Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

News, photos, critiques films et DVD, avis et commentaires sur le cinéma populaire, ses stars, ses mythes, mais aussi sur les séries TV et quelques à-côtés.

Publicité

"FUREUR APACHE" (1972)

ULZANA RAID (1)
18 ans après son « BRONCO APACHE », Robert Aldrich reprend les bases du scénario, inverse les points de vue, et raconte une histoire parallèle avec beaucoup plus de maturité. ULZANA RAID« FUREUR APACHE », c'est l’histoire du raid dérisoire d’un Apache échappé de sa réserve avec quelques guerriers, qui viole, tue et brûle pendant plusieurs jours, avec l’Armée à ses trousses.

Mais si Massaï était un personnage héroïque, un rebelle admirable, Ulzana est un assassin sanguinaire. Pour autant, Aldrich ne le juge pas : « Haïr un Apache, ce serait comme détester le désert parce qu’on n’y trouve pas d’eau », dit le vieux scout. « J'ai déjà peur d’eux, ça me suffit ».ULZANA RAID (3)

Collant à la stratégie militaire d’une escouade menée par un lieutenant inexpérimenté, accompagné du scout McIntosh (Burt Lancaster) et de son pisteur apache Ke-Ni-Tay, Aldrich signe un film aussi âpre et sec que les rocs de l’Arizona, d’une violence souvent atroce mais jamais gratuite. Le parcours psychologique du lieutenant, fils de pasteur, qui tente d’abord de comprendre les Indiens, puis se met à les détester, est le plus intéressant. Mais le véritable héros du film est Ke-Ni-Tay, le renégat calme et lucide, qui a choisi le côté du plus fort sans renier ses racines. Tout l’inverse du Hondo de « BRONCO APACHE », qui était décrit comme un traître odieux.

Le traitement que fait Aldrich de la violence et des tortures, rapproche son film de « LA BATAILLE DE LA VALLÉE DU DIABLE » auquel il fait souvent penser. Mais « FUREUR APACHE » est plus dépouillé, plus maîtrisé, et le réalisateur ne cède jamais au mauvais goût, son péché mignon.
ULZANA RAID (2)
Quelques images sont indélébiles, comme ce plan du soldat qui se suicide pour échapper aux Apaches, et dont la bouche ouverte laisse échapper de la fumée. Ou encore cette queue de chien enfoncée dans la bouche d’un fermier brûlé vif.

McIntosh est un des plus beaux rôles de Burt Lancaster. Fatigué, boucané, sans illusion mais sans aigreur, il est un dinosaure, à l’instar de ceux qu'il traque. Aucune haine en lui, aucune colère, même lorsqu’il est témoin d’atrocités. Cela fait longtemps qu'il a compris. D'ailleurs, quand il voit des soldats s’acharner sur un cadavre d’Indien, cela ne le surprend pas non plus. Sobre, au seuil de la vieillesse, Lancaster est tout simplement magnifique, bouclant après « VALDEZ » et « L'HOMME DE LA LOI » un beau tryptique westernien. Son vieux complice réalisateur lui offre peut-être les plus beaux gros-plans de sa carrière.

« FUREUR APACHE » est un grand film viscéral et asséché de tout pathos hollywoodien, de tout parti-pris, et très certainement le chef-d’œuvre de Robert Aldrich, tous genres confondus.
ULZANA RAID (4)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Y
En effet grand film.
Répondre
K
Heureuse découverte pour moi que ce film visionné ce matin. La violence du film, tant dans ses images que dans son propos surprend d'entrée de jeu. Un film lent, mais sans temps mort, les acteurs<br /> sont tous parfaits, Lancaster en tête. Un grand western philosophique. Intéressante reflexion également sur la place du christianisme et du choc des cultures. Une réussite totale, dont le seul<br /> bémol résiderait dans le choix d'une musique omniprésente et inappropriée pur un tel sujet, et qui pompe sans vergogne des airs de Bernstein.
Répondre
C
<br /> Entièrement d'accord avec votre appréciation sur ce western superbement maîtrisé par Robert Aldrich.<br /> Le scénario est d'une grande richesse psychologique et ne tombe jamais dans la facilité ou le poncif.<br /> Les acteurs sont royalement choisis et dirigés avec une intelligence et une justesse rare.<br /> Le duel tactique entre les deux groupes (cela m'a fait penser à un autre bon film de Dick Powell : Torpilles sous l' Atlantique) donne une rare intensité au film.<br /> Et dire que certains prétendent encore que le vrai western est mort avec Gary Cooper en 1961 !!<br /> <br /> <br />
Répondre
L
<br /> Hallucinant cette histoire de 3 versions ! Dans la bio de Lancaster, il est montré que les relations Aldrich/Lancaster furent mouvementées, mais à ce point-là...<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Lancaster avait des relations mouvementées avec tout le monde.<br /> Après "VERA CRUZ", Aldrich est quand même resté 18 ans sans bosser avec lui...<br /> <br /> <br />
L
<br /> Un grand film âpre à l'aune des deux autres westerns de Lancaster des 70'. J'ai une petite préférence et affection pour "Valdez". Va falloir que je les revoie les 3 !<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Ce serait intéressant de les voir d'affilée... C'est presque une trilogie.<br /> <br /> <br />
C
<br /> Et la scène du chien ?<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Je ne me souviens pas, mais elle devrait y être, vu que le toutou n'a pas vraiment été criblé de flèches, alors que les chevaux morflent visiblement.<br /> <br /> <br />
C
<br /> Ce western n'a-t-il pas eu 3 versions ? Un de mes correspondants se souvient avoir lu un article dans un Télémagazine (très probablement dans TéléCâbleSatellite)vers 2000-2002 à ce sujet.<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> Si, si. 3 versions : celle d'Aldrich qui figure sur le zone 2 et qui est la meilleure.<br /> Celle de Lancaster (producteur "occulte" sur le film) visible en zone 1, qui ne contient pas l'évasion de la réserve au début, et a réduit les scènes du fort.<br /> Et puis l'Anglaise qui a coupé toutes les chutes de chevaux, il est vrai assez "hard" dans ce film.<br /> <br /> <br />