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Trente ans avant la vogue de films post-apocalyptiques qui a fleuri aux U.S.A. principalement, « MALEVIL » explore déjà le même territoire et s’avère d’autant plus remarquable qu'il s’agit d’une production européenne (franco-allemande pour être précis) et qu’au vu du casting, on ne pouvait guère prévoir une telle réussite.
L’action se déroule à la campagne et suit quelques survivants d’un holocauste nucléaire qui
apprennent à s’en sortir dans les cendres et les décombres. Ils feront même connaissance d’un autre groupe, mené par un dictateur givré car, comme l'homme est ce qu'il est, il y aura une guerre, des morts, des luttes de pouvoir alors même qu'il ne subsiste qu’une poignée d’individus.
La fable est belle et poignante, les décors sont d’une magnifique austérité mortuaire, les cadrages en format Scope superbes de maîtrise. On a rarement (jamais ?) vu Michel Serrault aussi sobre et puissant qu’en leader mutique. On sera plus réservé sur le choix de Jacques Villeret dans un rôle de débile mental. Il le joue tout à fait bien, mais sa personnalité est bien trop identifiable pour qu’on y croie un instant. Sans doute cela passait-il mieux à l’époque de la mise en production.
À noter un plus bref mais efficace numéro de Jean-Louis Trintignant jouant le « directeur », gourou mégalo de l’autre groupe, abject personnage pourtant si crédible.
À condition d’accepter d’emblée le rythme extrêmement lent, la rareté des dialogues, la froideur de la narration, « MALEVIL » est vraiment un très beau film, unique dans le cinéma français. On pourra regretter l’épilogue qui tombe comme un cheveu sur la soupe, pas suffisamment explicite pour faire un bon « twist » et gâchant légèrement le ‘mood’ général du film.