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Avant tout et comme d'habitude, le titre français « UN HOMME POUR LE BAGNE » n’a strictement rien à voir avec le film. Mais alors RIEN ! Il y a bien un homme, mais il est bon pour l’échafaud. Bref !
Ce polar anglais produit par la Hammer, s’il est extrêmement classique et sans surprise, peut intéresser aujourd'hui pour sa volonté de réalisme dans la description d’une chasse à
l'homme. L’action se déroule dans un Manchester populaire, qu’on peut voir tel qu'il était dans les sixties.
Le solide et imperturbable Stanley Baker incarne un
flic sans aucun glamour. Un fonctionnaire de police obsédé par son job, qui délaisse sa femme et refuse de lui faire l’amour parce qu'elle ne veut pas d’enfant (sic !). Il n’est pas plus sympathique ou attachant que le tueur psychopathe qu'il traque et qu'il connaît depuis l’enfance. Dommage d'ailleurs que cet élément soit si peu utilisé par le scénario qui demeure toujours en surface.
On retrouve Donald Pleasence en ‘bookie’ dévalisé, mais ce sont les comédiennes qui tirent leur épingle du jeu, dans des rôles originaux et bien écrits : Vanda Godsell en barmaid aguicheuse bien qu'elle n’ait rien d’une pin-up, Billie Whitelaw étonnamment sexy en épouse adultère et Maxine Audley, ravissante en sourde-muette.
Le rythme est languissant, c'est ce qui a le plus vieilli dans le film et l’enquête n’est jamais très palpitante. Mais Baker imprime sa marque à ce rôle de flic sans humour ni joie de vivre et l’ambiance générale vaut le coup d’œil.