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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 08:25

 

A priori, on ne penserait jamais à Jack Nicholson, comme figure emblématique du western. Enfant de la "flower generation", apprenti dans la série B made in Roger Corman, révélé par le succès de "EASY RIDER", ce comédien au charme ravageur, au culot jamais pris en défaut, ce grand adepte des "grands numéros d'acteur", a su imposer son style débridé, dans la sobriété introspective (Antonioni) ou la pitrerie déjantée (chez Tim Burton).
Mais pourtant... Pourtant, Jack Nicholson a bel et bien marqué le western de son empreinte singulière. A ses débuts, il apparaît dans des séries TV comme "BRONCO" ou "TALES OF WELLS FARGO", puis tient le rôle de Will Brocious dans "THE BROKEN LAND", petit western d'une heure à peine.
Il faut attendre sa rencontre avec le réalisateur Monte Hellman, pour que Nicholson écrive et interprète deux westerns très spéciaux, au milieu des sixties : "L'OURAGAN DE LA VENGEANCE", où il joue un cowboy benêt, acolyte de Cameron Mitchell, injustement poursuivi par des lyncheurs. Il est bien plus marquant dans l'existentiel et quasi beckettien "LA MORT TRAGIQUE DE LELAND DRUM", en chasseur de prime vêtu en dandy, un rôle de tueur sadique et charognard, visiblement inspiré du
Jack Palance de "SHANE". Sa façon de parler d'une voix nasillarde, de toiser ses compagnons de route, avec une expression dégoûtée et amusée, n'appartiennent vraiment qu'à lui.
Il faut attendre une bonne décennie, avant que Jack ne revienne arpenter les grandes plaines. Ce fut d'abord pour "MISSOURI BREAKS" d'Arthur Penn, "grand film malade" s'il en fut, où dans un rôle de voleur de chevaux précurseur des hippies, il se laisse bouffer tout cru par un
Marlon Brando obèse et déchaîné, hors de tout contrôle. Un grand face à face potentiel, en grande partie gaspillé. Tout de suite après, et gardant le même look barbu et débraillé, Nicholson réalise lui-même "GOIN' SOUTH !", une comédie, située à l'époque des pionniers. Il y incarne un hors-la-loi sauvé de la potence par une jeune veuve, dont il devient l'esclave. Un bon point de départ, mais un film inerte, interminable, surjoué, partant en tous sens, et qui sembla dégoûter ce brave Jack du Far West, une bonne fois pour toutes.
Pour réussis que furent ses deux films avec Hellman, force est d'admettre que Jack Nicholson, homme du 20ème siècle par excellence, ne fut jamais réellement à sa place dans l'univers du western. Mais la tentative valait la peine...

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Published by Fred Jay Walk - dans LES ACTEURS WESTERN
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