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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 16:48

Aujourd'hui encore « SOLDAT BLEU » est la référence du film ultra-violent, et le carnage final, sciemment destiné à choquer est encore dans toutes les mémoires. Sorti en 1970, en pleine guerre du Vietnam (ce qui n’a évidemment rien d’anecdotique), « SOLDAT BLEU » signé par le vieux routier Ralph Nelson, est un film brutalement pro-Indiens, qui défend bien avant « DANSE AVEC LES LOUPS », le droit à la vérité historique. Les « peaux-rouges » n’étaient pas des barbares sanguinaires massacrant les malheureux pionniers, mais un peuple légitime à qui on a volé ses terres, et dont on a méthodiquement éradiqué la culture. 40 ans plus tard, le film de Kevin Costner, mais aussi le documentaire « 500 NATIONS » qu'il produisit, et la minisérie « INTO THE WEST », ont normalisé ce discours, mais « SOLDAT BLEU », s’il n’était pas le premier, fut le plus violemment militant, quitte à dépasser les limites et à sombrer dans le mauvais goût.

Pourtant ce fameux carnage ne survient qu’à la conclusion, et la majorité du métrage est occupée par un road movie drolatique, où s’épanouissent les relations entre un soldat naïf et puceau, et une fille enlevée par les Cheyennes, une dure à cuire à la langue bien pendue. Cette partie du film est pleine de charme, grâce aux deux comédiens en parfaite harmonie : Peter Strauss, future star de TV (« LE RICHE ET LE PAUVRE ») est impeccable, avec un sens idéal du timing, et Candice Bergen n’a jamais été aussi sexy et à son aise, que dans ce personnage désarmant. L’actrice confirmera son aisance dans le genre, avec « LES CHAROGNARDS » et « LA CHEVAUCHÉE SAUVAGE ». Donald Pleasence, affublé d’un dentier particulièrement affreux, est amusant en trafiquant d’armes qui semble sorti d’un album de Morris & Goscinny.

Le film est un peu abimé par l’emploi du zoom, qui salopa tant de films des années 70, mais sa sincérité ne fait aucun doute, et on pardonne ses faiblesses : les inserts gore un peu insistants, le chef Indien bâti en culturiste, l’ersatz de Custer commandant l’attaque sur le village aussi caricatural que dans « LITTLE BIG MAN ».

Le massacre lui-même est toujours surprenant, même si on a vu bien pire depuis. Quelques giclures de sang bien rouge au ralenti, rappellent que Peckinpah était passé par là, un an plus tôt, mais « SOLDAT BLEU » possède son style propre, et se laisse regarder avec intérêt.

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Published by Fred Jay Walk - dans WESTERNS U.S. ET ITALIENS
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