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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:51

DIABLES (3)Quand un film vous a marqué au fer rouge pendant des décennies sans qu’on ait eu le loisir de le revoir, il existe toujours cette hantise d’une terrible déconfiture quand on retombe enfin dessus. Pour « LES DIABLES », autant le dire tout de suite, aucune déconvenue ! LeDIABLES (1) chef-d’œuvre de Ken Russell est aussi vertigineux, traumatisant, démentiel et torrentiel qu'il l’était en 1971. Avec le recul, on peut même voir l’influence énorme qu'il a pu avoir sur un film comme « L’EXORCISTE » et donc, tous ses imitateurs.

Inspiré par l’affaire des possédées de Loudun, le film relate comment les sbires de Richelieu ont manipulé l’Église pour détruire un prêtre libertin, Grandier, qui tentait d’empêcher la destruction de sa ville. Accusé d’être un démon par une bonne-sœur hystérique, Grandier va DIABLES (2)tomber aux mains de bourreaux assoiffés de sang qui le mèneront à sa perte.

« LES DIABLES », c'est un maelström convulsif d’images choquantes, impies, nauséabondes, une descente en enfer menée tambour-battant dans les hurlements, le sang, les chairs éclatées, les vomissures et la débauche la plus vile. Jamais le style visuel déjanté de Russell n’a été en telle adéquation avec son sujet, rarement folie furieuse aura été dépeinte de façon aussi crue et contagieuse sur de la pellicule. On est donc happé, hypnotisé, littéralement cloué devant ce spectacle ahurissant, où même les fautes de goût (cabotinage outrancier des seconds rôles, abus de nudité gratuite) participent de ce carnaval grotesque et cruel. La séquence d’exorcisme de groupe des nonnes atteint des sommets et la longue, l’interminable torture de Grandier, le menant jusqu'au bûcher a de quoi hanter les cauchemars pendant longtemps.

Et quand on pense que c'est terminé, l’épilogue d’un cynisme glacial, vient clore le film sur une bonne douche froide. Le diable ? Quel diable ?

En Urbain Grandier, Oliver Reed trouve le rôle de sa vie. Il est tout DIABLESsimplement grandiose, d’une maîtrise plutôt rare chez lui. Son visage rasé à la fin, son corps brisé sont inoubliables. Vanessa Redgrave en nonne bossue, frustrée jusqu'à la démence, fait carrément froid dans le dos.

Plus de 40 ans après, le film n’a pas pris une ride et n’est toujours pas à mettre entre toutes les mains. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi il vient seulement d’être édité en DVD en Angleterre, dans sa version intégrale.

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Published by Fred Jay Walk - dans LES FILMS-CULTE DE "WWW"
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Réda 28/03/2012 18:07

Bonjour,

lecteur abonné à votre flux je voulais juste passer vous remercier pour le partage que vous faîtes de votre culture cinéma, d'une très grande qualité et exhaustivité. Même si pour certains films je
ne rejoins pas vos analyses, surtout pour "Another year" qui à mon avis montre plus la perversité humaniste que l'humanisme au travers du couple qui : se rassurer en s'entourant du malheur des
autres afin de mieux apprécier son bonheur", il y a un malaise avec ce couple, d'ailleurs dans la tronche même de la Géry, bon casting, qui fait vieille gourou de secte. Mais bon c'est mon avis
c'est tout. J'aime bien comme vous êtes intransigeant avec les films, ce qui m'oriente dans mes choix de découvertes, car lorque vous validez un film il y a de fortes chances que ce soit un très
bon film.

Merci, au revoir

Fred Jay Walk 28/03/2012 18:30



Merci beaucoup.



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