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Annie Oakley est une légende de l'Ouest, célébrée par le ‘Wild West Show’ de Buffalo Bill et réinventée par Ned Buntline. Tireuse d’élite de modestes origines, elle est l’héroïne de « LA GLOIRE DU CIRQUE », ‘biopic’ hollywoodien et hautement fantaisiste, située pour une bonne partie dans l’enceinte du cirque de Bill Cody.
Soigneusement produit et réalisé par George Stevens, le film bourré de charme pendant sa
première moitié, naïf et plein de joie de vivre, s’effiloche peu à peu et sombre parfois dans la bouffonnerie incongrue : voir Buffalo Bill en grand imbécile braillard, Sitting Bull en Cupidon emplumé n’a rien de très drôle. Quant aux spectacles eux-mêmes, s’ils sont joliment reconstitués, ils s’éternisent et lassent l’attention. On perçoit néanmoins une amorce d’intention satirique qui annonce (timidement !) la relecture que fera Robert Altman des mêmes mythes américains, quatre décades plus tard.
Tout cela demeure extrêmement désuet et vieillot. Heureusement, une jeune Barbara Stanwyck de 28 ans, mutine et énergique, brosse un attachant portrait d’Annie, à moitié wonder woman, à moitié midinette. Sa relation avec Preston Foster, excellent en tireur matamore est ce qu'il y a de plus sympathique dans le film. Leurs affrontements au fusil sont tous chargés d’érotisme sous-jacent. À voir pour le tandem, donc. Et pour quelques seconds rôles bien croqués comme l’hôtelier écossais avare (bien sûr) et l’ex-copine de Foster à la vulgarité ravigorante.