aime Bronson habillé par Jean-Paul Gaultier.

La dernière photo de l'article est formidable.

Fred Jay Walk 29/12/2011 16:48



Au-delà du ringard, ce film... Il a passé le miroir. Et... oui : Gaultier ! Evident...



VAL 27/12/2011 18:04

Fred, en lisant ton post, j'ai eu envie de revoir ce film. J'ai donc remis la main sur la K7, et j'ai visionné le film le plus kitch que je connaisse : tout y est désuet : le décors, les éffets
spéciaux, les dialogues (en vf, mais la vo doit être du même tonneau), l'action...Et pourtant j'y ai pris plaisir...
On peut rire de l'emphase de Robur parlant de la guerre, de l'héroïne bécasse, du bêllatre sans cervelle, du vieux marchand de canons...C'est un joyeux catalogue de caricatures, et, effectivement,
Strock est le seul qui échappe au stéréotype : a aucun moment Bronson n'est ridicule...
Un film aussi kitch, cela se savoure à Noël avec une tasse de thé, des petits gâteau, et un plaisir enfantin. Comme je viens de le faire !

Fred Jay Walk 27/12/2011 18:20



Tu as tout compris, Val !



Julien Morvan 27/12/2011 14:52

Plus je consulte ce blog, et plus je suis impressionné de voir "L'encyclopédie Charles Bronson" qu'il est. 93 films de Charles Bronson critiqué ! Chapeau, vraiment ! Je crois que c'est ça
l'admiration pour un acteur ! Et j'admire votre admiration :)

Fred Jay Walk 27/12/2011 16:26



Je ne sais pas si c'est réellement de l'admiration, en fait...


Je dirais plutôt une fidélité nostalgique à un acteur à travers lequel j'ai découvert un certain cinéma (surtout Leone et Sturges). Une forme de collectionnite aiguë et persistante !


Merci de vos commentaires chaleureux. Et bonnes fêtes.



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