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À l’instar de « THE SHIELD » série perverse par excellence, qui poussait le spectateur à prendre fait et cause pour un ripou sans foi ni loi, quand ce n’était pas à encourager ses pires méfaits, « DEXTER » propose comme héros un serial killer sociopathe. Sa seule « qualité », il agit selon un code rigoureux et n’assassine que les criminels qui ont échappé au système judiciaire. Notons au passage que la réussite de la série doit énormément à
l’acteur Michael C. Hall (le frère homo de « SIX FEET UNDER »), qui parvient à mixer candeur, sadisme, naïveté et machiavélisme avec une maestria inouïe.
La première saison était surprenante, déstabilisante. La seconde un peu plus « raisonnable ». Mais la troisième décolle totalement, en confrontant Dexter à un disciple à l’âme bien plus noire que la sienne. Au sein même de ce fameux ‘système’, un procureur va devenir le pire cauchemar de notre aimable tueur en série. Campé par Jimmy Smits – qu’on n’a jamais vu meilleur – ce D.A. monte progressivement en puissance, devient une sorte de bête fauve incontrôlable, aussi tordu et malin que Dexter, mais sans aucun garde-fou.
La série évolue avec une rare finesse, donne de nouvelles facettes à ses personnages récurrents au lieu de les enfermer dans une routine. Ainsi, Jennifer Carpenter irritante gaffeuse jalouse des premières saisons, devient une belle héroïne imparfaite mais terriblement attachante et le rôle du père qu’on ne voyait qu’en flash-backs illustratifs, apparaît maintenant en « ami imaginaire » de Dexter, incarnation de sa conscience. Une sorte de Geminy Cricket virtuel.
« DEXTER » est une série vraiment à part, qui joue avec les codes de la télévision et parvient à nous faire gober sans aucun mal qu'il peut exister des bons et des méchants serial killers. Rien que ça…