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Après trois aventures de Paul Kersey tournées par le même Michael Winner, le 4ème film de la ‘franchise’ allait changer de main, vu que Charles Bronson ne souhaitait pas retravailler
avec son ex-réalisateur attitré. C'est n’est pas forcément pour le meilleur, puisque le remplaçant n’est autre que J. Lee-Thompson qui depuis « MONSIEUR SAINT-IVES » a pris la place de son compatriote auprès de la star moustachue. Le septuagénaire britannique retourne donc derrière la caméra pour « LE JUSTICIER BRAQUE LES DEALERS » (ah ! Indicible poésie des titres
français…).
Après le crapoteuxn°2 et l’infantile n°3, cet opus est une série B sans la moindre surprise, plutôt plus soignée que ses prédécesseurs, mais se traînant de fusillades en poursuites, avec une mollesse intrinsèque jamais prise en défaut. On devine que l’âge avancé du réalisateur et de l’acteur principal, n’est sûrement pas étranger à ce déficit
d’énergie. N’étaient-ils pas alors tous deux « too old for this shit » ?
En meilleure forme que dans le n°3, Bronson assure ses devoirs en offrant le service minimum : peu de dialogue, un visage de plus en plus inexpressif, une indifférence aveuglante. Kersey étant manœuvré par un mafioso se faisant passer pour un milliardaire, Bronson a de bonnes scènes avec l’excellent second rôle John P. Ryan. Sa fiancée du moment est jouée par Kay Lenz, qui fut la « BREEZY » de Clint Eastwood. On retrouve des familiers comme Perry Lopez, et on aperçoit Danny Trejo en trafiquant dans une séquence de restaurant.
Mais il ne reste rien du personnage d’origine. Kersey est à présent un tueur quasi-professionnel, tireur d’élite, bricoleur de bombes et capable d’éradiquer des dizaines
d’ennemis sans prendre une seule balle. « LE JUSTICIER BRAQUE LES DEALERS » est un film insignifiant, produit pour tirer les dernières gouttes d’un personnage obsolète qui n’a plus rien à dire. Très à son avantage dans son cuir noir, maniant les fusils d’assaut avec l’aisance du vieux pro qu'il est, Bronson traverse ce carnage sans se donner beaucoup de mal.
À noter tout de même, un prologue assez intrigant, puisque montrant Kersey sauvant une jeune femme d’un viol dans un parking, en abattant ses agresseurs. Quand il s'approche d’un des cadavres et le retourne du bout du pied, Bronson découvre que le mort n’est autre… que lui-même. Juste avant de se réveiller : ce n’était qu’un cauchemar. C'est l’unique idée à peu près originale du film.