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Le britannique Lewis Gilbert est surtout connu pour avoir réalisé quelques 007. En 1954, il signa « LES BONS MEURENT JEUNES », un excellent ‘film noir’ aux faux-airs de ‘caper’ (film de braquage), porté par un riche casting anglo-américain.
Le scénario prend le temps de présenter les quatre protagonistes, dont trois sont de braves types dans la mouise : Stanley Baker est un boxeur sorti tout droit de « NOUS AVONS GAGNÉ CE SOIR », qui perd sa main après un combat de trop, Richard Basehart un ex-G.I. revenu de Corée, dont la femme est asphyxiée par une mère épouvantable et John Ireland est un militaire marié à une starlette nympho. Le quatrième n’a rien d’un brave type. Laurence Harvey joue un gigolo amoral et manipulateur qui va utiliser la détresse des trois autres, rencontrés dans un pub, pour monter le hold-up d’un fourgon postal. Le braquage le plus foireux et mal préparé de l’Histoire du genre au cinéma !
On a tout le temps de s’attacher aux protagonistes, de les connaître intimement et chacun a sa partition à jouer. Le quatuor fonctionne à merveille et ils sont entourés de superbes seconds rôles comme Robert Morley qui joue le père de Harvey dans une unique séquence d’une incroyable âpreté, Joan Collins toute jeune en épouse enceinte de Basehart et Gloria Grahame qui tient son emploi habituel de garce égoïste à la molle sensualité. Mais le personnage le plus terrifiant est encore cette belle-doche des enfers, malade imaginaire passive-agressive et venimeuse : un véritable cauchemar en robe-de-chambre ! Pas vraiment un film féministe, dirons-nous...
Film très peu connu, oscillant entre plusieurs genres comme le drame psychologique, le polar et l’étude de mœurs, « LES BONS MEURENT JEUNES » suinte de cette ambiance précaire des années d’après-guerre et organise parfaitement tous les rouages de cet engrenage mortel qui fait de quidams malchanceux des criminels improvisés. Laurence Harvey y compose un des plus abjects personnages de crapule sans Dieu ni maître qu'il soit donné de voir. À découvrir.
À NOTER : le film est récemment sorti en UK dans une copie assez moyenne mais visible. Hélas sans le moindre sous-titre.